mercredi 16 mai 2012

La lettre de Conrad, suivi de Pas de résurrection, s'il vous plaît - Fred Uhlman.

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'I once was blind but now I see
I was held in chains but now I'm free
I'm hanging in there, don't you see
In this process of elimination.'

- O' Children, Nick Cave and the Bad Seeds. -


>> L'ami retrouvé.
Emprunt bibliothèque fac.


/ ! \ Challenge Histoire / ! \






Quatrième de couverture :


Ce bref et bouleversant roman, une suite de L'Ami retrouvé - qui valut à Uhlman sa célébrité ne fut publié, à la demande de l'auteur, qu'après sa mort.

Quelques jours avant d'être exécuté en 1944 pour avoir participé au complot contre Hitler, Conrad von Hohenfels écrit à Hans Schwarz, son ami d'enfance. La guerre a séparé les deux adolescents parce que Hans était juif. Dans cette lettre, Conrad tente de justifier ses choix et ses erreurs passés et de demander pardon à Hans avec qui il partagea autrefois tant de moments de bonheur exaltant.

Bien que les personnages en soient différents
Pas de résurrection, s'il vous plaît constituait, dans l'esprit d'Uhlman, une sorte de troisième volet à L'Ami retrouvé et à La lettre de Conrad.

Mon avis :

Ca va faire un bon boût de temps depuis ma lecture de L'ami retrouvé, mais je pensais que je n'aurais pas beaucoup de chance pour trouver sa suite, je me disais même que la seule façon pour moi de le lire était de le commander sur internet. Mais le hasard fait bien les choses puisqu'en avril dernier, j'errais à la bibliothèque de la fac dans l'espoir de tuer le temps en attendant le bon moment pour me mettre en route pour la conférence sur la Résistance. Au rez-de-chaussée de la bibliothèque, il y a des fauteuils verts clairs, deux petites tables rondes en bois et une petite étagère consacrée à 'la littérature buissonière' (je sais, je vais dans les détails), et c'est sur cette petite étagère que je suis tombée sur ce bouquin que je pensais ne jamais croiser. Cela coule de source, je l'ai emprunté et j'ai attendu les vacances de Pâques pour pouvoir le lire, loin des révisions et des examens. Alors, verdict ?

Ce livre n'est pas un roman à proprement parlé, pour moi ce sont deux nouvelles en un seul livre : La Lettre de Conrad, qui est comme une suite de L'ami retrouvé, et Pas de résurrection, s'il-vous-plaît, qui n'est pas à proprement dit une autre suite mais qui s'inscrit dans le même univers que L'ami retrouvé et La lettre de Conrad. Ces deux nouvelles m'ont beaucoup plu, peut-être même plus que L'ami retrouvé. La première, La lettre de Conrad, se centre donc sur Conrad, le jeune aristocrate allemand, qui s'était engagé dans les jeunesses hitleriennes puis dans l'armée allemande et qui a finit condamné à mort pour avoir tenté, avec quelques-uns de ses camarades, d'assassiner Hitler. Conrad profite de ses quelques heures restantes pour écrire à son ami de jeunesse, Hans, réfugié aux Etats-Unis car son statut de juif ne lui permettait plus de demeurer plus longtemps en Allemagne. Cette lettre fait environ une centaine de pages. Conrad y verse tout son coeur, son âme, ses confessions. C'est une lettre d'adieux, d'aveux, de pardon, remplie de regrets et de souvenirs d'un passé lui semblant loin quand lui et Hans étaient amis...

C'est une lettre très touchante dans laquelle Conrad conte aussi sa vie en tant que jeune aristocrate. Il avait beau possèder le luxe, une vie aisée et la richesse, Conrad ne se sentait pas l'âme d'un noble mais celle d'un artiste, d'un penseur, d'un poète, au grand dam de ses parents. Sa mère, très belle mais si éloignée de lui, si froide envers lui, avec sa phobie et son aversion des juifs, et le père, dur, sévère, mais un peu plus tolérent et ayant un semblant d'intérêt pour son fils. Il parle de l'école où lui et Hans ont été, de leurs professeurs (le professeur de gymnastique, Max aux gros muscles ; Hussman, le professeur de littérature avec qui Hans aimait débattre, sur Faust ou Hamlet, ou encore Le rouge et le noir, malgrè leurs opinions différentes ; l'autre professeur qui était dur et sévère et qui avait une fois levé un pupitre pour le laisser tomber de façon brusque et violente pour faire taire sa classe), combien Conrad se sentait étranger dans cette école parmi les élèves, même parmi les fils de noble, et combien Conrad s'est senti attiré par Hans qui avait l'air aussi perdu que lui, avec qui il partageait des goûts communs, qui avait lui-aussi une âme d'artiste, avec qui il pouvait enfin parler de tout et de rien.

Conrad tente d'expliquer à Hans ses erreurs passées, de justifier ses choix. S'il a rejoint les jeunesses hitleriennes, s'il a rejoint l'armée, s'il a une fois rencontré Hitler, c'était par faiblesse. Il n'a pas sû dire non à ses parents, dire non à ce qu'on attendait de lui en tant que jeune noble, fils et héritier d'une illustre famille, il a suivi le mouvement et a fini par le regretter. Conrad m'a touché, c'est la descente d'un homme cultivé, intelligent, sensible qui a finit par se retrouver partisan d'Hitler. Par contre, ce qui est un peu dommage, c'est que Conrad ne raconte pas trop ses années en tant que soldat allemand, ce qu'il ressentait à l'époque, comment il a trahit Hitler. C'est abordé mais brièvement. Cela dit, j'ai beaucoup aimé en savoir plus sur sa vie, sa famille, et le voir nous raconter les élèments de L'ami retrouvé de son point de vue, à quel point avec Hans, c'était comme un coup de foudre platonique. Ils ont eu une amitié si belle mais si courte, dans un sens les histoires d'amitié sont plus touchantes que les histoires d'amour, et il est bon de se rappeller que l'amour ne concerne pas que les romances mais aussi l'amitié, un amour entre un parent et son enfant... j'ai aimé voir cette amitié sous sa perspective, ce qu'il a pensé de Hans dès le départ, à quel point il lui plaisait, qu'il aimerait en faire son ami... c'était touchant, surtout quand il supplie Hans à un moment, dans la lettre, de le croire quand il disait ne pas connaître l'existence des camps de concentration. Après toutes ces années, Hans est resté son seul et unique ami, Conrad refusant même de s'en faire un autre après le départ de Hans, car cet honneur n'était réservé qu'à Hans...

Pas de résurrection, s'il vous plaît, est un récit dans lequel Simon Elsas, juif allemand qui a vécu aux Etats-Unis après la guerre, revient dans son Allemagne natale après plus de 30 ans d'exil. Il y passera deux jours à peine avant de reprendre l'avion pour retourner en Amérique. Il rencontrera, de façon assez hasardeuse, d'ancien camarades de classe dont Fritz Hager, très enthousiaste à l'idée de le revoir, qui l'invite chez lui, et dans une réunion d'anciens camarades d'école. Mais s'il reconnaît sa ville natale, il peine à reconnaître ses anciens camarades, la fille qu'il aimait. Simon reste inconnu à tout cela, il a du mal à réagir. Il souffre, il est blessé à l'intérieur. Il aime tant son Allemagne et il a aimé ses camarades mais d'une certaine façon, il ne peut oublier ce que sa nation, pourtant pays natal d'hommes illustres comme Goethe ou Beethoven, a fait durant la seconde guerre mondiale. Il ne peut pardonner une nation qui a voté pour un leader fou et sanguinaire, rempli de haine et d'idées de revanche. Compréhensible lorsqu'on sait qu'il a perdu une partie de sa famille dans un camps de concentration où lui-même a été envoyé.


Incapable de revenir en Allemagne après la guerre, il est parti en Amérique. Alors que ses anciens professeurs et camarades le voyaient très bien avocat, Simon a fini par être artiste qui gagne suffisament pour vivre, parce que l'art est pour lui la seule façon d'exprimer sa souffrance. Son amertume reste tenace, même s'il sent la bonne volonté de ses anciens camarades, il ne peut s'empêcher d'être indifférent ou dégoûté. Ses anciens camarades qui sont gênés par ce qu'il s'est passé depuis Hitler qu'ils n'osent demander à Simon ce qu'il est devenu durant la guerre car ils ont honte, parce qu'ils veulent oublier... pour certains. Parce qu'ils ne veulent faire revivre un passé honteux et douloureux. Mais Simon ne veut plus de ça, qu'ils n'en parlent pas, ou que certains fassent comme s'il ne s'était rien passé. Le temps passé n'a pas sû calmer la douleur de Simon, c'est resté une blessure vive qui l'empêche de pouvoir vivre sa vie complètement...

Ces nouvelles évoquent à la fois le souvenir qui nous fait ressentir nostalgie et/ou souffrance, regrets, peines et joies. Elles évoquent aussi le fait que personne n'a été blanc ou noir pendant la guerre, qui a été une période trouble. Certains ont résisté, d'autres ont collaboré, d'autres ont changé de camps, certains ont fait ce qu'ils pouvaient, d'autres se sont voilé la face, certains ont tenté d'aider malgrè leur statut de soldat allemand, d'autres ont servi l'armée, ont tué des Juifs et civils sans remords, voyant cela comme un devoir. Elles sont touchantes car elles nous montrent l'être humain et ses faiblesses. Bref, j'ai beaucoup aimé ces deux nouvelles vraiment très touchantes.
 
Extrait :


Mais qui, visitant Venise, les Pyramides, le Colisée ou le château de Versailles, se soucie aujourd'hui des centaines et des milliers d'êtres humains, alors sacrifiés, massacrés ou qui sont morts du typhus pour que quelques privilégiés puissent jouir de leur petite existence ? Tu disais toujours que c'était une question de chance et pas autre chose. Que la chance jouait même avant la naissance : le bon spermatozoïde et le bon ovule ; les parents, nantis ou pas ; le lieu où l'on vit (quelle chance aura un génie élevé dans un village indien misérable ?) ; le médecin qui convient, l'avocat qui convient, l'éclairage qui convient pour traverser la route de nuit, les personnes que l'on rencontre, les bons professeurs, etc., tout est une question de chance. L'homme le plus intelligent peut être tué par une tuile qui tombe d'un toit, tandis que son voisin, un parfait abruti, aura la vie sauve. Notre existence entière est tributaire de la chance et de rien d'autre. Reharde, moi ! Si Hitler n'avait pas quitté sa place quelques secondes avant que la bombe de Stauffenberg n'éclate, serais-je ici en train d'attendre mon exécution ?


La lettre de Conrad. 2.

lundi 14 mai 2012

Dark Shadows.

Dark Shadows,
réalisé par Tim Burton.
1h53min.
Sorti en 2012.


Avec : Johnny Depp, Eva Green, Michelle Pfeiffer, Helena Bonham Carter, Chloe Moretz, Bella Heathcote, Jonny Lee Miller...


Petite info :  ce film a été inspiré de la série tv du même nom, réalisée par Dan Curtis, dont Tim Burton était fan dans sa jeunesse. Film et série ont été par la suite repris par Lara Parker dans une série de romans mettant en scène l'antagoniste principale : la dangereuse et séduisante sorcière Angélique Bouchard...





Synopsis :


Ce long-métrage relate les mésaventures fantastiques de la famille Collins, vivant dans l'immense et sinistre demeure de Collinwood, et dont l'un des principaux membres n'est autre que le redoutable vampire Barnabas.



Mon avis :


Après ma déception suite au dernier BurtonAlice au Pays des Merveilles (dans le sens où j'ai plus senti la patte de Disney que celle de Burton), j'étais impatiente de savoir ce qu'il avait prévu pour la suite. Alice in Wonderland a été jusque là ma seule déception, sinon, j'ai été enchantée parce ce que j'ai vu de Tim Burton, il a un univers tellement particulier... je ne savais, en revanche, quoi penser de Dark Shadows, mais au final, en allant au cinéma aujourd'hui, je suis ressortie de ce film satisfaite et agréablement surprise. Certes pas le meilleur Burton que j'ai pu voir, mais un bon Burton ! J'ai passé un agréable moment et c'est un film que je me procurerais bien une fois sorti en DVD.


L'histoire débute en 1760 à LiverpoolLes Collins, avec leur fils Barnabas, quittent leur Angleterre natale pour s'installer dans le Nouveau-Monde, dans une région du Maine où ils décident de fonder la ville portuaire de Collinsport, en créant aussi une industrie de pêche si florissante qu'ils décidèrent de s'installer définitivement. En quinze ans se construit le château Collinswood, étrange mélange entre l'architecture européenne et celle du Nouveau-Monde.Barnabas grandit pour devenir un très beau jeune homme dont une des servantes, Angélique Bouchard, ne peut s'empêcher de tomber amoureuse.Seulement, le brun ténébreux repousse ses avances et décide d'épouser la femme dont il est épris, JosetteFolle de rage et de jalousie, Angélique décide de se venger. Il s'avère qu'elle est une sorcière et elle entend bien user de ses dons pour se venger des Collins, à commencer par son bien-aiméBarnabas qu'elle transforme en vampire et qu'elle condamne à être enterré vivant dans un cercueil, sous terre pour toute l'éternité. Mais voilà que deux siècles plus tard, en 1972, le vampire est libéré de sa tombe accidentellement. Plongé dans une époque qui lui est inconnu, il découvre son  château en ruine et la famille Collins qui a perdu de sa superbe, et son prestige dans les affaires portuaires. Barnabas décide de réparer l'injustice en se vengeant de celle qui l'avait maudit lui et sa famille, de redorer le blason des Collins et de briser la malédiction...


Un film qui m'a plus dès les premières minutes. Surtout, tout d'abord, par son ambiance. On retrouve bien le côté décalé de Tim Burton, on sent bien sa patte dans le film, avec un petit côté sombre et dramatique, un peu d'humour simple mais qui fonctionne, du surnaturel, des personnages intéressants, loufoques pour certains. Ce mélange vampire/sorcière/fantômes qui me fait beaucoup avec un vrai vampire qui boit du sang humain, qui se brûle au soleil, qui dort dans des cercueils le jour, avec une sorcière bien cruelle, maléfique, perfide et des fantômes tourmentés, avec un loup-garou vers la fin. Des personnages joués par de bons acteurs, à commencer avec Johnny Depp qui s'est bien imprégné dans le rôle du vampire Barnabas, toujours coincé vestimentairement, psychologiquement et au niveau du langage, au XVIIIe siècle. C'est surtout sur le personnage de Barnabas que le film se centre et c'est un plaisir de le suivre. N'oublions pas Eva Green, parfaite dans le rôle de la sorcière bien garce qu'on aime détester, qui n'a pas pris une ride depuis le XVIIIe siècle mais qui a eu l'étrange idée de se teindre en blonde (je la préférais en brune), et quelle ironie pour une sorcière si vengeresse de se nommer Angélique (prénom signifiant digne d'un ange ou pareil à un ange) ; nous avons aussi une Helena Bonham Carter en rouquine, psychologue de son état, Michelle Pfeiffer très bien en matriarche de la famille Collins, et les  autres acteurs étaient tout aussi bons.


Ce fut un plaisir de découvrir cette famille étrange, assez décalée. Si la chef de famille est relativement normale, et son frère aussi mais plein de défauts, le reste est une autre histoire, surtout pour les deux enfants Collins [ David, le fils, qui peut voir les fantômes, dont celui de sa mère morte en pleine mer ; Carolyn, mordue par un loup-garou quand elle était encore dans le berceau ] mais malgré leur particularité, ils restent attachant, David l'adorable petit garçon et Carolyn, l'adolescente typique qui s'enferme dans sa chambre, qui est fan de rock, qui est parfois en conflit avec la famille même si la révélation de sa "nature" en fin de film est tombée comme un cheveu dans la soupe. Les serviteurs étaient bien aussi, de Willie l'homme à tout faire à Mme Johnson la vieille femme de ménage, sans oublier la petite nouvelle : Victoria, la gouvernante de David, qui a elle-aussi un don particulier et un lourd passé derrière elle. Bref, une panoplie de personnages tous très intéressant, voire drôle pour certains, dommage tout de même que le film ne dure pas assez longtemps pour tous bien les exploiter car le film se centre surtout sur Barnabas et Angélique, leur duel, et on a bien quelques flash-back du passé de Victoria qui conte sa vie au vampire. C'est bien parce que Tim Burton n'aurait pas eu le temps de tout faire, sans cela ça aurait été intéressant de voir certains personnages mieux exploités comme la romance Barnabas/Victoria-Josette, comme David et son don de voir et parler aux fantômes, comme Carolyn qui cache sa nature de loup-garou à la famille... ] car le film a beaucoup de potentiel et de bonnes idées, si Tim Burton aurait eu le temps de toutes les exploiter, le film aurait été super, mais je comprends qu'il n'ai pas eu assez de temps, le film fait pratiquement deux heures, c'est déjà beaucoup. Mais on peut toujours pousser notre imagination au-delà du film avec les bonnes idées et ce qui ne fut pas assez exploité :)

J'ai beaucoup aimé le décors, également, ainsi que le décalage entre le XVIIIe siècle et les années 1970. C'est l'un des côtés comiques du film, avec un Barnabas qui découvre le XXe siècle, la technologie, les hippies (les hippies... de sacrés personnages, surtout quand ils planaient), mais Barnabas qui découvre la télévision, les routes goudronnées (avec une petite ressemblance avec Les Visiteurs), les moeurs... Bref, drôle, gothique et déjanté. A déconseiller quand même aux plus jeunes pour vision de sang et sous-entendus sexuels. A part ça, j'ai beaucoup aimé de film à la fois gothique et divertissant, qui nous offre des personnages intéressants, des 'créatures' surnaturelles [ avec mention spéciale aux fantômes dont l'un répète sans cesse sa mort, et le second, la maman de David, qui a sû mettre KO la sorcière avec, je me plais à le croire, toute la force de l'instinct maternel ], un bon scénario, une belle brochette d'acteurs et de bonnes idées même si certaines pas assez exploitées. Pour ma part, ça reste un bon Burton, ça m'a fait du bien de revoir un film typiquement Burton !




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Barnabas Collins (Johnny Depp) et Elizabeth Collins Stoddard (Michelle Pfeiffer).

Black Swan.

Black Swan,
de Darren Aronofski.
1h43min.
Sorti en 2010 (US) / 2011 (Fr)


Avec : Natalie Portman, Mila Kunis, Vincent Cassel, Winona Ryder, Benjamin Millepied...





/ ! \ Attention, billet rempli de spoilers, dont certains non-cachés, ne lisez pas ce billet si vous voulez découvrir le film, vous risqueriez de tomber sur des spoilers ;) / ! \





Synopsis :

Rivalités dans la troupe du New York City Ballet. Nina est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des cygnes que dirige l’ambigu Thomas. Mais elle se trouve bientôt confrontée à la belle et sensuelle nouvelle recrue, Lily...



Mon avis :



Ce film faisait parti de ma wish-list depuis bien des mois, mais j'hésitais toujours à me l'acheter en DVD, j'avais peur que finalement ça ne me plairait pas assez, malgré tous les bons échos (quand on entend autant d'avis plus qu'élogieux sur un film, on s'attend à un chef d'oeuvre, on a des attentes et au final, on ressort souvent déçu), et je n'avais pas envie de claquer une vingtaine d'euros pour un film que je n'étais pas sûre d'adorer. Mais j'ai eu ma chance lorsqu'une chaîne câblée le diffusait, j'ai sauté sur l'occasion pour enfin le visionner. Alors, verdict ?


D'abord, concernant ce film, je n'ai pas trouvé un seul résumé qui soit pareil, ainsi ai-je pris celui de SerieBox qui, pourtant, ne reflète pas tout le film. Je vais donc en faire mon propre résumé. C'est l'histoire de Nina Sayers, une jeune danseuse timide, discrète mais douée, qui consacre une grande partie de sa vie à la danse. Son désir le plus cher serait de décrocher un rôle important dans un spectacle de danse, ainsi elle met tout son coeur, toute son âme, toute sa volonté et son acharnement à s'entraîner pour obtenir le beau rôle dans le nouveau spectacle de Thomas Leroy qui a décidé d'adapter le très célèbre ballet russe de TchaïkovskiLe lac des cygnesSThomas pense que Nina pourrait jouer le rôle du cygne blanc : Odette à la perfection, elle n'a, en revanche, aucune assurance ni aucune sensualité pour incarner sa jumelle maléfique, Odile, le cygne noir. Or, lorsqu'on joue le cygne blanc, on doit aussi jouer le cygne noir. Voulant persuader Thomas qu'elle peut incarner les deux, d'avoir cette dualité pour jouer Odile et OdetteNina se jette corps et âme dans la danse, voulant à tout prix atteindre la perfection. Mais entre Thomas qui lui met la pression, une mère abusive et la possibilité d'une rivale, la soif de perfection de Nina pourrait bien avoir raison d'elle...


Après toutes ces éloges sur le film, je m'attendais à quelque chose d'exceptionnel, j'avais des attentes, et si ce film n'était pas le coup de coeur auquel je m'attendais, je ne dirais pas avoir été déçue, ce film a été comme une mini-claque, ce n'est pas un film qui s'oublie facilement. Pourtant, je ne suis ni familière ni intéressée par le domaine de la danse et des ballets, mais j'ai beaucoup aimé ce film. Toutes ces scènes de danse (que ce soit le spectacle ou les répétitions), sont magnifiques, remarquables, réalistes. Le choc des images, du son, de la musique, l'accélérations des plans, des mouvements... à couper le souffle ! Une très belle reprise, aussi, du spectacle du Lac des cygnes qui est une très belle histoire dramatique. L'histoire est basée sur une légende allemande, je crois. Le Lac des Cygnes, c'est l'histoire d'un prince qui, pendant la chasse, croise des magnifiques cygnes blancs qui se transforment, la nuit, en jeunes filles. Ces jeunes demoiselles sont victimes d'un sortilège d'un sorcier qui les fait se transformer en cygnes le jour pour ne redevenir femmes que la nuit. L'une de ces jeunes filles, Odette, retient l'attention du prince qui en tombe amoureux ; celle-ci lui confie que le sortilège peut être brisé par une déclaration d'amour éternel d'un jeune homme. Justement, un bal se prépare durant lequel le Prince est supposé choisir une prétendante, il pourrait donc choisir Odette et lui proclamer son amour. Le soir même du bal, le prince danse avec son aimée et lui déclare son amour éternel. Mais le sorcier lui avait tendu un piège : étant au courant du projet du prince, il décide d'y envoyer sa fille, Odile, déguisée en Odette, pour tromper le couple. Odette, en cygne, a assisté à la scène et s'est enfuie, malheureuse. Le prince la poursuit, voulant rattraper son erreur et lui réaffirme son amour ; selon les versions, Odette meurt dans ses bras et le prince la rejoint dans la mort, dans l'autre, le prince parvient à tuer le sorcier, brisant ainsi le sortilège, et épouse Odette.


Une très belle histoire pour un ballet qui se veut exceptionnel. Mais l'univers de la danse, s'il fait parfois rêver, est aussi un univers souvent impitoyable. Si la danse est tout l'univers de Nina, elle n'en sortira pas indemne. C'est une nature fragile, timide, qui vit chez une mère surprotectrice qui vit à travers sa fille qui réussit là où la mère a échoué, et qui est poussée à bout parThomas, son chorégraphe qui la pousse à être une Odile parfaite : si elle peut incarner sans grande difficulté le cygne blanc, la douce et fragile Odette, sa nature timide l'empêche d'incarner Odile, la femme fatale, la séductrice. Et sa volonté de vouloir incarner les deux, sa soif de perfection lui causeront bien des torts [ automutilation, lente descente aux enfers, pour enfin s'abandonner dans les tréfonds de la folie : souvent victime de visions, d'hallucinations qui causeront sa perte puisqu'elle en meurt à la fin ]En même temps, ces torts sont aussi des références, je pense, au spectacle du lac des cygnes. Nina étant le cygne blanc et Lily, sa rivale, le cygne noir. Nina est douce, fragile et Lily est une séductrice, et Nina, pour conserver son rôle, tentera de faire ressorti son côté le plus sombre pour incarner le cygne noir. Elle devra lâcher prise dans sa danse, changer son comportement... dans un sens, Nina est aussi sa propre ennemie puisqu'elle parviendra à jouer le cygne noir, mais cela ne sera pas sans conséquences. Elle va passer entre des phases effrayantes : entre la folie et le génie, sur la scène comme dans la vie. Elle s'oubliera complètement pour devenir une grande danseuse. A vouloir être une grande danseuse, Nina a été plongée dans ce monde froid, dur et impitoyable entre tensions, attentes, travail intense et rivalités.


L'intrigue était bien ficelée, je me suis souvent demandée si certaines scènes étaient réelles ou si c'étaient des hallucinations. C'était angoissant, prenant, avec de la tension et du suspense ! Nous avons aussi de bons acteurs, j'aime beaucoup Natalie Portman en tant qu'actrice mais ici, elle a été à couper le souffle, même si je sais qu'elle n'a pas tournée toutes les scènes de danse (chapeau, pour ses doublures ! tant au niveau de la ressemblance avec l'actrice qu'avec les scènes de danse !), Vincent Cassel a été très bien aussi, il a bien joué son personnage. La musique joue un rôle très important, la soundtrack et la musique reprise du ballet russe dont je retiendrais surtout la musique du final et A Black Swan (for Nina), c'est toute la force du film ! J'ai beaucoup aimé aussi les nombreuses références au Lac des Cygnes dans la vie personnelle de Nina, et au cygne en général Nina qui se transforme pratiquement en cygne, dans ses hallucinations ; Nina séduite par le cygne noir, Lily ] Bref, sans être un coup de coeur, j'ai passé un excellent moment avec ce film bien sombre, prenant, intense, particulier. Tout simplement magnifique et bien interprété !




 Nina (Natalie Portman) dans son interprétation d'Odile, le cygne noir.


Extrait/Citation :


"Perfection isn't just about control ; it's also about letting go."
Thomas Leroy (Vincent Cassel) à Nina Sayers (Natalie Portman).

mardi 1 mai 2012

Conductor (T.1) - Nokiya et Manabu Kaminaga.

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'Won't you take me back
Won't you take me back with you
Get out of my life, you're to blame
I'm no more your business.'

- Honeymoon suite, Lacuna Coil -



Emprunt bibliothèque.




 
 


 
 
Quatrième de couverture :


Jeune flûtiste de talent, Naomi est perturbée par un cauchemar récurrent : un inconnu vêtu de noir qui tient un crâne entre ses mains la précipite dans les ténèbres. Elle finit par consulter un psychanalyste pour comprendre la raison de ces rêves inquiétants. C'est alors que la police fait une macabre découverte dans l'appartement voisin du sien : un corps sans tête, momifié. Y aurait-il un lien avec ses cauchemars ? Un passé oublié semble revenir hanter la jeune fille... Un thriller psychologique mené de main de maître !



Mon avis :


Tout d'abord, un merci à Matilda sans qui je n'aurais pas connu ce manga. Il y a, en effet, plusieurs mois elle m'avait envoyé un extrait de ce manga, ça m'avait plu au point de vouloir découvrir le manga. Il faut dire que l'extrait m'intriguait bien avec cette jeune fille aux rêves obscurs dont elle cherche désespérément la réponse, réponse qu'elle espère avoir grâce aux conseils d'un jeune psychologue... Je n'ai, pour le moment, trouvé que le premier tome que j'ai dévoré en peu de temps. Je n'attends que de trouver la suite car ce premier tome donne envie d'en savoir plus !

La jeune Naomi, une flûtiste dans un groupe de musiciens, est en proie à des rêves douteux, étranges, obscurs. Elle est sans cesse hantée par un homme masqué tenant un crane humain. Ses nuits ne trouvant pas le repos, Naomi décide de consulter un psychanalise pour tenter de comprendre ces cauchemars qui persécutent la jeune fille. Le psychanaliste en question pense à un souvenir refoulé par la jeune musicienne et il y a en effet de quoi se poser des questions lorsqu'elle s'apperçoit qu'elle a oublié une partie de sa vie, il y a cinq ans, qu'elle a rayé le visage d'une personne sur ses photos, et que la police a récemment trouvé, dans un appartement, un corps sans tête. Un corps détérré il y a peu de temps. Il n'y a que peu d'indice et tout semble porter à croire que le corps a été deterré et laissé bien en évidence dans l'appartement intentionnellement par le meurtrier...

Pour le moment, tout semble à croire qu'il y a un lien entre les rêves de Naomi et le mystérieux cadavre. C'est le début d'une enquête policière qui va se révéler intéressante mais difficile. Ce tome n'est qu'une mise en bouche, à la fin du tome, on vient à peine d'entrer dans le vif du sujet mais tout est déjà mis en place : le décors, l'ambiance, les personnages, les bases de l'intrigue... Dès le début, on perçoit l'atmosphère, l'ambiance sombre, glauque, inquiètante et pesante. On sent comme un malaise qui s'installe au fur et à mesure qu'on avance. On suit très bien ce manga, plongé dans les tourmants de Naomi ou les intrigues. Je trouve l'histoire très bien travaillée pour le moment, elle avance comme dans une série policière. J'ai hâte de voir comment ça va évoluer par la suite, j'ai déjà plein de questions dans la tête : qui était la victime décapitée ? Pourquoi sa tête a été séparée du corps ? Ou se trouve la tête ? Est-elle avec le meurtrier ? Comment le corps s'est-il retrouvé dans cet appartement vide ? Je sens que je vais prendre plaisir à suivre les deux inspecteurs, même si l'un d'entre eux a pris une drôle de tournure à un moment donné dans ce tome, moi qui le trouvais très bien, je m'apperçois que plus j'avance, moins il est blanc...

J'aime beaucoup le graphisme aussi, les dessins. C'est net, propre et très agréable. C'est beau, fin, légèrement gothique. J'aime plus particulièrement la façon dont sont représentés certains décors (comme l'amphithéâtre, les rêves de Naomi) et les personnages. Surtout la façon dont est représentée la première scène entre Naomi et son thérapeute, au niveau des dessins et le reste. Ils me plaisent beaucoup comme personnages. L'un est froid, , professionnel, sérieux mais pourrait être d'une grande aide, et l'une est tourmentée par un passé qu'elle n'arrive pas à se remémorer, ou plus précisément de certains évènements datant d'il y a cinq ans, des évènements qui auraient tout bouleversé, et pas seulement chez Naomi. Leur relation est intéressante à tous les deux, j'attends de voir comment elle sera exploitée par la suite...

Autant le mystère sur le passé de Naomi et ses rêves m'intéressent mais dès la découverte du cadavre, tout s'accélère ! Il n'y a aucun temps mort, ça se lit vraiment vite et bien, on ne voit pas les pages se tourner, j'étais bien surprise quand j'ai tourné la dernière page ('bah ? déjà fini ? ... j'ai lu tout ça ?'), en même temps c'est un manga, la fréquence de lecture n'est pas la même que pour un roman. Sinon, j'aime beaucoup le fait qu'on soit aussi dans le domaine de la musique avec un chef d'ochestre, un groupe de musicien dont Naomi et deux de ses amis qui sont fiançés et vont se marier. Nous suivons ces personnages et découvrons qu'il s'est en effet passé quelque chose il y a cinq ans et qui a bouleversé leur quotidien, quelque chose que Naomi cherche désespérément à se souvenir, même si ses proches préfèrent oublier. C'était sympa et intéressant de découvrir les divers personnages, leurs relations et leur passé commun, bref, j'ai hâte de voir comment ça va évoluer !

Ce premier tome n'a rien d'exceptionnel, ce n'était qu'une mise en place des personnages et de l'intrigue mais déjà, ce premier tome d'une série de quatre est bourré de mystères. On est tenu en haleine, on cherche à en savoir plus, découvrir plus, que ce soit sur les personnages, leurs passé et relations ou alors l'enquête policière avec la momie sans tête, surtout que les informations sont données au compte goutte et que nous avons plus de questions que de réponses. Pour moi, c'est clair, la suite est à découvrir...

 

Petite note juste pour dire que, le 10 avril 2012, mon blog a fêté ses quatre ans ! Il y a, en effet, quatre ans je créais mon propre blog littéraire, quelques mois après avoir découvert la blogosphère littéraire. A cette époque, j'étais encore sur Skyrock, mais qu'importe la plate-forme, j'avais enfin trouvé un moyen de tenir une espèce de journal littéraire, sur mes lectures. Avant, je me contentais de faire cela sur un cahier, avant de me lancer à créer mon propre blog sur la lecture. D'abord timide, j'ai fini par ne plus m'en passer et grâce à certaines blogeuses, je me suis faite une petite place, j'ai fait des rencontres sur la toile, j'ai découvert des livres, des auteurs, des blogueuses très sympathiques et mon blog a grandi, a évolué et le voici avec 69 pages. Je n'aurais jamais cru qu'un blog m'aurait apporté autant, alors je tiens à dire merci à ceux qui me suivent, qui viennent, qui laissent des commentaires, qui partent et qui reviennent. Merci à tous !

Bilan SSHD : Edition avril 2012.

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Le mois d'Avril s'est achevé et il est l'heure du bilan mensuel pour notre rendez-vous habituel. Je vous souhaite tout d'abord à tous une très bonne fête du travail et un bon début de mois de Mai qui, je l'espère, se révèlera plus intéressant, plus dynamique et meilleur que le mois d'Avril ! Et puis, vous connaissez le dicton : en mai, fais ce qu'il te plais ;) Bref, trêve de bavardages, passons au bilan :



Quoi de neuf, docteur ?

Parmi les articles postés en Avril, nous avons, pour commencer, chez Niki pour qui le mois d'Avril a rimé avec cinéma. En effet, elle nous a présenté deux films en noir et blanc sortis tout droit des années 1930 avec Silver Blaze ou Murder at the Baskervilles, inspiré de la nouvelle Silver Blaze ainsi qu'une adaptation de The Sign of Four, ou Le Signe des Quatre dans sa version française.


 

Mrs Pepys nous propose un recueil de nouvelles (Désaccords imparfaits, de Jonathan Coe) dans lequel se trouve un texte bien particulier, Journal d'une obsession, dans lequel l'auteur raconte à quel point le film intitulé La vie privée de Sherlock Holmes a tenu une grande place dans sa vie. Niki a, elle-aussi, donné son avis sur Désaccords imparfaits, ou 9th et 13th dans sa version anglaise, retrouvez son article ici.


 

Lily Tigre nous présente une BD de Panini Comics, Sherlock Holmes de Leah Moore, John Reppion et Aaron Campbell, dans laquelle Holmes se retrouve dans une situation bien délicate... puis une autre série de BD de Nancy Pena, Le chat du kimono et It's not a piece of cake, qui correspond à un mélange de conte japonais, de légendes celtes et l'Angleterre dans lequel se mêle aussi Sherlock Holmes.


 

Avalon nous présente une Enquête sur Sherlock Holmes. Enfin, Méloë nous fait part d'un appel à l'aide dans son article, Save Undershaw, la demeure désignée par Conan Doyle et dans laquelle il a vécut jusqu'en 1907 et qui maintenant menace de s'éteindre complètement. Méloë nous fait part de la campagne qui a été lancée pour sauver cette demeure, n'hésitez pas à aller y jeter un oeil et à cliquer ! Ce serait domage de voir s'éteindre une si belle demeure qui a abrité un auteur aussi célèbre que Conan Doyle...


 

On m'annonçe également l'inscription d'une nouvelle recrue, Alexandra. Nous lui souhaitons la bienvenue au sein de notre groupe :)



Quoi de beau sur le marché ?


Mai sera plutôt calme au niveau des sorties, mais nous avons tout de même quelques articles tels que :

- A partir du 28 mai, vous aurez le loisir de retrouver le film de Guy Ritchie, Sherlock Holmes 2 : A Game of Shadows, avec Jude Law et Robert Downey Jr.
- Une collection de cinq nouvelles intitulée La jeunesse de Sherlock Holmes à Pau, de François Pardeilhan.
- Le jeu-vidéo Le Testament de Sherlock Holmes paraîtra à partir du 17 mai.

En espérant qu'il y aura plus de sorties holmesiennes le mois prochain, et que le prochain bilan sera plus intéressant que le mien ! Sur ce, je vous laisse à vos occupations avec nos deux garçons, John et Sherlock, comme la dernière fois (image trouvée sur un Tumblr - je vous note le nom de l'auteur dès que je le trouve), et vous souhaite une bonne journée.



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