samedi 31 mai 2014

[Challenge] L'Odyssée grecque

Organisé par Parthenia, le challenge Odyssée grecque est un challenge à la fois littéraire mais pas que, car il prend en compte tout type de support : œuvres antiques ou reprenant/inspirées de la littérature antique grecque : des romans, des bandes-dessinées, des films, des expositions et même des comptes rendus de visite d'un site archéologique ! Il comprend tout ce qui peut se rapporter à la culture ou à l'époque de la Grèce antique et est illimité dans le temps.

Enfin voilà, ce challenge me tentait beaucoup car illimité dans le temps et il prend en compte tout type de support, pourvu que ce soit en rapport avec la Grèce antique. Or, l'Antiquité grecque est l'une des périodes historiques qui m'intéresse le plus, je l'étudie depuis deux ans à l'université, l'Antiquité grecque est aussi présente dans mes lectures et les films que je visionne et j'avais dans l'idée, depuis quelques temps, de découvrir - vraiment découvrir - les œuvres d'Homère, à savoir l'Iliade et l'Odyssée. Tomber sur ce challenge sur Livraddict fut une vraie aubaine et je me suis dit que m'inscrire serait une bonne occasion pour moi de me mettre aux textes d'Homère.

Ce challenge comprend plusieurs niveaux, j'ai choisi pour le moment le niveau Phidias (soit cinq billets), au moins je sais qu'il y a possibilité de changer de niveau puisque le challenge est illimité dans le temps. Enfin voilà, cet article me servira surtout de récapitulatif, où mettre mes billets pour ce challenge.

lundi 26 mai 2014

La couleur des sentiments - Kathryn Stockett.

La couleur des sentiments
(The Help)



Kathryn Stockett, née en 1969 à Jackson au Mississippi, est une romancière américaine connue pour son roman The Help, traduit en français sous le titre La couleur des sentiment, et qui a donné lieu à une adaptation cinématographique en 2009. Kathryn Stockett vit actuellement à Atlanta avec sa famille où elle travaille à l'écriture de son deuxième roman.


Emprunt médiathèque.






Quatrième de couverture :

Chez les Blancs de Jackson, Mississippi, ce sont les Noires qui font le ménage, la cuisine, et qui s'occupent des enfants. On est en 1962, les lois raciales font autorité. En quarante ans de service, Aibileen a appris à tenir sa langue. L'insolente Minny, sa meilleure amie, vient tout juste de se faire renvoyer. Si les choses s'enveniment, elle devra chercher du travail dans une autre ville. Peut-être même s'exiler dans un autre Etat, comme Constantine, qu'on n'a plus revue ici depuis que, pour des raisons inavouables, les Phelan l'ont congédiée.

Mais Skeeter, la fille des Phelan, n'est pas comme les autres. De retour à Jackson au terme de ses études, elle s'acharne à découvrir pourquoi Constantine, qui l'a élevée avec amour pendant vingt-deux ans, est partie sans même laisser un mot.
Une jeune bourgeoise blanche et deux bonnes noires. Personne ne croirait à leur amitié; moins encore la toléreraient. Pourtant, poussées par une sourde envie de changer les choses, malgré la peur, elles vont unir leurs destins, et en grand secret écrire une histoire bouleversante.

Mon avis :

Comme cela m'arrive souvent, j'ai vu le film avant de lire le livre et sans savoir que c'était tiré d'un livre, or j'avais eu un véritable coup de cœur pour le film, que je trouve plutôt bien fidèle au roman (et les actrices m'ont permis de donner une tête pour la plupart des personnages du roman), et j'ai eu la chance de dénicher le roman à la médiathèque, que j'ai dévoré en quelques jours après la fin de mes partiels de mai.

Pas de grosse surprise pour moi, ayant vu le film avant. Je savais comment allait se dérouler et se terminer l'histoire, il n'empêche que j'ai passé un très bon moment de lecture et que ce roman permet plus d’approfondissement par rapport au film au niveau de l'histoire et des personnages, et qu'il y a de nombreux éléments que le film n'a pas pu représenter ou a simplifié.


Skeeter, incarnée par Emma Stone.
L'un des points forts du roman, c'est d'abord le contexte dans lequel se situe l'histoire. L'action se situe dans la ville de Jackson, au Mississippi, au début des 60's. Le contexte est fort : les lois raciales et la ségrégation font autorité dans les États du Sud, restés très conservateurs ; l'esclavage a été aboli, certes, mais les lois Jim Crow obligent une séparation stricte des races et les Noirs restent exploités par les Blancs. Les Noires se font bonnes chez les Blanches pour gagner leur vie, elles font le ménage, la cuisine, s'occupent des enfants, doivent tenir leur langue, obéir au doigt et à l’œil, être dociles. 


Les domestiques noirs ont des toilettes séparées de celles des Blancs afin de ne pas contaminer les Blancs, ils doivent manger à l'écart des Blancs, ne pas fréquenter les mêmes établissements qu'eux (piscine, bibliothèque, église, école...), comme suivant la loi Jim Crow concernant les Blancs et les Noirs « séparés mais égaux ». Mais les années 1960 voient naître les prémisses de grands changements concernant la condition des Noirs, c'est la décennie qui voit apparaître des militants pour les droits civiques comme Rosa Parks ou Martin Luther King... toutes ces choses apprises pendant mes cours d'Anglais de Licence 2 sur The African American Renognition in the United States et que ce roman m'a permis de revoir.

Affiche du film.
C'est dans ce contexte que se déroule ce roman et que l'héroïne, Eugenia Phelan alias Skeeter, a l'idée d'un projet impossible et audacieux : récolter des témoignages de bonnes noires, leurs expériences, qu'elles soient bonnes ou mauvaises, leurs employeurs, les enfants dont elles s'occupent et couvrent d'amour jusqu'à ce que l'enfant grandisse et devienne comme les parents, leurs avis sur les lois raciales... Ce projet ne sera pas une mince affaire puisqu'aucune bonne saine d'esprit accepterait de se confier, à une Blanche qui plus est – sans compter que le rapprochement des races est prohibé et puni par la loi, pour les Noirs et les Blancs. Cependant, une bonne – Aibileen – va braver sa peur et ses doutes pour accepter de livrer son histoire à Skeeter. Puis, petit à petit, Aibileen va tâcher d'amener d'autres bonnes à sa cause, dont sa meilleure amie, Minny, une forte tête bien sceptique quant au projet de Skeeter mais qui va pourtant finir par se confier... ainsi que d'autres bonnes qui, suite aux violences qui se font à l'égard des leurs et au fur et à mesure que leur situation va empirer, vont prendre le courage de livrer leurs témoignages.

C'est pourtant principalement Skeeter, Aibileen et Minny que nous suivons. Elles sont les trois narratrices de ce roman et nous offrent trois voix différentes. C'est avec beaucoup d'intérêt et d'émotion que j'ai suivi ces personnages, chacun est différent mais attachant. Aibileen est bonne chez Elizabeth Leefolt, une amie de Skeeter, c'est une femme mûre, sage, maternelle, elle éprouve un réel attachement pour la fille d'Elizabeth : Mae Mobley, qu'elle surnomme affectueusement Baby Girl, que sa mère délaisse trop souvent. C'est la bonne sage, qui dénonce sans se plaindre, et qui tente souvent le calmer un peu le feu qui réside en Minny, sa meilleure amie et bonne, d'abord chez Miss Hilly (autre amie de Skeeter) et sa mère miss Walters, qui est une vraie tête brûlée, elle a une grande gueule et ne peut pas s'empêcher de dire ce qu'elle pense, ce qui lui causera bien des soucis dans son travail ! Elle a un fort caractère mais elle est parfois touchante, d'autant plus que sa situation personnelle n'est pas facile.

Skeeter – alias Eugenia Phelan – est une jeune femme, grande par rapport aux autres de son âge avec des cheveux frisés indomptables, fraîchement diplômée de l'université. Elle est intelligente, travailleuse et ambitieuse, elle aspire à travailler dans le journalisme puis de devenir écrivain. C'est quelqu'un d'indépendante, elle ne ressent pas le besoin de se caser et de faire des enfants contrairement à ses amies. Elle se concentre sur ses projets d'écriture tandis que sa mère s'inquiète de son célibat et de l'état de ses vêtements. La voir évoluer tout au long du roman, s'acharner pour rendre vie à son projet et découvrir ce que c'est de vivre une relation amoureuse avec ses hauts et ses bas... j'ai vraiment aimé ce personnage. Elle se différencie de ses amies. Elle a beau avoir été élevée par une bonne, Constantine qu'elle a aimé et qui l'a aidé à se forger, elle parvient à rester elle-même, libre et honnête dans un entourage conservateur. J'ai aimé qu'elle ne soit pas trop jolie, inexpérimentée dans le domaine de l'amour mais non prude et innocente, qu'elle soit intelligente et pleine de ressource, qu'elle ait des relations cordiales et amicales avec des Noires. Le défi qu'elle se lance est tout simplement incroyable, audacieux et risqué mais elle va y parvenir et à contribuer au long cheminement pour la reconnaissance des Noirs. Pourtant, elle a décidé de ce projet presque sur un coup de tête et sans être consciente, au départ, des risques énormes que cela représentait pour elle et les bonnes.

Skeeter et Aibeleen, puis ensuite Minny et d'autres, vont ainsi se réunir dans la plus grande discrétion, malgré les risques, pour aboutir à cet audacieux et impossible projet. Cela va donner lieu à des moments forts, drôles, émouvants. Des relations se tissent peu à peu, des relations d'amour, de méfiance, de crainte, de haine, d'amitié. Le roman ne tourne pas uniquement autour de l’élaboration du roman de Skeeter. C'est aussi comment évolue Aibileen chez sa patronne et sa relation très touchante avec Baby Girl et comment elle vit les lois raciales et comment elle essaye d'apprendre à Baby Girl que Noirs et Blancs ne sont pas différents. 

Extrait du film, Aibileen et Mae Mobley.
"Tu es intelligente, tu es gentille, tu es importante."


C'est aussi comment évolue Skeeter qui commence des petits boulots pour parvenir à son rêve, devenir écrivain, sa première expérience romantique, l'évolution des relations avec ses amies et comment elles vont changer au fur et à mesure que Skeeter se prend de sympathie pour la condition des Noirs qu'elle cherche à améliorer, ce qui ne sera pas facile car Jackson est très conservateur et Miss Hilly se bat pour séparer les races, notamment en rendant obligatoire les toilettes séparés tandis qu'elle organise un repas de charité pour aider les enfants d'Afrique qui meurent de faim (ce qui est assez ironique quand on y pense), après Miss Hilly, bien que peste, n'est pas foncièrement méchante, on voit dans le roman que c'est une bonne maman, elle est adorable avec ses enfants, juste qu'elle reste conservatrice et que c'est une bourgeoise blanche pourrie gâtée et élevée dans un environnement où les Noirs étaient vus comme rien de plus que des domestiques devant obéir et pour elle, les choses doivent rester tel quel.

Ensuite, Minny elle-même, dont la situation chez elle n'est pas facile, se met au service de Celia Foote, fraîchement débarquée à Jackson et dénigrée par Miss Hilly qui fera tout pour que Celia reste à l'écart. Celia Foote est un personnage que j'ai beaucoup apprécié, elle paraît folle et étrange au départ, Minny répète souvent qu'elle est cinglée, elle est parfois naïve et enfantine mais, à l'instar de Skeeter, elle ne suit pas les lois raciales et traite Minny comme son égale. C'est Minny elle-même qui doit souvent lui rappeler de se conduire comme une vraie patronne blanche. Mais Celia est adorable et vulnérable aussi, cachant en elle une profonde détresse. Bref, Celia est loufoque, vulnérable, adorable, unique.

J'ai beaucoup aimé aussi découvrir le Mississippi, l'auteur elle-même est originaire de cet Etat et cela se ressent dans l'écriture, je félicite aussi sa capacité de se mettre dans la peau d'une domestique noire et de la rendre crédible. Elle-même fut élevée par une bonne noire. En effet, beaucoup d'Américains venant des États du Sud du début XXe siècle ont été élevés par une bonne noire, elle nous montre à travers ce roman que même s'il y avait la ségrégation, toutes les bonnes ne vivaient pas une situation désastreuses en étant employée chez une famille blanche, il y a parfois un attachement fort, une reconnaissance, souvent contrarié par l'obéissance aux règles anti-intégrationnistes encore en vigueur dans la constitution américaine et dans les mentalités. Tout noir ou blanc qui enfreint les règles risque beaucoup, souvent c'est une amende, parfois c'est la prison, le lynchage. 

Extrait : 

Parfois, quand je m'ennuie, je ne peux m'empêcher de penser à ce que serait ma vie si je n'avais pas écrit ce livre. Le lundi, je jouerais au bridge. Et demain soir j'irais à une réunion de la Ligue et je rédigerais la Lettre. Puis, vendredi soir, Stuart viendrait me chercher pour aller dîner et nous resterions éveillés très tard, et le lendemain je serais fatiguée pour mon cours de tennis du samedi. Fatiguée et contente, et... frustrée.

Parce que cet après-midi-là j'aurais écouté Hilly traiter sa bonne de voleuse sans dire un mot ni faire un geste. Parce qu'Elizabeth aurait tiré trop brutalement le bras de son enfant et que j'aurais regardé ailleurs comme si je n'avais rien vu. Et, étant fiancée à Stuart, je ne porterais pas de jupes courtes, les cheveux courts seulement, et ne pourrais me livrer à aucune activité dangereuse comme d'écrire un livre sur les domestiques noires. J'aurais trop peur qu'il ne désapprouve. Certes, je ne me mentirai jamais à moi-même en prétendant avoir changé la mentalité de personnes comme Hilly et Elizabeth, mais au moins n'ai-je pas à faire semblant d'être d'accord avec elles.

Chapitre 33. (Miss Skeeter)

mercredi 21 mai 2014

Alexandre / Alexandre Revisited.

Alexandre/Alexander
Réalisé par Oliver Stone
Durée : 2h50min
Sorti en 2004 (USA) / 2005 (FR)



Avec : Colin Farrell (Alexandre), Angelina Jolie (Reine Olympias), Jared Leto (Héphaïstion), Anthony Hopkins (Ptolémée âgé), Val Kilmer (Philippe II de Macédoine), Rosario Dawson (Roxanne), Gary Stretch (Cleitos), Rory McCann (Cratère), Francisco Bosch (Bagoas), Jonathan Rhys-Meyers (Cassandre), Robert Earley (Ptolémée jeune), Christopher Plummer (Aristote), ...






Synopsis :

Roi à 20 ans, chef de guerre redoutable, Alexandre le Grand chercha à étendre son empire au-delà des limites du monde connu. mais, trahi par ses passions et par ses hommes, celui qui voulut être l'égal des dieux courut autant vers sa chute que vers la gloire...

Mon avis :

Je me suis découvert un certain amour pour les péplums, et ce mois-ci c'est sur le film d'Oliver Stone, Alexandre, que j'ai jeté mon dévolu. Ce film représente surtout un véritable défi, la vie d'Alexandre le Grand est riche, remplie, exceptionnelle et c'est difficile de représenter tout ce que fut sa vie – tant au niveau personnel, politique et militaire – en quelques heures et le personnage en lui-même ! La version cinéma représente déjà 2h50min à elle toute seule, alors que la version longue et entièrement remontée par Oliver Stone dure 3h24 environ, j'ai pourtant visionné les deux et en ai tiré un grand plaisir !

La vie d'Alexandre le Grand est exceptionnelle. On le dit fils de Zeus, descendant d'Achille. Prince de Macédoine, il est tiraillé entre un père qui le dit faible et une mère qui le met au rang de dieu, il est placé sous l'enseignement du philosophe Aristote, et apprend la lutte avec le Spartiate Léonidas, avec ceux qui seront ses compagnons toute sa vie et participeront à ses campagnes militaires : Héphaïstion, son meilleur ami et supposé amant, Ptolémée, Cassandre, Perdiccas, Philotas... Devenu roi à 20 ans et rêvant d'étendre l'empire de Macédoine, Alexandre fera des campagnes militaires extraordinaires à travers de nombreuses contrées pour étendre son empire au-delà des limites du monde connu, cherchant également à mélanger les civilisations pour qu'elles ne forment plus qu'une seule civilisation unie, entre Grecs et Barbares...

Ptolémée, incarné par
Anthony Hopkins.
Je ne vais pas raconter sa vie, des livres et internet le feront mieux à ma place, toujours est-il qu'Alexandre est un personnage complexe et sans doute charismatique et il a eu des rêves de grandeur et de conquête dont sa propre personne n'a pas survécu puisqu'il meurt à l'âge de 32 ans en 323 av JC. Une vie courte mais bien remplie. Oliver Stone nous offre une fresque historique intéressante. Alexandre est vu à la fois comme une légende mais aussi comme un homme, parfois dépassé par sa propre gloire, pouvant être généreux et violent et j'ai beaucoup aimé cet aspect du film. Oliver Stone nous montre le côte très humain de cette légende. On le découvre enfant, tiraillé entre ses deux parents, avec un père qui le croit faible et une mère qui le pousse au rang de divin, adolescent et adulte. C'est un homme capable du meilleur comme du pire. Il est très tendre avec Héphaïstion, son ami d'enfance, son général et meilleur ami et supposé amant, ils partagent des scènes de complicité très touchantes. Mais Alexandre est aussi un roi à la fois généreux et cruel, c'est quelqu'un au sang chaud. Comme son père, il ne maîtrise plus ses actions quand il boit et il buvait beaucoup, or il est violent et ne se domine plus quand le vin lui monte à la tête. 

Mais ce film nous montre aussi Alexandre, le prince raffiné, intellectuel, amateur d'épopée, parfois ombrageux et paranoïaque quand on remet en cause son autorité. C'est également un génie militaire, très proche de ses compagnons d'armes. Colin Farrell a endossé ce rôle à la perfection, il fait un Alexandre tout à fait convainquant. Angelina Jolie, que j'imaginais mal jouer un rôle féminin convainquant, a réussi à me convaincre dans son rôle de la reine d'Olympias, mère d'Alexandre, et après réflexions, ce rôle lui va bien, je ne vois personne d'autre qu'elle jouer Olympias, la terrible reine que l'on dit magicienne, proche des Dieux, très (trop) protectrice de son fils qu'elle couve comme un serpent. Elle a même adopté un accent pour le film que je trouve adorable. Par contre, j'ai été surprise au départ de voir Anthony Hopkins jouer le rôle d'un Ptolémée âgé, mais il est surtout présent en tant que narrateur et on le voit surtout en début puis fin de film.

C'est cependant davantage un péplum psychologique qu'Oliver Stone nous présente : il s'agit de comprendre le personnage d'Alexandre, comment il est arrivé à faire ce qu'il a fait et, si possible, comprendre son ascension... et sa chute. Il y a un vrai parallèle avec les mythes et les enseignements d'Aristote : rares sont les hommes et les héros qui ont accédé à la gloire sans en payer le prix. Alexandre, qui se montrait comme égal d'Achille et descendant de Zeus, qui a cherché à aller plus loin que n'importe qui, a fini par sombrer par excès, par passion. Cela a causé la perte d'Achille. Sans doute est-ce pour cela aussi que les relations entre Alexandre et Héphaïstion sont montrées de façon chaste, subjectives. Aristote disait qu'une relation basée sur l'entente, l'harmonie, sans sombrer à la passion et les excès pouvait prétendre à atteindre la perfection et comme Alexandre compare parfois Héphaïstion à Patrocle, ami et supposé amant d'Achille... peut-être Alexandre ne voulait-il pas gâcher sa relation avec son ami en cédant à la passion.


On peut reprocher à ce film des longueurs, et le film ne suit pas l'histoire d'Alexandre de façon linéaire. Passé, présent et futur s'entremêlent et peuvent donner un aspect plutôt désordonné du film mais je trouve plutôt que ça dynamisme le film et forme un ensemble cohérent. Les scènes de batailles sont impressionnantes mais longues : la bataille de Gaugamèles par exemple, on se perd en action, il y a aussi la bataille en Asie, plus impressionnante mais attention aux âmes sensibles, le sang coule davantage et un soldat macédonien se fait, à un moment, écraser par un éléphant et ce n'est pas joli à voir. Des scènes parfois crues sont donc présentes dans ce film, et surtout dans la version longue, avec la nuit de noce d'Alexandre avec la sauvage Roxanne, une scène où Alexandre est nu au lit avec son eunuque, Bagoas..., au contraire, ses relations avec Héphaïston, que l'on suppose d'être son amant, sont montrées avec pudeur mais on voit bien les liens forts qui unissent les deux hommes (« Il n'y a que toi au monde que j'aime, Héphaïstion » haaaaa) Je ne vais pas être objective : je préfère largement la version revisitée à la version cinéma. La version revisitée est certes plus longue mais elle est plus prenante, plus proche des personnages, plus cohérente, avec un meilleur montage. 

D'ailleurs, le réalisateur a vraiment soigné son film, ça se voit, ça se ressent. On a beaucoup de paysages superbes, de la Macédoine hellénisée à l'Orient, plus sauvage mais raffiné et riche, Babylone richement reconstituée. Des décors naturels grandioses, de magnifiques reconstitutions des palais orientaux, des costumes somptueux, une musique qui accompagne bien le film, un bon casting, un soucis du réalisme et enfin es effets spéciaux pour servir le film et pas en mettre plein la vue !

L'ordre des scènes n'est plus le même dans la version revisitée. C'est d'ailleurs celle-ci que je possède chez moi et que j'ai commandé, un coffret pas cher pour ce qu'il propose : un premier CD contient la version revisitée, plus longue et disponible uniquement en VOSTFR, on retrouve dans le second CD la version cinéma disponible en VF ou VO/VOSTFR et un troisième CD propose quelques bonus : interview du réalisateur et de quelques acteurs (les principaux, j'ai regretté de ne pas avoir trouvé d'interview de Jared Leto qui interprète Héphaïstion, il aurait pu raconter plein de chose sur ce discret mais ô combien important personnage et sa relation avec Alexandre, huhu), le making-off du film et un documentaire historique de 50m sur Alexandre le Grand.

Pour terminer cet avis qui commence à se faire long, Alexandre fut pour moi une belle découverte, d'autant plus que je voulais découvrir ce personnage historique depuis longtemps, j'ai beaucoup aimé découvrir ce péplum qui se révèle psychologique mais pas dénué d'intérêt ou d'action pour autant ! je ne pense cependant pas que ce film, et surtout la version cinéma, pourraient plaire à tous, il y a des longueurs, ce film se veut surtout dans l'optique de comprendre le personnage, et le fait de montrer la vie d'Alexandre en entremêlant passé, présent et futur peut en déconcerter et agacer certains...

Ce billet est une participation au :

mardi 13 mai 2014

Top Ten Tuesday : Les 10 problèmes auxquels on fait face en tant que lecteur.


Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon un thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été initialement crée par The Broke and The Bookish et a été repris en français par Iani. Ce rendez-vous se fait tous les mardi, sans exception (ou pas ?)




J'ai choisi le thème du 13 août 2013 qui était...
Les 10 problèmes auxquels on fait face en tant que lecteur

1) Le prix, parce que bordel, ça coûte cher ces choses (pour ne pas employer un terme grossier) ! Souvent, un livre attendu sort en grand format, ce qui coûtera plus cher qu'un livre en format poche, ce qui n'empêchera pas un livre de poche de coûter pas mal (ou alors c'est moi qui suis radine). Au pire, on peut tenter les brocantes et les vide-grenier pour acquérir quelques livres pour une bouchée de pain, voire trouver un bon site sur le web.

2) La place, autre dilemme. C'est bien beau d'acheter des livres, encore faut-il trouver la place où les mettre dans la bibliothèque et si on achète beaucoup de livres dont la plupart ne seront lus que dans plusieurs mois (années, selon les cas), il faut regorger d'ingéniosité pour trouver la place dans la bibliothèque ou ailleurs.

3) L'envie ou quand plusieurs livres nous attendent dans la bibliothèque ou la PAL, d'être lus, certains planifient ce qu'ils vont lire ensuite, pour d'autres c'est à l'instinct. Puis, on a toujours ce phénomène qui fait que malgré tous les livres qui attendent d'être lus, le regard du lecteur croise un livre (ou plusieurs) au titre/couverture/résumé alléchant et donnent envie de l'acheter et c'est souvent dur de faire un choix et choisir lequel prendre en premier.

4) L'attente... de la sortie d'un nouveau livre ou du nouveau tome d'une série. Certains auteurs publient un livre chaque année, pour d'autres c'est plus espacé. Rick Riordan sort un tome de sa saga chaque année, tout comme Amélie Nothomb nous pond un livre à chaque rentrée scolaire, en revanche, j'attends toujours qu'Anne Rice écrive le troisième tome des Chansons du Séraphin ou que JK Rowling continue son encyclopédie HP parce que ce n'est pas avec les informations laissées au compte-goutte sur Pottermore que je vais me rassasier !

5) Les séries à plusieurs tomes, ou à rallonge. Je ne suis pas contre les séries comprenant plusieurs tomes, c'est même une bonne chose si on a aimé l'histoire et qu'on a envie de savoir la suite et pour continuer à suivre les personnages mais parfois la suite n'est pas à la hauteur ou bien la série va vers 7, 8, 9, 10 tomes voire plus. Pour les mangas ou BD, passe encore, sauf quand ça dépasse au moins la vingtaine de tomes... Détective Conan fait au moins 70 tomes et pas moyen d'en voir la fin ! J'aimerais bien connaître la conclusion de la série avant ma mort, quand même... et parfois, même pour un roman, plus ça avance et plus ça perd en qualité, ce qui est bien dommage...

6) Les spoilers... ils sont certes moins difficiles à éviter que par rapport à ceux d'un film ou une série tv, mais ils existent et que la curiosité, un site ou autre chose peut provoquer la découverte de spoilers désagréables quand on voulait la surprise. Il y a aussi le spoiler indirect, celui sur qui tu tombes en surfant sur le web sans penser qu'un jour, tu voudrais lire le livre mais du coup, la surprise est gâchée. Ça m'arrive parfois même si je suis souvent celle qui préfère connaître les spoilers à l'avance !

7) La déception de l'adaptation est sans doute l'un des pires problèmes. Quand on a aimé un livre, forcément on a des attentes quand on apprend qu'il y aura une adaptation. Une adaptation est rarement fidèle, ou bien quand les passages qu'on a aimé ne sont pas dans le film ou qu'un personnage qu'on a aimé n'est pas dans le film ou a un rôle minime, ça c'est tragique.

8) Broché ou poche, le dilemme. Généralement, un livre sort d'abord en grand format et est donc plus cher, et il faut attendre des mois (voire un an) pour la version poche, moins chère et qui prend moins de place dans la bibliothèque. Le problème est : quel format choisir quand c'est un livre qu'on a attendu depuis longtemps ?

9) La déception, on ne peut pas empêcher cela malheureusement et on ne peut pas aimer chaque livre qu'on lit. Ce qui est souvent un problème, c'est lorsqu'on lit un livre dont on a entendu les louanges partout, sur la blogosphère, dans les médias... et qu'au final, le livre fut une déception, que ce soit au niveau de l'histoire ou de l'écriture de l'auteur.

10) Ne pas savoir QUEL livre lire par la suite, on cherche dans sa bibliothèque, on pèse le pour et le contre pour tel ou tel livre, on hésite, on ne sait pas lequel prendre d'abord... un cauchemar.

10 bis) Ne pas pouvoir parler de livres à son entourage, parce que ledit entourage ne lit pas tant que ça, n'a pas lu les livres qu'on a lu ou déteste tout simplement la lecture, on en est réduit donc (enfin "réduit"... c'est un bien grand mot et c'est assez exagéré et négatif comme notion) à créer un blog ou en parler sur le web, ce qui n'est pas plus mal au bout du compte !

A bientôt pour un prochain rendez-vous Top Ten Tuesday :)