mercredi 30 octobre 2013

Trois histoires énigmatiques d'Arsène Lupin - Maurice Leblanc.


L'auteur :



Maurice Leblanc, (11 décembre 1864 - 06 novembre 1941), est un écrivain français, auteur de nombreux romans policiers et d'aventures. Il est notamment connu pour être le créateur du personnage d'Arsène Lupin, célèbre gentleman-cambrioleur de fiction.








Quatrième de couverture :

"Arsène Lupin à votre bord, première classe, blessure avant-bras droit, voyage seul, sous le nom de R..."

La nouvelle crée la stupeur chez les passagers du transatlantique : Arsène Lupin est à bord ! Le célèbre cambrioleur, qui n'opère que dans les châteaux et les salons, s'est invité en première classe... Mais sous quelle identité se cache-t-il ?

Les dames sont fébriles, les messieurs méfiants : chacun suspecte son voisin. L'émotion est à son comble lorsque des bijoux sont volés. L'inspecteur Ganimard, aux trousses d'Arsène Lupin, l'attend de pied ferme sur le port de New York. Problème : comment le démasquer parmi la foule des voyageurs ?

Mon avis :

Fan de détectives, je devais bien un jour m'intéresser aux voleurs..., surtout quand un voleur fictif me charme depuis des années : l'Insaisissable Kid, gentleman cambrioleur du manga Détective Conan, inspiré du célèbre voleur français : Arsène Lupin. Je me suis donc un peu renseignée sur ce personnage et j'ai cherché à lire ses premières aventures ; or, les aventures d'Arsène Lupin commencent... par son arrestation ! C'est en effet le thème de la première histoire imaginée par Maurice Leblanc, à la demande d'un directeur de journal. Ce qui devait n'être qu'une simple histoire imaginée pour un journal lancera sa célébrité : en effet, le succès de la nouvelle est tel que l'on demande d'autres aventures du célèbre gentleman cambrioleur !

Quel étrange voyage que celui du transatlantique La Provence ! Ce qui devait être un beau voyage se retrouve être une chasse à l'homme : en effet, on dit que le célèbre gentleman-cambrioleur Arsène Lupin se trouverait à bord, pour voler quelques bijoux et objets de valeur. Mais il est le maître du déguisement, comment le coincer ? Seuls indices sur sa présente apparence : il est blond, il a une blessure à l'avant-bras droit, le nom qu'il a emprunté commence par un R, il est en première classe et il est solitaire. Résultat : on se méfie tous des blonds dont le nom commence par "R". Et puis, lorsque le navire s'arrête à un port, le commissaire Ganimard semble avoir arrêté cet insaisissable voleur... mais pour combien de temps ? Surtout qu'il y a encore des vols à commettre, au dehors... et voilà le lecteur introduit dans l'univers du plus célèbre des gentleman cambrioleur...


Maurice Leblanc.
Voici trois nouvelles, dont une étant présentée comme une pièce de théâtre, nous racontant respectivement : l'arrestation d'Arsène Lupin, son temps en prison puis son évasion. C'est un livre court, la lecture fut rapide mais divertissante. J'aime beaucoup la couverture, ainsi que la présence d'une retranscription d'une interview de Maurice Leblanc, et d'une préface nous remettant dans le contexte de l'époque et nous parlant de l'auteur et son célèbre personnage... en passant par Sherlock Holmes à qui Lupin s'est retrouvé confronté ! ... en quelque sorte. Considéré comme le "Conan Doyle" français, Maurice Leblanc tente une confrontation Holmes versus Lupin. Cette audace ne plut cependant pas à Doyle qui proteste. Ainsi naquit un autre détective qui se confronta à Lupin : Herlock Sholmès, et son acolyte Wilson... Si j'ai été enchantée de ces trois nouvelles, pas sûr que je tente cette rencontre Sholmes/Lupin.


J'ai bien aimé le personnage d'Arsène Lupin, voleur de grande classe, qui est passé maître dans l'art du déguisement, si habile que personne ne l'attrape jamais, vole aux riches, séduits les femmes et se joue des forces de l'ordre... c'est un anti-héros, sans aucun doute, mais qui sait se rendre attachant. C'est un personnage joyeux, dynamique, à la fois un bandit, un hors-la-loi mais un garçon sympathique, il reste très humain et c'est ce qui le rend attachant. Tel Robin des Bois, il ne dépouille jamais les "gentils" et vole plus par plaisir que par cupidité. Aucun style narratif particulier n'est à saluer ou remarquer, mais il y a comme un ton enjoué dans ces histoires, donné au personnage principal, et la multiplication de ses aventures, qui plus est dans des lieux insolites, est suffisant pour captiver le lecteur. De plus, se mettre du mauvais côté de la loi a un petit quelque chose de fascinant... tout en compatissant tout de même (rien qu'un peu) avec l'inspecteur Ganimard qui, malgré tout, n'a pas l'air d'être bien mauvais bougre !

Ce livre est amusant, facile à lire, j'ai été vite divertie par les exploits de ce voleur pas comme les autres (quoique j'ai pris du temps à comprendre le lien narrateur/personnage d'Arsène, j'étais perdue...) et le pire (enfin, selon moi), c'est qu'on sait pas vraiment à quoi il ressemble vraiment car il ne cesse de changer d'apparence. Mis à part cela, j'ai bien aimé cette lecture et cette découverte d'Arsène Lupin.

Extrait :

Arsène Lupin parmi nous ! l'insaisissable cambrioleur dont on racontait les prouesses dans tous les journaux depuis des mois ! l’énigmatique personnage avec qui le vieux Ganimard, notre meilleur policier, avait engagé ce duel à mort dont les péripéties se déroulaient de façon si pittoresque ! Arsène Lupin, le fantaisiste gentleman qui s'opère que dans les châteaux et les salons, et qui, une nuit où il avait pénétré chez le baron Schormann, en était parti les mains vides et avait laissé sa carte, ornée de cette formule : "Arsène Lupin, gentleman cambrioleur, reviendra quand les meubles seront authentiques." Arsène Lupin, l'homme aux mille déguisements : tour à tour chauffeur, ténor, bookmaker, fils de famille, adolescent, vieillard, commis-voyageur marseillais, médecin russe, torero espagnol !

lundi 28 octobre 2013

Le crime d'Halloween - Agatha Christie.



Du même auteur :




Emprunt médiathèque.



Quatrième de couverture :


Le 31 octobre, les sorcières s'envolent sur leur manche à balai : c'est Halloween, la fête du potiron. À cette occasion, Mrs Drake a organisé une soirée pour les "plus de onze ans". Les enfants participent aux préparatifs, sous l’œil nonchalant de Mrs Oliver, qui croque son éternelle pomme. "Savez-vous que j'ai eu l'occasion d'assister à un vrai meurtre ?" se vante Joyce, une fillette à la langue bien pendue, devant la célèbre romancière. Tout le monde lui rit au nez : Joyce ne sait plus qu'inventer pour se rendre intéressante. La fête est un succès, et les enfants font un triomphe au jeu du Snapdragon qui clôt la réception. Tous les enfants ? C'est en rangeant la maison, après le départ des invités, qu'on découvre le cadavre de la petite Joyce dans la bibliothèque. Bouleversée, Mrs Oliver fait aussitôt appel à son ami, le grand Hercule Poirot.


Mon avis :

J'ai lu ce roman, tout d'abord parce d'une part, je voulais lire un policier d'Agatha Christie, et d'autre part, je voulais lire quelque chose pour me mettre un peu dans l'ambiance d'Halloween, d'où ce titre. Dans ce roman, cependant, Halloween ne sert que de toile de fond à l'intrigue qui trouve plutôt ses racines dans des faits antérieurs. Cependant, c'était intéressant de découvrir - le temps des premiers chapitres - comment se déroulait une fête d'Halloween dans l'Angleterre du XXe siècle, avec la pêche aux pommes à récupérer avec les dents dans une bassine d'eau, le jeu du Snapdragon, le jeu qui consiste à regarder dans un miroir dans l'obscurité et la rumeur qui dit que le premier visage que l'on voit sera celui de sa moitié...

Bien qu'en suivant Hercule Poirot, nous ne découvrons l'identité du coupable qu'au moment où il la révèle. Il énumère les faits, interroge, nous laisse la possibilité de réfléchir pour démasquer le criminel alors que les personnages se dissimulent derrières des alibis, des masques. Concernant le meurtre, je crois que c'est bien la première fois que je lis un roman policier dans lequel la victime est jeune, vraiment jeune (Joyce avait beau être un personnage plutôt antipathique, désagréable, c'est moche de mourir à 13 ans), et même les proches et connaissances ne peuvent s'empêcher, malgré le fait qu'il est d'usage de ne pas dire du mal des morts, de la critiquer mais comme dit Hercule Poirot, il n'est jamais méchant d'expliquer ce qu'était la victime, même si le portrait d'elle n'est pas flatteur, car la personnalité de la victime est l'une, si ce n'est la, cause directe de bien des meurtres. Car ici Joyce, son défaut de raconter sans cesse des histoires pour être intéressante et sa manière d'enjoliver la vérité lui ont été fatals... 


L'auteur.
Une fois de plus, je n'ai pas réussi à deviner, avant que Poirot ne le révèle, l'identité de l'assassin, une fois encore, j'ai été menée par le bout du nez par l'auteur ! Cependant, ce roman a également été une occasion pour moi de faire la connaissance d'Ariadne Oliver, personnage plus ou moins récurrent dans les histoires d'Agatha Christie. Romancière qui écrit des romans policier mettant en scène un détective finlandais, au tempérament un peu "foufou", dotée d'une imagination débridée, féministe persuadée de la supériorité de l'intuition féminine, et étant fréquemment vue en train de croquer un fruit (ici la pomme puis les dattes), un personnage très sympathique et dans lequel l'auteur se serait parodiée. J'ai bien aimé ce personnage que j'ai trouvé sympathique, drôle et divertissant et je serais ravie de la retrouver dans d'autres romans d'Hercule Poirot (j'ai justement Une mémoire d'éléphant dans ma bibliothèque... roman où elle est présente !), elle a été la touche légère et divertissante du roman.


Comme toujours, j'ai été attirée par l'ambiance très bristish du roman, avec l'essence des milieux bourgeois très bien décryptée, le fait qu'on apprenne à découvrir les habitants de cette bourgade paisible, en pleine campagne, où à peu près tout le monde connaît tout le monde. En général, je suis sensible à ce genre d'histoire prenant place dans une petite ville paisible où tout le monde connaît tout le monde, avec les commérages qui fusent, et dans laquelle un drame survient, perturbant la petite ville tranquille, et où l'on apprend à connaître chaque personnage.  L'humour de l'auteur chez des paroles de certains personnages ou dans la narration sont, comme toujours, très appréciables, un véritable délice. Voici deux exemples, pour vous mettre en bouche : "Ils regardèrent tous les deux Poirot de l’air satisfait qu’ont les chiens lorsqu'ils ont retrouvé les pantoufles dont leur maître avait besoin" et "Je ne suis pas psychiatre moi-même, Dieu merci. J'ai quelques amis psychiatres. Certains d'entre eux sont des gens parfaitement sensés. Certains autres... ma foi, j'irai jusqu'à dire qu'ils auraient besoin eux-mêmes d'une expertise psychiatrique."

La mise en scène et les dialogues rendent le récit très vivant, ce qui fait qu'on ne s'ennuie pas pendant la lecture, d'autant plus que c'est un roman plutôt court, et que le récit s'accélère dans les 40 dernières pages jusqu'à la solution de l'énigme, les pages se tournent donc toute seules jusqu'à la solution de l'affaire. Ce roman ne fera certainement pas parti des œuvres d'Agatha Christie à m'avoir marqué, comme Dix petits nègres, Mort sur le Nil ou Le crime de l'Orient-Express, mais ça reste une lecture très divertissante, bien que je me sois un peu perdue au départ dans les liens qu'entretenaient les personnages.


Extrait :

Hercule Poirot jeta un coup d’œil par-dessus le portillon d’entrée de La Crête du Pin, ravissante maisonnette moderne. Il était légèrement hors d’haleine. Cette charmante maison avait été bien nommée, perchée qu’elle était au sommet d’une colline plantée de quelques pins épars. Un homme de bonne taille et d’un âge certain poussait une brouette, dans une allée de son petit jardin bien entretenu, un énorme arrosoir en fer galvanisé.
Au lieu des quelques mèches de cheveux blancs qu’il aurait dû avoir sur les tempes, la chevelure du commissaire Spence était devenue d’un gris uniforme. Et il avait pris du ventre. Il s’arrêta de secouer son arrosoir et regarda le visiteur planté à sa porte. Hercule Poirot ne bougeait pas.
- Dieu me pardonne ! s’exclama le commissaire Spence. Ce n’est pas possible, et pourtant si. Oui, c’est bien lui. Hercule Poirot, aussi vrai que j’existe.
- Tien, tiens ! sourit Poirot. Vous m’avez reconnu. Cela fait plaisir.
- Pourvu que vos moustaches ne cessent jamais de pousser !