mardi 24 juin 2014

Top Ten Tuesday : Les 10 sagas préférées.


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a  initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur ce blog. Toujours peu inspirée par les derniers thèmes, j'ai pioché parmi les anciens auxquels je n'avais pas encore répondu et voici le thème que j'ai choisi :


Le thème du 25 septembre 2012 était...
Les 10 sagas (dyptiques, trilogies, séries plus longues,...) préférées

1. Harry Potter (JK Rowling)
Le classique, le classique des classiques, que dis-je, le classicisme des classique (ça ne veut rien dire, je sais, enfin jme comprends...), la première réponse à me venir en tête, ma Bible par excellence ! Je n'ai d'ailleurs jamais décroché. Depuis mes 14 ans que j'en suis accro et Harry Potter tient toujours une place particulière dans mon cœur. Les mots ne suffisent plus pour dire à quel point cette saga m'a inspiré, m'a fait (et me fait encore) rêver par ses mots, son univers riche et captivant, ses personnages tous les plus intéressants et attachants les uns que les autres (quoique... Ombrage... hem, hem), et l'histoire. Mrs Rowling, des générations de fans ne peuvent assez vous remercier pour cette saga (c'est pourquoi je dis qu'il faut la proclamer reine de l'univers, qui est avec moi ?? *silence de mort* bon, pas tous à la fois, hein...)

2. La Chronique des Vampires (Anne Rice)
Seconde saga pour laquelle j'ai eu un coup de cœur, d'abord avec Entretien avec un vampire (le film a quelques infidélités par rapport au livre, notamment Armand qui passe de jeune éphèbe roux du nord de l'Europe à bel étalon plus âgé, grand, brun et espagnol, mais le film vaut le coup d’œil !), puis le reste à suivi... je n'ai pas encore tout vu, mais je n'ai jamais été déçue de cette saga. Certains tomes sont moins bons que d'autres, mais cette saga reste inoubliable pour moi. Les tomes peuvent se lire indépendamment des autres mais à mon avis, mieux vaut les lire dans l'ordre... ou du moins, lire les trois premiers dans le bon ordre. Ce que j'aime aussi, c'est qu'on apprend à connaître chacun des vampires (bien que ça reste un peu trop axé sur Lestat, déjà bien imbu de sa personne (mais c'est pas grave, parce qu'on l'aime !), quand je lui préfère Armand ou le sage et calme Louis ou que tous les vampires n'ont pas encore livré leur histoire), mais les personnages sont tous intéressants, torturés, attachants, humains, et l'écriture d'Anne Rice est à savourer !

3. Percy Jackson (Rick Riordan)
Troisième coup de cœur en saga, j'avais du mal à attendre de me procurer la suite, et pourtant je ne me presse pas pour lire la nouvelle saga qui reprend ses aventures (Les Héros de l'Olympe), toujours est-il que j'ai passé un formidable moment avec Percy Jackson, un héros franchement attachant, pas intello mais pas bête pour autant, et brave, loyal et drôle. Plus que tout, j'ai aimé l'univers présenté par l'auteur, ce mélange mythologie-littérature jeunesse, avec les divinités et créatures grecques dans notre monde moderne. L'humour de l'auteur est aussi à savourer (il suffit de voir ses tweets), bien que je trouve quelques défauts à Percy Jackson, j'ai été marqué par cette saga et j'ai eu pour elle un véritable coup de cœur !

4. Les Chansons du Séraphin (Anne Rice)
Nouvelle saga signée Anne Rice, dont le troisième tome se fait attendre depuis 2011, pourtant cette saga ne fait pas l'unanimité, du moins en France. Sans doute par le côté religieux du livre, dans le sens où un personnage redécouvre la foi et que amour et fidélité à Dieu, c'est assez présent dans cette saga. Je lui trouve aussi des défauts, j'aurais aimé voir certaines choses plus développées mais j'aime sincèrement cette saga. Je suis déjà attirée par des histoires avec des anges (mais attention, pas le genre d'ange qui ne peut pas, ne sait pas ou n'a pas le droit d'aimer, et qui tombe amoureux d'une jeune midinette) et que le concept de retour dans le temps dans la fiction m'intéresse. De plus, je me suis attachée aux personnages, surtout le héros, et j'aime le voir évoluer.

5. Les Chroniques de Kane (Rick Riordan)
Autre saga de Rick Riordan, qui s'est cette fois-ci attaqué à la mythologie égyptienne. Un mélange monde moderne-mythologie égyptienne très alléchant avec des références à l'histoire de l'Egypte antique, des personnages attachants et hilarants, de l'humour, de l'action (parfois même un peu trop). Rick Riordan a une écriture très vivante, très dynamique, fluide et agréable. C'est toujours un plaisir de le lire.

6. Black Butler (Yana Toboso)
Oui, c'est un manga mais comme dit Loki "I do what I want!". Donc, Black Butler, mon manga préféré depuis trois ans environ. C'est un manga qui m'a rapidement séduite, je le trouve intéressant, sombre, parfois ça va dans l'étrange et le tordu, on a du surnaturel, des moments sombres et dramatiques tout comme il y a des moments drôles. L'intrigue, et les enquêtes, sont intéressantes même si l'intrigue met du temps à se développer, nous avons une panoplie de personnages intéressants et le graphisme est très réussi. Bravo Toboso-sensei !

7. Devils & Realist (Utako Yukihiro et Madoka Takadono)
Placé juste derrière Black Butler dans la liste de mes mangas préférés, pourtant rien ne le prédisait au départ car l'histoire paraît typique et prévisible, je ne m'attendais d'ailleurs pas à grand chose au départ, mais je me suis retrouvée attachée à l'histoire qui a fini par m'intéresser au fur et à mesure que j’avançais. Les personnages y sont aussi pour beaucoup car ils se révèlent intéressants et attachants pour la plupart. Malgré quelques éléments classiques, l'histoire est prometteuse et intéressante ! De par son humour décalé, ses personnages et leur évolution, par l'intrigue en elle-même... je trouve dommage que peu de personnes connaissent car je trouve que ce manga vaut la peine d'être lu !

8. L'assistant du vampire (Darren Shan)
J'ai accroché à cette saga vers 2010, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de la terminer car la traduction française n'est pas allée au delà du tome quatre (pour une saga qui comprend douze tomes, autant dire ce n'est pas beaucoup), il faut lire les mangas pour savoir ce qu'il se passe, ou lire les tomes en anglais. C'est dommage car cette saga mérite un peu plus d'attention chez nos compatriotes. Le style est plutôt simpliste, et les descriptions ne brillent pas dans le récit, l'intrigue est simple et que ça manque de complexité, mais l'écriture est fluide, ça se lit vite et bien, l'humour est présent, les personnages sont attachants, et intéressants pour certains (comme Mr Crepsley), et on sent lorsqu'on avance bien dans la série que les 'choses sérieuses' vont vraiment commencer à se mettre en place, que l'univers va s'assombrir peu à peu... 

9. L'épouvanteur (Joseph Delaney)
Autre série que j'aime beaucoup bien que je n'ai pas eu l'occasion de tout lire, cependant cette série jeunesse est très intéressante, un mélange jeunesse et épouvante, mélange plutôt risqué mais l'auteur s'en sort plutôt bien, c'est presque gothique, avec des sorcières, gobelins, spectres... et diverses créatures plus ou moins malfaisantes, avec un garçon qui peut voir des choses que les autres ne peuvent pas et qui suit un apprentissage d'épouvanteur, celui chargé de chasser ces créatures nuisibles. C'est écrit dans un style vivant, avec un suspens subtilement maintenu. L'auteur a l'art et la manière de savoir jouer avec nos peurs, parfois j'attrape des frissons. C'est fluide, captivant, avec des tomes pas trop épais et difficiles à lâcher !

Et c'est tout, il se peut que j'en rajoute d'autres mais j'en doute. J'ai répondu à ce top en fonction de mes sagas préférées, celles pour qui j'ai eu un véritable coup de cœur, celles sur lesquelles je me jette dessus dès que le prochain tome sort, et cela n'inclut donc pas les sagas que j'ai bien aimé et dont j’achète les tomes quelques fois, quand j'y pense, comme Mercy Thompson, Anita Blake ou encore Le Seigneur des Anneaux. Voilà, à une prochaine !

dimanche 15 juin 2014

Maléfique.

Maléfique/Maleficent
Réalisé par Robert Stromberg
Durée : 97min/2h15min
Sorti en 2014.

Avec : Angelina Jolie (Maléfique), Elle Fanning (Aurore), Sam Riley (Diaval), Sharlto Copley (roi Stefan), Lesley Manville (Florette/Primprenelle), Imelda Staunton (Hortense/Flora), Juno Temple (Capucine/Pâquerette), Brenton Thwaites (Philippe), Ella Purnell (Maléfique jeune), Vivienne Jolie-Pitt (Aurore jeune), ...

Attention, cet article contient des spoilers. Certains sont craintifs et se sont cachés. D'autres, plus audacieux et incontrôlables, ont préféré rester à la vue de tous. Par précaution, ne lisez cet article que si vous avez vu le film ou que vous n'avez pas l'intention de le faire. Je n'ai pas envie de vous gâcher la surprise.


Synopsis :

Maléfique est une belle jeune femme au cœur pur qui mène une vie idyllique au sein d’une paisible forêt dans un royaume où règnent le bonheur et l’harmonie. Un jour, une armée d’envahisseurs menace les frontières du pays et Maléfique, n’écoutant que son courage, s’élève en féroce protectrice de cette terre. Dans cette lutte acharnée, une personne en qui elle avait foi va la trahir, déclenchant en elle une souffrance à nulle autre pareille qui va petit à petit transformer son cœur pur en un cœur de pierre. Bien décidée à se venger, elle s’engage dans une bataille épique avec le successeur du roi, jetant une terrible malédiction sur sa fille qui vient de naître, Aurore

Mon avis :

Comme beaucoup, j'ai vu les teasers bien avant la sortie du film. La Belle au Bois Dormant (1959) n'est pas un des dessins-animés Disney que je préfère le plus parmi les premiers grands classiques Disney, mais j'étais assez emballée par les teasers pour avoir envie de découvrir ce film. Cependant, je n'étais pas pressée de le voir et je ne m'attendais pas à être plus emballée que ça. Au final, ce fut une belle surprise et un petit coup de cœur et je vais vous expliquer pourquoi.

L'histoire est davantage axée sur la méchante, alias Maléfique. Cependant, au lieu d'être dépeinte comme la méchante et rien de plus, le film nous la présente comme un personnage plus complexe qu'il n'y paraît et elle est mise en avant d'une façon assez inattendue. C'est le genre "méchante parce que..." mais au final, elle dépasse ce stade, elle va au-delà de ce simple statut. Elle nous est plus crédible, touchante, avec un vécu, mystérieuse, un peu moins maléfique que je ne le croyais. En plus de cela, merveilleusement jouée par Angelina Jolie. Je n'accordais pas beaucoup d'attention à cette actrice, mais après avoir vu Alexandre Revisited (2011) et ce film, j'en viens à franchement l'apprécier comme actrice, je la trouve touchante, crédible, douée et charismatique. Elle montre bien l'esprit torturé de Maléfique et au départ, je ne voyais personne d'autre qu'Angelina Jolie pour jouer Maléfique.

Aurore (Elle Fanning)

Maléfique se présente comme une version revisitée de La Belle au Bois Dormant, avec un casting bien choisi, une histoire revisitée intéressante, de magnifiques effets spéciaux (je prends comme exemple les scènes où Maléfique vole, la scène de bataille au château du roi Stefan), des décors somptueux dignes des plus grands livres de fantasy. Plus de noirceur aurait été la bienvenue mais bon, c'est du Disney hein, je ne pouvais pas m'attendre à quelque chose de bien sombre [spoilers] la scène où Stefan vole les ailes de Maléfique est assez sombre [/spoiler]. Un peu surprise que le film ne commence pas là où débute La Belle au Bois Dormant mais lors de l'enfance/la jeunesse de Maléfique mais au final, c'était plaisant de découvrir Maléfique avant Maléfique et la Lande où vivent créatures magiques, en parfaite harmonie avec la nature, loin des humains.


Affiche - Roi Stefan.
La musique du film est enchanteresse, je suis d'ailleurs tombée amoureuse de Maleficent Captured, The Spindle's Power, True Love Kiss et Maleficent Main Theme que j'écoute en boucle. J'évoquerai aussi la beauté du scénario, de magnifiques décors et effets spéciaux. Un vrai régal pour les yeux et l'esprit. Je suis ressortie conquise. Je ne m'attendais pas à ça au départ, les teasers révélaient si peu au final... Esthétiquement, c'est très beau, c'est à couper le souffle, majestueux, les décors de la Lande sont d'une beauté bluffante, de jour comme de nuit, peuplée de créatures mignonnes, de fées, lucioles, de gnomes farceurs. On s'en prend plein la vue ! L'histoire est intéressante et touchante, innovatrice pour le personnage de Maléfique, ce n'est pas manichéen et ça dépasse les clichés des contes de fées. J'ai aimé voir l'évolution de Maléfique et que même si l'histoire se finit bien, elle ne redevient pas totalement qui elle était au départ car elle a changé. Au départ, elle était une fée plein de vie, elle est devenue ensuite une créature vengeresse... et blessée.

La force de ce film, ce sont les personnages et les relations entre eux. J'ai beaucoup aimé le personnage de Diaval, le corbeau de Maléfique que celle-ci se plaît à transformer en humain ou en autres créatures. Le personnage d'Aurore m'a plu également, bien qu'elle m'ait semblé légèrement en dessous (j'aurais aimé... plus de profondeur chez ce personnage, en savoir plus sur elle, la connaître pour elle et pas seulement la connaître que grâce à sa relation avec Maléfique), touchante, joyeuse, attachante. J'ai aimé voir ce personnage plein de vie intervenir dans la vie de Maléfique et dans l'évolution de son personnage, au même titre que Diaval. D'une façon ou d'une autre, Diaval et Aurore occupent, à leur façon, une place spéciale dans l'évolution de Maléfique. J'ai beaucoup aimé le trio qu'ils formaient, comme une espèce de famille étrange mais touchante à sa façon. Puis, voir Diaval en corbeau s'occuper d'Aurore, quand ses gardiennes de fées étaient trop occupées à se disputer entre elles, quand elle était bébé est un spectacle à la fois amusant et touchant.

Aurore (Elle Fanning) dans la Lande.

À l'instar de Frozen/La Reine des Neiges, on ne tombe pas dans certains clichés et la morale est tout d'autre. Si Philippe est présent dans l'histoire et qu'on peut sentir un amour naissant entre lui et Aurore, ce n'est pas encore une histoire d'amour ni l'amour au premier regard, et [spoilers] Philippe hésitait franchement à embrasser Aurore car, même s'il avoue aux fées que oui, Aurore est jolie et qu'il aimerait bien l'embrasser, que ce ne serait pas honnête de le faire alors qu'elle est inconsciente et il s'interroge sur le sortilège dont elle est victime, (c'est un peu comme Kristoff dans Frozen qui demande à Anna la permission de l'embrasser) [/spoilers] On retrouve aussi la « morale » qui dit que le premier amour n'est pas toujours le bon, et aussi qu'un baiser d'amour sincère ne vient pas forcément du Prince charmant (toujours comme dans Frozen, l'acte d'amour devant sauver Anna n'était pas forcément un baiser d'un prince charmant), et la romance n'est pas vraiment présente. Il y a de l'amour, de l'affection, mais il s'agit d'un autre type d'amour : amitié, famille. Et j'ai beaucoup aimé cet aspect du film.

Quelques moments comiques avec les fées (quelle idée de changer leurs noms, j'étais habituée à Flora, Pâquerette et Pimprenelle, maintenant j'ai du mal à retenir les nouveaux), pas toujours débrouillarde, souvent puériles, mais adorables et amusantes, mais pas que, j'ai beaucoup aimé la scène de bataille de boue et le rire de Diaval, semblable à un corbeau. J'ai eu un coup de cœur pour ce film, mon dernier remonte à La Reine des Neiges, Disney est en forme depuis quelques temps, j'espère que ça va continuer ! D'ailleurs, j'espère bientôt voir Dans l'ombre de Mary qui raconte les déboires de Walt Disney face à l'auteur des livres Mary Poppins, lorsqu'il a voulut adapter son héroïne au cinéma...

vendredi 13 juin 2014

La Grèce ancienne : La vie privée des hommes - Pierre Miquel.



Quatrième de couverture :


Comment vivaient les habitants de ce pays montagneux et morcelé ? Quelles ont été leurs croyances ? En quoi leur civilisation a-t-elle marqué aussi fortement le monde occidental ? Plongez dans la vie de vos ancêtres grâce à de superbes reconstitutions historiques illustrées et découvrez tous les détails de leur quotidien.

Collection dirigée par Pierre Miquel, professeur émérite de la Sorbonne.


Emprunt médiathèque.



Mon avis :

Seconde contribution au challenge « Grèce Antique », cette fois-ci avec un petit livre documentaire. La quatrième de couverture annonce « À partir de huit ans », cependant je ne pense pas qu'il faille s'arrêter à l'âge et penser que c'est un livre éducatif pour enfants car je pense que n'importe qui, peu importe son âge, peut apprendre des choses intéressantes dans ce bouquin.

Quand on entend « Histoire », en général on a tendance à penser à une série d'événements et de dates, mais ce n'est pas que ça. Les auteurs prennent comme cadre l'aspect social de la Grèce antique, et se rapproche plus du côté des hommes, des coutumes, des mœurs, et d’événements plus sociaux comme les différents métiers, la vie à la ville, le mariage, la religion, etc, au temps de la Grèce antique, ce que je trouve intéressant à exploiter. Plus que les événements historiques, j'aime apprendre comment vivaient hommes, femmes et enfants à cette période, les vêtements qu'ils portaient, comment s'éduquaient-ils, comment se déroulaient les pratiques matrimoniales ou religieuses, la vie à la ville, leurs divertissements, ce qu'ils cultivaient, et si l'on s'est inspiré de certaines choses au fil des siècles.


Image représentant la préparation d'un sacrifice pour
une cérémonie religieuse.


Et c'est très intéressant à feuilleter ! Dans de courts chapitres joliment illustrés, les auteurs abordent sept différents thèmes. Le premier chapitre est consacré à un exemple en particulier, celui d'Athènes. Ils nous exposent la vie à Athènes : Athènes telle qu'elle était au Ve siècle av JC. Avant d'être la belle et grande Athènes qui attira penseurs et artistes, Athènes était un espace réduit composé d'une population nombreuse qui s'entassait dans des maisons, qui n'avaient pas forcément toutes des fenêtres. La ville était mal alimentée en eau, les Athéniens se lavaient dans des bains publics. Les rues sont sales et tortueuses, les routes étroites, les détritus jetés dans les caniveaux et ramassés après par des esclaves mais mouches, rats et puces sont tout de même au rendez-vous.



Gravure d'un hoplite,
nom du soldat grec
Du côté des habitants, les plus riches donnent des banquets pour montrer leur prestige, leurs richesses, ils ornent leurs murs de mosaïques. La vie de la famille est placée sous l'autorité du père et suit des rites et des traditions, les enfants gardent leurs cheveux longs jusqu'à l'adolescence. Avant son mariage, la jeune fille abandonne aux dieux des objets de son enfance. Quand un enfant naît, la nourrice ou le père porte le nouveau-né autour du foyer afin de signifier qu'il est reconnu parmi les siens. Si c'est un garçon, on suspend une couronne d'olivier et une touffe de laine si c'est une fille. Les auteurs nous parlent aussi des Athéniens en tant que citoyens, et de la démocratie athénienne, soit un gouvernement du peuple par le peuple, une assemblée de citoyens nommée l'ecclésia, des magistrats composés d'archontes (pour les fonctions civiles) et les stratèges (qui commandent l'armée et la flotte). Dès son plus jeune âge, l'Athénien est initié à la vie civile et politique de la cité. Un citoyen qui ne prend pas part à cela est considéré comme inutile. 

Le second chapitre est consacré aux différents métiers : les marchands, qui font commerce à l'agora qui est le centre de la vie sociale, et y proposent leurs produits : la céramique, très prisée, les paysans proposent vin, huile, fromage, céréales, l'alimentation habituelle. La viande est rare et donc chère, mais le poisson est abondant et fort prisé des Athéniens, car les Grecs sont avant tout un peuple de la mer. Les artistes, très sollicités pour des temples, sanctuaires, monuments, des écoles d'art permettent de former peintres et sculpteurs mais l'éducation est pour tout citoyen d'Athènes. Son éducation commence à sept ans et s'achève à ses 18 ans : il doit apprendre à lire, écrire, compter, la musique et le chant, pratiquer plusieurs activités physiques. Ce sont généralement des esclaves ou des pédagogues qui font la classe mais des philosophes vont parfois de ville en ville partager leur savoir et enseigner. Le troisième chapitre nous parle de divinités et des différentes cérémonies religieuses comme les célèbres Panathénées en hommage à Athéna, déesse protectrice de la cité. Dionysos est aussi vénéré et on déroule en son honneur de grands concours de poésie, de tragédie, de comédie mais les autres dieux étaient également fêtés à Athènes, de sorte qu'il y avait des cérémonies toute l'année, les Athéniens cultivant aussi la passion du jeu et des loisirs : théâtre, équilibristes, jongleurs, musiciens, marionnettiste, chasse... les Athéniens ne manquaient pas de divertissement ! Les plus célèbres étant le théâtre, et les jeux du stade où tous les sales coups étaient permis !


(désolée pour la mauvaise qualité de l'image)
Les archers scythes tenaient des cordes, enduites de peinture rouge, près de l'Agora, lors de la réunion où les citoyens traitent des affaires de la cité. Le citoyen en retard devait enjamber cette corde et avoir des traces sur les vêtements, pour signaler les retardataires qui étaient alors obligés de payer une amende.



Le chapitre suivant parle, en quelques pages, des différentes ressources du Grec : ressources de la mer, ressources agricoles (souvent pauvre, la Grèce étant un pays essentiellement montagneux, il était difficile d'avoir des terrains agricoles), les ressources des mines, puis la monnaie. On passe ensuite au chapitre consacré à la guerre et cette fois-ci, les auteurs se penchent sur Sparte, réputée cité guerrière et très exigeante. Les jeunes Spartiates mobilisés subissent, de 18 à 20 ans, une formation intensive avant d'être incorporé dans l'armée où ils restent jusqu'à 30 ans. Les Athéniens subissent eux-aussi un entraînement poussés, même si la force d'Athènes est davantage sa flotte et le commerce. On en apprend aussi, dans ce chapitre, les différentes techniques militaires, l'équipement, les différents grades dans l'armée, le déroulement d'une bataille, le tout joliment illustré. Un dernier chapitre est consacré à l'Iliade et l'Odyssée d'Homère.

En résumé, un livre court mais intéressant, il ne faut pas s'arrêter à l'âge prescrit sur la quatrième de couverture car chacun, peu importe l'âge, peut y apprendre des choses intéressantes, surtout s'il s'intéresse à l'Antiquité grecque et, plus précisément, au côté plus "humain", davantage basé sur la société et la vie des individus de l'époque. Le tout joliment illustré et raconté de façon simple mais captivante.

Ce billet est une participation au :

dimanche 8 juin 2014

Meurtre en Mésopotamie - Agatha Christie.



Du même auteur :







Quatrième de couverture :

Amy Leatheran, une jeune infirmière, accepte de partir en Mésopotamie sur un chantier de fouilles afin de prendre soin de la femme de l'archéologue, en proie à de terribles angoisses nocturnes. Quand une série de meurtres inexpliqués se produit, la jeune femme est soulagée de voir apparaître Hercule Poirot qui visite justement le site...

Mon avis :

J'avais envie de me mettre un bon roman policier sous la dent, et si j'aspire à lire en ce moment des policiers plus modernes se rapprochant du thriller, c'était un roman d'Agatha Christie que je voulais lire. Sur les cinq livres d'elle qui me restait dans ma PAL, j'ai choisi ce titre parce que l'auteur nous familiarise un peu avec l'univers de l'archéologie mais aussi dans les déserts de Mésopotamie et que je l'étais dit qu'avec un peu de chance, cela amènerait le soleil dans ma région. Si le soleil se fait indécis, j'ai cependant beaucoup apprécié cette lecture, achevée en quelques jours. J'ai apprécié cette petite virée dans les pays chauds, leur exotisme, les petites coutumes...

Le contexte archéologique m'a également beaucoup plu. À ceux qui ne le savent pas, Mme Christie a épousé en secondes noces un archéologue qu'elle a parfois accompagné lors de ses voyages de fouilles, ce qui l'amena à situer le cadre de certains de ces romans dans les pays où son mari fit ses fouilles, généralement des pays chauds comme la Syrie. Mme Christie eut même cette citation amusante : « Faites comme moi, épousez un archéologues. C'est le seul homme qui vous regardera avec de plus en plus d'intérêt à mesure que passeront les années. » J'ai bien aimé qu'elle nous parle un peu de cet univers particulier et qu'elle a appris à connaître. La mise au jour d'objets, les rapports entre les divers membres de la fouille, le nettoyage des objets trouvés, le stockage des dits-objets... outre certaines pratiques qui horrifieraient n'importe quel archéologue actuel, les méthodes n'ont pas beaucoup changé. J'ai beaucoup aimé les réflexions de la narratrice alors qu'elle découvrait cet univers. Elle est infirmière, ce n'est pas son domaine, cela ne l'intéresse pas beaucoup et elle ne voit pas l'intérêt de s'intéresser au passé ou de fouiller pour découvrir des objets du passé ou des os. Elle ne s'extasie que lorsqu'on lui montre les bijoux ou objets précieux qui ont été retrouvés.


Hercule Poirot, joué par
David Suchet.
N'allez pourtant pas croire qu'Amy Leatheran est une jeune femme ennuyeuse ne s'intéressant qu'aux bijoux. Elle est infirmière, l'histoire ce n'est pas son truc, mais elle a de bonnes connaissances en médecine et sait très bien comment fonctionnent les relations humaines et comment une personne peut réagir face à une situation donnée, par exemple lorsqu'elle garde un secret. Elle est infirmière, elle en a vu passer des patients. Elle fut une narratrice plaisante à suivre, elle est vive, intelligente (loin de tout comprendre de l'affaire comme Hercule Poirot, mais comme je l'ai dit, elle sait comment fonctionnent les relations humaines et elle est vive, observatrice, elle remarque certains détails), amusante avec ses commentaires personnels concernant tel ou tel personnage, y compris Poirot, et dans la façon dont elle détaille son récit. C'est un personnage vif, vivant, réaliste et qui n'a pas la langue dans sa poche, et j'ai bien aimé son duo avec Poirot qui a clairement l'air souvent amusé par cette jeune femme vive qui ne se laisse pas faire, alors que Amy est parfois déroutée par Poirot, qu'elle imaginait d'abord comme Sherlock Holmes, ainsi que ses manières si européennes et ses petites fautes quand il essaye de parler anglais.

Comme je me fais souvent (je devrais dire « tout le temps » !) avoir par Agatha Christie concernant l'identité du coupable, j'avais décidé cette fois-ci de soupçonner tout le monde (sauf Poirot et Amy, cela va de soit), y compris le pauvre mari endeuillé et effondré ! Après tout, dans une affaire de meurtre, c'est souvent le compagnon qu'on soupçonne en premier... j'ai tout de même été surprise par le dénouement de l'affaire, l'identité du coupable et son motif, surtout qu'au départ, Agatha Christie nous menait vers plusieurs pistes ! Une femme mariée victime d'angoisses, elle craint pour sa vie, elle a peur de finir assassinée. Les membres de l'expédition ne voient là que de simples angoisses et poussent même jusqu'à dire que la dame exagère et qu'elle est est même bonne comédienne, et qu'elle aime être au centre de l'attention, l'angoisse est bien réelle car Mme Louise Leidner a reçu, depuis quelques années, des lettres de menaces... de son premier mari, qu'elle croyait décédé, qui la menace de mort si jamais elle venait à se remarier. S'agit-il de son premier époux qu'elle croyait décédé ? Du frère cadet de celui-ci qui voulait à son frère une admiration profonde et qui aurait considéré que Louise a trahit son frère ? D'un membre de l'expédition qui veut lui jouer un sale tour, puisqu'entre Louise Leidner et les membres de la mission, il y a comme une tension qui règne...


Plan dressé par Amy Leatheran.

Tout au long du roman, nous suivons non seulement l'enquête mais Poirot tente aussi de comprendre la personnalité de Louise Leidner et pourquoi ce froid, cette tension entre elle et les autres membres alors que la mari, le professeur Leidner, semble parfaitement ignorant du froid entre ses collègues et sa femme. On découvre donc aussi chaque membre de l'expédition. Il m'a été difficile, au départ, de retenir qui est qui, surtout que j'essayais de donner – dans ma tête – un visage à chaque personne . Le tout est bien mené dans l'intrigue de façon très intéressante, et le passé des personnages est intéressant à découvrir. Un archéologue anglais, un missionnaire français, un moine cultivé, un photographe américain, Mme Mercado qui couve presque de façon maladive son mari... Chacun a un passé plus ou moins trouble, Hercule Poirot cherche à les discerner, il ne néglige personne jusqu'à ce qu'innocence soit prouvée, et puis, chaque détail peut être important !

Puis il y a ces faits inexpliqués et cette tension, ce froid qu'on peut sentir entre eux et Mme Leidner, et on sent que ça va finir par éclater... de quelle façon pour Mme Leidner et/ou les membres de l'expédition ? Il faut lire le roman pour le savoir. À ajouter aussi que j'ai bien aimé ce petit clin d’œil, à la fin du roman, quand Amy fait référence à une enquête bien connue de Poirot, lorsqu'elle raconte que sur le chemin du retour, il résolut une nouvelle enquête au bord de l'Orient-Express... bref, ce roman fut une petite surprise, je m'attendais à ne pas voir le coupable venir, mais au niveau de la construction de l'intrigue, l'intrigue en elle-même, et des personnages, sans compter le cadre, j'ai été agréablement surprise et charmée, je crois que ce roman fait maintenant partie des romans que je préfère de la reine du crime !


Extrait :

Je préfère vous le dire tout net : ne vous attendez pas à la moindre touche de couleur locale dans mon récit. En plus je ne connais rien à l'archéologie et ne m'en porte pas plus mal. Aller farfouiller dans des ruines et remuer les ossements de gens morts et enterrés depuis belle lurette, ça me dépasse. M. Carey passait son temps à me dire que je n'avais pas la fibre archéologique et je le crois sans peine.

7. L'homme devant la fenêtre.