vendredi 28 février 2014

Mon voisin Totoro.

Mon voisin Totoro/My neighbor Totoro,
Réalisé par Hayao Miyazaki
1h26min
Sorti en 1998 (Japon) / 1999 (France)


Avec les voix de :

- VO : Noriko Hidaka (Satsuki), Chika Sakamoto (Mei), Shigesato Itoi (Tatsuo, le père), Hitoshi Takagi (Totoro et le chat-bus), Tanie Kitabayashi (Grand-mère), Toshiyuki Amagasa (Kanta)...

- VF : Mélanie Laurent (Satsuki), Marie-Charlotte Leclaire (Mei), Thierry Ragueneau (le père), Colette Venhard (Grand-mère), Donald Reignoux (Kanta)...



Synopsis :

Deux petites filles viennent s'installer avec leur père dans une grande maison à la campagne afin de se rapprocher de l'hôpital ou séjourne leur mère. Elles vont découvrir l'existence de créatures merveilleuses, mais très discrètes, les totoros. Le totoro est une créature rare et fascinante, un esprit de la forêt. Il se nourrit de glands et de noix. Il dort le jour, mais les nuits de pleine lune, il aime jouer avec des ocarinas magiques. Il peut voler et est invisible aux yeux des humains.

Mon avis :

Depuis Le château ambulant, j'ai vu trois autres films de Miyazaki, celui-ci est le plus récent que j'ai visionné. Je crois que vous allez bouffer du Miyazaki sur ce blog...

Dernière découverte en date donc, je choisi les films en fonction de mon intérêt par rapport à la lecture du synopsis et éventuellement la découverte de quelques extraits. Je connaissais déjà le personnage de Totoro sans jamais avoir vu le film, à présent que c'est chose faite, je peux d'ores et déjà dire que le film est à l'image même de Totoro : simple mais mignon. C'est ainsi que j'ai trouvé le film, mignon, irrésistible, adorable, avec un scénario simple : pas de tragédie, pas d'histoire complexe, juste un père de famille qui part s'installer dans la campagne japonaise avec ses deux petites filles, Mei et Satsuki, pour mieux se rapprocher de l'hôpital dans lequel sa femme est en convalescence. Dans cette jolie campagne paisible, les filles feront la rencontre de trois créatures peu ordinaires : les Totoros.

Le scénario est vraiment simple et l'histoire ne va pas au-delà des interactions des filles avec les Totoros, en ajoutant à cela quelques moments en famille. Autant dire qu'il n'y a pas vraiment d'histoire, le scénario est assez simplet mais je suis retournée dans mon enfance. Le film a très bien su retranscrire l'enfance dans son essence simple et les enfants et leurs réactions, leur façon de vivre. Mei et Satsuki représentent l'enfance à l'état pur, elles sont innocentes, gentilles, adorables, elles se disputent comme des sœurs à la manière des enfants tout comme elles ont leurs moments de complicité et d'entente. Ce film retranscrit très bien cela, et les réactions que peuvent avoir les enfants face à des situations qu'ils ne peuvent pas comprendre ou réagir de la même façon qu'un adulte, comme la maladie de leur mère. Mais cette histoire est mignonne. Les décors, fidèles à Miyazaki, sont d'une simplicité mais aussi beaux dans cette simplicité. J'ai beaucoup aimé les graphismes, surtout concernant la campagne japonaise avec les champs, les cours d'eau, la forêt avec l'immense arbre des Totoros. C'est une nature très belle mais simple, on a envie de tremper ses pieds dans l'eau, courir dans les bois avec l'ombre des feuilles sur la peau, cueillir des fleurs, grimper dans les arbres, le tout sous un magnifique ciel ensoleillé.


Outre la nature, Mei et Satsuki découvriront, grâce à Totoro, un monde qui - sans quitter le cadre de la campagne japonaise - suscite le rêve et l'émerveillement, il y a une certaine magie qui émane de Totoro, notamment quand il se rend "maître" de la nature ou qu'il fait appel au Chat-Bus. Outre cet étrange Chat-Bus, nous avons les noiraudes que les deux sœurs rencontrent souvent en partant explorer leur nouvelle maison de campagne, une maison japonaise traditionnelle, ces noiraudes sont des espèces de boules de suie humanoïdes timides ou bien alors facilement apeurée, ainsi que deux autres Totoro, le Totoro à l'affiche est le plus grand soit le O-Totoro. Il est parfois accompagné de Chu-Totoro (un Totoro de taille moyenne, bleu et blanc) et Chibi-Totoro (le plus petit Totoro, de couleur blanche mais qui peut se rendre invisible s'il le souhaite), je regrette d'ailleurs un peu que ces deux derniers n'apparaissent pas aussi souvent que le O-Totoro, il aurait été intéressant de voir comment ils auraient été exploités, ce qu'ils auraient pu apporter au film.

Cependant, j'ai beaucoup aimé les scènes avec le grand Totoro, ces créatures ne parlent pas vraiment, hormis une espèce de cri, mais ce sont des créatures adorables, serviables, des espèces d'esprit de la forêt, sensible aux enfants, et très amusante, il suffit de voir la scène où, Satsuki ayant prêté son parapluie à Totoro une nuit de grande averse, sous les arbres de la forêt, Totoro soit interloqué par le bruit des gouttes tombant sur le parapluie et qu'il aime tellement ces bruits qu'il fait un grand bond pour recevoir sur son parapluie toute l'eau de pluie des arbres et feuilles et qu'il soit aux anges en attendant le bruit de toute l'eau sur son parapluie. D'ailleurs, voici une image de cette scène :

Totoro n'ayant qu'une feuille pour se protéger, Satsuki va lui prêter son parapluie
pour qu'il puisse se protéger de la pluie.


Ce sont des grosses boules de poils très expressives, surtout au niveau du sourire et surtout concernant le grand Totoro, des gardiens bienveillants de la forêt non mis en danger par l'homme car seules les deux petites filles font sa connaissance (je me demande même s'il n'y a que les enfants qui ont la capacité de les voir, avec leur cœur innocent), des créatures inoffensives qui dorment le jour et voyagent en Chat-Bus. On peut reprocher à ce film la simplicité, sinon le manque d'histoire, mais ce film dans toute sa simplicité est attachant par ses personnages, et magnifique par son graphisme et sa musique, c'est comme une douce et amusante fable à raconter pour petits et grands... et qui plaira aisément aux plus jeunes. Une jolie histoire sur l'enfance, la beauté de la nature et son rapport avec l'homme, avec des moments touchants en famille ou avec les Totoros. Un joli film que je revisionnerai sans aucun doute un jour !

Totoro et le Chat-Bus (avec Satsuki portant Mei sur son dos, sur le côté)

samedi 22 février 2014

Le Château Ambulant.

Le château ambulant/Howl's Moving Castle,
Réalisé par Hayao Miyazaki
1h59min
Sorti en 2004 (Japon) / 2005 (France)


Avec les voix de :

- VO : Chieko Baisho (Sophie), Takuya Kimura (Hauru), Akihiro Miwa (la sorcière des Landes), Tatsuya Gashuin (Calcifer), Ryunosuke Kamiki (Marco)...

- VF : Frédérique Cantrel et Laura Préjean (Sophie), Rémi Bichet (Hauru), Catherine Sola (la sorcière des Landes), Thierry Leroux (Calcifer), Simon Koukissa (Marco)...


Synopsis :

La jeune Sophie, âgée de 18 ans, travaille sans relâche dans la boutique de chapelier que tenait son père avant de mourir. Lors de l'une de ses rares sorties en ville, elle fait la connaissance de Hauru le Magicien. Celui-ci est extrêmement séduisant, mais n'a pas beaucoup de caractère... Se méprenant sur leur relation, une sorcière jette un épouvantable sort sur Sophie et la transforme en vieille femme de 90 ans. Accablée, Sophie s'enfuit et erre dans les terres désolées. Par hasard, elle pénètre dans le Château Ambulant de Hauru et, cachant sa véritable identité, s'y fait engager comme femme de ménage. Cette " vieille dame " aussi mystérieuse que dynamique va bientôt redonner une nouvelle vie à l'ancienne demeure. Plus énergique que jamais, Sophie accomplit des miracles. Quel fabuleux destin l'attend ? Et si son histoire avec Hauru n'en était qu'à son véritable commencement ?

Mon avis :

Inutile que je résume l'histoire, le synopsis le fait très (trop) bien à ma place, il est même un peu trop révélateur à mon goût, ça ne laisse pas beaucoup de suspense à découvrir pour le début du film, néanmoins ça faisait déjà un petit moment que j'avais envie de découvrir les productions d'Hayao Miyazaki, ce fameux producteur japonais qui a réalisé quelques perles, dit-on...

Ce film d'animation apporte son lot de personnages, tous attachants, pas forcément marquants, mais attachants, même le simple épouvantail mouvant baptisé Navet par Sophie. Nous avons bien-sûr Sophie, pas trop niaise, adorable, serviable, patiente, douce, elle ne sombre jamais face à l'adversité, je trouve même qu'elle ne se désespère pas vraiment lorsqu'elle est sous l'emprise du sortilège de la sorcière des Landes. Certes, elle est surprise, choquée et effrayée au début, et va jusqu'à fuir le foyer familial, de peur d'être surprise sous cette apparence par les membres de sa famille mais après cela, elle semble plutôt bien s'accommoder de sa nouvelle apparence, ne se plaint pas trop et ne se pousse pas trop pour remédier à sa situation, du moins c'est comme ça que je l'ai senti. J'ai été un peu surprise et déçue de ce côté-là, j'aurais cru que Sophie, qui passe de 18 à 90 ans, ait plus de mal à s'accommoder à son corps devenu plus vieux, plus fragile, et que par conséquent ses mouvements seraient plus lents et douloureux, mais ce genre de scènes sont rares, voire inexistantes.

Sophie et monsieur Navet.

Néanmoins, qu'elle ait 18 ou 90 ans, Sophie reste un personnage plutôt plaisant à suivre. Après elle vient ensuite le magicien Hauru, qui change parfois d'apparence, qui paraît un peu narcissique au début (allant jusqu'à clamer : à quoi beau vivre si l'on est pas beau ?), manquant même de caractère sous son charisme, se révélant même un peu lâche. Bref, il se révèle assez vaniteux et immature au départ, mais on le connaîtra sous un nouveau jour au fur et à mesure du film. Au contact de Sophie, il apprendra peu à peu à changer et se révélera un homme courageux et avec d'honnêtes intentions au fur et à mesure qu'on apprend à mieux le connaître. D'autres personnages sont présents, comme Calcifer, qui est le feu parlant et possédant des yeux, qui nourrit le Château Ambulant d'Hauru, et qui lui permet de fonctionner. Calcifer paraît un peu farouche, mais c'est juste quelqu'un qui aime jouer les gros durs sans en être un ; sans oublier le petit Marco, le jeune apprenti d'Hauru pour qui Sophie se prend d'affection, affection réciproque d'ailleurs. J'ai beaucoup aimé cette espère de petite famille qu'ils formaient tous au château ambulant.


Hauru et Sophie.
Le château est d'ailleurs un autre élément qui a attiré mon attention. Il n'a rien d'un château tel qu'on se l'imagine, un château d'aspect médiévale ou plus moderne comme celui de Versailles. C'est une espèce de grande demeure qui se déplace avec des pattes d'acier et qui possède plusieurs cheminées, et qui peut changer d'apparence. Hauru ayant même fait changer le château niveau intérieur pour qu'elle ressemble plus à une maison conviviale, rien que pour Sophie. Ce château possède aussi une porte d'entrée qui, avec un système mécanique plutôt simple mais que j'aurais du mal à expliquer avec mes mots, donne accès à divers endroits si on actionne une manette. C'est une demeure originale, assez loufoque, mais qui présente un aspect assez convivial et Sophie ne met pas beaucoup de temps pour s'habituer au château et ses habitants. L'univers dans lequel prend place l'histoire est aussi particulier. Ce n'est pas dans notre monde, c'est certain. On a affaire à une espèce de mélange entre Jules Verne et l'ère victorienne. Au niveau des habitations et des vêtements, nous sommes dans le passé mais la présence de magiciens et d'une guerre impliquant des magiciens place cette histoire dans un univers imaginaire. J'ai beaucoup aimé les représentations des bâtiments, surtout du magnifique palais royal, et le contexte d'une guerre impliquant des sorciers rend l'histoire intéressante et intrigante. Ce monde est parfois étrange et mystérieux, mais intéressant, j'aurais aimé en savoir plus.

Au niveau de l'animation et du dessin, rien à dire, sans être un style à couper le souffle, les dessins sont beaux, doux et agréables à regarder. Il y a un certain aspect magique, rien que de voir le château se mouvoir, c'est quelque chose ! La force du film reste aussi les personnages, en plus de l'histoire et des graphismes, les personnages sont empreint d'une humanité touchante. Malgré le contexte d'une guerre, les sentiments passent en premier, il y a des relations touchantes. La bande-son est belle et agréable à écouter, aussi. Ce n'est certainement pas le film de l'année, je n'ai pas eu "the" révélation, mais je me suis laissée facilement porter par ce film d'animation plein de poésie et de légèreté et puis, j'ai tellement d'autres productions de Miyazaki à découvrir, j'aurais forcément un coup de cœur pour l'un d'entre eux, j'espère.

Je termine avec une représentation du fameux château ambulant d'Hauru :)

vendredi 21 février 2014

Le magicien des morts - F.E. Higgins.



L'auteur :

F.E. Higgins est une auteur irlandaise de romans jeunesse, ayant travaillé comme institutrice avant de se consacrer à l'écriture à partir des années 2000. Elle est notamment connue pour sa série Tales from the Sinister City qui compte quatre tome jusqu'à ce jour et dont le dernier, The Lunatic's Curse, est sorti en 2010.


Emprunt médiathèque.








Quatrième de couverture :

Pin Carpue découvrira-t-il la vérité sur la disparition de son père, accusé de meurtre ? Percera-t-il le secret de Bénédict Pantagus, l'homme qui fait parler les morts Et reverra-t-il bientôt Juno, cette mystérieuse jeune fille dont les parfums ensorcellent. Pour Pin, le temps presse. Car, sur les bords du Foedus qui traverse cette ville de cauchemar, rôde le tueur à la pomme d'argent, en quête de nouvelles victimes. Et s'il croisait le chemin de Pin Et si ce tueur était son père ?

Mon avis :

Je suis tombée par hasard sur ce livre, mis en avant sur un rayon de la médiathèque, et j'ai été immédiatement attirée par sa couverture avec ses couleurs sombres et ses motifs presque gothiques, avec les têtes de gargouilles et de lions qu'on a l'habitude de trouver sur les vieilles portes de grandes demeures. Après un rapide coup d’œil à la quatrième de couverture, je me suis décidée à l'emporter avec moi.

Au bout du compte, je me suis aperçue que ce livre était le second tome d'une série, Tales from the Sinister City, mais je m'étais quand même risquée à la lecture de ce roman. Heureusement, il n'a pas été nécessaire d'avoir lu le premier tome pour comprendre celui-ci. Je pense que cette série présente des histoires assez indépendantes les unes des autres et qu'elles ont un point commun : le lieu, à savoir la sinistre ville d'Urbs Umida, un endroit franchement repoussant et sinistre, avec un fleuve nommé le Foedus qui empeste tellement que son odeur suffirait à réveiller un comateux, et aux habitants miséreux, misérables et peu accueillants.

Le personnage de l'histoire, c'est Pin Carpue, un jeune garçon. Il se distingue d'une part par le petit travail qu'il pratique dans l'espoir de gagner un peu d'argent pour assurer sa survie : assistant de monsieur Gaufridus, croque mort, Pin est payé à surveiller les cadavres, veiller à ce que personne n'aille vandaliser les cadavres ou veiller à ce que le cadavre soit bien mort ; il s'agit de ne pas enterrer quelqu'un de vivant mais que l'on croit mort ! Pin se distingue aussi de par la sombre affaire de meurtre dans laquelle on mêle son père, accusé du meurtre de l'oncle Fabian. Le jeune Pin voit les regards malfaisants et méfiants des habitants de la ville se poser sur lui, persuadés de la culpabilité du père si rapidement accusé de par la disparition soudaine du père et à cause de la facilité : pourquoi chercher un coupable lorsqu'on en a un tout désigné ?

Les habitants d'Urbs Umida n'ont pas le beau rôle : dépourvu d'éducation, de compassion, ils se moquent ou dénigrent ceux qui sont différents d'eux, recherchent à tout prix les distractions... même les plus effrayantes ou horribles, comme les spectacles et créatures étranges exposées à l'auberge du Doigt Agile qui expose dans ce roman : enfermé dans sa cage, le Monstre Goulu, dont on ignore exactement à quoi il ressemble, si ce n'est qu'il est une créature effrayante, immonde, amatrice de chair... fraîche ou non, parfois presque humaine dans ses gestes ; ainsi que le magicien des morts, monsieur Bénédict Pantagus, qui se dit capable de réveiller temporairement les morts par des charmes et potions.

Pour rajouter à Urbs Umida, en plus de ses habitants peu accueillants et son aspect insalubre, des meurtres en série sévissent dans la ville, causés par celui qu'on nomme le tueur à la pomme d'argent (car il sévit avec une canne à pommeau d'argent), et dont on repêche le plus souvent les victimes dans le Foedus. Ce roman n'est pourtant ni un roman fantastique ni un roman policier. C'est un ouvrage qui se veut gothique dans son style, avec une écriture simple mais plaisante, destinée à un public adolescent, et qui joue un peu sur l'horreur sans que cela soit traumatisant (et, entre nous, si je voulais être vraiment traumatisée à vie en lisant un roman, j'irais lire du Stephen King). C'est un roman à tendance fantastique sans vraiment l'être. On peut penser au départ que c'est un roman fantastique à cause de quelques éléments (le Monstre Goulu, le Magicien des morts...) avant de se rendre compte, au fur et à mesure qu'on avance dans le roman, qu'en fait on est assez éloigné des traditionnels romans jeunesse fantastique avec des vampires et loup-garou. Au départ, j'étais déçue de savoir qu'il n'y a aucune part de fantastique dans le roman avant de me persuader que c'est pour le mieux.

Finalement, cette atmosphère qui tend au fantastique sans qu'il y en ait vraiment me plaît mieux, que l'on découvre que même ce qu'on croyait être du surnaturel ne l'est pas [spoiler] d'apprendre que Pantagus ne réveille pas les morts mais use d'illusion et des potions et parfums pour donner cette illusion aux spectateurs... et même le monstre Goulu qui a des aspects humains parfois (il sait tourner une clé dans une serrure et mettre un manteau et chapeau, comme un humain... alors, est-ce un humain à l'aspect particulièrement hideux et animal ?) [/spoiler] ça entre plus dans l'optique de la société du XIXe siècle dans laquelle prend place l'histoire. On a un côté occulte, mystique, qui prête au frisson et ça reste assez dans la norme de cette société du XIXe siècle. D'une certaine façon, ça me fait un peu penser à la sombre et glauque ville de Londres de l'ère victorienne que les romans se plaisent à peindre parfois, et j'ai beaucoup apprécié le côté très sombre et glauque de la ville d'Urbs Umida, malgré son aspect peu accueillante, et que l'auteur nous offre vraiment le portrait de la ville qu'on ne désire pas habiter. Outre la ville, l'auteur nous offre une panoplie de personnages plutôt attachants, sans qu'ils soit irrésistibles ou extraordinaires, elle nous offre tout de même des personnages sympathiques à suivre avec une histoire intéressante. Elle nous offre dans ce roman une narration en mosaïque nous présentant les différents personnages, nous permettant de comprendre comment ils en sont arrivés à devenir ce qu'ils sont.

On a le personnage principal bien-sûr, Pin Carpue, un jaune garçon payé à surveiller les morts et dont la route va croiser divers personnages, c'est un personnage plutôt intelligent par rapport aux habitants de la ville, il est plus poli, doté d'une éducation, qui sait lire, écrire et se tenir, il sait aussi bien parler. Il va rencontrer divers personnages dont Beag, le nain qui est petit de taille mais un véritable géant intellectuel, très érudit et amateur de chant et de poésie... qui est un lanceur de patates professionnel aussi (si, si), souvent accompagné de son ami, Aluph Buncombe qui exerce un travail assez inhabituel : il lit les bosses et la nuque des individus afin de déterminer quel genre de personne ils sont et dans quelle voie ils pourraient s'épanouir. Bénédict Pantagus, le magicien des morts, et son assistante, la jeune Juno ne sont pas en reste. L'un réveille les morts et l'autre manie les parfums et concocte des potions et je remercie l'auteur de ne pas avoir élaboré de romance entre Pin et Juno car ça aurait vraiment fait cliché et prévisible, heureusement, ces deux-là ne dépassent pas le stade de l'amitié ! N'oublions pas non plus le fameux Déodonatus Snoad, chroniqueur de la ville à l'aspect aussi hideux que sa personnalité et à la plume cruelle et acide.

L'auteur nous offre une histoire plutôt intéressante, les pages se tournent toutes seules, j'ai aimé les descriptions de la ville et rencontrer chacun des personnages et suivre l'évolution de l'affaire du tueur à la pomme d'argent, bien qu'on ne suive pas d'enquête policière, au moins on finit par savoir qui est le coupable car, outre le manque d'action dans cette histoire, on reste sur notre faim pour un certain nombre de choses telle que l'affaire du meurtre de l'oncle de Pin et de la disparition de son père ou le passé mystérieux de Juno. Il y a eu des choses volontairement laissées dans le flou, ce qui m'a laissé un peu frustrée, surtout que je doute que le troisième livre de la série poursuivre l'histoire telle qu'elle a été laissée à la fin de ce tome car j'ai cru comprendre que chaque histoire de la série est indépendante aux autres. J'irais me renseigner néanmoins. Malgré cette frustration, j'ai bien aimé l'histoire et faire la rencontre des personnages (bien que j'aurais cru que certains, comme monsieur Gaufridus, auraient un rôle plus majeur), l'auteur nous offre des descriptions belles et simples et elle a pris le parti de la noirceur, de l'horreur et joue sur les sensations. dépeint des tableaux assez noirs, joue sur les descriptions des odeurs...

Juste un petit mot en passant pour dire qu'aujourd'hui, j'ai 23 ans. Que le temps passe vite, youhou ~

Extrait :

Un cadavre au bord de la putréfaction n'est pas le compagnon idéal pour passer une longue soirée d'hiver, mais Pin Carpue n'était pas là pour faire la conversation. Il était là parce que c'était son travail. Pourtant, quelque chose ne tournait pas rond ce soir-là. Si le corps de celle qu'il veillait - elle s'appelait Sybil de son vivant - s'était redressé et avait tenté de dialoguer avec lui, il aurait été dans l'incapacité totale de répondre.

Chapitre un. Une étrange compagnie.