dimanche 23 juillet 2017

L'Aiguille Creuse - Maurice Leblanc.

Quatrième de couverture :

Lors d'un cambriolage au château de Gesvres, la nièce du comte, Raymonde de Saint-Véran, tire sur un inconnu qui, bizarrement, ne laisse aucune trace. Peu après, la jeune fille est enlevée puis découverte inanimée auprès du corps d'Arsène Lupin. Il est donc mort ?

C'est ce que croit la police, mais pas le jeune Isidore Beautrelet, détective amateur de génie, qui se met en tête d'enquêter. 

Comme par hasard, un document ancien d'une valeur inestimable - le secret de l'Aiguille creuse, connu des seuls rois de France - disparaît au même moment...


L'arrestation d'Arsène Lupin. / Arsène Lupin contre Herlock Sholmès.




Mon avis :

Je poursuis ma découverte d'Arsène Lupin avec ce roman, qui se révèle plus ambitieux que les deux précédentes aventures avec Herlock Sholmès. D'une part, nous avons affaire à un roman et non des nouvelles comme ce fut le cas auparavant, de l'autre Maurice Leblanc nous fait voyager à Ambrumésy, Etretat et d'autres villes françaises, pour mon plus grand plaisir !

Dans cet épisode, Arsène Lupin organise un cambriolage pour récupérer des peintures mais il se fait tirer dessus alors que le méfait est découvert. Malgré sa blessure, personne ne parvient à retrouver sa trace. C'est là qu'Isidore Beautrelet, un étudiant sans expérience mais intelligent, découvre comment Lupin a réussi à s'enfuir et s'engage alors un combat entre les deux hommes qui va, progressivement, se transformer en chasse au trésor. En effet, le mystère de l'aiguille creuse comporte un secret que se sont transmis dans le passé les rois de France et que Lupin cherche à s'approprier... de même que ses adversaires qui cherchent à le devancer, ainsi que l'Etat qui entend profiter de ce trésor. Et il est facile de deviner pourquoi, puisque le trésor en question rassemble les dots des reines, des perles, rubis, diamants, ... la fortune même des rois de France !


Le petit (enfin, pas si petit) Isidore
Beautrelet dans la célèbre adaptation
télévisée. Regardez-moi cette bouille d'ange !
Avant toute chose, parlons de notre petit Isidore Beautrelet, l'un des personnages centraux de l'histoire. Aah, Isidore, mon chouchou de ce roman. Je déplore que Maurice Leblanc ne l'ait pas utilisé dans d'autres aventures d'Arsène Lupin, car il m'a beaucoup plu ce garçon.  J'avais presque envie qu'il l'emporte contre Lupin, mais Leblanc adorant son héros, il en était hors de question. Qu'importe, Isidore est l'un des points forts de ce roman, et s'il a perdu face à Lupin, il a fait un meilleur adversaire que ne le fut Herlock Sholmès. Mais là où Sholmès était ridiculisé, caricaturé, Isidore est pris au sérieux par l'auteur. 

J'ai beaucoup d'affection pour ce garçon. Élève de rhétorique féru de romans policiers, il se révèle être un jeune homme intelligent qui a réussi à cerner des éléments de l'affaire là où la police piétinait et même si c'est Lupin qui a gagné la partie (comme il fallait s'en douter), Isidore a quand même eu le mérite d'avoir mis le cambrioleur en déroute plus d'une fois ! Outre son intelligence, il se révèle être un personnage attachant et amusant : il ne veut pas de publicité autour de lui car il ne veut pas faire de peine à son père, lorsqu'on lui demande pourquoi il ne s'acharne pas à capturer Lupin, il répond qu'il a tout de même des examens à passer, ou lorsqu'il reçoit une lettre de menace des complices de Lupin, tout ce qu'il trouve à dire est « Quel style ! on voit bien que ce n’est pas Lupin qui tient la plume. »  [ où, après s'être fait passer pour un journaliste pour avoir des détails sur l'enquête et s'être fait démasquer, il avoue son méfait sans se départir de son enthousiasme. Bless him ]. Oui, j'ai eu beaucoup d'affection pour ce personnage et malgré sa défaite, j'ai apprécié le fait qu'il ne devienne pas aigri (pas comme un certain détective anglais caricaturé à l'extrême...), et s'attache à Lupin, succombe à son charme, sa personnalité (comme l'atteste cet extrait :) et que Lupin lui-même s'attache à lui et décide de lui révéler son but à la fin.

A la manière dont Lupin lui étreignit le bras, Beautrelet sentit que toute résistance était inutile. Et puis, pourquoi résister ? N'avait-il pas le droit de s'abandonner à la sympathie irrésistible que, malgré tout, cet homme lui inspirait ?

Car malgré tout, comment ne pas résister à Lupin ? Il reste le cambrioleur futé et intelligent que nous avons rencontré dans les deux premiers livres de ses aventures. Sa gaieté, son insouciance, sa joie de vivre, sa gaminerie, son intelligence, comment il sait tirer les ficelles... Il est aussi futé que drôle. J'ai notamment adoré ce moment vers la fin où il se lance dans un grand discours grandiose devant Isidore mais qu'il est interrompu par l'inspecteur Ganimard, qui tambourine derrière la porte, et que Lupin s’agace.

On peut noter, dans cette aventure, l'importance des paysages de
Normandie, région bien connue de l'auteur, et notamment les falaises
d'Etretat.

J'ai beaucoup apprécié la tournure de l'intrigue. D'enquête criminelle, on passe à véritable chasse au trésor avec l’énigme de l'Aiguille creuse dans laquelle continuent de s'affronter nos deux héros, ce qui lui donne une autre profondeur. Maurice Leblanc manie bien sa plume, et a su nous monter une énigme prenante, qui mélange histoire avec Histoire. Il utilise sa plume pour nous tromper et nous questionner sur ce qu'est cette aiguille et où elle se trouve, et Arsène Lupin s'en donne à cœur joie dans cette aventure ! Entre déguisements, tours de passe-passe, sans oublier de faire son charmeur, bien que le premier chapitre nous fait semer des doutes sur Lupin, et sur ce qu'il s'est réellement passé lors du cambriolage.

J'ai beaucoup apprécié ce roman ! L'enquête est complexe et intéressante, d'autant plus que Leblanc a donné un véritable adversaire à Lupin, et qu'il n'a pas, cette fois-ci, hésité à mettre son héros en difficulté, et à nous le montrer sous un jour plus complexe, plus violent, plus imprévisible que les tomes précédents.

Extrait :

"Mon cher Beautrelet, j'ai ordre de vous recommander, à propos de cette affaire, la discrétion la plus absolue.
- Ordre de qui ? fit Beautrelet plaisantant. Du préfet de la police ?
- Plus haut.
- Le président du Conseil ?
- Plus haut.
- Bigre !"
Ganimard baissa la voix.
"Beautrelet, j'arrive de l'Elysée. On considère cette affaire comme un secret d'Etat, d'une extrême gravité." 

Ce billet est une participation au :

Challenge Arsène Lupin


Après plusieurs années à m'être intéressée aux détectives de fiction (tels Sherlock Holmes, Hercule Poirot ou encore Miss Marple), il était temps que je commence à m'intéresser aux criminels de fiction, et notamment ceux de nos classiques tels Fantômas. Cependant, celui qui m'intéresse depuis quelques mois à présent est un cambrioleur français bien connu, Arsène Lupin ! Ainsi, lorsque j'ai vu qu'il existait un challenge illimité sur notre Lupin national, je me suis dit que c'était là une bonne occasion de mieux faire connaissance avec ce personnage et ses aventures.

L'objectif du challenge est simple : lire au moins un des romans des aventures d'Arsène Lupin écrit par Maurice Leblanc.  Pour cela, nous avons le choix entre 4 niveaux différents et il est possible de passer de l'un à l'autre en montant (mais pas en rétrogradant, en revanche). Chaque niveau correspond à un pseudonyme emprunté par Arsène Lupin :

Niveau 1 : Vicomte Raoul d'Andrésy - lire de 1 à 3 romans (ou recueils de nouvelles)
Niveau 2 : Prince Paul Sernine - lire 8 romans (ou recueils de nouvelles)
Niveau 3 : Don Luis Perenna - lire 16 romans (ou recueils de nouvelles)
Niveau 4 : Arsène Lupin - lire les 23 romans du "canon"

Le Clos Lupin - joker - il est possible de remplacer un des livres de la liste par 
un inclassable : soit une des pièces de théâtre écrite par Maurice Leblanc ou par par une adaptation en manga, BD ou film/série, ou même roman écrit par d'autres que Leblanc

Et bien-sûr, les inscriptions se font sur ce topic. Enfin, il est possible de faire compter dans le challenge deux livres déjà lus et chroniqués avant l'ouverture du challenge, en l’occurrence pour moi : L'Arrestation d'Arsène Lupin et Arsène Lupin contre Hemlock Sholmès (chronique à venir).

Le niveau que j'ai choisi est le second, doit le Niveau Prince Paul Sernine. Toutes mes chroniques sur Arsène Lupin seront répertoriées sur ce billet, alors à très bientôt !

dimanche 28 mai 2017

Fräulein France / Mademoiselle France - Romain Sardou.

L'auteur : Né le 6 janvier 1974, Romain Sardou est un écrivain français, auteur de plusieurs livres dont des séries littéraires, comme la série Notre Père. Il est également le fils du chanteur Michel Sardou.

Quatrième de couverture :

Septembre 1940. L’offensive allemande éclair débute par une action magistrale en Belgique : la prise du fort d’Eben-Emael.

L’Occupation commence. À Paris, les Allemands profitent des plaisirs de l’existence. Les bordels ont rouvert. Dans l’un d’entre eux, l’arrivée d’une nouvelle pensionnaire fait sensation : Mademoiselle France est non seulement belle à tomber, mais elle est aussi exigeante. Elle et elle seule décide quels hommes peuvent jouir de ses faveurs. Que cache-t-elle derrière son apparente froideur ? Rien de ce qu’elle fait ou dit n’est laissé au hasard, car le dessein qu’elle s’est fixé occupe toutes ses pensées.

Dans un Paris aux mains de l’occupant, elle pénètre bientôt les plus hautes sphères de la société et côtoie ce que la collaboration fait de pire. Le secret qu’elle cache pourrait en surprendre plus d’un… La France de Vichy n’est pas née de l’invasion allemande, elle couvait depuis longtemps et a trouvé dans les événements tragiques de la guerre le terreau pour s’épanouir.

Mon avis :

Ma tentative pour me remettre dans le bain avec la lecture fut avec ce livre. Au départ, je croyais découvrir Romain Sardou avec les deux tomes de sa série Notre Père, qui m'attendent sagement dans ma bibliothèque, mais ce roman a tapé dans l’œil de l'ancienne étudiante en histoire que je suis.

Je ne résumerai pas le livre, la quatrième de couverture l'a très bien fait à ma place, je me contenterai donc de passer directement à la critique.

Fräulein France s'est révélé être un roman plaisant, avec une histoire suffisamment plaisante et intéressante pour que les pages se tournent avec facilité et pour qu'on soit rapidement entraîné dans l'histoire, malgré un début qui peut rebuter certains puisque l'histoire débute avec des combats militaires visant à la prise du fort d'Eben-Emael en Belgique. J'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire au départ. Ces quelques pages vacillent entre faits d'armes et tactiques militaires peuvent effrayer, voire rebuter certains. Cependant, les grands combats de la Seconde Guerre mondiale ne seront plus, après, évoqués de façon aussi détaillée mais inclus dans la narration pour marquer le passage du temps à travers le roman, car c'est l'histoire de la jeune France qui nous intéresse, et sur qui repose l'intrigue.

Parlons d'ailleurs de l'intrigue ! L'histoire est assez prenante pour qu'on ait envie de découvrir la suite, et j'ai d'ailleurs fini ce roman assez rapidement. Je pense cependant que le roman aurait beaucoup eu à gagner si l'histoire avait plus été en profondeur, et notamment au niveau de la psychologie des personnages principaux et notamment nos deux « tourtereaux », France et Grimm, qu'il y ait davantage de dilemmes, de passion, … Et attention mes bons, parce qu'à partir d'ici ça va spoiler :

SPOILER ON

D'un côté, il aurait été intéressant que l'auteur maintienne le mystère autour de France jusqu'au bout, en nous donnant juste quelques indices pour nous faire nous poser des questions sur qui est la vraie France, ses réelles motivations, son passé, et pour avoir été ainsi aussi surpris que Friedrich Grimm le jour où France s'est dévoilée à lui. Nous faire nous poser des questions sur qui est la vraie France, celle qui est amoureuse de son soldat allemand, ou celle qui semble avoir une autre motivation cachée, un passé sombre. Seulement voilà, on apprend trop vite une partie du but de France et ses origines.

De l'autre, même si nous avons appris l'objectif de France et ses raisons d'agir ainsi au milieu du roman (grosso modo), c'était une bonne opportunité de commencer à bien saisir ce personnage énigmatique. Je pense cependant qu'il aurait été intéressant de jouer sur cette « double personnalité », entre la vraie France qui cache sa vraie facette et ses motivations, celle qui a juré de venger sa famille quitte à mener plusieurs sacrifices, faire des choses qui la répugnent (coucher avec des soldats allemands, se rapprocher de Grimm, le rendre fou d'elle, fonder une famille avec lui, etc), et ce personnage qu'elle joue pour mieux mener à bien son objectif, à savoir France, la jolie prostituée qui ne couche qu'avec le gratin de l'armée allemande et des Aryens de surcroît, et la jeune femme qui tombe amoureuse de Grimm. Il aurait été intéressant de pouvoir se plonger psychologiquement sur ce personnage. Ses ressentis, ses convictions concernant l'Allemagne et la guerre, voir son obsession pour France devenir de plus en plus de l'amour, son désarroi alors que tout s'écroule autour de lui et qu'il pense que France est sa seule alliée.

De même, il aurait été intéressant de voir se construire la relation entre France et Grimm. Nous les voyons certes se rapprocher, Grimm devenir obsédé par elle mais j'ai eu l'impression que nous voyions la relation se développer... de loin. Que l'auteur nous raconte que Grimm est obsédé puis amoureux de France, de là à la voir comme son support, mais je n'ai pas ressenti cela au cours du roman ou alors pas aussi "profondément".

SPOILER OFF

Outre ces détails, j'ai apprécié retrouver l'ambiance de la Seconde Guerre mondiale, d'autant plus qu'il était intéressant de découvrir le côté, le point de vue de l'occupant nazi et de ceux qui ont volontairement coopéré, de découvrir leurs motivations d'agir de manière conciliante avec l'ennemi, les avantages qu'ils en tirent. Ce fut d'autant plus intéressant de découvrir la France sous Vichy et sous l'occupant nazi par l'intermédiaire des maisons closes et des fêtes et banquets que les Nazis fréquentent. C'est un aspect plutôt inédit de cette page de l'Histoire, qu'il fut intéressant de découvrir, d'autant plus que certains sympathisants des Allemands ne sont pas forcément écrits de façon manichéennes, ils nous paraissent même plutôt sympathiques, montrant ainsi par ces nuances que certaines personnes qui ont choisi de sympathiser avec l'occupant l'ont fait car elles pensaient avoir trouvé un moyen de protéger leur famille ou tout simplement parce que résister n'est pas toujours chose facile ou innée. On ne découvre pas une France en blanc et noir, entre les méchants collaborateurs et les courageux résistants, mais une population qui se débrouille comme elle peut pour survivre... même si on retrouve bel et bien des Résistants prêts à donner du fil à retordre à l'ennemi et des collaborateurs détestables ! Car on retrouve des personnages tourmentés par le destin, la guerre, l'occupation et ses conséquences.

Ensuite, malgré les reproches que j'ai pu faire sur le manque de profondeur des personnages, j'ai trouvé que France était un personnage plutôt intéressant à suivre. On ne sait que très peu de choses sur elle pendant une bonne partie du roman. On questionne sa véritable personnalité, ses motivations, qui elle est réellement. Elle étonne par sa dignité et son courage d'être exigeante alors qu'elle n'est qu'une prostituée, pourtant elle montre qu'elle est intelligente et qu'elle n'a pas froid aux yeux. Et malgré le fait qu'on commence à découvrir à partir du milieu du roman ses motivations, le tout ne nous est révélé qu'à la fin, et tout se tient. Si je n'ai pas réussi à avoir d'attaches avec ce personnage, je reconnais que France est une femme extrêmement forte, courageuse et intelligente, qui est prête à tout et qu'on ne peut rester insensible à ce personnage, tant au niveau de ses motivations, le poids lourd qu'elle porte que la psychologie du personnage.

En résumé, j'ai trouvé que Fräulein France était un roman plaisant à suivre et intéressant, assez pour que les pages se tournent avec facilité et rapidité. L'auteur explicite précisément et clairement son intrigues ainsi que ses causes et ses conséquences. C'est bien bâti, avec rigueur et intelligence. Le personnage de France en lui-même est intéressant. Je regrette toutefois le style presque détaché, neutre de l'auteur. Il y a un manque d'émotion dans la narration qui m'a gêné. J'aurais aimé être plongée au cœur des sentiments et des réflexions de nos personnages principaux, et aussi que le mystère autour de France ne soit pas dévoilé (du moins une partie) tout de suite mais entretenir le mystère jusqu'à la fin, histoire que personnage, tout comme Grimm, ne l'ait pas vu venir. Au final, on reste assez en retrait des personnages. Cela dit, l'auteur nous peint une fresque intéressante pendant la France occupée par les Allemands, sa manière de nous montrer qu'il n'y a aucune personne qui soit infiniment bon ou mauvais, car tout est très nuancé. Je salue enfin le travail de recherche de l'auteur effectué pour ce roman, nous permettant ainsi une immersion correcte dans cette période de notre histoire !

Youhou, j'ai enfin réussi à écrire et terminer un billet après tout ce temps \o/

Ce billet est une participation au :

lundi 3 avril 2017

...

Je reviens sur ce blog après des mois d'absence, alors que je m'étais promis d'essayer de le mettre à jour plus souvent. Cet article est juste un mot pour dire que :

1) Je n'abandonne pas ce blog
2) J'ai toujours l'intention de le mettre à jour et de publier des articles qui sont dans ma liste d'attente depuis 2015
3) J'espère toujours me faire plus présente sur ce blog

Ces derniers temps n'ont pas été très favorables pour moi. Sans aller dans les détails, je suis en période de crise et de questionnement. Ma vie est au point mort car mon avenir est dans le flou, et il faut que je décide quoi faire. En attendant, et si mon accès internet veut bien rester stable, je compte revenir sur ce blog et m'en tenir à un article par jour, histoire d'avancer lentement mais sûrement et d'arriver enfin à terminer et publier tous mes articles en attente. Concernant mes lectures de 2016-2017, il risque d'y avoir que peu d'articles, vu que j'ai un peu perdu mon envie et ma motivation de lire. J'ai parfois relu, donc c'était très rarement des nouveaux livres. En revanche, j'ai vu pas mal de films, donc il y aura peut-être moyen de se rattraper à ce niveau-là... Enfin, tout ça pour dire que je vais essayer de me tenir à cette résolution un jour = un article, même si ces articles ne datent pas d'hier. Malgré ma perte d'envie pour la lecture, ce blog reste mon bébé (un vieux bébé, mais un bébé quand même), et qu'en ce moment, j'ai bien besoin de quelque chose pour me changer les idées, essayer de penser à autre chose que mes idées noires.

Je compte aussi revenir petit à petit vers vous, vers vos blogs, car vous m'avez manqué. J'ignore encore s'il y a des personnes pour me lire ici, mais je compte tôt ou tard me replonger dans la blogosphère.

Marion.

dimanche 18 septembre 2016

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès - Maurice Leblanc.

Quatrième de couverture :


Arsène Lupin contre Herlock Sholmès ! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.« C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier anglais. Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle.Qui a volé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ? Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.






Mon avis :

Ce livre comporte deux aventures : La Dame Blonde et La Lampe Juive, et fait suite à la nouvelle qui se trouve dans le premier recueil des aventures d'Arsène Lupin, Herlock Sholmès arrive trop tard. Une nouvelle fois, Maurice Leblanc a voulu faire s'affronter son héros au célèbre Sherlock Holmes ! ... ou du moins, un pastiche du célèbre détective anglais. Alors, verdict ?

Dans La Dame Blonde, Mr Gerbois achète un secrétaire pour sa fille. Un inconnu lui propose de le lui racheté, ce que Gerbois refuse. Peu de temps après, il découvre le secrétaire volé, au grand désespoir de son propriétaire qui y avait rangé son billet de loterie gagnant. Arsène Lupin se propose de lui retrouver le secrétaire, à la condition de partager le montant de la loterie avec lui. Peu de temps après, un baron et assassiné et son diamant volé. La police, piétinant sur ces deux affaires, les victimes décident de faire appel au détective anglais Herlock Sholmès. Ces deux affaires ne semblent avoir aucun rapport, pourtant il existe un lien entre elles ! Dans La Lampe Juive, le détective reçoit deux lettres : une d'un baron lui demandant son aide pour retrouver une lampe volée et l'autre de Lupin lui-même lui demandant de ne pas accepter la demande du baron, ce que Sholmès décide de ne pas prendre en compte...

Si je n'ai pas été aussi emballée que le premier recueil des aventures de notre voleur national, je n'ai pas non plus détesté ma lecture. Je ne retiendrais cependant pas ce livre comme celui m'ayant le plus marqué sur Arsène Lupin. Cela reste cependant un livre sympathique et sans prétention autre que de divertir, que de se creuser les méninges ou avoir le souffle coupé.

Car, en effet, ces aventures se présentent plus comme un jeu du chat et la souris que d'une enquête. L'auteur a choisi de se centrer davantage sur qui aura le dessus sur qui, comment Sholmès et Lupin vont déjouer les plans de l'autre, que la résolution de l'enquête. Bien qu'on se doute très bien de l'identité du vainqueur, ces aventures ne sont pas dénuées d'intérêt pour autant. Nos deux héros se rencontrent, se toisent, s'admirent, se donnent la chasse, ... Il y a également des passages bien divertissants comme des passages intéressants (la maison truffée de passages secrets, la confrontation finale entre Sholmès et Lupin dans la première aventure, la scène où Lupin et son biographe Maurice décident sur un coup de tête de se joindre à la table de Sholmès et Wilson dans un restaurant, ...). Tout ce qu'il se passe est bien détaillé et avec un rythme effréné !

J'ai retrouvé avec plaisir Arsène Lupin, toujours aussi malin, aussi joueur, aussi amoureux de la mise en scène. Il se révèle vraiment comme un personnage intéressant. Je m'attache à sa légèreté, sa désinvolture, son côté enfant qui se joue de tous et je ne demande qu'à le découvrir dans de nouvelles aventures et découvrir de nouveaux aspects de sa personnalité et d'éléments de sa vie. Sa vie, ses amis, ses amours, ses ennemis, ses ennuis, ses rires, ... Je n'en ai certainement pas fini avec Lupin !

Même si ce jeu souffre de lenteurs dans
l'histoire, il présente néanmoins une
confrontation intéressante entre Holmes
et Lupin tout en restant fidèle aux
personnages et univers de Doyle et de
Leblanc.
J'avoue avoir eu des réticences à lire ce livre, car je suis énormément attachée au personnage de Sherlock Holmes, ainsi que celui du Dr Watson, et que j'avais peur que l'auteur ne démontre trop la supériorité de Lupin sur Holmes et ne ridiculise Holmes ET Watson. Sur un de ces points j'avais tord, car si au final c'est Lupin qui l'emporte sur Holmes, ou du moins Sholmès (et ce n'est pas un spoiler, car il est clairement évident, avant la lecture, que Leblanc allait favoriser son héros), il est tout de même montré que Sholmès est très doué pour lui mettre des battons dans les roues [ réussissant même à déjouer un de ses plans et le faire arrêter... même si au final ce n'est que de courte durée ], et pour dérouter Lupin, il en faut beaucoup ! Du moins, dans la première aventure... car dans la seconde, Sholmès, dégoûté de son échec, perd toute classe, toute élégance lors de la seconde aventure et se montre plus aigri et déterminé que calme, intelligent et raffiné. En somme, il est montré comme plus égoïste et moins intelligent que le personnage d'origine, avec des réflexions beaucoup moins poussées, et beaucoup de prétention.

Dommage... Je n'ai pas réussi à m'attacher à Sholmès, et encore moins à Wilson, une pastiche de Watson, présenté ici comme un bouffon, un abruti fini, suivant Sholmès comme un bon gros toutou loyal mais pas très intelligent, se faisant maltraiter par le détective qui ne le considère clairement pas comme un ami mais plutôt comme un sous-fifre [ je me rappelle notamment d'une scène où Wilson était au plus mal, mais Sholmès n'en avait rien à faire, plus préoccupé par son enquête ]. Ainsi, pour les amoureux de Holmes et les fervents défenseurs de Watson, il est préférable de voir Sholmès et Wilson comme des personnages à part, et pas une version de Holmes et Watson. Se dire qu'il ne s'agit en rien des personnages de Conan Doyle, mais des personnages différents, une caricature à l'extrême de Holmes et Watson, sous peine d'être déçu. En ce qui me concerne, même si la lecture de ce livre fut plaisante, si vous voulez voir une aventure plaisante et fidèle confrontant Holmes et Lupin, je vous conseille de découvrir le jeu de Frogwares, Sherlock Holmes vs Arsène Lupin. Si vous ne voulez pas y jouer ou ne pouvez pas, il est possible de suivre des vidéos retraçant tout le jeu ;)

Pour revenir un peu au livre, la première enquête m'a davantage plu par rapport à la seconde que j'ai trouvé moins prenante, et qu'elle reprenait les mêmes recettes que la première histoire. Les deux parties restent cependant divertissantes à lire, avec de nombreux rebondissements. Mon seul regret reste le massacre de Wilson/Watson et que Sholmès n'ait pas réussi à mettre Lupin plus en déroute, car s'il était évident de l'issue de ces affaires, il aurait été intéressant de voir Lupin un peu plus en danger, histoire que Sholmès se révèle être un rival à la cheville de Lupin, et que l'auteur ait eu l'audace de mettre son personnage un peu plus en danger avant de le rendre victorieux. Car malgré les petites déroutes que le voleur a connu, Sholmès n'a pas été suffisamment à la hauteur et le duel entre les deux personnages reste essentiellement des joutes verbales. C'est pour ces raisons que je choisi de ne pas voir en Sholmès une version de Sherlock Holmes, mais plutôt comme un personnage à part, qui s'éloigne du héros de Conan Doyle.

Malgré ces détails qui m'ont tiqué, le livre reste plaisant à lire car divertissant. Il se compose pour l'essentiel de dialogues. Le style de l'auteur est simple, soigné, plaisant. On lit les aventures de son héros avec facilité et les aventures restent suffisamment intéressantes et divertissantes. Peut-être que je trouverais dans d'autres romans ou nouvelles sur Arsène Lupin des aventures plus palpitantes et satisfaisantes, qui me tiendront en haleine, car malgré mon ressenti sur ce livre, je ne compte pas en rester là et dit à très bientôt à l'ami Lupin !

Extrait :

"Beau temps, Wilson... Du soleil ! ... Paris est en fête pour nous recevoir.
- Quelle foule !
- Tant mieux, Wilson ! Nous ne risquons pas d'être remarqués. Personne ne nous reconnaîtra au milieu d'une telle multitude !
- Monsieur Sholmès, n'est-ce pas ?"
Il s'arrêta, quelque peu interloqué. Qui diable pouvait ainsi le désigner par son nom ?
Une femme se tenait à ses côtés, une jeune fille, dont la mise très simple soulignait la silhouette distinguée, et dont la jolie figure avait une expression inquiète et douloureuse.
Elle répéta :
" Vous êtes bien monsieur Sholmès ?"
Comme il se taisait, autant par désarroi que par habitude de prudence, elle redit une troisième fois :
"C'est bien à monsieur Sholmès que j'ai l'honneur de parler ?"

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