dimanche 22 décembre 2013

Rebelle.

Brave/Rebelle,
Réalisé par Mark Andrews et co, et les studios Disney/Pixar.
1h35min.
Sorti en 2012.



Avec les voix de :

VO : Kelly Mcdonald, Billy Connolly, Emma Thompson, Julie Walters, Kevin Mckidd, Craig Ferguson, Robbie Coltrane...

VF : Bérénice Bejo, Jacques Frantz, Nathalie Homs, Cathy Cerdas, Pascal Casanova, Paul Borne, Patrick Osmond...





Synopsis :


Depuis la nuit des temps, au cœur des terres sauvages et mystérieuses des Highlands d'Ecosse, récits de batailles épiques et légendes mythiques se transmettent de génération en génération. Merida, l'impétueuse fille du roi Fergus et de la reine Elinor, a un problème... Elle est la seule fille au monde à ne pas vouloir devenir princesse ! Maniant l'arc comme personne, Merida refuse de se plier aux règles de la cour et défie une tradition millénaire sacrée aux yeux de tous et particulièrement de sa mère. Dans sa quête de liberté, Merida va involontairement voir se réaliser un voeu bien malheureux et précipiter le royaume dans le chaos. Sa détermination va lui être cruciale pour déjouer cette terrible malédiction...

Mon avis :

Film d'animation des studios Disney-Pixar sorti l'an dernier, j'ai eu l'occasion de le visionner il y a plusieurs mois. Il m'avait avant tout attirée par la beauté de ses graphismes et pour le lieu où le film prend place : en plein cœur de l'Ecosse médiévale. A l'instar de l'Irlande, l'Ecosse est un pays anglophone qui m'attire, sans pour autant avoir eu la chance de le visiter. Ne serait-ce que pour la beauté de ses paysages et le folklore qui tient une place importante, l'Ecosse est un pays qui m'attire beaucoup et de ce fait, j'étais curieuse de voir Rebelle, ne serait-ce que pour la qualité des paysages. Rebelle ne m'a pas déçue de ce côté-là. Quelle beauté que ces graphismes !

Le film nous offre de magnifiques représentations des paysages écossais, on est immergé en plein cœur du pays celtique, dominé par plusieurs substances de verts, de paysages naturels, presque sauvages, à couper le souffle ! Disney-Pixar nous offre une magnifique réalisation de décors magiques. Mais l'ambiance de l'Ecosse n'est pas également représentée par ses paysages, mais également par sa musique. L'avantage du partenariat de Disney avec Pixar est qu'il y a peu de chansons et qu'elles sont rarement niaises ou romantiques, et la soundtrack est une petite merveille de sonorités celtiques formant des morceaux excellents, j'ai particulièrement accroché à Noble Maiden Fair (ou A Mhaighdean Bhan Uasal, une chanson chantée en gaélique écossais qui est tout simplement enchanteresse). Ainsi, soundtrack et graphisme furent les principaux points auxquels j'ai particulièrement accroché, passons maintenant à l'histoire.

Nous suivons les péripéties de Mérida, jeune princesse écossaise, dotée d'un fort caractère et particulièrement douée au tir-à-l'arc, activité pourtant peu convenable et conseillé à une jeune princesse. En grandissant, Mérida devient une archère hors pair, au caractère un peu sauvage et indomptable, qui souhaite demeurer libre et mener sa vie de princesse comme elle l'entend, ce qui n'est pas de l'avis de sa mère, la Reine Elinor, avec qui elle se dispute régulièrement, sa mère souhaitant que Mérida se conduise comme une princesse se doit. Lorsque Mérida entre en âge de se marier, elle refuse catégoriquement de choisir un prétendant et tente le tout pour le tout pour changer son destin... ce qui aura malheureusement des répercussions sur sa mère... et le royaume d'Ecosse.


Harris, Hubert et Hamish (ne me demandez pas qui est qui, je n'en sais rien !), les triplés et frères cadets de Mérida.


Mérida s'éloigne donc radicalement des princesses traditionnelles : rebelle, drôle, impétueuse, ne se conduisant pas comme une princesse se doit, elle cherche à mener sa propre vie comme elle l'entend et faire comprendre à sa mère qu'elle est trop jeune pour le mariage, souhaitant bouleverser des siècles de tradition, bien qu'elle s'y prenne de façon quelque peu maladroite, adolescence oblige. Loin de se clamer une féministe ou de ne plus vouloir être une princesse, Mérida se révèle assez attachante, drôle et un sympathique personnage à suivre, d'autant plus qu'il n'y a aucune histoire d'amour avec elle et un prince quelconque, puisse que Mérida désire rester libre, sans être mariée jeune à un parfait inconnu. La seule romance qu'il pourrait y avoir dans ce film serait entre la reine Elinor et le roi Fergus, mais ils sont adorables ces deux-là, surtout que le roi Fergus est bourru, fêtard, et à mourir de rire (quel contraste avec Elinor !) et que le film ne se centre pas sur la romance entre le roi et la reine, mais sur la relation entre Mérida et Elinor. La reine elle-même se révèle être un personnage attachant : reine écoutée et respectée, très attachée à sa fille même si elle est un peu maladroite avec elle... j'ai aussi bien aimé sa façon de conserver sa dignité et ce, peu importe ce qui lui arrive !

A l'instar de La Reine des Neiges, le film se base donc plus sur des relations familiales qu'une romance, ici il s'agit de Mérida et sa mère, une histoire de tensions et d'amour entre une mère et sa fille opposées par leurs idées et tempéraments. Le film nous offre une histoire d'amour entre une mère et sa fille, une histoire d'un lien brisé par un manque de communication que Mérida et Elinor vont devoir régler, c'est un aspect très moderne je trouve, une façon de représenter à l'écran un problème récurent de l'adolescence : problème et conflit avec un parent, souvent du à un manque de communication. La touche d'humour est ici représentée par la présence des Triplés, les frères cadets de Mérida, trois facétieux jeunes farceurs qui en feront voir des vertes et des pas mûres au personnel du château, leur présence donne lieu à des scènes sympathiques et divertissantes, ainsi que les fameux prétendants de Mérida et leurs pères qui sont loin de l'image que l'on se fait du prince charmant ! On peut comprendre pourquoi Mérida préfère fuir le mariage ! Malgré cela, ils se montrent unis et divertissants.

C'est un beau film qui touche aux symboles et légendes celtiques, cependant je dirais qu'il manque quelque chose pour faire de ce film quelque chose d'inoubliable, car si ce film demeure fort sympathique, ce ne fut pas un coup de cœur absolu, juste un film sympathique avec une jolie soundtrack et de beaux graphiques. Rien d'inoubliable, mais de quoi passer un bon moment. Une belle magie, de sympathiques personnages, de magnifiques paysages. Un bon Disney-Pixar, mais manquant de corps et de moments marquants pour en faire un film inoubliable. Côté animation et ambiance, rien à dire, c'est sublime ! Script intéressant et personnages sympathiques, mais bon, comme je l'ai dit, rien de marquant. Un film bien sympathique mais pas le meilleur qui s'est fait chez Pixar. Enfin, j'ai tout de même passé un agréable moment et la soundtrack me transporte toujours.

mercredi 18 décembre 2013

La Reine des Neiges.

Frozen/La Reine des Neiges,
Réalisé par Chris Buck, Jennifer Lee et les studios Disney.
102 min/1h30min.
Sorti en 2013.


Avec les voix de :

- VO : Idina Menzel (Elsa), Kristen Bell (Anna), Josh Gad (Olaf), Jonathan Groff (Kristoff), Santino Fontana (Hans)
- VF : Anaïs Delva (Elsa), Emmylou Homs (Anna), Dany Boon (Olaf), Donald Reignoux (Kristoff), Guillaume Beaujolais (Hans)





Synopsis :

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel… En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

Mon avis :

Ce mois-ci est sorti le dernier Disney dans nos salles de cinéma.
Je regarde la plupart du temps les nouvelles productions Disney quand celles-ci sortent au cinéma, c'est presque devenu une tradition.

Reprise d'un conte de Andersen du même nom, La Reine des Neiges ne suit pas exactement la trame de l'oeuvre d'Andersen, et nous raconte plutôt l'histoire de deux princesses : Elsa et Anna du royaume d'Arendelle, si Anna a tout d'une petite fille normale, Elsa, elle, possède l'étrange don de conjurer de la neige et de la glace. Très proche de sa sœur, elle se sert régulièrement de ses pouvoirs pour amuser Anna jusqu'à ce qu'un accident arrive, forçant le roi et la reine à prendre des mesures radicales. Sous les conseils de ses parents, Elsa s'éloigne d'Anna dont elle évite tout contact, et les portes du château sont fermées au peuple, pour mieux garder secret le don d'Elsa qui pourrait être vu d'un mauvais œil chez certains. Pendant des années est gardé secret les dons d'Elsa qui évite tout contact avec Anna qui grandit seule dans un château luxueux mais fermé, et n'aspire qu'à connaître le monde extérieur. Puis vient un jour le jour du couronnement d'Elsa, l'héritière au trône, forçant le royaume à ouvrir ses portes au peuple, pour le plus grand plaisir d'Anna... mais moins celui d'Elsa qui craint de révéler ses pouvoirs, dont elle n'a aucune maîtrise, aux yeux de tous... Chose qui arrivera lorsqu'Anna mettra malencontreusement Elsa à bout, la forçant à utiliser ses pouvoirs. Malheureusement, elle plonge tout le royaume d'Arendelle dans un hiver profond, et, mortifiée, fuit le royaume. Se sentant coupable, Anna décide de partir à sa recherche dans l'espoir de sauver la situation, et se retrouve en pleine nature plongée au plein cœur de l'hiver, accompagnée de Kristoff, un montagnard, accompagné de Sven, son renne et seul ami...

J'ai généralement du mal à accrocher aux dernières productions Disney depuis ces dernières années, pour la plupart, j'aime assez, je les trouve fort sympathiques, mais ce n'est pas le coup de cœur que j'ai connu pour les Disney qui ont bercé mon enfance. Finie la magie du Roi Lion, de la Belle et la Bête, de Mulan, de Pocahontas, de Toy Story, des Aristochats... pourtant, je dois avouer que si je n'ai pas eu de coup de cœur pour La Reine des Neiges, j'ai beaucoup aimé ce film d'animation 3D, j'ai eu un faible pour ce film, sans que ce soit une révélation. J'ai vu ce film deux fois et l'ai trouvé très sympathique, la soundtrack et l'animation y sont certes pour beaucoup, mais ce fut une bonne découverte. J'ai découvert en ce film un bon Disney, visuellement très beau, avec une belle soundtrack (je frissonne en écoutant White out, j'ai écouté non-stop Let it go/Libérée, délivrée, que ce soit sa version anglaise ou française, mais aussi avec Frozen Heart, Vuelie, Do you want to build a snowman) à laquelle j'ai accroché, ce ne fut pas le cas avec les précédents Disney et une bonne soundtrack fait toujours monter un film dans mon estime, comme pour beaucoup d'ailleurs, même si j'ai remarqué qu'il y avait vraiment beaucoup de chansons : j'ai compté au moins 11 chansons pour une heure et demie de film, ça fait beaucoup et c'est limite agaçant si on n'accroche pas à toutes les chansons ! Cependant, j'ai remarqué aimer plus de chanson dans leur version originale que française, notamment Love is an open door et For the first time in forever, et je trouve que le chanson du début, Frozen heart, donne quelques références au film notamment avec des phrases telles que "Ice has a magic, it can't be controlled" et "Beware the frozen heart" (ou soit, en français, "La glace a une magie que l'on ne peut contrôler" et "Prenez garde au cœur de glace")

Olaf, le bonhomme de neige enchanté d'Elsa.


L'animation est également un point fort. Quelle beauté, ces graphismes ! A l'instar du film d'animation Brave/Rebelle, j'ai été impressionnée par les magnifiques paysages et par la beauté des graphismes, que ce soit pour les paysages, les bâtiments ou la neige et les figures de glace invoquées par Elsa. Concernant le scénario, on se centre surtout sur la relation fraternelle entre Anna et Elsa, la romance est là mais n'empiète pas sur l'histoire et n'est pas le principal sujet ; on s'éloigne également des scénarios habituels avec le traditionnel gentil et méchant, avec un méchant qu'on ne repère pas tout de suite et qui se révèle de façon surprenante et complexe ! Le méchant n'est pas méchant pour être méchant, ou pour des raisons telles que renverser la reine, avoir la gloire, la jeunesse éternelle ou d'autres raisons similaires. On ne sait même pas qu'il est l'antagoniste avant les trois quarts du film, j'aurais juste souhaité une scène ou eux pour bien approfondir ce personnage.

Les personnages sont attachants, bien que je regrette qu'Elsa ne soit pas plus développé que ça, on sait peu de choses sur elle, j'ai l'impression qu'elle n'est pas assez exploitée, on n'apprend pas notamment d'où lui viennent ses pouvoirs, pourquoi en possède-t-elle et pas sa sœur également ? A l'inverse, on est davantage centré sur Anna et les autres personnages. Anna est adorablement attachante, par ses réactions et ses émotions réalistes, on peut s'identifier à elle. On en apprend beaucoup sur elle, ses pensées, elle est adorable, maladroite, enthousiaste, c'était un plaisir de la suivre. J'ai beaucoup aimé aussi Kristoff, le montagnard qui préfère la compagnie de son renne à celle des hommes, il est plutôt attachant, et Olaf m'a souvent fait mourir de rire, même si c'est en partie du à la voix prêtée par Dany Boon qui a le don d'adopter différents tons de voix hilarants. J'ai été très attachée à ce bonhomme de neige enchanté, drôle et attachant, qui ne rêve que de câlins et de découvrir l'été. J'ai également apprécié les clins d’œil au film Raiponce, d'autant plus qu'il me semble que les réalisateurs de La Reine des Neiges sont les mêmes que ceux de Raiponce, d'ailleurs c'est la même animation.

Autre aspect qui m'a plu : le changement des mentalités, avec notamment une critique du concept du coup de foudre où la princesse rencontre le prince, et bim ! en une journée à peine, ils s'aiment, et veulent se marier, comme on a pu le voir dans les premiers Disney (qui gardent cependant toute leur magie !), ajoutons à cela une représentation de l'antagoniste assez... inattendue. Anna rencontre ici le prince Hans dont elle en tombe immédiatement amoureuse et lorsque les deux veulent se marier, Elsa refuse et rétorque qu'on ne se marie pas avec quelqu'un que l'on ne connait que depuis une journée, on rencontrera aussi ce même genre de discours avec le montagnard Kristoff que je trouve plus sympathique et décontracté que le prince Hans. A travers cela, on a l'impression que Disney va de l'avant et se détache un peu de son traditionalisme. Certains clichés sont encore là, et certaines chansons restent bien niaises, mais je garde un bon souvenir de ce film. C'est certainement un film que je rajouterai dans ma DVDthèque !

mardi 17 décembre 2013

Le fait du prince - Amélie Nothomb.



Du même auteur :


Mercure.
Cosmétique de l'ennemi.
- Robert des noms propres.


Emprunt médiathèque.






Quatrième de couverture :

Il y a un instant, entre la quinzième et seizième gorgée de champagne, où tout homme est un aristocrate.


Mon avis :

Dernier Amélie Nothomb en date lu.
Comme toujours, la quatrième de couverture est énigmatique et ne révèle presque rien de l'intrigue du roman, mais j'ai plutôt été attirée cette fois-ci par la couverture.
Ce roman commence de manière intéressante avec une conversation insolite, ensuite nous suivons le narrateur le lendemain. On sonne à sa porte, un homme se présente et demande à passer un coup de téléphone, son portable ne fonctionnant plus et sa voiture étant en panne. Bon samaritain, le narrateur - nommé Baptiste Bordave - le laisse passer son coup de fil. Jusqu'ici, tout va bien, mais voilà qu'en faisant l'appel, l'individu en question fait une attaque et meurt sur le coup ! Alarmé, Baptiste se demande que faire et se souvient de la conversation insolite qu'il a eue avec un inconnu chez des amis communs hier : mieux vaut ne pas appeler la police ou un médecin sous peine de devenir suspect. Que faire de cet homme qui a eu l'indélicatesse de venir mourir chez lui ? Baptiste choisit une solution osée : prendre la place et l'identité du défunt et se faire passer pour lui...

Amélie Nothomb nous offre une fois de plus un roman court, qui possède un aspect rocambolesque plutôt plaisant. Le début nous mène dans une conversation plutôt originale mais intéressante qui nous fait tout de suite plonger dans le roman, survient ensuite une péripétie où le narrateur vit une situation peu commune où un parfait inconnu vient mourir chez lui. Au lieu de prévenir les autorités, il panique et prend le risque fou de prendre la place du défunt. Commençant donc de façon plutôt glauque, le roman devient vite assez loufoque et nous mène dans l'improbable, comme souvent chez les romans de l'auteur. Si ce roman ne fait certainement pas partie de mes préférés, il a le mérite d'être intéressant (... jusqu'à un certain moment, j'ai moins accroché lorsque le narrateur prenait goût à la vie de luxe du défunt qu'il incarnait) et que l'auteur garde toujours son style décalé.

Surprenant, déroutant et absurde seraient les mots pour décrire ce roman, j'ai juste moins accroché et adhéré selon certaines parties (le personnage qui prend goût à sa nouvelle vie de luxe, la compagne du défunt qui accepte facilement la présence d'un inconnu chez elle même en croyant que le narrateur est un collègue de son compagnon, le narrateur qui croit pouvoir facilement pécho la compagne... et la fin qui m'a paru précipitée et pas bien palpitante, j'ai été assez déçue), mais je dois avouer que ce roman sur le changement d'identité est intéressant, c'est un sujet intéressant à exploiter et le narrateur s’aperçoit notamment que ce n'est pas si facile que d'endosser et même de dérober l'identité de quelqu'un d'autre... surtout de quelqu'un de riche et d'influent, cela ne se fait pas sans qu'il y ait des séquelles ! Elle nous fait se questionner sur l'identité : qui sommes-nous réellement ? Peut-on décider du jour au lendemain de devenir un autre ? Adopter l'identité d'un inconnu, c'est connaître le large, c'est connaître des horizons nouveaux, mais il y a des événements et des sentiments qui nous font parfois prendre conscience qu'on est allé trop loin, mais quelque loin, au lieu de s'arrêter avant que tout dégénère, l'ivresse de la situation nous fait continuer. Impossible de freiner.

Loin d'être mon préféré, ce roman est pourtant assez pétillant, et Amélie Nothomb est la reine des citations, elle écrit toujours des formules chocs qui plaisent au lecteur et donnent un peu de dynamique à l'histoire. L'auteur se révèle ici déjantée, inventive et dérangeante ; bref, la Nothomb qui me plaît le mieux. Elle a vraiment le don d'écrire des scénarios improbables mais pourtant convaincants dans un sens et c'est toujours difficile de parler de ses romans sans trop en dire, de tout gâcher. 


Extrait :

- Si un invité meurt inopinément chez vous, ne prévenez surtout pas la police. Appelez un taxi et dites-lui de vous conduire à l'hôpital avec cet ami qui a un malaise. Le décès sera constaté en arrivant aux urgences et vous pourrez assurer, témoin à l'appui, que l'individu a trépassé en chemin. Moyennement quoi, on vous fichera la paix.
- Pour ma part, je n'aurais pas songé à appeler la police, mais un  médecin.
- Cela revient au même. Ces gens-là sont de mèche. Si quelqu'un à qui vous ne tenez pas a une crise cardiaque à votre domicile, vous êtes le premier suspect.
- Suspect de quoi, si c'est une crise cardiaque ?
- Aussi longtemps qu'on n'a pas prouvé que c'est une crise cardiaque, votre appartement est considéré comme une scène de crime. Vous ne pouvez plus toucher à rien. les autorités envahissent votre domicile, c'est à peine si elles n'inscrivent pas l'emplacement des corps avec de la craie. Vous n'êtes plus chez vous. On vous pose mille questions, mille fois les mêmes.
- Où est le problème si l'on est innocent ?

- Vous n'êtes pas innocent. Quelqu'un est mort chez vous.


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