dimanche 18 septembre 2016

Arsène Lupin contre Herlock Sholmès - Maurice Leblanc.

Quatrième de couverture :


Arsène Lupin contre Herlock Sholmès ! L'homme qui défie toutes les polices françaises contre l'as des détectives anglais.« C'est justement quand je ne comprends plus que je soupçonne Arsène Lupin », avoue le célèbre limier anglais. Quand deux hommes aussi intelligents s'affrontent, leur duel est un grand spectacle.Qui a volé le petit secrétaire d'acajou contenant un billet de loterie gagnant ? Qui a volé la lampe juive, le diamant bleu, joyau de la couronne royale de France ? Qui joue les passe-murailles en plein Paris ? Arsène Lupin, toujours lui, l'éternel amoureux de la Dame Blonde, plus insolent, plus ingénieux que jamais, déjouant une à une toutes les ruses de l'Anglais par d'autres ruses plus étonnantes encore.






Mon avis :

Ce livre comporte deux aventures : La Dame Blonde et La Lampe Juive, et fait suite à la nouvelle qui se trouve dans le premier recueil des aventures d'Arsène Lupin, Herlock Sholmès arrive trop tard. Une nouvelle fois, Maurice Leblanc a voulu faire s'affronter son héros au célèbre Sherlock Holmes ! ... ou du moins, un pastiche du célèbre détective anglais. Alors, verdict ?

Dans La Dame Blonde, Mr Gerbois achète un secrétaire pour sa fille. Un inconnu lui propose de le lui racheté, ce que Gerbois refuse. Peu de temps après, il découvre le secrétaire volé, au grand désespoir de son propriétaire qui y avait rangé son billet de loterie gagnant. Arsène Lupin se propose de lui retrouver le secrétaire, à la condition de partager le montant de la loterie avec lui. Peu de temps après, un baron et assassiné et son diamant volé. La police, piétinant sur ces deux affaires, les victimes décident de faire appel au détective anglais Herlock Sholmès. Ces deux affaires ne semblent avoir aucun rapport, pourtant il existe un lien entre elles ! Dans La Lampe Juive, le détective reçoit deux lettres : une d'un baron lui demandant son aide pour retrouver une lampe volée et l'autre de Lupin lui-même lui demandant de ne pas accepter la demande du baron, ce que Sholmès décide de ne pas prendre en compte...

Si je n'ai pas été aussi emballée que le premier recueil des aventures de notre voleur national, je n'ai pas non plus détesté ma lecture. Je ne retiendrais cependant pas ce livre comme celui m'ayant le plus marqué sur Arsène Lupin. Cela reste cependant un livre sympathique et sans prétention autre que de divertir, que de se creuser les méninges ou avoir le souffle coupé.

Car, en effet, ces aventures se présentent plus comme un jeu du chat et la souris que d'une enquête. L'auteur a choisi de se centrer davantage sur qui aura le dessus sur qui, comment Sholmès et Lupin vont déjouer les plans de l'autre, que la résolution de l'enquête. Bien qu'on se doute très bien de l'identité du vainqueur, ces aventures ne sont pas dénuées d'intérêt pour autant. Nos deux héros se rencontrent, se toisent, s'admirent, se donnent la chasse, ... Il y a également des passages bien divertissants comme des passages intéressants (la maison truffée de passages secrets, la confrontation finale entre Sholmès et Lupin dans la première aventure, la scène où Lupin et son biographe Maurice décident sur un coup de tête de se joindre à la table de Sholmès et Wilson dans un restaurant, ...). Tout ce qu'il se passe est bien détaillé et avec un rythme effréné !

J'ai retrouvé avec plaisir Arsène Lupin, toujours aussi malin, aussi joueur, aussi amoureux de la mise en scène. Il se révèle vraiment comme un personnage intéressant. Je m'attache à sa légèreté, sa désinvolture, son côté enfant qui se joue de tous et je ne demande qu'à le découvrir dans de nouvelles aventures et découvrir de nouveaux aspects de sa personnalité et d'éléments de sa vie. Sa vie, ses amis, ses amours, ses ennemis, ses ennuis, ses rires, ... Je n'en ai certainement pas fini avec Lupin !

Même si ce jeu souffre de lenteurs dans
l'histoire, il présente néanmoins une
confrontation intéressante entre Holmes
et Lupin tout en restant fidèle aux
personnages et univers de Doyle et de
Leblanc.
J'avoue avoir eu des réticences à lire ce livre, car je suis énormément attachée au personnage de Sherlock Holmes, ainsi que celui du Dr Watson, et que j'avais peur que l'auteur ne démontre trop la supériorité de Lupin sur Holmes et ne ridiculise Holmes ET Watson. Sur un de ces points j'avais tord, car si au final c'est Lupin qui l'emporte sur Holmes, ou du moins Sholmès (et ce n'est pas un spoiler, car il est clairement évident, avant la lecture, que Leblanc allait favoriser son héros), il est tout de même montré que Sholmès est très doué pour lui mettre des battons dans les roues [ réussissant même à déjouer un de ses plans et le faire arrêter... même si au final ce n'est que de courte durée ], et pour dérouter Lupin, il en faut beaucoup ! Du moins, dans la première aventure... car dans la seconde, Sholmès, dégoûté de son échec, perd toute classe, toute élégance lors de la seconde aventure et se montre plus aigri et déterminé que calme, intelligent et raffiné. En somme, il est montré comme plus égoïste et moins intelligent que le personnage d'origine, avec des réflexions beaucoup moins poussées, et beaucoup de prétention.

Dommage... Je n'ai pas réussi à m'attacher à Sholmès, et encore moins à Wilson, une pastiche de Watson, présenté ici comme un bouffon, un abruti fini, suivant Sholmès comme un bon gros toutou loyal mais pas très intelligent, se faisant maltraiter par le détective qui ne le considère clairement pas comme un ami mais plutôt comme un sous-fifre [ je me rappelle notamment d'une scène où Wilson était au plus mal, mais Sholmès n'en avait rien à faire, plus préoccupé par son enquête ]. Ainsi, pour les amoureux de Holmes et les fervents défenseurs de Watson, il est préférable de voir Sholmès et Wilson comme des personnages à part, et pas une version de Holmes et Watson. Se dire qu'il ne s'agit en rien des personnages de Conan Doyle, mais des personnages différents, une caricature à l'extrême de Holmes et Watson, sous peine d'être déçu. En ce qui me concerne, même si la lecture de ce livre fut plaisante, si vous voulez voir une aventure plaisante et fidèle confrontant Holmes et Lupin, je vous conseille de découvrir le jeu de Frogwares, Sherlock Holmes vs Arsène Lupin. Si vous ne voulez pas y jouer ou ne pouvez pas, il est possible de suivre des vidéos retraçant tout le jeu ;)

Pour revenir un peu au livre, la première enquête m'a davantage plu par rapport à la seconde que j'ai trouvé moins prenante, et qu'elle reprenait les mêmes recettes que la première histoire. Les deux parties restent cependant divertissantes à lire, avec de nombreux rebondissements. Mon seul regret reste le massacre de Wilson/Watson et que Sholmès n'ait pas réussi à mettre Lupin plus en déroute, car s'il était évident de l'issue de ces affaires, il aurait été intéressant de voir Lupin un peu plus en danger, histoire que Sholmès se révèle être un rival à la cheville de Lupin, et que l'auteur ait eu l'audace de mettre son personnage un peu plus en danger avant de le rendre victorieux. Car malgré les petites déroutes que le voleur a connu, Sholmès n'a pas été suffisamment à la hauteur et le duel entre les deux personnages reste essentiellement des joutes verbales. C'est pour ces raisons que je choisi de ne pas voir en Sholmès une version de Sherlock Holmes, mais plutôt comme un personnage à part, qui s'éloigne du héros de Conan Doyle.

Malgré ces détails qui m'ont tiqué, le livre reste plaisant à lire car divertissant. Il se compose pour l'essentiel de dialogues. Le style de l'auteur est simple, soigné, plaisant. On lit les aventures de son héros avec facilité et les aventures restent suffisamment intéressantes et divertissantes. Peut-être que je trouverais dans d'autres romans ou nouvelles sur Arsène Lupin des aventures plus palpitantes et satisfaisantes, qui me tiendront en haleine, car malgré mon ressenti sur ce livre, je ne compte pas en rester là et dit à très bientôt à l'ami Lupin !

Extrait :

"Beau temps, Wilson... Du soleil ! ... Paris est en fête pour nous recevoir.
- Quelle foule !
- Tant mieux, Wilson ! Nous ne risquons pas d'être remarqués. Personne ne nous reconnaîtra au milieu d'une telle multitude !
- Monsieur Sholmès, n'est-ce pas ?"
Il s'arrêta, quelque peu interloqué. Qui diable pouvait ainsi le désigner par son nom ?
Une femme se tenait à ses côtés, une jeune fille, dont la mise très simple soulignait la silhouette distinguée, et dont la jolie figure avait une expression inquiète et douloureuse.
Elle répéta :
" Vous êtes bien monsieur Sholmès ?"
Comme il se taisait, autant par désarroi que par habitude de prudence, elle redit une troisième fois :
"C'est bien à monsieur Sholmès que j'ai l'honneur de parler ?"

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