mardi 26 juin 2012

L'auberge de l'Ange Gardien - La comtesse de Ségur.






Du même auteur  :







Quatrième de couverture :

Deux enfants dorment au bord d'une grande route, sous un vieux chêne touffu... Il fait froid. Ils n'ont rien à manger. Leur mère est morte, leur père a été emmené par les gendarmes... Si le début de cette histoire paraît triste, il n'en va pas de même pour la suite, car le hasard veut qu'un brave sergent démobilisé passe sur la route. Délaissant l'auberge Bournier, dirigée par un couple cupide, c'est vers l'auberge de l'Ange-Gardien qu'il dirigera ses protégés et ni eux ni ses lecteurs n'auront à s'en plaindre.

Mon avis :

Vers les premières semaines de Juin, j'ai retrouvé l'envie soudaine de relire les livres de la comtesse de Ségur que je connaissais déjà. En quelques après-midi sont passés en relectures François le bossu, Après la pluie le beau temps, Les malheurs de Sophie, Les petites filles modèles, Les vacances, Quel amour d'enfant, les contes écrits par la comtesse... mais ce n'était pas suffisant ! Déjà surprise par la vitesse à laquelle j'avais englouti ces bouquins, il m'en fallait encore mais j'avais déjà relu ceux que je connaissais, alors j'ai pioché dans ma bibliothèque un des livres d'elle encore inconnus et j'ai choisi ce titre dont le titre et la couverture me tentaient. Cette période Relisons-la-Comtesse-de-Ségur s'en est allée avec mes nombreuses révisions et examens et maintenant qu'ils sont terminés, je suis plus dans une période Relisons-les-mangas-bien-tragiques-et-ambigüs-de-Riyoko-Ikeda (Très cher frère, La rose de Versailles, La fenêtre d'Orphée...), donc malgré tout ça, j'espère avoir encore assez de souvenirs pour faire un billet complet de ce volume !


Ce roman débute sur une note tragique : deux enfants, Jacques et son petit frère Paul, seuls et perdus, victimes du froid et de la faim, qui n'ont trouvé qu'un vieux chêne comme lieu de repos. Leur mère est morte et le père a été emmené par des gendarmes. Leur famille étant pauvre, ils n'ont nulle part où aller. Un jeune soldat, démobilisé après une guerre, et son chien tombent sur les deux enfants. Le soldat ne peut se résoudre à les laisser à leur triste sort et décide de les emmener à l'auberge la plus proche afin qu'ils puissent se restaurer. Il trouvera bien vite l'auberge de l'Ange-Gardien, tenus par deux sœurs : Elfy et madame Blidot, qui porte très bien son nom... Un lieu chaleureux, de rencontres, d'amour, d'amitié, de tolérance et de bonne humeur.


Ça fait du bien de relire un classique de temps en temps, même si c'est un classique jeunesse. On est plongé dans une autre époque, on voit toute la différence avec les romans d'aujourd'hui. On voit bien la nette évolution. Je l'ai bien remarqué en lisant, les mentalités ont changé depuis le XIXe siècle. Mais ça fait plaisir de se plonger dans la littérature jeunesse, de permettre soi-même de rajeunir, de se retrouver un peu en enfance. Les deux enfants, Jacques et Paul, sont adorables, serviables, courageux face à l'adversité, proche et loyaux envers l'autre. Ils trouveront en Elfy et madame Blidot deux mères adoptives adorables et aimantes, un ami très cher en Moutier, le soldat qui les a trouvé, mais aussi en la personne du général Dourakine, malgré ses défauts. Nous avons des personnages attachants pour la plupart : Moutier, le jeune soldat bon et courageux ; Elfy, la jeune sœur, un peu inconsciente mais aimante et douce ; madame Blidot ; le général Dourakine, un homme colérique, têtu, qui a tendance à tirer des conclusions un peu trop rapidement, un peu changeant, mais bon malgré tout, courageux, un brave homme qui saura se repentir de ses fautes ; Dérigny ; le curé et les autres...


C'est un peu gnan-gnan, il faut dire, c'est plein de bon sentiments, les gentils sont récompensés, les méchants finissent par se repentir ou par être punis, on a le happy ending pour la plupart des personnages, c'est assez prévisible, c'est plein de bonté, d'entraide, de charité à offrir sans rien à attendre en retour... comme dans la plupart des livres de la comtesse de Ségur. Dans ses œuvres, les bons sentiments sont mis en avant, les gentils sont récompensés ou sortis de leur triste situation, les méchants, quand ils ne se repentissent pas, sont punis pour leurs mauvaises actions. Il y a de la bonté, de la charité, on vit d'amour et d'eau fraîche, d'amitié, de loyauté. Mais dans ce monde de brute dans lequel nous vivons, ça fait du bien de lire de genre de chose, d'en retrouver même si c'est dans la littérature. Et puis, le livre est ancré dans son époque, après tout, les valeurs de l'époque et de l'auteur sont véhiculées dans cette oeuvre. Ainsi, les enfants doivent être bons, bien élevés, sages et obéissants ; la religion tient une place très importante, le curé est un personnage important dans le village, il faut prier le bon Dieu et la Sainte Vierge Marie pour une personne ou lorsque l'on est dans une triste situation, il faut savoir donner une seconde chance, pas de violence gratuite ; le patriotisme est important aussi, la fierté nationale, le devoir à son pays...


Donc, cette oeuvre a beau être un peu naïve, gnan-gnan, prévisible, il faut savoir qu'elle véhicule les valeurs de l'auteur et son époque, que les livres de la comtesse se ressemblent tous dans le fond (la bonté, l'amour, amitié et loyauté glorifiés, la place de la religion, des études, du patriotisme, les gentils récompensés, les méchants punis...), mais ce genre de chose se perd dans la littérature, tout cela fait la force des œuvres de la comtesse. Des livres comme elle en a fait, on en retrouve plus des comme ça, et si c'est parfois naïf et gnan-gnan, ça fait du bien d'en lire parfois. Pour retrouver un peu de tendresse dans ce monde de brute, de chaleur dans ce monde froid, pour comprendre les mentalités de l'époque et ses valeurs, pour comprendre l'auteur. Donc si ce n'est pas mon livre préféré de la comtesse de Ségur, ça reste un livre bien sympathique, tendre, abordable, avec plein de bons sentiments, de tolérance et de l'humour parfois (rien qu'avec le général Dourakine, et ses changements d'humeurs brusques parfois risibles), ça fait du bien de lire le quotidien de cette heureuse bande au sein de l'auberge et du village, leurs aventures, leurs rencontres... Je lirais sans doute la suite, Le général Dourakine, un jour, par curiosité et pour retrouver les protagonistes...



Extrait :


LE GÉNÉRAL.
Il faut donc bien du temps en France pour tout cela [les préparations de mariage] ! Chez nous, en Russie, ça va plus vite que ça. Ainsi, je vois Mme Blidot ; vous me convenez, je vous conviens ; nous allons trouver le pope qui lit des prières en slavon, chante quelque chose, dit quelque chose, vous fait boire dans ma coupe et moi dans la vôtre, qui nous promène trois fois en rond autour d'une espèce de pupitre, et tout est fini. Je suis votre mari, vous êtes ma femme, j'ai le droit de vous battre, de vous faire crever de faim, de froid, de misère.

MADAME BLIDOT, riant.
Et moi, quels sont mes droits ?

LE GÉNÉRAL.
De pleurer, de crier, de m'injurier, de battre les gens, de déchirer vos effets, de mettre le feu à la maison même dans les cas désespérés.

MADAME BLIDOT, riant.
Belle consolation ! A quel sort terrible j'ai échappé !

LE GÉNÉRAL.
Oh ! mais moi, c'est autre chose ! Je serais un excellent mari ! Je vous soignerais, je vous empâterais ; je vous accablerais de présents, de bijoux ; je vous donnerais des robes à queue pour aller à la cour, des diamants, des plumes, des fleurs !

Chapitre XX. Première inquiétude paternelle.

vendredi 8 juin 2012

Les mystères de Harper Connelly (T.1) Murmures d'outre-tombe - Charlaine Harris.

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Quatrième de couverture :


"Depuis que j'ai survécu à la foudre, je suis capable de sentir et de revivre les derniers instants des morts. Contrairement aux apparences, cela peut s'avérer utile : on me contacte pour retrouver les personnes disparues... enfin, décédées devrais-je dire. Du coup, j'en ai fait mon métier. C'est sûr, tout le monde n'apprécie pas la façon dont je gagne ma vie mais, puisque je dois vivre avec ce "don", autant m'en servir. Tolliver, mon demi-frère, m'accompagne. Un associé dont je ne peux me passer. Aujourd'hui, nous allons à Sarne dans l'espoir de retrouver une adolescente. Dénicher le corps ? Facile ! Mais quitter la ville, c'est une autre affaire !"

 
Mon avis :

Je suis Charlaine Harris depuis un bon boût de temps déjà, au moins deux-trois ans, surtout pour sa première série, La communauté du Sud. Mais dernièrement, elle diversifie ses écrits avec ses deux nouvelles sagas : Harper Connelly et Lily Bard. Deux sagas qui m'ont l'air assez intéressantes pour essayer de les lire, cela faisait un moment que le premier tome des Mystères d'Harper Connelly était dans ma bibliothèque, dans l'attente d'être lu. C'est à présent chose faite ! C'est bien différent de La Communauté du Sud, et c'est tant mieux. je ne dirais pas que c'était un coup de coeur mais ce premier tome s'est révélé une surprise agréable qui donne envie de lire la suite !

Depuis qu'elle a été foudroyée durant son adolescence un jour d'orage, Harper Connelly a développé un don particulier : elle est capable de sentir les morts, où ils sont enterrés et la cause de leur mort. Un don bien déconcertant qui est pourtant devenu son gagne-pain. C'est pourquoi elle voyage à travers les Etats-Unis avec son demi-frère, Tolliver Lang, lorsqu'elle est solicitée par des personnes souhaitant résoudre des affaires de disparitions. Dans cette aventure, ses services sont demandés par Sibyl Teague qui voudrait retrouver sa fille adolescente disparue. L'affaire se termine assez rapidement, mais une série de circonstances empêche Harper et son frère de quitter cette ville de Sarne dont les habitants cachent bien des secrets et montrent bien leur aversion, peur et méfiance vis-à-vis d'Harper pour son don étrange qui serait, selon eux, un cadeau empoisonné du Diable...

C'est clair, c'est bien différent de La Communauté du Sud, pas que ça me dérange. On entre dans un autre univers, un univers plus policier, plus rationnel, c'est frais, nouveau et c'est intéressant. Ici, on est dans le monde réell, sans vampires, ni fées, ni loups-garous. C'est bien notre monde moderne mais sans la touche de paranormal. La seule touche de surnaturel est le don de Harper qui peut sentir la présence des morts, où ils sont entérrés et comment ils sont morts. Et si je trouve ça pas crédible et même tiré par les cheveux que Harper ait eu ce don parce qu'elle a été frappée par la foudre, je trouve son don intéressant et bien mis en avant dans ce tome. Elle peut sentir des vibrations lorsqu'elle est près d'un cadavre et en cherchant bien, même en touchant le corps, elle peut voir comment la personne est décédée.
Ca me rappelle un peu un personnage dans le manga Blood Alone qui avait un don similaire. Mais ce n'est pas comme dans Ghost Whisperer où l'héroïne peut voir les fantômes et les aider à aller dans l'au-delà, loin de là. Le don d'Harper est plus rationnel, elle ne se dit pas qu'elle aide l'esprit des morts à être en paix ou à rejoindre les cieux, ou du moins elle voit son don et l'utilise de façon plus rationnelle. On en apprend plus sur son don au fil des pages, comment elle l'a reçu, comment elle l'a vécu car ce n'est pas toujours évident de vivre avec et de supporter le regard des autres. Son don n'est pas toujours facile à vivre, parfois il y a une surcharge d'émotion, de vibrations qu'elle défaille, et la façon dont les autres personnages voient son don n'aident pas.

En effet, le don d'Harper fait peur, les gens se méfient, ont peur et ont tendance à voir Harper comme la sorcière du village qu'il faut brûler à tout prix, voyant son don comme venu du Diable, et pas du tout conforme aux commandements de Dieu. Mais il y a quelques rares personnes, dont Tolliver, qui ont un peu plus d'ouverture d'esprit que ça. D'ailleurs, Tolliver est un peu le frère qu'on aimerait avoir. Compréhensible, protecteur. J'ai bien aimé découvrir la relation Harper/Tolliver, il est son demi-frère, son acolyte, sa seule famille (le cadre familial d'Harper et Tolliver n'était pas formidable), ils sont vraiment unis, il y a toujours l'un pour compter sur l'autre et vice-versa, rarement séparés... souvent ensembles et très unis. Voire même un peu trop unis à mon goût pour un frère et une soeur (même s'ils ne sont pas liés par les liens du sang), leur relation m'a paru un peu étrange par moment, j'ai eu des doutes parfois et je me dis que ça cache quelque chose... mais je verrais bien par la suite si mes doutes se révèlent fondés ou pas. Ils sont tellement proches que ça peut être troublant, confus. Mais malgrè ça, il faut dire qu'ils sont intéressants tous les deux, et j'ai adoré voir cette complicité, cette relation proche, on sent bien qu'ils sont unis depuis longtemps.

Concernant l'intrigue, Harper retrouve la fille disparue assez rapidement, on se demande alors comment l'auteur va remplir le reste. En fait, la découverte du cadavre n'est que le début d'une longue série de conflits familiaux, de meurtres, de secrets et de mystères. Très vite, Harper et Tolliver sont se retrouver mêler dans une affaire qui ne les concernait pas. Et Harper, même si elle n'est pas détective et ne fait que retrouver les personnes disparues et décédées, se retrouvera bien malgrè elle à cette affaire mystérieuse. Donc, malgrè le don d'Harper, l'intrigue reste quand même très polar. L'intrigue se tient, l'affaire est bien ficelée et on ne découvre le coupable qu'au tout dernier chapitre. C'est une enquête qui tient en haleine jusqu'au boût malgrè un final ordinaire, un peu baclé, bref qui n'a rien d'extraordinaire.
Mais c'était un plaisir que de suivre l'enquête des faux meurtres accidentels qui ne le sont pas en fait, d'une conspiration contre Harper et contre d'autres personnages pour garder un secret... j'ai aimé cette atmosphère de petite ville tranquille mais tourmentée par ces meurtres à cause de secrets jalousement gardé par des familles, cette atmosphère de secret, de mystère, de menaces, j'ai beaucoup aimé ! On découvre bien la ville, ses habitants, quelques familles... même si j'ai eu du mal à me souvenir qui est qui, qui fait quoi, qui est frère/soeur/père/mère de qui, qui sort avec qui..., mais j'aime bien, ça fait un peu style Desperate Housewives pour la ville dans laquelle des familles gardent de lourds secrets et où l'on découvre des cadavres ; et aussi un petit côté Supernatural pour Harper et Tolliver qui sillonnent les Etats-Unis lorsqu'ils sont sollicités pour des affaires.

Bref, on ne s'ennuie pas. On a des rebondissements, du suspence malgrè un final qui aurait pû être bien mieux. Puis c'est un plaisir de retrouver l'écriture de Charlaine Harris qui est plaisante, fluide, pas compliquée. Harper est un plaisir à suivre aussi, elle est moins niaise que Sookie, moins superwoman, pas vraiment une demoiselle en détresse, elle a ses peurs, ses faiblesses comme elle a ses forces et ses atouts. Une héroïne bien sympathique en somme. En gros, pour un premier tome, c'était bien sympathique. On a de bons personnages, le don d'Harper qui est intéressant, une atmosphère qui m'a plu, une intrigue qui fonctionne malgrè une résolution de l'enquête un peu bâclée, je m'attendais à mieux, à plus gros, et j'ai aussi mélangé les relations entre les familles, les liens familiaux et autres des protagonistes mais heureusement, la liste d'Harper éclaircit tout ça. Bref, pas un coup de coeur mais une chouette découverte qui me donne quand même envie de tenter la suite dans un futur proche.


Extrait :


- Dommage que tu ne sois pas un de ces spécialistes du piratage informatique, confiai-je à Tolliver. A partir de tout ce que l'on sait, tu aurais une odée de génie, tu accéderais aux ordinateurs des autorités ou à celui des Teague, tu en extrairais des informations, et je les mettrais à profit pour résoudre ce mystère.
- Tu devrais lire moins de romans policiers, répliqua Tolliver en s'arrêtant au stop. Ou alors, te trouver un autre acolyte.
- Quoi ?
- Oui, si tu es la brillante détective, je suis l'acolyte moins-malin-mais-néanmoins-indispensable, non ?
- Bien-sûr, Watson.
- Je pencherais plutôt pour Sharona, marmonna-t-il.
- Du coup, je suis Monk ?
- Pourquoi pas ?


Chapitre 11.



vendredi 1 juin 2012

Angélique (T.3) Fêtes royales - Anne Golon.

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Du même auteur :

- Angélique (T.1) Marquise des anges.
- Angélique (T.2) La fiançée vendue.
- Angélique (T.4) Le supplicié de Notre-Dame.


Emprunt médiathèque.

/ ! \ Challenge Histoire. / ! \








Quatrième de couverture :



Juin 1660. La Cour se presse à Saint-Jean-de-Luz pour célébrer le mariage du jeune roi Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille du roi d'Espagne Philippe IV. Dans l'île de la Bidassoa, les souverains apposent leur signature au bas du traité des Pyrénées, qui met fin à trente ans de guerre. Au cours de ce mois de fêtes, le charme d'Angélique ne passe pas inaperçu et lui vaut l'amitié de Mlle de Montpensier. Joffrey de Peyrac aime à la voir briller, peut-être inquiet de ses succès. Mais lui-même, parmi ses pairs qui le jalousent, ne court-il pas un danger ?


Mon avis :


De retour avec les aventures d'Angélique de Sancé, la Marquise des Anges, que j'avais quitté au tome deux alors qu'elle était sur le point de se rendre au mariage du roi Louis XIV. J'ai emprunté ce volume il y a maintenant un bon moment, je l'ai commencé enthousiaste car j'étais dans une période où tout ce qui concernait Molière, Louis XIV et son époque m'intéressaient au plus haut point, et les examens d'Avril sont apparus, j'ai dû mettre cette lecture en hiatus, puis il y a eu les vacances de Pâques mais je n'avais toujours pas repris la lecture du roman, toute envie et motivation envolée, je me suis forcée à le terminer hier et aujourd'hui car il me fallait bien le rendre, finalement après un re-démarrage long, je me suis remise en route dans la lecture sans caler !

J'ai fait du découpage avec le résumé de la quatrième de couverture, un peu trop révélateur à mon goût. Spoiler, c'est pas bien ! (même si je le fait souvent *sbaf*). Ce tome est centré en grande partie sur le mariage du roi Louis XIV mais il y a plusieurs étapes, plusieurs parties. Dans la première partie, il y a d'abord comme un retour en arrière dans lequel nous est présenté Anne d'Autriche, princesse d'Espagne qui a dû épouser le roi Louis XIII et quitter sa fratrie, ses difficultés à concevoir un enfant, sa très grande piété. C'est une femme pieuse, très croyante, elle priait sans cesse pour son mari, sa nouvelle patrie, mais aussi pour avoir un enfant, donner un héritier au royaume de France. Est même raconté la présence divine (ange, saint, je ne sais plus) qui lui aurait assuré que Dieu veillait et aimait la France, et qu'elle aurait des enfants. 

On assiste aussi aux évènements qui suivirent : la naissance de Louis XIV, alias Louis Dieudonné car il était vraiment un cadeau de Dieu, un enfant miracle que l'on attendait plus, ainsi que son frère, Philippe d'Orléans ; puis la mort de Louis XIII, la Régence, les proches relations entre Anne d'Autriche et le cardinal Mazarin. Nous voyons aussi une Anne déchirée entre ses deux patries, la France et l'Espagne, qui étaient en conflit. Après survint le traité des Pyrénées qui a fixé les frontières entre les deux pays, la paix est déclarée et pour solidifier cette nouvelle alliance, l'Infante Marie-Thérèse d'Autriche, fille du roi d'Espagne Philippe IV (qui est aussi le frère d'Anne d'Autriche) est donnée fiancée à Louis XIV qui accepte bon gré mal gré ce mariage arrangé qui est l'une des clauses du traité. Cela n'a pas été facile puisque le jeune roi était très épris de Marie Mancini, la nièce du cardinal Mazarin.

Enfin, après ce chapitre récapitulatif pour mieux comprendre l'histoire de la famille royale, nous assistons aux voyages de la Cour et des nobles qui se déplacent pour la mariage royal, ils s'arrêtent en Provence où, à Notre Dame de Grâce, Louis XIV présente ses voeux et où le traité entre la France et l'Espagne est signé. La seconde partie se déroule à Saint-Jean-de-Luz et à Saint Sebastian où se déroulent des fêtes marines pour le roi d'Espagne et l'Infante. Il y a de nombreuses fêtes, l'océan, des piques-niques sur les rives du Bidassoa, puis survient le mariage par procuration à Fontarabie, ensuite un bal pour le roi, et le jour des serments et signatures. La reine Anne retrouve son frère, Philippe IV. Le mariage peut enfin avoir lieu dans la troisième partie, L'île des Faisans. Historiquement, ces trois premières partie sont riches, intéressantes. 

On suit très bien les descriptions des préparatifs du mariage royal, puis le mariage en lui-même, les fêtes, les bals, la vie à la cour. On en apprend plus sur la famille royale, on a même l'occasion de les rencontrer dans le roman : Louis XIV, le jeune roi passionné ; la reine Anne d'Autriche très pieuse ; Philippe d'Orléans alias Monsieur, le frère du roi qui s'habille toujours joliment et qui aurait un penchant pour les jeunes et beaux messieurs (et c'est là que je ne peux m'empêcher de penser à l'épisode de Secrets d'Histoire Stephane Bern parle de La Palatine, seconde épouse de Monsieur, et au couple improbable qu'elle formait avec son mari si unique, si étrange, si efféminé) ; Mademoiselle ou encore Mlle de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV ; n'oublions pas non plus le roi d'Espagne et l'Infante...

Les passionnés d'Histoire, et surtout Louis XIV, apprécieront beaucoup ces étapes du roman. J'ai moi-même trouvé ça enrichissant, bien intéressant, même si ça avait tendance à traîner en longueur des fois, et le fait qu'Angélique ne soit que simple spectatrice pourrait gêner. Elle ne fait pas grand chose dans le sens où elle n'a pas de grand rôle, elle n'est pas le personnage principal, elle est juste spectatrice de tout ce qu'il se passe, elle m'a été un peu étrangère, je la suivais sans la suivre, toute l'attention est concentrée sur les préparatifs des fêtes, du mariages, et sur les personnages historiques. Mais ça finit par s'accélérer une fois le mariage terminé, c'est le retour au pays de la cour qui remonté à Paris et quitte le pays Basque, Angélique revient sur le devant de la scène après ce qu'il est arrivé à son mari, Joffrey de Peyrac [spoiler] capturé puis emprisonné à la Bastille pour une raison obscure [/spoiler], elle doit se battre pour son mari, pour le sortir de sa fâcheuse situation, elle est seule au monde puisque même sa propre soeur, Hortense, n'a que du mépris pour elle. Elle n'a que son fils, Florimond. Angélique ira même jusqu'à chercher le soutient du roi pour sauver son mari, si elle a réussi et comment va s'en sortir le couple Peyrac, c'est à découvrir dans le prochain tome !

Mais n'allez pas croire que je n'ai pas aimé les trois premières parties consacrées aux préparatifs. C'était bien intéressant, et même envoûtant les descriptions des lieux, de la décoration des belles salles des bals et fêtes, la société au sein de la cour et ses moeurs. L'auteur nous présente des lieux magiques : le Pays Basque, l'océan, Paris et ses Tuileries, le Louvre, la Grande Galerie, Saint Sebastian et Saint Jean de Luz, elle nous offre plein de détails historiques et j'aime bien sa représentations des personnages historiques. J'ai juste trouvé que ça traînait parfois en longueur. Ce tome était moins plaisant que le second, mais riche en informations historiques et l'histoire prend un tournant concernant le couple Peyrac, l'intrigue est relancée et on est laissé sur notre faim.



Extrait :

Il vint enfin.
Ils se levèrent et le roi Philippe IV étreignit étroitement sa soeur Anne. Puis celle-ci voulut prendre la main de sa nièce, devenue sa belle-fille, pour l'amener vers elle.
Mais l'Infante se jeta aux pieds de son père, lui embrassant les mains et les inondant de larmes tandis que Louis XIV et Philippe d'Orléans se portaient d'un élan vers le roi d'Espagne qui leur ouvrit les bras.
Et dans cet instant, la ligne frontière des tapis fut maintes fois franchie et piétinée par les semelles d'un groupe de personnes d'une même famille en pleurs, s'étreignant et s'embrassant dans l'effusion de leur chagrin de se séparer, séparation que tous pressentaient à jamais, ce qu'ils ne pouvaient souffrir ni accepter dans leur chair et dans leurs coeurs
.


Troisième partie : L'île des Faisans. (Chapitre douzième)