mardi 27 novembre 2012

Top Ten Tuesday : Les 10 habitudes littéraires que vous avez.



Je reprends le Top Ten Tuesday, mais les derniers thèmes ne m'inspirant guère, j'ai pioché parmi les vieux thèmes. Je crois d'ailleurs que celui-ci était le tout premier, datant du 22 novembre 2011. Le Top Ten Tuesday fête son anniversaire ! Un an, déjà...



Et voici le rappel habituel : Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top ten selon un thème littéraire défini. Ce rendez-vous a été initialement crée par The Broke and the Bookish et repris en français par Iani. Voici le thème que j'ai décidé de reprendre :


Les 10 manies, habitudes littéraires que vous avez.


1. J'emporte toujours, toujours un livre avec moi. Dans mon sac, mon cartable ou une de mes poches. Parfois j'en emprunte deux si jamais le premier est plutôt court ou que je l'ai presque terminé. Peu importe où je vais, j'emmène toujours un livre avec moi, ça peut toujours servir, si jamais je dois attendre à la gare, dans une salle d'attente ou que je m'ennuie.
 
2. J'ai toujours une liste des livres qui me font envie quand je vais acheter dans un magasin ou emprunter à la médiathèque. Je suis parfois lasse d'errer dans les rayons en ayant oublié le titre d'un livre ou le nom d'un auteur d'un ouvrage que j'ai envie d'acheter ou emprunter. Donc j'écris une liste des livres qui me font envie, ainsi je sais déjà quoi emporter et je n'embête pas le personnel (sauf si le livre a déjà été emprunté ou que le livre n'est pas en rayon)
 
3. Je lis partout (ou presque). Dans le train, à la bibliothèque, à la fac, chez moi, dans le jardin, dans mon bain, à la gare, au cinéma en attendant le film... je lis partout ! ... ou presque, je ne lis jamais aux toilettes, et encore moins en voiture, au boût d'un moment j'ai la migraine ou la nausée.
 
4. J'essaye toujours de lire le livre avant de voir le film. Des fois c'est le cas, des fois je découvre le film et m'aperçois que ça reprend une oeuvre littéraire, un peu comme Dracula ou Les Liaisons Dangereuses, ainsi quand j'ai décidé de lire Dracula après avoir vu le film, j'ai cherché (en vain) une romance Mina/Dracula puis je me suis aperçue que c'était une des libertés prises par les réalisateurs du film. Si certaines adaptations sont le plus fidèles possible au livre, d'autres se permettent des libertés et ne rendent pas toujours justice au livre qui reste toujours meilleur face au film qui l'adapte et découvrir le film avant peut gâcher la lecture du livre parfois, alors quand je peux, je lis le livre avant, je pourrais toujours, par la suite, découvrir le film par pure curiosité.
 
5. Je compte les pages, parfois. Pas parce que je suis une lectrice indigne qui a hâte d'arriver à la fin du livre, même quand j'aime le livre, je le fais car parfois je peux avoir envie de savoir combien de pages me reste-t-il avant le prochain chapitre, ai-je le temps de terminer ce chapitre et d'en entamer un autre ou est-ce que je m'arrête à ce chapitre. Si j'ai encore le temps, je peux lire beaucoup de page, si mon temps est limité (cours à la fac, quand le train arrive en gare...) j'en lis moins.
 
6. Quelques fois, j'adapte ma musique en fonction de ce que je lis. Je peux avoir l'envie soudaine d'écouter une musique rapide, rythmée quand je lis une scène d'action ; une musique triste et/ou douce quand je lis un passage triste, émouvant ; ou lire une musique grave pour les scènes pleines de tensions, ou une musique joyeuse pour les scènes... enfin, vous avez compris où je veux en venir. Je peux parfois écouter une musique dont les paroles (la totalité ou quelques passages) collent bien au roman ou à un chapitre. par exemple, je trouve que les chansons de Mylène Farmer collent plutôt bien à La Chronique des Vampires.
 
7. Je me fais toujours une image précise des personnages fictifs dans ma tête. D'une certaine façon, ils ressemblent toujours à quelque chose dans ma tête, j'arrive bien à me les imaginer, sans reprendre la tête des acteurs jouant ces personnages si le livre est adapté (même si personnellement, le Lestat d'Anne Rice aura toujours quelques airs de ressemblance avec le Lestat joué par Tom Cruise. Idem pour Dumbledore, pour moi il ressemblera toujours à Richard Harris). J'aime me faire une idée physique des personnages.
 
8. A chaque fois que je termine un livre, je ressens le besoin d'écrire un compte rendu de cette lecture, d'inscrire mon avis personnel. Ma famille et ceux que je fréquente pratiquement tous les jours ne sont pas de grands lecteurs, autant dire qu'ils ne lisent pas beaucoup donc je n'ai personne à qui parler de mes lectures, mes personnages préférés ou mes auteurs fétiches. J'ai d'abord rempli deux petits carnets faisant un compte rendu de mes lectures, ensuite un grand cahier et après le blog. Depuis, entretenir ce blog littéraire et poster mes avis sur mes lectures sont devenu une habitude, je ne peux pas faire sans, je ne m'en lasse pas encore.
 
9. Je préfère me procurer des livres de poche. C'est facile à manier, on peut l'emporter partout, il est pas lourd, c'est moins cher. Bon, il y a des fois où la version poche d'un livre n'existe pas et je dois me contenter d'un grand livre et parfois, quand c'est un pavé, la façon dont certains éditeurs impriment font que pour tourner les pages, quand on arrive au milieu ou à la fin, on doit écarteler le pauvre bouquin et la tranche est cassée, abîmée. Ce problème est moins fréquent avec les poches.
 
10. Je mets toujours un marque page dans le livre que j'emporte. Parce que j'ai une mémoire de poisson rouge et que je suis incapable de me rappeller à quelle page je me suis arrêtée. Je ne prend jamais un marque page qui soit plus grand que le livre lui-même et des fois, quand j'ai terminé le livre, soit je laisse le marque page dans le livre, soit je le range avec les autres dans mon enveloppe à marques-pages.
 
Et voilà pour aujourd'hui, à la prochaine !

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Récapitulatif de mes participations au Top Ten Tuesday :
 


jeudi 22 novembre 2012

Les chansons du Séraphin (T.1) L'heure de l'ange - Anne Rice.


Du même auteur :


/ ! \ Challenge Histoire / ! \
/ ! \ Challenge Mythologies du monde / ! \



Quatrième de couverture :

Lucky, Toby, ou encore Tommy... son nom importe peu. L'important, c'est sa discrétion, son professionnalisme, sa compétence à exécuter froidement les cibles qu'on lui désigne. Mais, lorsque le mystérieux Malchiah l'aborde, Lucky est ébranlé. Ce Malchiah sait tout de lui, dispose de pouvoirs stupéfiants, et prétend être son ange gardien. Il lui offre de racheter ses crimes, en sauvant des vies plutôt que de les prendre, et lui propose un bien étrange marché... Voilà Lucky propulsé au Moyen Âge, où il est chargé d'aider une famille juive accusée de meurtres rituels. Est-ce une chance, un rêve... ou un cauchemar ?
Mon avis :

L'heure de l'ange, c'est un livre qui me faisait envie depuis pas mal de temps. Grande fan d'Anne Rice devant l'éternelle depuis que je suis tombée sous le charme de ses vampires, de sa merveilleuse écriture, j'avais dans l'idée de découvrir d'autres écrits de la dame qui a touché à d'autres mascottes pour ses romans (les sorcières, les loups-garous, les vampires, les anges... et même Jésus Christ !), et la grande prêtresse des vampires étant bel et bien fini avec les vampires, je me suis décidée à découvrir sa saga parlant des anges, Les chansons du Séraphin, non sans beaucoup d'hésitations car le tome un n'avait pas fait l'unanimité, les critiques mitigées voire négatives m'ont fait hésiter à tenter la lecture du roman, mais finalement, je me suis jetée à l'eau ! Verdict ?

Je ne résume pas l'intrigue générale, la quatrième de couverture le fait très bien à ma place (un peu trop même...). Ce livre est divisé en quatre partie : dans la première, nous suivons Lucky le Renard, un personnage plutôt intéressant, avec qui nous faisons connaissance. Lucky est quelqu'un de particulier : c'est un assassin professionnel connu sous le nom de Lucky le Renard car les autorités qui le traquent n'ont presque aucun renseignement sur lui et personne en dix ans, depuis qu'il a commencé ce travail peu conventionnel, n'a réussi à mettre la main sur lui. Lucky agit sous les ordres de son patron qu'il appelle L'Homme Juste, qui lui désigne les cibles à abattre et pour qui il travaille depuis une dizaine d'années. C'est un personnage étrange : assassin sérieux, méticuleux et au sang froid, il paraît dénué de toute émotion mais apparaît au fil des pages comme étant très humain. On le sent perdu, il possède cette capacité de croire et de ne pas croire à la fois. Il est capable d'être froid et distant, tout comme il sait apprécier la beauté des choses et on sent que c'est quelqu'un d'instruit et d'intelligent.

La seconde partie doit commencer, je crois, avec l'étrange rencontre que fait Lucky : venu assassiner un homme d'affaire dans un hôtel luxueux, il est découvert par un homme très beau qui le supplie de venir avec lui. Cette personne se révèle sous le nom de Malchiah et qui annonce être un ange venu pour l'aider ; dans la troisième partie, Malchiah révèle au lecteur et à son protégé bien sceptique la vie de Lucky pour nous expliquer pourquoi et comment il en est arrivé à être ce qu'il est : avant tout cela, il était Toby O'Dare, jeune homme inquiet vivant à la Nouvelle-Orléans, et dont le désir désespéré était de sauver sa petite famille en détresse ; dans une quatrième partie, Toby, qui a fini par croire Malchiah, accepte sa proposition : sauver des vies en compensation de celles qu'il a prises, mais pour cela Malchiah lui donne une mission toute particulière en l'envoyant dans l'Angleterre du XIIIe siècle sauver une famille juive accusée d'infanticide par une foule persuadée que les parents ont assassiné leur enfant pour s'être converti au christianisme ; se faisant passer pour un moine, Toby mène l'enquête concernant la disparition de l'enfant et tente de sauver cette famille en détresse. On pourrait rajouter une cinquième partie où Toby se retrouve en Californie, lieu qu'il avait quitté avant son voyage dans le temps et qu'il retrouve après sa mission et où il se demande s'il a rêvé ou si tout cela était réel...

J'ai beaucoup aimé le personnage principal : Toby O'Dare, jeune homme de 28 ans, tueur à gage, de tempérament calme et solitaire. Il est décrit comme étant un beau jeune homme aux cheveux blonds et aux yeux gris, usant de pseudonymes tels que Tommy ou Lucky le Renard pour ses missions. Froid, mais non cruel, il se révèle très doué pour accomplir les actes que son patron lui demande... si doué qu'il est traqué partout dans le monde. Outre son petit boulot peu conventionnel, Toby aime jouer du luth, se passionne pour la Renaissance et le Moyen-Âge, a eu une éducation religieuse il y a des années mais a perdu la foi suite à un bouleversement dans sa vie. Il respecte énormément son patron mais ne lui fait pas confiance : il refuse de lui avouer son vrai nom, ni d'où il vient, préfère discuter avec lui via le téléphone, et malgré toute l'affection visible que L'Homme Juste a pour lui, Toby pense qu'il le trahirait et le vendrait aux autorités en cas de pépin. J'ai bien aimé le personnage du patron, sa vision des choses, sa passion pour la musique classique et son affection évidente pour Toby, je me demande si on va le revoir dans le tome deux [spoilers] car Toby, en fin de tome, abandonne son travail de tueur à gage... ce qui est un peu dommage dans un sens, j'aimais bien cet aspect de lui, ce côté calme,  mystérieux et professionnel qu'il avait [/spoilers]



Anne Rice.
Bref, donc Toby est un tueur à gage peu ordinaire mais plutôt attachant. Difficile de rester de marbre après tout ce qu'il a vécu. J'ai trouvé ce personnage bien travaillé, il a un vécu qui le rend humain et attachant, on peut comprendre comment il en est arrivé à être ce qu'il est [spoiler] Forcé à être indépendant dès son plus jeune âge pour s'occuper de ses jeunes frère et sœur alors que le père est mort en prison et la mère alcoolique, tout en jonglant avec ses études, le job pour entretenir sa famille, la maison à tenir... [/spoiler]. Même en étant un assassin au sang froid, il a des sursauts d'humanités très touchants et on le voit changer pour le meilleur, réapprendre à aimer, à croire, grâce à l'arrivée d'un être peu ordinaire qui va chambouler sa vie et tout son être : le séraphin MalchiahMalchiah est lui-aussi un personnage intéressant, peut-être pas assez exploité dans ce tome et pas assez présent pendant la mission de Toby. On est néanmoins attiré par lui par sa nature d'Ange qui offre une seconde chance, par son évidente affection pour Toby, sa patience, sa chaleur... j'ai beaucoup aimé son introduction dans le roman et comment il fait face à Toby, comment il tente de l'approcher et lui faire part de son identité et de la raison de sa présence... et aussi de l’amener à accepter son offre : il lui propose une seconde chance, comme une façon de se racheter de ses crimes et de changer de vie. Toby, et c'est bien compréhensible, a du mal à croire cet homme qui se dit être un ange venu pour l'aider et lui offrir une seconde chance, qui parle à Toby comme s'il le connaissait comme sa poche, et avec tellement d'amour, de pureté et de lumière qui émane de lui. Mais, pour être honnête, j'aurais cru qu'il aurait fallu plus que Malchiah racontant la vie de Toby de A à Z pour que celui-ci le croie enfin et accepte son offre... j'aurais cru encore plus de résistance et de doutes de sa part... mais pour en revenir à Malchiah, j'ai beaucoup aimé son personnage, il représente bien l'idée que je me fais d'un ange.

Concernant l'écriture, je retrouve bien celle d'Anne Rice : son style, sa narration à la première personne du singulier, son écriture riche, les nombreuses descriptions bien précises, surtout si elles concernent l'art ou l'architecture d'une église, le thème d'une quête spirituelle, les époques qu'elle évoque, ici le Moyen-Âge en Angleterre, dans la ville de Norwich, je remarque cependant qu'à l'inverse des romans que j'ai déjà lu d'elle, les descriptions étaient moins riches que d'habitude, moins travaillées. J'aurais aimé mieux vivre cette époque, la ressentir, voir ses richesses, sa culture, ses mœurs, histoire de bien m'imprégner dans le Moyen-Âge. Ce qui ne veut pas dire qu'elle ne nous révèle aucune information sur l'époque, au contraire, elle fait de nombreuses mentions aux communautés juives et chrétiennes de l'époque, les fêtes de noël médiévales, les universités médiévales et religieuses et Anne Rice nous apporte une documentation précise sur les martyrs juifs du Moyen-Âge, la haine et les persécutions subies... mais c'était moins par rapport à ses autres romans, moins développé.

Passons au sujet qui fait que les habituels fidèles d'Anne Rice n'ont pas su accrocher au roman... ... ... ... LA RELIGION. Si vous avez une dent contre les idées et mœurs catholiques prépondérantes, ou la religion en elle-même..., sûr que vous n'apprécierez pas forcément ce roman. Les romans actuels qui parlent d'anges ont, je crois, pu se détacher de la religion (... pour nous pondre des romances entre un ange/ange déchu et une humaine, généralement une jeune femme... autrement dit, pas ma tasse de thé), ce qui n'est pas le cas ici et je dois avouer que je suis la logique comme quoi sans Dieu, l'ange n'est rien, il est destitué de sa nature, sa fonction, de ce qu'il est. L'ange a quand même été crée par Lui et pour L'aider, enfin passons. C'est vrai qu'ici, on sent bien les convictions et croyances de l'auteur, elles sont bien présentes et ça peut parfois gêner car ça fait un peu moralisateur mais de l'autre, le livre ne fait pas l'apogée des religions (que ce soit le judaïsme ou christianisme) car elles sont loin d'être édulcorées et parfaites, chaque religion a sa part d'ombre et on ne peut pas aborder l'époque médiévale sans parler de religion, c'est impossible. Donc si d'un côté, le côté religieux m'a un peu gêné, je peux comprendre l'omniprésence de ce thème et il ne ressort pas de manière lourde, du moins pour moi, ce n'est pas comme si Anne Rice faisait l'apogée de la religion. Anne Rice a beau s'être convertie, elle n'en est pas aveugle pour autant !

J'espère néanmoins qu'elle abordera plus le thème des anges dans le tome deux car ici, on ne sait pas grand chose d'eux, ce sujet reste assez mystérieux, j'aimerais bien en savoir plus sur eux et connaître la vision de l'auteur sur ces êtres. J'aurais, aussi, aimé retrouver plus de rythme et d'action pendant que Toby était dans son rôle de moine-détective au secours d'une famille juive persécutée, passer plus de temps dans cette époque, qu'il y ai davantage de difficultés, de drames car j'ai eu quelques difficultés à apprécier la mission et à m'attacher à la famille juive, j'aurais mieux aimé faire leur connaissance, de plus [spoiler] j'ai vraiment cru que Toby était dans la mouise quand ceux du village se sont rendus compte que "frère Toby" n'a jamais existé et semble être venu de nulle part, et que par conséquent, il a été accusé d'être un traître, un imposteur mais cette scène s'est déroulée juste après la fin de la mission de Toby et Malchiah le ramène sain et sauf en Californie ; j'ai même cru que la famille juive était des ancêtres de Toby avec le nombre de fois que Toby nous dit que Meir et Fluria lui sont familiers... et Malchiah avait dit que Toby avait des ancêtres juifs.[/spoiler] Histoire de rendre l'histoire beeeeeaucoup plus longue et intéressante :D Car oui, j'aurais aimé passer davantage de temps dans le roman, pour dire je relisais plusieurs fois certains passages, m'arrêtais dans ma lecture pour me visualiser les scènes... et puis zut, la mission de Toby aurait mérité plus de chapitres et que les récits de Malchiah et de la mère juive, Fluria, soient plus longs et avec plus de dialogues, un peu comme Entretien avec un vampire ou les autres tomes des Chroniques des Vampires. Les récits de Fluria et Malchiah auraient mérité plus de dialogues, ça aurait rendu, je pense, l'histoire plus intéressante. Donc, malgré les quelques points noirs que j'ai pu citer, ce fut une découverte bien sympathique. Certainement pas le livre de l'année, mais un bon roman dans l'ensemble avec un cliffhanger qui donne envie de découvrir la suite !

Donc, malgré les points négatifs que j'ai pu relever dans ma lecture, contrairement à beaucoup de monde, j'ai bien accroché au roman. C'est vrai que le roman est... court, et qu'il manque les habituelles descriptions riches de l'auteur sur les lieux ou sur certains personnages, ce qui fait d'habitude le charme de ses romans. Pourtant, j'ai apprécié le livre, son histoire et les personnages principaux qu'il me tarde de retrouver dans le second tome. Et si vous n'êtes pas (trop) allergique à la religion, que l'Histoire vous intéresse (rien qu'un peu), que vous aimez les voyages dans le temps, les anges, les histoires de rédemption et l'écriture d'Anne Rice, ce roman pourrait vous plaire mais avec ce nouveau roman, ça passe ou ça casse, le côté religieux peut gêner car finis les vampires et avec eux le sexe, le sang, la luxure..., et il faut dépasser les 40 premières pages si jamais vous vous ennuyez avec ce roman, le meilleur arrive juste après !



- à gauche, la couverture VO ; à droite, la couverture VF pour les éditions J'ai Lu. Autant dire que je préfère la couverture VO et celle VF des éditions Michel Lafon, que je trouve belles et sobres. Autant pour celle de "J'ai Lu", j'ai du mal à voir le rapport d'une femme ailée lorsque Malchiah, le seul ange qu'on rencontre dans ce tome, a pris la forme d'un homme, enfin bon... -



Extrait :

Voici ce qui était réel pour moi : je ne savais pas si c'était ou non arrivé. Si c'était un rêve ou si quelqu'un avait concocté cette histoire pour me mettre au pied du mur. Je savais seulement que j'étais totalement transformé et que je ferais n'importe quoi, vraiment n'importe quoi pour revoir Malchiah, entendre sa voix ou simplement le regarder dans les yeux. Je voulais seulement avoir la confirmation que cela avait été bien réel, ou perdre cette certitude qui me rendait fou.

Chapitre XVI. Le jour et l'heure.

vendredi 16 novembre 2012

A comme association (T.3) L'étoffe fragile du monde - Erik L'Homme.


Articles connexes :

- A comme association (T.1) La pâle lumière des ténèbres.
- A comme association (T.2) Les limites obscures de la magie.



Emprunt par Matilda.








Quatrième de couverture :

Prénom : Jasper  ;  Âge : 15 ans.
Description : grand, maigre, peau blafarde et yeux charbon.
Profession : Agent stagiaire à l'Association et lycéen (à ses heures perdues)
Signes particuliers : pratique la magie et joue de la cornemuse dans un groupe de rock médiéval.
Aime : les mauvais jeux de mots, Donjons et Dragons, l'Agent stagiaire Ombe.
Mission : faire ami-ami avec Erglug le troll et sauver la vie de l'Agent Ombe.



Mon avis :

A comme Association me manquait, la magie me manquait, l'humour de Jasper me manquait, l'univers me manquait, l'écriture d'Erik L'Homme me manquait et j'avais désespérément envie de lire un roman jeunesse pas prise de tête, divertissant et court. Ce tome a sû remplir ses fonctions, je dirais même : c'est trop court ! Quelques heures à peine pour dévorer ce roman, je n'ai pas eu ma dose, je crois même que je lirais prochainement le tome quatre... car ces tomes se dévorent facilement et très rapidement ! On voit venir la fin avec regret et pourtant, on est avide de tourner les âges pour connaître la suite...


Dans ce troisième tome, nous retrouvons Jasper ! Peu après un concert de son groupe de rock médiéval, il passe un coup de téléphone à Ombe et croit comprendre qu'elle a des ennuis. Preux chevalier et malade d'inquiètude, il file vers le lieu où le portable de Ombe est détecté. Dans un lieu sombre, il remarque des traces de luttes et le casque de moto d'Ombe mais ce ne sont pas les seules choses qu'il trouve car il se retrouve nez-à-nez avec un troll très philosophe qui dit avoir rencontré son amie. Remarquant qu'il est l'esclave involontaire d'un sorcier, Jasper propose un marché au troll : il le liberera de l'emprise du sorcier s'il l'aide à retrouver Ombe. Jasper et Erglug, le troll, se mettent donc en route...


Je vais commencer avec le point frustrant et le seul négatif que j'ai pu trouver : c'est trop court, damnit ! On a à peine le temps de développer un épisode que c'est déjà la fin ! Il faut dire que l'auteur ne perd pas de temps, l'intrigue est rapidement mise en place et Jasper tombe bien vite dans les ennuis mais je le répète : c'est vraiment le seul point négatif que je peux trouver à la série car j'aime beaucoup ces histoires. La plume de Erik L'Homme est dynamique, aérée... surtout grâce au personnage de Jasper, toujours aussi vif, amusant, espiègle et affronté qu'au premier tome ! J'aime toujours autant ce personnage, il sait rendre ses aventures divertissantes, son humour est toujours aussi mauvais (parfois) et irrésistible (d'ailleurs, je me suis souvent dit que je devais avoir l'air bizarre à sourire toute seule comme une idiote dans le train pendant ma lecture) et ici, il a un peu plus de profondeur, on peut voir qu'il a quand même mal au coeur de ne jamais voir ses parents, de ne pas pouvoir fêter noël avec eux, de ne pas avoir de parents qui s'inquiètent et sont collants.


Pour le côté fantastique, on ne frise pas l'originalité car les auteurs contemporains reprennent ce genre et à toutes les sauces ; la magie qu'utilise Jasper, on la connaît déjà si on connaît Charmed et qu'on y rajoute une pointe d'alchimie et de Dame Nature ; une association qui lutte contre les forces obscures et éliminent les criminels surnaturels aussi, si on a déjà vu Supernatural ou autre mais on sent quand même chez les auteurs une pointe d'innovation et de recherches, et franchement, cette série jeunesse fonctionne : elle est drôle, divertissante, parfois même émouvante et si les histoires sont courtes, on entre bien vite dans le vif du sujet et le récit est riche en rebondissements ! Et les tomes, bien qu'alternant entre Jasper et Ombe, finissent par se rejoindre au niveau de l'histoire. Exemple : on revoit Erglug, le troll philosophe qu'a rencontré Ombe dans le tome deux, ainsi que le mauvais sorcier Siyah qui donne ici bien du fil à retordre à Jasper et Erglug...


D'ailleurs, en parlant du sorcier, je ne peux m'empêcher de me demander si on va le revoir. Il n'a pas été totalement vaincu par Jasper et l'Association semble bien alerte quand Jasper leur parle de ce sorcier apparemment supposé être mort depuis belle lurette. Siyah est bien parti pour être une menace, va-t-on le retrouver par la suite, qui est-il vraiment et quelles sont ses motivations ? J'espère que les tomes suivants nous le révèleront... en attendant, Jasper, tel un preux chevalier, file au secours d'une gente demoiselle et s'en va combattre l'infâme... vocabulaire médiéval puisque Jasper et Erglug se retrouveront, bien à leur insu, propulsés en pleine époque médiévale ! Et ils devront survivre à trois épreuves pour espérer s'en sortir. D'ailleurs, j'ai beaucoup aimé les trois épreuves qui m'ont rappellé une partie de l'oeuvre Gylfaginning, le récit avec Útgarða-Loki où, dans la mythologie nordique, Thor (dieu du tonnerre), Loki (dieu de la malice) et Thjálfi, un fils de paysan, durent subir trois épreuves qu'ils auraient du gagner mais qui se sont retrouvés face à des adversaires peu communs. Je ne dirais pas qui car je risque de spoiler le tome mais j'ai bien aimé la référence à ce récit mythologique !


Ce tome soulève également quelques questions (sur Siyah et la magie-soudainement-un- peu-trop-puissante de Jasper), l'humour reste présent que ce soit dans la narration ou les paroles d'un ou de personnages, rien que le duo Jasper/Erglug donne lieu à des scènes et réparties, joutes verbales plutôt comiques... et philosophiques ! J'ai beaucoup aimé en apprendre plus sur les trolls (notamment quand Jasper prend des notes sur ce peuple, sur leurs moeurs, croyances, comment ils sont, ce qu'ils mangent, leurs fêtes, leurs ennemis : le magicien et la bière, surtout celle-ci qui met plus de trolls au tapis qu'un magicien tout puissant !) et savoir qu'Erglug était le seul de son espèce à philosopher et citer des philosophes ! Mais Jasper est plus réfléchi ici, il fait preuve de davantage de réflexions et de talents dans le domaine de la magie, il s'interroge sur ses relations avec les autres et sur les filles...


En résumé : un bon tome, divertissant, drôle, intriguant avec un héros encore plus attachant, une écriture dynamique et une histoire qui promet une suite prometteuse !






Photographie avec (de gauche à droite) Pierre Bottero et Erik L'Homme.


Extrait :


J'ai demandé à Erglug pourquoi les quelques trolls qui se piquent de philosophie citent essentiellement les penseurs humains. N'existe-t-il pas de philosophes trolls, hormis l'abscons et incompréhensible Hiéronymus Vekling barb Loreleï ?

Erglug m'a répondu qu'il connaissait intimement un brillant philosophe troll qui écrirait volontiers un livre si son temps n'était pas bouffé par les questions d'un jeune mage scribouillard.

Je lui ai dit que je n'embêterais plus ce brillant philosophe troll si sa soeur était là et il a essayé de me frapper. Heureusement, neuf litres de prédation mousseuse sont venus à mon secours. Erglug s'est lamentablement étalé par terre en grognant une citation du brillant philosophe troll auquel il venait de faire allusion : "Si tu touches à ma soeur, je casse ta gueule de jeune mage hormonalement perturbé !"

Finalement, c'est peut-être mieux qu'il n'écrive pas de livre et que Hiéronymus Vekling barb Loreleï reste le seul de son espèce...


(N/A : Extrait de Notes sur les trolls - vie et moeurs - par Jasper, Agent stagiaire.)


10.

jeudi 8 novembre 2012

Les Catilinaires - Amélie Nothomb.



Articles connexes :

- Mercure.
- Antéchrista.
- Acide sulfurique.
- Hygiène de l'assassin.
- Cosmétique de l'ennemi.



Emprunt médiathèque.





Quatrième de couverture :
 

La solitude à deux, tel était le rêve d'Emile et de Juliette.
Une maison au fond des bois pour y finir leurs jours, l'un près de l'autre. Etrangement, cette parfaite thébaïde comportait un voisin. Un nommé Palamède Bernardin, qui d'abord est venu se présenter, puis a pris l'habitude de s'incruster chez eux chaque après-midi, de quatre à six heures. Sans dire un mot, ou presque. Et cette présence absurde va peu à peu devenir plus dérangeante pour le couple que toutes les foules du monde
...



Mon avis :


J'ai rarement lu un livre aussi bizarre, et pourtant, ce n'est pas le premier Amélie Nothomb que je lis donc ce qu'elle écrit et aborde est loin d'être une découverte pour moi, c'est justement parce qu'elle écrit des choses bizarres ou dérangeantes que les récits de l'auteur belge me plaisent beaucoup et m'attirent mais j'avoue que ce titre-là m'a paru plus bizarre que les autres, je n'ai même pas tout compris et j'ai encore des questions sans réponses !


Emile et Juliette sont un vieux couple de retraités qui se connaissent depuis l'enfance, ils ont tout fait ensemble, tout partagé et aujourd'hui, Emile goûte à la retraite et décide de s'isoler du monde : lui et sa femme iront s'installer dans le calme, en pleine campagne. Et justement, ils ont trouvé la Maison, celle qui sera leur dernière demeure finale, une maison si parfaite qu'Emile en aurait rêvé durant ses années de professeur. C'est un vrai petit nid douillet, sans radio, sans télévision, avec juste ce qu'il faut comme confort pour que le vieux couple finisse ses jours heureux, dans le calme et la solitude de la campagne. Mais ce n'est pas tout à fait le Paradis sur Terre lorsque leur seul et unique voisin, un certain monsieur Palamède Bernadin, décide de s'incruster chez eux tous les jours, pendant deux heures. Il aurait juste pu être un emmerdeur de première, un sans gêne venu faire la conversation tous les jours pendant deux longues heures mais voilà, le hic est que monsieur Bernadin ne parle pas, hormis deux ou trois mots et se contente tout simplement de rester ainsi à ne rien faire, juste à attendre puis boire son café. Un comportement qui ne tarde pas à mettre les nerfs de Emile à vif...


On a tous, je pense, déjà eu des voisins insuportables, qui aimaient s'incruster ou bien faire du bruit à des heures inimaginables. Mais ce Palamède Bernadin ne fait pas parti de ce genre de voisin. On ne sait pas tellement à quoi il pense, toujours est-il qu'il vient, et ce dès le premier jour, s'incruster chez ses voisins, sans piper mots, à s'installer et rester assis sans rien faire, rien dire, juste à boire une tasse de café. Le premier jour, Emile et Juliette pense qu'il s'agit d'un voisin qui vient se présenter aux nouveaux voisins et leur souhaiter la bienvenue. Que nenni ! Bernadin n'est pas un grand bavard et face à ce silence assourdissant, Emile tente de faire la conversation, lui pose quelques questions sur sa vie, lui parle de la pluie et du beau temps, pensant que Bernadin faisait son timide... mais Palamède n'est pas timide, juste peu bavard. Emile parvient juste à lui tirer quelques brèves réponses lorsqu'il lui pose des questions sur sa vie. Ainsi on apprend qu'il est marié, qu'il est médecin mais que peu de personnes tombent malades, si bien qu'il donne l'impression de ne pas travailler. Et le pire est qu'il semble montrer un certain agaçement face aux questions de Emile.


Emile se tait donc, mais ça ne fait qu'aggraver les choses car Palamède considère comme un crime le fait que ses voisins ne lui offrent ni son café, ni leur conversation. Ce voisin qui parle peu et ne fait rien se sent insulté si ses voisins ne lui parlent pas. Mais Emile a l'impression de parler dans le vide et très vite, il devient obsédé par son voisin, redoutant à la fois ses visites et se questionnant sur ses motivations et sa vie, et ce qu'il va découvrir risque de fort le surprendre ! J'ai trouvé les personnages bien caractérisés, plus particulièrement Emile et le voisin car le roman est majoritairement focalisé sur leur relations, les visites de Palamède et les analyses et déductions qu'en tire Emile.


Ce roman était moins rythmé que les autres de l'auteur que j'ai lu, moins haletant aussi. Il fait sombrer le lecteur dans le quotidien d'un vieux couple de retraité qui vit l'enfer à cause des visites de leur voisin, on suit les monologues et analyses d'Emile sur le dit-voisin et sur ses solutions vaines de faire fuir ce parasite quotidien. Peu à peu, l'angoisse et la colère de Emile s'élève alors qu'il tente de se révolter contre le voisin puis d'essayer de comprendre les raisons de ses visites et pourquoi de 16h à 18h plus particulièrement. Fuit-il quelque chose chez lui ? Ou aime-t-il juste faire chier les gens ? Pourquoi cet homme semble s'intéresser à rien, aimer rien, cet homme semble subir sa vie plus qu'il n'est en train de la vivre. Il n'a aucun goût de la vie, comme il n'a aucun goût à venir envahir ses voisins.


Le dégoût s'installe lorsque nous faisons la connaissance de l'épouse du voisin, épouse que le voisin lui-même semble subir, qu'il ne semble pas aimer, qui est plus une charge que sa tendre femme car... j'ai mal compris mais il me semble que c'est une handicapée mentale et assez déformée physiquement. Le dégoût et le malaise s'installent peu à peu, c'est comme un huis clos dans le cadre idyllique de la petite campagne dans lequel on finit par ressentir une atmosphère lourde et oppressante. J'ai apprécié cette montée progressive de l'angoisse, du suspence, avec cette alternance avec quelques passages humoristiques, même si c'était parfois de l'humour noir ou cruel.


J'ai trouvé le voisin absolument insupportable, désagréable, apathe, sans gêne, et comme le narrateur (donc Emile), j'ai eu du mal à le comprendre pendant une bonne partie du roman même si l'on est ammené à se poser des questions : qui est réellement cet homme, quelles sont ses véritables motivations, pourquoi s'acharne-t-il à venir chez ses voisins tous les jours s'il ne fait rien ? Depuis la rencontre de Bernadette Bernadin, la visite de leur maison et [spoiler] la tentative de suicide de Palamède [/spoiler] on peut comprendre un peu mieux ses raisons, ses motivations même s'il demeurait un personnage fort peu sympathique, mais Amélie Nothomb a su répondre assez bien à ces questions. En revanche, j'ai bien aimé le couple de retraité et leurs moyens déployés pour fuir le voisin envahissant, les divers stratagèmes pour qu'il se lasse de ses visites ou leurs efforts pour rendre les deux heures où sa présence leur est imposée plus supportables ; j'ai aimé ce couple uni dès l'enfance (même si c'était bizarre de lire qu'Emile considère sa femme comme sa fille, sa soeur et son épouse en même temps) mais leur relation est touchante, complice, Juliette a su garder son âme d'enfant, une certaine candeur.


Bref, ce n'était pas le meilleur Amélie Nothomb que j'ai pu lire jusqu'à présent, mais ce n'était pas une déception, loin de là, au final c'était un bon et court roman bien divertissant, avec de l'humour et une atmosphère lourde et angoissante dans une espèce de huis clos en pleine campagne.



Extrait :


En vérité, monsieur Bernardin n'était sur terre que pour emmerder. La preuve, c'est qu'il n'avait pas un atome de plaisir à vivre. Je l'avais observé : tout lui était désagréable. Il n'aimait ni boire, ni manger, ni se promener dans la nature, ni écouter, ni lire, ni regarder de belles choses, rien. Le plus grave, c'est qu'il n'avait même pas de plaisir à m'emmerder : il le faisait à fond, parce que c'était sa mission, mais il n'en retirait aucune joie. Il avait l'air de trouver très emmerdant de m'emmerder.

Si au moins il avait été comme ces vieilles chipies qui éprouvent une jouissance perverse à enquiquiner les autres ! L'idée de son bonheur m'eût consolé.

Entre ciel et mer, le Mont-Saint-Michel - Jean-Paul Brighelli.



Pour en savoir plus...

- Site officiel de tourisme du Mont-Saint-Michel.
- Site de l'abbaye du Mont-Saint-Michel.
- Davantage d'informations.


Emprunt bibliothèque fac.


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Quatrième de couverture :


Il s'appelait encore le mont Tombe, lorsqu'en 708 Aubert décide d'y construire le premier sanctuaire. Il devient, au fil des siècles, Saint-Michel-au-péril-de-la-mer, pyramide aussi insolente, au milieu des marées et des sables mouvants, que Chéops sous d'autres cieux, parmi d'autres sables. " Mont libre " après 1789, prison et bagne, pourrissoir de détenus d'État, le Mont presque ruiné est restauré après 1870. Mais ceinturé de polders qui gagnaient sur la mer, il menaçait de devenir Saint-Michel-au-péril-de-la-terre. Les hommes ont entrepris de lui rendre sa ceinture d'océan.

En un récit captivant, Jean-Paul Brighelli retrace les étapes de l'histoire du monument le plus visité de France, qui combine un cœur roman, des dentelles gothiques, un cachet romantique, et les acquis des technologies de pointe.



Mon avis :


Depuis plusieurs mois, j'ai une idée dans ma tête qui refuse de me quitter : il me faut absolument visiter le Mont-Saint-Michel. J'ai, dans ma tête, une liste des lieux que je voudrais visiter ou revisiter ; jusqu'à présent, Paris était en première position mais la capitale a été détrônée par le Mont-Saint-Michel qui est un lieu qui pourrait, je pense, m'intéresser par ses aspects historiques, religieux et folkoriques. Mais c'est la crise et je dois réserver ce voyage jusqu'en Normandie dans un futur plus ou moins proche, réserver un peu d'argent, réfléchir au bon moment où y aller (ça doit être la folie en été) et me préparer au long voyage et aux nombreuses heures de marches ! Alors, en attendant ce jour béni, j'ai comblé comme je le pouvais : j'ai pioché un livre sur le sujet !


Le Mont-Saint-Michel, c'est plus qu'une baie située dans la Manche, en région de Basse-Normandie et c'est plus qu'un site touristique, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO. C'est un lieu empreint d'Histoire, de religion et de légendes. C'est aussi une baie située en plein milieu de la mer et ses marées, et c'est ce que l'auteur va tenter de nous prouver. Spécialiste du Mont, il nous renseigne davantage sur ce lieu connu, au niveau historique, géologique, religieux (car on ne peut pas y échapper) et folkorique. Ce livre est séparé en quatre chapitres : La dimension des miracles, Le temps des moines, Des guerres, des geôliers et des architectes et Au péril de la mer, au péril de la terre. Il est en plus complété de nombreuses images, photographies, illustrations et de petites notes supplémentaires qui nous renseignent davantage sur certains points ou expliquent les images présentes. Ajoutez à cela en fin d'ouvrage une mini interview du prieur de la communauté du Mont, une du monsieur en charge de la bibliothèque d'Avranches et les nombreux extraits en littérature qui parlent ou font mention du Mont. De Stendhal qui trouvait ce lieu déprimant à Victor Hugo qui s'émerveillait de la faune et la flore en plus de la beauté de l'architecture et de l'atmosphère.


Le premier chapitre nous fait remonter aux origines du Mont qui existait déjà avant qu'il ne porte le nom de Mont-Saint-Michel. A l'aube du VIIIe siècle, il s'appelait le Mont Tombe, un ilôt en curieuse situation géologique mais qui n'avait rien d'exceptionnel et c'était sans doute, avant la montée du christianisme, un lieu dédié au culte d'une divinité celtique. Plusieurs légendes sont liées au Mont, voire même à l'archange Saint Michel, comme celle du serpent d'Irlande que l'archange aurait décimé, ne laissant qu'un écu, et une épée d'acier très courte, encore tâchée du sang du monstre. Saint Michel ordonna à ce que ces reliques soient portées à son sanctuaire préféré : le Mont Tombe. Mais la grande légende du mont serait les songes d'Aubert, évêque d'Avranches qui aurait reçu la visite de Saint Michel dans ses rêves qui lui ordonnait de construire une abbaye sur le Mont rocheux. Pensant avoir halluciné ou que c'était l'oeuvre du démon, Aubert ne pris pas la requête au sérieux ; il a fallu que Saint Michel apparaisse deux fois de plus dans ses rêves et ne pose son doigt sur le front d'Aubert, ce qui laissa une trace, pour que l'homme y croive enfin.


On attribut aussi de nombreux miracles au Mont, le plus célèbre étant celui de la femme enceinte, piégée par la marée, qui fut sauvée des flots et ayant accouché de son bébé, par Saint Michel et la Vierge Marie ; ou celui de l'aveugle qui retrouve la vue durant son passage au Mont sacré. L'auteur exploite d'autres légendes, ainsi que les origines du Mont, tout en parlant du Mont Gargan en Italie, un autre lieu dont l'histoire ressemble à celle du Mont Saint Michel, et qui est aussi un lieu sacré "consacré" à Saint Michel. Le chapitre deux nous révèle plus de choses sur l'histoire du Mont : la construction du Mont, l'organisation par Aubert de la vie religieuse avec l'installation de clercs, moines, on s'organise autour de l'abbaye. Puis, dès le XIe siècle, des pélérinages sont organisés, amenant au Mont des foules considérables et peu compatibles avec les régles religieuses. Si l'histoire du Mont regorge de moines ou d'abbés, l'auteur parle également de l'architecture, comment elle a changé au fil du temps : de l'art roman on passe à l'art gothique, n'oublions pas les incendies et intempéries qui ont détruit voire modifié les constructions, il fallait donc réparer. Au fil des siècles, on a rajouté des tours, une statue de l'archange Michel...


Le chapitre trois aborde un peu plus l'histoire générale : les rois de France et leurs visites au Mont, le Mont pendant le Moyen-Âge, durant la guerre de cent ans où il a fait de la résistance et n'a jamais été pris par les Anglais. Puis, le Mont devient peu à peu, de la Renaissance jusqu'à la révolution, une prison où sont enfermés, pour la plupart, des opposants à la politique royale. A la révolution, le Mont devient La Bastille des mers et emprisonne les membres du clergé opposés au nouveau régime et à la nouvelle constitution du clergé. Le Mont devient une prison permanente durant l'Empire, puis est transformé en maison de force et de correction sous la Restauration. Très vite, les grandes salles des moines et l'abbaye se transforment en lieu de travail où les prisonniers se mettent à la tâche et on fait installer des cachots. Il faudra attendre Napoléon III pour que le Mont redevienne ce qu'il était à l'origine, dans une époque où régne le romantisme : les auteurs du romantismes ont le goût de l'étrange et certains sont forts sensibles au charme du Mont, comme Victor Hugo.


Le Mont est donc restauré, retrouve comme une seconde jeunesse, on fait de nombreux travaux pour le reconstruire et l'empêcher de tomber en ruine : il faut sauver ce trésor architectural. Le chapitre quatre aborde le tourisme du Mont. Existant déjà depuis le Moyen-Âge où l'on vendait des médailles religieuses, des hôtels, auberges, restaurants et boutiques naissent de plus en plus au fil du temps ; on aménage des espaces pour mieux accueillir toute la floppée de touristes. Pour cela, on force un peu le passage de la Terre jusqu'au Mont qui n'est plus alors au péril de la mer mais au péril de la terre car l'une des particularités du Mont est son emplacement : c'est un ilôt rocheux situé en plein milieu de la mer, tantôt entouré de sable, tantôt entouré de la mer lorsque la marée est haute (on disait même, au Moyen-Âge, que la marée montait plus rapidement qu'un cheval au galot). C'est une baie fertile qui a sû nourir les habitants et les moines qui se sont installés, c'est un lieu avec ses végétations, ses cultures, sa faune et sa flore qui caractérisent bien la baie, c'est quelque chose à préserver...


Bref, en somme, je dirais que c'est un petit livre fort sympathique, avec les informations qu'il faut : ni trop, ni trop peu. Bien-sûr, les paragraphes sur l'architecture peuvent gêner ainsi que, peut-être, l'aspect religieux mais c'est avec un des protagonistes de la religion qu'est né le Mont. Qu'Aubert ait halluciné ou qu'il ait réellement rêvé de Saint Michel, c'est grâce à cela qu'est né le Mont. Pour ma part, j'ai eu toutes les informations dont j'avais besoin, j'ai découvert quelques légendes liées au Mont, son histoire... le tout avec des images et des anotations très utiles.





Saint Aubert d'Avranches, recevant la visite de l'archange Saint Michel en songe. Désolée pour la mauvaise qualité de l'image, si quelqu'un connaît le titre de l'oeuvre et de l'auteur, il aura droit à ma plus grande reconnaissance !






Extrait :


Le 25 octobre 1415, la guerre médiévale s'achève à Azincourt. La chevalerie française s'abîme dans un désastre obscur, et la modernité s'installe par la guerre. Toute la Normandie est occupée par les Anglais... Toute ? Non, un mont peuplé d'irréductibles moines et de quelques soldats résiste encore et toujours à l'envahisseur... L'abbé Robert Jolivet prépare la défense et fait construire les remparts, puis, en 1420, une grande citerne en prévision d'un siège.


Chapitre 3. Des guerres, des geôliers et des architectes.