mercredi 25 mai 2016

Le Livre des Morts - Variety Artworks.

Quatrième de couverture :

Égypte ancienne, Louxor, 1400 avant J.-C., le faible taux de survie des nourrissons, la famine et les épidémies faisaient que pour les Égyptiens, la mort était monnaie courante. L'apparition du livre des morts donne de l'espoir au peuple, car il est la promesse dune vie après la mort. Après le décès de leur mère, Thouti élève seul avec son père sa petite sur Kiki. Contant les légendes du panthéon des dieux égyptiens, un vieux prêtre leur redonne le sourire. Il finit par leur parler du fameux livre des morts, mais Thouti et sa sœur apprennent avec horreur que tous les humains ne peuvent pas accéder à la deuxième vie promise dans l'autre monde...

Emprunt médiathèque.




Mon avis :

Soleil Noir a pour habitude de publier des mangas adaptant des œuvres connues, telles que Le Prince de Machiavel (je reviendrais peut-être là-dessus parce qu'au final c'était très intéressant et que les têtes de psychopathe que l'auteur a dessiné pour César Borgia étaient à mourir de rire), Le Rouge et le Noir de Stendhal, Les Misérables de Victor Hugo, Guerre et Paix de Tolstoï. J'avais déjà lu quelques-uns de ces mangas, mais j'ai été surprise de découvrir que cet éditeur publiait aussi des adaptations d’œuvres disons un peu plus "spirituelles". La Bible bien-sûr, mais aussi les enseignements de Bouddha ou les entretiens avec Confucius, ainsi qu'une adaptation du célèbre livre des morts égyptien ! Etant dans ma période "L'Egypte Ancienne, c'est fascinant", je me suis mise à la lecture du manga...

Pour reprendre un peu l'histoire : nous suivons Thouti, jeune homme dans l'Egypte Ancienne, et sa sœur Kiki. Ils se rendent régulièrement au tombeau familial pour rendre hommage à leur mère. A leur retour, ils rencontrent le prêtre du village qui leur raconte comment s'est formé le monde et la vie après la mort ainsi que les épreuves que les défunts doivent affronter avant de pouvoir passer l'ultime épreuve, celle du jugement, qui déterminera son sort : accéder à ce qu'on pourrait considérer être le Paradis pour les Égyptiens de l'Antiquité, ou au contraire être condamné à souffrir et errer pour l'éternité.

Au travers du périple du personnage de Thouti, que l'on suit tout au long de l'histoire, ce manga est une adaptation du Livre des Morts, aussi nommé Livre pour Sortir au Jour. Cet ouvrage ancien composé de plusieurs formules écrites sur papyrus et illustrées. Il était censé aider le défunt à réussir son passage dans l'au-delà. Il était généralement placé dans le sarcophage, à côté du défunt ou parfois dans les bandelettes de la momie. D'abord réservé aux rois et aux nobles, il s'est répandu dans toutes les couches de la société et a perduré pendant tout l'empire romain. Ces formules permettaient au défunt de vaincre les obstacles pouvant se trouver sur sa route, et donc à franchir les différentes étapes du monde souterrain pour accéder au royaume des morts. Ces formules lui permettent lui donner les moyens de vivre heureux après la mort, de sortir le jour sur terre et de rentrer le soir dans sa tombe


Ce manga est une façon divertissante et intéressante de découvrir ce qui constitue la préparation à la mort ainsi que la vie dans l'au-delà et le royaume des morts tels qu'on se les représentaient dans l'Egypte Ancienne. Nous apprenons notamment les différentes étapes de la momification, les différentes façons pour momifier le défunt : le lavage, l'embaumement, la cérémonie d'ouverture de la bouche (car les Égyptiens croyaient que les morts avaient besoin de se nourrir

Nous découvrons également ce qui constitue la vie après la mort : où se trouve le défunt après sa mort, le chemin qu'il doit parcourir, les épreuves et obstacles qu'il doit affronter... ou éviter. Ces obstacles se révèlent souvent être des insectes nécrophages, des démons égyptiens, des esprits damnés, voire même Apophis, divinité égyptienne du chaos, qui tente de manger les âmes encore non jugées. Sorti vainqueur de son périple, le défunt se retrouve alors face aux dieux dans la Salle des Deux Vérités. C'est accompagné d'Anubis et de Thot (qui inscrit la sentence) que le défunt subit la dernière épreuve : la pesée des âmes (ou plutôt du cœur). La scène du Jugement était d'ailleurs impressionnante : l'assemblée des dieux, la pesée qui se fait par Anubis, le monstre qui attend de voir si le cœur est pur ou pas (pour le dévorer s'il n'est pas pur).

Peut-être que certains d'entre vous ont déjà entendu parler du livre des morts, ou du moins des momies, du jugement et des pharaons. Cependant, on est bien moins nombreux à connaître le contenu de ce livre, et de sa richesse, des récits qui y sont écrits. Au travers des personnages, l'auteur essaye de nous faire découvrir et comprendre les étapes qui attendent une âme après la mort du corps. Les explications sont loin d'être ennuyeuses, d'autant plus que l'histoire nous fait suivre ces étapes en même temps que l'âme égyptienne présente dans le manga, donc ça nous permet de mieux se visualiser le royaume des morts et le chemin que l'âme doit traverser pour parvenir jusqu'à la salle du jugement, d'autant plus que les dessins - sans être extraordinaires - sont agréables à regarder. En bref : un manga divertissant et intéressant, que je conseille si l'Egypte Ancienne vous intéresse.

Ce billet est une participation au :


mercredi 18 mai 2016

Des enfants dans l'Antiquité - Karine Delobbe.


Quatrième de couverture :

D'Héraclès à Romulus et Remus, l'enfant est présent dans la mythologie gréco-romaine. Quant aux enfants nés de mortelles, encore faut-il qu'ils soient acceptés. En cas d'abandon, le nouveau-né, s'il n'est pas adopté par une autre famille, est condamné à la mort ou à l'esclavage. En Gaule romaine toutefois, l'apport celtique humanise ces pratiques : l'enfant semble mieux accueilli. Penseurs grecs et romains jettent les bases d'une éducation de l'enfant auxquelles nous faisons référence aujourd'hui encore. Mais ces principes ne concernent que les enfants des citoyens, eux-même futurs citoyens. Au-delà du statut de l'enfant, c'est de sa vie - parfois courte - que nous parle cet album : sa nourriture, ses vêtements, mais aussi ses jeux favoris.




Mon avis :

Cela faisait un petit bout de temps depuis que je n'avais plus mis le nez dans un livre d'histoire (ni sur ce blog d'ailleurs mais c'est une autre histoire...). Comme beaucoup de livres, je suis tombée dessus par hasard alors que je recherchais des livres sur l’Égypte Antique, mais le sujet m'a paru assez intéressant pour que je l'emmène avec moi.

C'est un court ouvrage (environ une trentaine de pages), plutôt destiné à un public jeune au vu des nombreuses images et de la simplicité du texte et du vocabulaire employé (entendons que ce n'est pas de l'ouvrage produit par des gros chercheurs en la matière, utilisant un vocabulaire bien spécifique et scientifique). Cependant, ouvrage jeunesse ou pas, ce livre est une opportunité pour apprendre beaucoup de choses sur l'enfance et les enfants dans l'Antiquité.

L'enfant est d'abord présent dans la mythologie antique, et surtout la mythologie grecque et romaine. C'est d'ailleurs davantage dans la mythologie qu'on a d'abord eu une approche des enfants à cette époque que dans les textes antiques et découvertes archéologiques, plus rares. Nombreux sont, en effet, les récits mythologiques qui parlent de dieux et de leur abondante descendance, et c'est sur ce point que le livre commence. On peut d'ailleurs citer l'enfance de héros comme Héraclès, dont les premiers exploits remontent dès l'enfance, ainsi que l'enfance de Remus et Romulus, les mythiques fondateurs de Rome.

La célèbre statuette représentant une louve
allaitant Remus et Romulus.


Dans une volonté de progression logique, le livre débute avec la naissance et se termine sur le passage à l'âge adulte

L'ouvrage est très axé sur le monde grec et le monde romain, beaucoup moins sur autres civilisations antiques comme l’Égypte ou la Gaule. Cela peut paraître déplorable, même s'il faut tenir en compte le fait qu'on ait davantage de sources et d'éléments sur les civilisations grecque et romaine et que ces dernières sont les racines de notre propre civilisation. Il y a cependant quelques anecdotes sur l'enfant celte-gaulois et l'enfant égyptien. Les Celtes et Égyptiens, par exemples, élèvent tous leurs enfants et n'en rejettent aucun. De tendres liens unissent notamment les Celtes à leurs enfants et vice-versa, et ils savent faire preuve d'un immense chagrin lorsque la mort sépare des parents de leurs enfants, comme peuvent en témoigner les stèles funéraires. C'est chose normale pour nous, mais il faut savoir que Grecs ou Romains abandonnaient parfois leurs enfants. Souvent s'il y avait malformation, si le bébé est né chétif, malade, hors-mariage ou s'il s'agissait d'une fille non désirée. Le père peut reconnaître l'enfant s'il l'accepte au sein de la famille. Dans le cas contraire, l'enfant est exposé devant la porte du logis ou sur une décharge publique, et le recueille qui voudra.

Ce chapitre nous révèle d'autres informations, comme le déroulement de la naissance, le portrait de la sage-femme. Nous avons également un chapitre dédié aux nourrices, leur rôle, l'emmaillotage, comment on choisissait une nourrice. Il est aussi question des maladies et mortalités infantiles, un sujet sur lequel les historiens sont peu renseignés. Ces maladies étant courantes, les médecins de l'époque s'en sont peu intéressés et les prescriptions ont souvent eu des effets négatifs. C'est d'ailleurs souvent à cause des fréquentes mortalités infantiles que les parents ne préfèrent pas s'attacher à leur enfant.

Un bœuf à roulettes datant du IIIe millénaire,
assez semblable aux jouets à roulette de notre époque...

Ensuite, on ne parle pas d'enfance sans parler de l'éducation. L'auteur nous parle de l'école, de la différence d'éducation selon les cités en Grèce avec deux exemples précis : Sparte et Athènes. Sparte est un état militaire, donc il s'agit de former des guerriers, c'est une éducation à la dure ! On l'entraîne à une vie sauvage, même les filles. Celles-ci sont entraînées à devenir mères d'enfants rigoureux. À Athènes, la cité la plus puissante de Grèce, l'éducation se fait d'abord par la mère et la nourrice. Puis à sept ans, c'est l'école pour les garçons, les filles restent à la maison pour apprendre à être fidèles, vertueuses et habiles aux travaux domestiques.

L'auteur aborde d'autres sujets comme la vie quotidienne des enfants : comment ils emploient leur temps dans une journée, le rôle bénéfique de la musique dans leur vie, l'importance des jeux. Les fouilles archéologiques ont permis la mise au jour de nombreux jouets et de sortes de jeux. Les photos illustrant ce chapitre et les règles de certains de ces jeux nous montrent d'ailleurs que la plupart de ces jeux ne nous sont pas inconnus, cela montre bien que les enfants de toutes les époques ont des goûts semblables. Nous retrouvons aussi bien des jeux d'éveil comme le hochet, le cheval à roulettes, des petites charrettes en bois que des jeux d'adresse comme des billes (qui sont souvent des châtaignes, glands, olives, noisettes, noix), la noix est beaucoup utilisée dans les jeux à Rome (comme billes ou pions pour jeux de société) et c'est pourquoi l'expression romaine « quitter les noix» signifie sortir de l'enfance. On retrouve aussi des jeux de patience comme le puzzle d'Archimède, des jeux avec règles précises comme l'osselet, des poupées, des balançoires... comme quoi, comme le disait si souvent ma professeur d'archéologie, on n'a rien inventé ! (ou presque)

Je n'ai pas grand chose à rajouter au sujet de cet ouvrage. En bref, c'est un livre court mais intéressant. Il ne faut pas s'arrêter au fait qu'il s'adresse à un public jeune car on y apprend des choses intéressantes sur un sujet où l'on est finalement peu renseigné et qu'on ne connaît pas (à moins de faire des études poussées en histoire ou que l'on aime les livres ou documentaires d'histoire). Il est aussi intéressant de noter qu'il existe plusieurs tomes de cette série : Les enfants au Moyen-âge, à la Renaissance, ... , qu'il pourrait être intéressant de découvrir :)

Ce billet est une participation aux :




mardi 3 mai 2016

Dr Watson (T.1) Le Grand Hiatus, partie 1 - Stéphane Betbeder et Darko Perovic.

Les auteurs : Stéphane Betbeder, né en 1971, est un scénariste de bande-dessinée français. Darko Perovic, né en 1965, est un auteur dessinateur de bande-dessinée serbe

Emprunt médiathèque.

Quatrième de couverture :

En 1891, Sherlock Holmes disparaît dans les chutes de Reichenbach, poussé dans le vide par son ennemi juré, le professeur Moriarty. Son corps ne sera jamais retrouvé. Fidèle collaborateur du détective, le docteur Watson est persuadé que son ami est encore vivant, retenu prisonnier par Moriarty quelque part dans Londres. Il n’a aucune piste, aucune preuve, mais il s’accroche à ce fol espoir, au grand dam de ses proches qui le voient sombrer peu à peu dans un délire paranoïaque. Pourtant, la machination autour de la disparition de Holmes n’est pas le fruit de son esprit dérangé, elle est bien réelle...


Mon avis :

Il existe de nombreux pastiches (romans comme bandes-dessinées) sur Sherlock Holmes, il en existe beaucoup moins dans lesquels Watson est le personnage principal. Ainsi lorsque j'ai vu cette bande-dessinée, me suis jetée dessus et l'ai lu avec avidité, d'autant plus qu'elle présente une couverture jolie avec un docteur Watson badass et des extraits de journaux parlant de Sherlock Holmes. Au final, ce premier tome m'aura laissé une impression... mitigée.

Dans ce premier tome, nous découvrons un Watson en mauvaise posture : affaibli, maigre, malade, au fond d'un puits rempli d'ossements. Tout de suite, on s'interroge : où est ce bon docteur, que lui est-il arrivé, pourquoi est-il dans un état ? Pendant ce tome, on alterne entre Watson affaibli et prisonnier et entre un Watson rongé par le chagrin, mais en bonne santé. Alors, ces scènes sont-elle des flash-back où Watson se remémore comment il est arrivé jusque là ? On tourne donc les pages avec curiosité pour tenter d'y voir un peu plus clair ! Seulement voilà, en refermant ce tome je n'étais pas plus avancée qu'avant, et des questions subsistent...

L'histoire paraît pourtant prometteuse : Watson pendant le Grand Hiatus. Watson, rongé par le chagrin depuis la disparition de son ami, brisé, morose, qui vit dans le déni. En effet, persuadé que Holmes est toujours vivant (faute de corps), il décide de mener l'enquête en suivant les méthodes du détective. Voilà qui est prometteur ! Voir Watson à l'action pendant le Hiatus, tenter d'enquêter pour trouver le moindre indice qui pourrait confirmer ses doutes : que Sherlock Holmes est toujours en vie. Seulement, c'est un Watson instable et perturbé que l'on découvre, ce qui m'a surprise et quelque peu déçue. Malgré tout mon attachement pour le détective, mon préféré dans ces histoires a toujours été Watson. Dans cette bande-dessinée, j'ai découvert un Watson brisé, instable, pour ne pas dire fou. On est bien loin du personnage raisonnable et fiable que l'on connait dans le canon. Certains pourrait argumenter que Watson est rongé par le deuil et le chagrin, mais je n'ai pas été convaincue par le portrait fait par les auteurs du bon docteur, et il ne correspond pas à l'image que je me fais de Watson

On observe Watson sombrer peu à peu, tandis que sa femme et ses amis sont impuissants. Peut-être y-a-t-il une raison au comportement de Watson, car il y a un autre aspect de l'histoire qui pourrait être la cause et qui m'a dérouté : la présence du surnaturel. C'est un sujet qui m'intéresse beaucoup, mais que je n'associe pas à l'univers rationnel de Sherlock Holmes. Sinon, si on passe outre de la folie de Watson et de la présence du surnaturel, l'histoire reste intéressante et j'ai beaucoup aimé les scènes où Watson utilisait la science de la déduction, notamment pour soigner ses patients. Comme quoi, la science de la déduction, ça peut être contagieux !

Pour résumer sur ce tome : ce premier tome n'est ni bon, ni mauvais, mais curieux. La confusion a régné dans mon esprit tout au long de ma lecture, cela dit ma curiosité a été éveillée, et je pense lire la suite pour que les détails soient éclairés et que j'y voie un peu plus clair dans mon esprit.