dimanche 23 décembre 2012

Poulet aux prunes.

Poulet aux prunes,
Réalisé par Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.
91min/1h33min.
Sorti en 2011.




Avec : Mathieu Amalric, Edouard Baer, Maria de Medeiros, Golshifteh Farahani, Eric Caravaca, Jamel Debouzze, Isabella Rossellini...





>> Mon avis sur la BD du même nom.








Synopsis :

Téhéran, 1958. Depuis que son violon tant aimé a été brisé, Nasser Ali Khan, un des plus célèbres musiciens de son époque, a perdu le goût de vivre. Ne trouvant aucun instrument digne de le remplacer, il décide de se mettre au lit et d'attendre la mort. En espérant qu'elle vienne, il s'enfonce dans de profondes rêveries aussi mélancoliques que joyeuse, qui, tout à la fois, le ramènent à sa jeunesse, le conduisent à parler à Azraël, l'ange de la mort, et nous révèlent l'avenir de ses enfants... Au fur et à mesure que s'assemblent les pièces de ce puzzle, apparaît le secret bouleversant de sa vie : une magnifique histoire d'amour qui a nourri son génie et sa musique...



Mon avis :

Je connais les oeuvres de Marjane Satrapi depuis mon visionnage de Persépolis, qui m'a amené à lire la bande dessinée d'origine ; depuis, je découvre d'autres oeuvres de l'auteur, si je peux. Jusqu'à présent, tout ce que j'ai lu d'elle était ses deux BD : Persépolis et Poulet aux prunes ; j'étais contente lorsque j'ai entendu parler d'une adaptation au cinéma de cette dernière, même si le fait que ce film délaissait les animations en noir et blanc pour un film avec un décor et des acteurs en chair et en os. Ainsi lorsque ce film a été diffusé la semaine dernière, j'ai tenté le coup d'oeil.

Ce film est presque biographique car il retrace les derniers jours de Nasser Ali Khan, l'oncle de Marjane Satrapi, qui se laisse mourir après que sa femme, dans un excès de colère, ne brise le précieux violon de Nasser, pour qui la musique et son cher violon sont sa vie. Incapable de retrouver un violon qui produise le même son que celui qui a été brisé, Nasser perd toute envie de vivre. Déprimé, il estime que se laisser mourir serait la solution. Et, dans l'attente de la mort, Nasser se remémore ses souvenirs, son passé, son premier amour, sa famille, son don pour la musique...

Ce film n'a certes pas été le mini coup de coeur que j'ai eu avec Persépolis, mais ce fut une agréable découverte et ce, même si Marjane Satrapi a délaissé ici les dessins. Si l'histoire, puisque j'ai lu la BD bien avant de découvrir le film, n'est pas une surprise pour moi, j'ai aimé la redécouvrir avec cette réalisation. L'histoire est toujours aussi belle, émouvante et mélancolique sans être dépressive à souhait, avec une petite touche d'humour que je ne me rappelle pas avoir vu dans la BD (en même temps, ma lecture de la BD remonte à il y a environ dix mois, j'ai du oublier quelques éléments)  et qui est très appréciable. La présence de Jamel Debouzze en marchand était une surprise pour moi, mais j'ai bien aimé son personnage et surtout l'humour qu'il apporte ; les scènes montrant le futur des enfants de Nasser étaient également comique et faisaient assez sitcom américaine.

Ce film grave, ponctué de scènes comiques, est, pour moi, une réflexion sur l'art, l'artiste, sur l'homme et sa vie, sa façon de la concevoir alors qu'il est aux portes de la mort. J'imagine qu'une personne fini toujours par voir la vie, et en particulier la sienne, quand elle est sur le point de mourir ; ici Nasser se remémore son amour perdu, avec qui il aurait du passer sa vie, sa famille avec des enfants avec qui il ne se sent plus très proche qu'avant et une femme qu'il n'a jamais aimé, son frère si brillant, sa mère, le rôle de la musique dans sa vie. J'ai aimé le fait que, dans ce film, l'inspiration du musicien vienne des émotions, surtout celles qui font souffrir. Heureux et amoureux, Nasser produisait de la bonne musique, mais ça s'arrêtait là ; le coeur brisé, sa musique s'en ressent et il produit une mélodie magnifique, sa musique retranscrit son amour perdu et brisé.

Le film est donc agréable à regarder, ça se laisse regarder sans contrainte, mais ce que je retiendrais le plus dans le film, c'est les dernières minutes, mais plus particulièrement, les scènes avec Azraël, l'ange de la mort, qui a ici (comme dans l'oeuvre dont le film s'inspire) une apparence... comment dire... inhabituelle ? originale ? Bref, loin de l'image de la Faucheuse ou celle d'un ange avec les plumes, l'auréole et le reste. Sinon, on retrouve aussi dans ce film des références à la culture iranienne, orientale. Et c'est durant huit jours qu'on suit Nasser, huit jours qui sont huit occasions de nous proposer une réflexion sur la vie, la mort, la famille, l'art... entre humour et drame. Ce film propose une belle philosophie sur le musicien, sur l'artiste en général, souvent incompris, qui vit dans un autre monde lorsqu'il exerce son art. Que dire d'autre à part que j'ai bien aimé ce film poétique et mélancolique ? A part que je ne comprends pas le fait que, dans le film, l'instrument de Nasser est un violon alors que dans la BD, il s'agit d'un tar, je sais que le tar est un instrument assez méconnu mais est-ce une raison... ?

- Nasser Ali Khan (joué par Mathieu Amalric)
et Irâne, son premier amour (jouée par Golshifteh Farahani) - 

jeudi 20 décembre 2012

A.B.C. contre Poirot - Agatha Christie.



Du même auteur :




Emprunt médiathèque.


Quatrième de couverture :


Bien sûr, la retraite a ses charmes... Cependant, Hercule Poirot ne peut s'empêcher, de temps à autre, de reprendre du service. Oh ! pas pour n'importe quelle affaire, bien entendu. Un détective aussi célèbre que lui ne se dérangerait pas pour un meurtre ordinaire. Non, Hercule Poirot ne s'intéresse qu'aux crimes les plus déroutants, les plus passionnants, les plus... Bref, à la crème des crimes. Et quelque chose lui dit que cette curieuse lettre signée A.B.C. va l'entraîner dans un mystère suffisamment épineux pour qu'il daigne faire fonctionner ses petites cellules grises. Oui, de toute évidence, A.B.C. fait partie de la crème des assassins... De quoi réjouir la crème des détectives !


Mon avis :


Je ne sais plus quel âge j'avais lorsque j'ai lu mon premier Agatha Christie, cependant je me souviens parfaitement du livre : Dix petits nègres, qui a scellé mon admiration pour la Reine du Crime, et ma fidélité pour ses œuvres et pourtant, je ne savais à quoi m'attendre en ouvrant ce livre, tout ce que je savais est que ce titre faisait l'un des plus célèbres de la Dame si ce n'est le plus célèbre, et que je me suis dis qu'il fallait que je découvre cette auteur au moins une fois dans ma vie et... et je me suis vite retrouvée accrochée au roman, son style, son ambiance, son intrigue, ses personnages... que j'ai alors su que je ne pourrais jamais m'en tenir là : il me fallait lire d'autres romans de l'auteur !

Dans ce roman, le célèbre détective belge Hercule Poirot est à la retraite ! ... ce qui ne l'empêche pas de reprendre un peu du service face à une affaire bien complexe, juteuse, intéressante... bref, la crème du crime ! Et il ne sera pas déçu de sa dernière enquête en date : un mystérieux inconnu se faisant appeler A.B.C. lui envoie des lettres mettant le détective en défi : chaque lettre contiendra le lieu et l'heure de son crime, à Hercule Poirot d'essayer d'empêcher ce crime... avant que le meurtrier ne recommence. Mais voilà qu'Hercule Poirot échoue les premières fois. Avec à présent trois crimes déjà commis, le détective essaye de percer la personnalité du meurtrier pour mieux le coincer et décide de réunir les proches des victimes pour tenter d'élucider l'affaire et de stopper l'assassin pour de bon...

Cette enquête diffère assez de celles que j'ai déjà lu d'Agatha Christie, Poirot le dit lui-même : ici, il n'est pas question d'un drame ou conflit familial, d'un meurtre en huis clos, ou d'un crime où l'on connaît la victime et le ou les potentiels suspects. Ici, on ignore qui est le meurtrier et ses motivations, à part qu'il cherche à défier Poirot, mais pourquoi ? Il s'ennuyait et s'est dit un beau jour en se levant "tiens, et si je tuais quelqu'un pour narguer ensuite Hercule Poirot ?". Non, on suit le roman du point de vue du capitaine Hastings, ami du détective mais quelques chapitres sont indépendants du récit d'Hastings et se centrent sur un personnage qui peut être le meurtrier, un suspect, une future victime, quelqu'un de primordial dans l'enquête mais on ne saura le véritable dénouement qu'à la toute fin ! Cette intrigue est tout simplement diabolique, ce n'est pas une banale histoire de serial killer ; Hercule Poirot est certes aux prises avec un serial killer mais celui-ci va se révéler intéressant, il sera loin d'être banal ! Tout d'abord, il annonce par courrier à Poirot où il va commettre son meurtre, et ses meurtres sont liés à une étrange manie de l'assassin : son premier meurtre sera, par exemple, commis dans une ville commençant par la lettre A et le nom de la victime commencera par la lettre A également, il commencera mais cette fois-ci avec la lettre B, puis la lettre C... bref, en suivant l'alphabet, et toujours en laissant un exemplaire d'un indicateur ABC sur le lieu de son crime. A noter qu'ABC est le nom par lequel l'assassin choisit de signer ses lettres.

C'est une enquête tout bonnement diabolique, signée par la Reine du Crime qui, j'en suis sûre, prend un malin plaisir à tromper son lecteur, elle décrit son enquête avec ingéniosité, elle analyse, nous donne des indices importants qu'on ne voit pourtant pas tout de suite. Agatha Christie décrit également la psychologie du serial killer, à travers Hercule Poirot, car si les crimes ont été commis, si l'assassin agit ainsi, c'est qu'il y a une raison ! Il ne fait pas cela pour rien : désir de puissance sur les autorités, besoin de jouer avec le danger, volonté de se montrer au monde... ici, ce n'est pas des meurtres commis par jalousie, par appât du gain ou par vengeance. Mais ça... on ne le sait pas tout de suite. Pendant longtemps, on reste ignorant sur les motifs du meurtrier et on ne sait véritablement que le dénouement qu'à la toute fin, quand Hercule Poirot dévoile tout.

Quand j'ouvre un roman policier d'Agatha Christie, je suis sûre de me retrouver dans une histoire qui va me plaire, dans une ambiance bien connue et appréciée : la campagne anglaise, un petit village, un lieu clos, un complot ou un drame familial qui en est venu au meurtre, une petite dose de poison, un poignard encore ensanglanté, les petites cellules grises de Poirot ou d'un autre personnage, un retraité de l'armée, de jeunes gens au tempérament bien affirmé, des femmes pas forcément demoiselles en détresse, des inspecteurs parfois je-sais-tout et arrogants... toujours avec une ambiance so bristish que j'aime retrouver ; on sait où on est, où on va, mais je me fais toujours mener en bateau par l'auteur. A chaque fois, elle parvient à me bluffer. Tu es sûr(e) que c'est lui/elle le/la coupable ? Tu penses avoir trouvé la solution ? Bing ! Je te montre à quel point tu as tord, et au final, on se demande comment on a pu rester aussi aveugle et louper tous les indices importants...

Dans ce roman, Hercule Poirot se retrouvera en difficultés face à cette affaire sans queue ni tête, il se creusera les méninges, essayera d'empêcher les meurtres, de percer à jour la personnalité de l'assassin, de comprendre ses motivations... On va de ville en ville, de meurtres en meurtres, on rencontre les proches des victimes qui vont s'unir pour aider Poirot à retrouver l'assassin, qui tenteront de se remémorer les derniers jours avant les meurtres, on rencontre des inspecteurs parfois boulet, je-sais-tout, arrogants (et l'inspecteur Japp qui m'a bien fait rire avec son franc parler en début de roman). L'auteur ne nous en révèle pas trop, et le peu d'indices qu'elle laisse traîner... parfois, on y fait pas trop attention, et des fois, elle nous mène en bateau.

J'ai vraiment passé un bon moment, même si je voudrais que Hastings ait un peu plus d'utilité dans les enquêtes de Poirot ; certes, à un moment donné, il dira une phrase anodine mais qui servira plus tard à Poirot pour résoudre son enquête, mais je voudrais qu'Hastings ait un rôle plus important que celui de narrateur, parce que j'ai vraiment l'impression qu'il n'a servi à rien à part d'observer. J'admets que si Poirot avait été le narrateur, l'affaire aurait été moins intéressante car on aurait su le fin mot de l'affaire bien avant la fin du roman et avec Hastings comme narrateur, on ne sait pas grand chose, on découvre tout en même temps que lui mais j'aurais juste voulu qu'Hastings soit plus utile, qu'il serve à autre chose que de faire parti du décors voilà tout, même le docteur Watson est plus présent et a plus d'utilité dans les aventures de Sherlock Holmes... mais c'était là mon seul point noir que je relèverai car j'ai beaucoup aimé cette lecture.


Extrait :


- Vous vous rappelez ce que vous disiez l'autre jour ? Si nous pouvions commander un crime à la carte, lequel choisiriez-vous ?

J'entrai aussitôt dans le jeu.

- Voyons... Laissez-moi réfléchir... Étudions le menu. Cambriolage ? Escroquerie ? Non, c'est du crime végétarien, ça. C'est un meurtre qu'il nous faut, un bon meurtre bien saignant, avec sa garniture, évidemment.
- Et les hors-d'oeuvre.
- Qui sera la victime, un homme ou une femme ? J'opterais plutôt pour un homme. Un gros bonnet, genre milliardaire américain. Premier ministre ou magnat de la presse. Pour le théâtre du crime... Que diriez-vous de notre bonne vieille bibliothèque ? Question atmosphère, on n'a pas fait mieux dans le genre. Quant à l'arme, eh bien, ce pourrait être une dague bizarrement recourbée, ou un instrument contondant quelconque, pourquoi pas une idole en pierre sculptée.

Poirot poussa un soupir.

- Il y a aussi le poison, enchaînai-je, mais c'est très technique. Ou un coup de feu qui claque dans la nuit. Et puis il nous faut un quarteron de jolies filles... [...] L'une d'elles, bien sûr, sera accusée à tord et aura quelques démêlés avec le jeune premier. Et puis, il nous faut encore une belle brochette de suspects [...] Vous couronnez le tout d'un inspecteur borné, dans le style de Japp et... et le tour est joué.
- C'est donc là votre idée de la crème des crimes ? 
- J'étais sûr que vous ne seriez pas d'accord.

Poirot me jeta un regard de commisération.

- Vous venez de me faire une très jolie compilation de la quasi-totalité des romans policiers écrits à ce jour.
- Merci quand même ! Et vous, que commanderiez-vous ?

3. Andover.

lundi 17 décembre 2012

Les chansons du Séraphin (T.2) L'épreuve de l'ange - Anne Rice.

 Du même auteur :
Emprunt médiathèque.





Quatrième de couverture :

« J'ai rêvé d'anges. Je les contemplais, les entendais dans l'étendue galactique de la nuit. Je sentais l'amour dont ils m'entouraient. Je sentais aussi une sorte de tristesse me dévaster, m'emportant vers ces voix célestes qui chantaient pour moi ».

Rome, XVIe siècle. La Ville éternelle, la ville de Michel-Ange, de Raphaël. Mais aussi la ville où est née l'Inquisition, où s'affrontent les Médicis et les papes avides de pouvoir... C'est là qu'est propulsé Toby O'Dare, ancien tueur à gages. Son ange gardien, Malchiah, lui propose diverses missions qui lui permettront de racheter ses crimes. Cette fois-ci, Toby doit enquêter sur un médecin juif accusé d'empoisonnement et de sorcellerie. Saura-t-il vaincre les terribles rimeurs et sauver ce jeune noble qu'on soupçonne d'être maudit ?

Mon avis :

Après ma découverte, il y a quelques semaines, de L'Heure de l'Ange, premier tome de la nouvelle saga d'Anne Rice qui m'a convaincue dans l'ensemble, j'étais curieuse et même impatiente de découvrir la suite. Et je dois dire, je suis convaincue par ce second tome malgré quelques éléments qui m'ont un peu gênée mais je confirme que Les chansons du Séraphin est une saga que j'aime beaucoup, et je n'attends qu'une chose : qu'Anne Rice nous pompe un troisième tome car je serais au rendez-vous et qu'avec un cliffhanger pareil, ce serait tout simplement cruel de nous laisser en haleine, comme ça !

Je ne dévoilerais pas le contenu du second tome, sous peine de spoiler, tout ce que je peux dire est que Toby, après les révélations du premier tome, est ici envoyé par Malchiah dans la Renaissance italienne où un jeune médecin juif est accusé d'avoir empoisonné une de ses proches connaissances, accusation renforcée par la population qui révèle que la maison de ce médecin est hantée, maison que ce médecin refuse d'ailleurs de quitter... L'épreuve de l'ange se situe peu de temps après L'heure de l'ange, où Toby va retrouver une personne de son passé après la révélation en fin de premier tome. Sans en dévoiler davantage, j'ai beaucoup aimé ces passages que j'ai trouvé très touchants et fort, où Toby a le droit à un peu de bonheur [spoiler] même si je trouve un peu exagéré qu'un gamin de 10 ans possède un téléphone portable dernier cri à son âge ou que sa mère lui fasse goûter en cachette son vin, malgré l'affection que je porte à Liona et le petit Toby Jr [/spoiler] Mais ces quelques moments de calme et d'émotions n'ont duré l'espace que de deux-trois chapitres, et dès le quatrième chapitre, Toby s'envole, littéralement, pour la Renaissance italienne, à Rome, ville éternelle, ville de Michel-ange et de l'Inquisition, dans laquelle s'affrontent les Médicis et des Papes avides de pouvoir. Toby doit donc venir en aide à Vitae, un jeune médecin juif dans la disgrâce, où il jouera un rôle plus propre à sa personne : en tant que joueur de luth ; son passé de tueur à gage l'aidera également dans sa recherche du véritable empoisonneur qui en veut à Vitae, et dans sa récolte d'information sur la famille proche de Vitae...


J'ai mieux retrouvé Anne Rice dans ce second tome : prise de conscience du narrateur après un drame, la plongée dans la Renaissance italienne, la place de la religion comme toujours. Si la plongée dans cette époque est moins spectaculaire que dans Vittorio le vampire, Le sang et l'or ou Armand le vampire, on sait tout de même dans quelle époque historique nous sommes, et Anne Rice ne manque jamais de mentionner l'art italienne à la Renaissance, et les Médicis. J'ai particulièrement aimé les descriptions sur les fêtes, les repas avec les nobles, des danseurs, de la musique, la nourriture de cette époque, les animations durant ces repas avec l'abus de nourriture, le vin coulant à flot... c'était enrichissant ; la Renaissance étant finalement une époque que je ne connais que trop peu mais que l'auteur sait bien maîtriser pour l'avoir déjà exploité dans d'autres romans, comme toujours, elle s'est bien documentée, quoique toujours pas assez à mon goût, cela ne m'avait pas autant émerveillé que dans ses autres romans...


Couverture VO.
Avis aux athées ou aux allergiques de la religion, la religion tient une place encore plus présente dans ce second tome ! Toby a regagné sa foi et s'en sert dans sa lutte contre deux êtres qu'on est peu enclins à rencontrer un jour : un fantôme perdu et un démon décidé à tenter celui qui a retrouvé la foi et est devenu le compagnon d'un ange... à le plonger dans le doute. Si Toby sait faire face à ces épreuves, il s'aperçoit que le chemin de la rédemption n'est pas aussi facile qu'il ne l'aurait cru au départ, et qu'il aura bien de la peine à se détacher de son sombre passé, pendant ce roman. Je m'attache de plus en plus à Toby qui est très humain dans ses doutes, ses sentiments, son incompréhension qu'il ressent parfois vis-à-vis des anges et de Malchiah même s'il sait ses bonnes intentions à son égard ; les personnages sont ici plus intéressants, plus émouvants. Pour reprendre sur l'aspect religieux, je l'ai trouvé plus présent ici, peut-être parce que Toby a définitivement tourné la page : il n'est plus Lucky le Renard, prie pour que personne ne découvre son ancienne identité, et s'est bel et bien tourné vers Dieu, à un point où Toby Lui "parle" souvent, Le prie souvent, Le loue... à un point où c'était parfois gênant, même pour moi qui suis pourtant croyante. Mais l'impact de la religion en Amérique n'est pas la même qu'en Europe mais Toby est encore en pleine rédemption, donc ses rapports à Dieu sont justifiés, il est toujours en train d'essayer de changer, pour le meilleur, de réapprendre à aimer.

J'ai cependant trouvé ce second tome plus palpitant que le premier, déjà la mission et l'époque durant laquelle elle se déroule m'ont plus intéressé, ainsi que la façon dont Anne Rice aborde ses personnages, surtout que Toby se révèle plus attachant et son histoire personnelle se révèle plus intéressante, on voit le début d'une évolution chez ce personnage, preuve que Toby change, évolue. Histoire plus attrayante donc, il n'y a aucune lenteur et les choses s'enchaînent assez rapidement... un peu trop même. Les réponses sont trouvées par Toby assez rapidement, c'est d'ailleurs l'un de mes regrets. Ici, j'ai l'impression qu'il s'est à peine passé une journée que Toby a déjà résolu l'affaire, j'aurais voulu avoir affaire à une véritable enquête, une sorte de policier historique ! Je ne sais pas si c'est parce qu'Anne Rice n'a jamais essayé le genre policier et qu'elle n'est pas vraiment douée dans ce genre, mais si l'affaire n'était pas inintéressante, tout s'est passé assez vite pour moi, et le coupable était évident. Mais bon, Anne Rice n'est pas une Agatha Christie ou une Conan Doyle, elle excelle plus dans les romans fantastiques avec ses sorcières, ses vampires ou ses anges.

Ajoutons à cela un roman encore plus court que le premier ! Mais la force du roman demeure, je pense, chez les personnages. J'ai déjà cité Toby, passons à Malchiah qui se fait plus présent dans ce tome, ce qui est très agréable. Calme, patient, souriant, sage, il rit souvent et se révèle être un soutien pour Toby, ainsi que Shemariah, l'ange gardien de Toby (car oui, mesdames et messieurs, les quatrièmes de couvertures françaises vous mentent ! Malchiah n'est pas l'ange gardien de Toby, c'est Shemariah qui l'est ; Malchiah est plutôt un Séraphin envoyé pour aider Toby). Shemariah a pourtant du potentiel ; certes plus réservé et calme et moins bavard que Malchiah, il est un protecteur silencieux et souvent inquiet pour son protégé, ce qui explique pourquoi il n'est pas toujours d'accord avec Malchiah sur ses projets concernant Toby : comprenons que s'il est ravi que Toby a abandonné son métier de tueur à gage, il n’apprécie pas toujours que Malchiah envoie Toby dans différentes époques, sans doute à cause des dangers que peut encourir Toby, surtout que dans ce tome, Toby fera face à un démon qui tentera, sous une fausse identité, de le détourner de son but, de questionner sa foi, de remettre en cause ses croyances. C'est un personnage intéressant et l'on imagine pas immédiatement qu'il est un démon, mais j'ai aimé son introduction et je me demande si on va le revoir par la suite.

Bref, j'ai beaucoup aimé voir davantage Malchiah, découvrir Shemariah (surtout que Toby lui pose plein de questions sur les anges, sur leur façon d'être, sur leur façon de voir les êtres humains, sur ce qu'ils savent et ne savent pas ; quelque fois, son ange reste énigmatique et mystérieux, parfois il répond, c'était une conversation très intéressante et je confirme que je partage à peu près la même façon de me représenter les anges qu'Anne Rice, au niveau du comportement et cie), et aussi qu'il y ait un démon. Dans ma logique, si on parle d'anges, on doit aussi parler de démons et ça va quelque peu chambouler Toby qui n'accordait que peu d'importance au Diable et à l'Enfer, autant dire qu'il n'y croyait pas du tout... Outre les anges et les démons, nous avons aussi un fantôme qui se ballade dans le roman, un esprit qui hante une maison car il n'a pas trouvé la paix dans la mort et ce sera à Toby de découvrir ce qui trouble cet esprit et il devra pour cela réveiller les secrets anciens d'une famille.

Sinon, encore une fois et comme pour le premier tome, ce tome se referme sur une révélation dont on ne connaîtra les conséquences qu'en lisant le troisième tome et j'espère qu'Anne Rice l'écrira/le publiera très bientôt car cette fin m'a frustrée et m'a donné envie de lire la suite (et aussi pour savoir dans quelle époque Malchiah va envoyer Toby), en attendant, je me pose des tonnes de questions !


Extrait :

Les formes avaient disparu. Les couleurs s'étaient séparées d'elles, et la lumière elle-même coulait comme une douce fumée.
Un couloir apparut et j'eus la nette impression de le traverser. Et au bout de ce long couloir se dressait la haute  silhouette de Malchiah.
Je vis ses cheveux noirs, l'ovale de son visage. Je vis  son costume noir et simple à la coupe étroite.
Je vis son regard affectueux, puis son lent et fluide sourire. Je le vis tendre les bras vers moi.

- Bien aimé, chuchota-t-il. J'ai à nouveau besoin de toi. J'aurais besoin de toi d'innombrables fois. J'aurais besoin de toi jusqu'à la fin des temps.

[...] Je voulais l'étreindre. Je voulais le supplier de me laisser rester encore un peu avec lui. Qu'il m'emmène à nouveau dans le royaume des lumières célestes.

1.
Ce billet est une participation aux :

dimanche 16 décembre 2012

Les Cinq Légendes.

Les Cinq Légendes/Rise of the Guardians,
Réalisé par Peter Ramsey et les studios DreamWorks.
1h37min.
Sorti en 2012.





Avec les voix de :

VO : Chris Pine, Isla Fisher, Hugh Jackman, Alec Baldwin, Jude Law, Dakota Goyo...
VF : Gaspard Ulliel, Nolwenn Leroy, Jérémie Covillault, Miglen Mirtchev, Boris Rehlinger, Henri Bungert...







Synopsis :


Et si la légende du Père Noël, du Lapin de Pâques, de la fée des Dents et du Marchand de Sable ne nous avait pas dévoilé tous ses secrets ? Et si ceux qui nous offrent généreusement des cadeaux, des oeufs, de l'argent ou des rêves avaient gardé en eux une part de mystère ? Les Gardiens de l'enfance, chargés de veiller sur l'innocence et l'imaginaire de nos chères têtes blondes, vont devoir déployer leurs forces comme jamais encore ! Car dès lors que Pitch, un redoutable esprit maléfique, menace d'éliminer les Gardiens en volant aux enfants leurs rêves et leurs espoirs pour répandre la peur, nos quatre héros demandent à Jack Frost de les rejoindre et les aider dans leur mission.


Mon avis :


Je n'ai jamais encore parlé des films d'animation DreamWorks sur ce blog, et pourtant, ces studios en ont pondu des perles ces dernières années ! Je n'ai pas encore vu tous leurs films mais j'ai adoré la plupart de ceux déjà visionnés (Le Prince d'Egypte, la saga Shrek, la trilogie MadagascarSinbad : La légende des sept mersKung Fu PandaWallace et Gromitt...), donc lorsque j'ai vu la bande-annonce du nouveau bébé des studios DreamWorks, j'ai été tentée, j'ai eu envie de voir ce film dès que j'avais vu les premiers extraits. Ma sœur avait elle-aussi envie de le voir, ce que nous avons fait hier après-midi...


L'histoire commence avec Jack Frost, un esprit de l'hiver, capable de faire neiger, geler et amener l'hiver sur Terre. D'apparence jeune et de tempérament enthousiaste, rebelle et joueur, Jack Frost demeure pourtant terriblement seul : personne ne croit qu'hiver, neige, gel et verglas proviennent d'un jeune esprit nommé Jack Frost ; or, si personne, pas même les enfants, ne croit en lui, personne ne peut le voir. Au contraire, les enfants avec leur innocence, leurs rêves, leur âme pure, qui croient dur comme fer au Père Noël, à la fée des dents, au marchant de sable et au lapin de Pâques peuvent les voir si ceux-ci décident de se manifester. Car ces esprits existent ! ce sont eux qui récoltent les dents en laissant de l'argent sous l'oreiller, qui distribuent cadeaux ou oeuf de Pâques, ou qui envoient de jolis rêves aux enfants. Mais Pitch, le Croquemitaine, est las de voir que personne ne croit en lui, ni n'a peur de lui. Il entend changer sa situation et se faire connaître en envoyant des cauchemars aux enfants et en leur faisant croire que le Père Noël et autres gardiens de l'enfance n'existent pas en empêchant Noël, Pâques, le ramassage des dents et la venue des rêves. Les Gardiens se retrouvent désemparés et affaiblis et selon le mystérieux homme de la Lune, la seule personne a pouvoir les aider est Jack Frost, cet esprit qu'ils connaissent à peine, et qu'ils ont parfois même évité...


Les Cinq Légendes, c'est un dérivé d'une série de roman signée par William Joyce : The Guardians of Childhood, qui pourrait être intéressant à découvrir si film et livres sont à peu près similaires car j'ai beaucoup aimé l'originalité du film : DreamWorks a repris les vieilles légendes de notre enfance et les a quelques peu modifiés. Un peu comme un remake, tout en gardant les souvenirs qu'on garde du Père Noël, du Lapin de Pâques et cie : ici, nous aurons un Père Noël à l'accent russe, combattant avec des épées, possédant deux tatouages sur ses bras : Nice (Sage) sur l'un, Naughty (Pas Sage) sur l'autre, aidés par des elfes... et des Yétis ; le Lapin de Pâques est une sorte d'hybride, mi-homme, mi-lapin, possédant des boomerang comme armes, et ayant un caractère parfois bourru ; la fée des dents, la version américaine de notre petite souris, une sorte de créature mi-femme, mi-oiseau collectant les dents avec l'aide de ses assistantes ; le marchant de sable, être mi-homme, mi-sable, ne communiquant pas par la paroles mais par le sable qu'il peut modifier pour en faire différentes images, etc.



Outre ce remodelage des légendes de notre enfance à la sauce contemporaine, j'ai beaucoup aimé le décors, le design, comme ça ne loupe jamais avec les films d'animation DreamWorks : l'interprétation de l'antre du Lapin de Pâques, la demeure du Père Noël au Pôle Nord (et je peux comprendre pourquoi Jack Frost avait souvent essayé, par le passé, de s'y incruster !), celle de la fée des Dents, sans oublier les beaux paysages d'hiver. Le design des personnages est original, comme je l'ai déjà expliqué un peu plus haut (rien que pour la fée des dents), l'animation tout au long du film comme les rêves produits par le sable du Marchant de Sable, les dons de Jack lorsqu'il provoque l'hiver, les ombres et les cauchemars causés par Pitch, le Croquemitaine... un beau travail de DreamWorks à qui je tire mon chapeau !


Mis à part le design, l'un des points forts de ce film d'animation est, pour moi, les personnages, surtout les Gardiens. Sans l'imaginaire des enfants qui croient en eux, ils ne sont rien, la croyance des enfants leur permet d'exister et c'est ce que tente de remettre en cause le Croquemitaine, en qui plus personne ne croit et de ce fait il ne peut plus les atteindre par la peur, en tentant aux enfants de ne plus leur faire croire à ces mythes. Donc malgré le côté comédie et divertissement, on a une vraie réflexion sur l'imaginaire et l'enfance et ses rêves qui aident à entretenir l'imagination, à contrer les cauchemars. Ce film n'est pas si naïf et enfantin qu'on pourrait le croire. Idem pour les personnages : en plus de le divertissement qu'ils apportent, la plupart ont une histoire et un vécu qui les rendent attachants, fascinants, même le grand méchant, PitchTout n'est pas noir ou blanc, Pitch est le grand méchant de l'histoire, certes, mais il n'est pas méchant pour être méchant, on comprend ses raisons, son motif : il veut qu'on croit en lui, il veut prouver sa propre valeur aux Gardiens, il en a assez de la solitude ou d'être ignoré par les autres gardiens, il veut intégrer l'imaginaire des enfants mais il s'y prend de la mauvaise manière car si Jack Frost est dans la même situation que lui (personne ne sait qu'il existe, par conséquent personne ne peut le voir, les Gardiens ne s'occupent pas de lui, il est seul depuis 300 ans et il veut qu'on croit en lui), il aime les enfants et veut leur bonheur, il les amuse avec la neige, les glissades grâce au gel. Au final, Pitch nous donne l'image d'un antagoniste tragique.




Jack Frost était vraiment, pour moi, le personnage du film. Cet esprit de 300 ans mais ayant gardé son âme d'enfant est joueur, farceur, rebelle, allergique à l'autorité, mais attachant et touchant grâce à son vécu, son histoire. D'abord parce qu'il a toujours été seul, que personne ne croit en lui, mais aussi parce qu'il voudrait désespérément savoir quel est son rôle, pourquoi il existe, pourquoi ne se souvient-il de rien avant son éveil comme étant Jack Frost, car chaque Gardien a autrefois été humain. Jack voudrait se souvenir mais pour cela, il doit retrouver ses dents de laie car les dents symbolisent les souvenirs heureux de l'enfance... Sinon, outre Jack, les autres personnages (enfants comme gardiens) étaient amusants, parfois même intéressants ; les taquineries de Jack envers le Lapin de Pâques sont divertissantes, et j'aime m'imaginer le Père Noël comme figure paternelle de Jack, surtout quand je vois la fin où Jack, devenu Gardien, a son happy ending et a gagné le respect, la confiance et peut-être même l'affection des autres gardiens... C'est vraiment un personnage qui se construit et qui évolue peu à peu durant le film.


Bref, Les Cinq Légendes, c'est mon petit coup de coeur de cette année. Malgré quelques petites facilités, le fait qui me manquait un petit quelque chose sur lequel je ne peux mettre le doigt dessus, j'ai beaucoup aimé ce film : design, décors, l'histoire, les mythes revisités, les personnages... c'est pour moi une oeuvre surprenante, mythologique, un bon remake des légendes de notre enfance et un vrai hymne à l'enfance et à l'imagination. C'est vraiment un film qu'il me faudra absolument lorsqu'il sortira en DVD tant il m'a fait rêvé...


Et, entre parenthèses, je serais curieuse de découvrir la VO car j'ai été un peu perturbée par la voix française de Jack Frost qui ne fait pas assez jeune à mon goût, puis rien que pour le plaisir d'entendre Jude Law qui prête sa voix au Croquemitaine, puis paraît que le Lapin de Pâques a un accent australien dans la VO :p



- Image tirée du film avec Jack Frost, les Quatre Gardiens
 de l'enfance, et quelques elfes du Père Noël -


vendredi 7 décembre 2012

Mercy Thompson : Retour aux sources - Patricia Briggs, David Lawrence et Amelia Woo.

Du même auteur :


Pour aller plus loin...



Emprunt médiathèque.





Quatrième de couverture :

"Les loups-garous peuvent être dangereux si vous êtes sur leur chemin. Ils ont un talent extraordinaire pour dissimuler leur véritable nature aux yeux des humains. Mais moi, je ne suis pas tout à fait humaine."

Mon avis :


Mercy Thompson est une héroïne de bit-lit que j'aime beaucoup retrouver ; loin d'être une série dont je suis absolument fan, je trouve les romans de Patricia Briggs très sympathiques, bien construits, elle sait maîtriser son univers, nous présenter des personnages intéressants ou chacun a un rôle : un personnage secondaire ou tertiaire n'est pas là pour faire décors, avec l'auteur. Chacun a son histoire et son utilité. Et même en n'étant pas une grande fan des loups-garous, l'auteur a réussi à me faire aimer son univers ; ainsi lorsque j'ai vu cette bande-dessinée à la médiathèque, j'ai été agréablement surprise et je me suis jetée dessus, une occasion pareille, ça ne se refuse pas...


Cette bande-dessinée est une sorte d'introduction : ce n'est pas la premier tome retranscrit sous forme de bande-dessinée, c'est une préquelle au roman qui présente l'arrivée de Mercy aux Tri-Cities, sa recherche de la maison parfaite, d'un bon boulot rentable car ô surprise, Mercy n'était pas mécanicienne avant son arrivée aux Tri-Cities, elle penchait plus pour le rôle d'enseignant. On préférera le boulot de mécanicienne avec les mains dans le cambouis qui est un rôle qui sied mieux à Mercy que celui d'une enseignante avec un beau costume. On découvre donc ses premiers pas dans le garage de Zee, le vieil elfe grognon qui deviendra son mentor, sa rencontre avec Stefan, le vampire qui possède un car redécoré façon Scooby-Doo, et ses débuts d'amitié avec lui, sa rencontre avec les loups-garous du coin dont l'alpha Adam qui, ici, doit faire face à une meute sauvage de loups-garous qui entendent bien dominer le territoire qu'Adam entend s'occuper... nous avons même la première rencontre avec... Médée, le chat de Mercy !




Ce comic n'est ni trop court, ni trop long, il est séparé en quatre chapitres qui constituent l'intrigue générale de la BD. Et bon, comme pour la nouvelle que l'auteur avait écrit comme préquelle pour une de ses autres séries : Alpha et Oméga, ça reste court, ça se lit rapidement et certaines choses ne sont pas assez développés. L'intrigue n'était certes pas assez recherchée, ça reste une BD, et Patricia Briggs ne peut pas aborder une intrigue de la même façon en BD et en roman, malgré tout, ça reste assez sympathique. J'ai beaucoup aimé découvrir les premiers pas de Mercy dans la ville, ses premiers échanges avec les personnages que nous connaissons tous : Adam, Zee, Stefan... même si au niveau du design de certains personnages, ils ne sont pas représentés de la façon dont je les imaginais même si, apparemment, Patricia Briggs voyait ses personnages exactement de la même façon dont ils sont présentés dans le comic. J'aime la façon dont est représentée Mercy et même l'ensemble des personnages mais j'ai eu un vrai choc en voyant le vampire Stefan : que ce soit au niveau du physique ou des vêtements, ce n'est pas du tout l'image que je me faisais de lui, il paraissait plus "gamin".



Au niveau du dessin en général, c'était plutôt... agréable, passable. Pas un genre dont je raffole mais pas désagréable, après tout, je suis tombée sur pire. Non, dans l'ensemble, je crois que je peux m'estimer satisfaite du visuel offert, surtout au niveau du design de Mercy qui a été une réussite : ni femme trop classe, ni trop vulgaire, ni masculine, ni passe-partout, avec juste ce qu'il faut en tatouage et pas la myriade de tatouages qu'on peut voir sur la Mercy des couvertures des romans. Après, outre la découverte des personnages, l'intrigue reste bien sympa quoiqu'un peu simpliste avec une fin prévisible, mais ça ne manque pas de dynamisme puisque Mercy attire l'attention et s'attire les ennuis dès le début, en nous plongeant dans l'action et une intrigue pleine de lycanthropes !


J'ai bien apprécié l'interview en fin de BD qui nous en apprend un peu plus sur le projet de cette BD à laquelle Patricia Briggs a participé et donné son accord, comment s'est déroulé le projet, comment ça s'est fait... après, cette BD n'est pas indispensable pour suivre et comprendre la série, mais ça reste un chouette complément bien sympathique qui nous permet de découvrir les premiers pas de Mercy dans la ville, sa rencontre avec les personnages que nous connaissons, c'est un bon comic pour les fans de la série, personnellement, j'ai bien aimé cette préquelle, j'ai passé un bon moment, et c'est un bel hommage à la série de romans, l'univers est bien retranscrit et fidèle, ça ne manquera pas de plaire aux fans :)

jeudi 6 décembre 2012

Meurtres à Versailles - Anne-Laure Morata.



 
L'auteur :



Conseillère en ressources humaines dans la région parisienne, Anne-Laure Morata est une férue d'histoire et de littérature et est l'auteur d'une série de romans historiques sur le clan des Rohan Montauban avec  L'Héritier des pagans, Le Jeu de dupes et Meurtres à Versailles.










Quatrième de couverture :


Henriette-Anne, fille du roi Charles Ier décapité sur ordre des parlementaires, a fui l'Angleterre avec sa mère, au moment de la guerre civile. Réfugiée au Louvre, la petite exilée se lie d'amitié avec un mystérieux garçon, Providence, qui devient son confident secret avant de disparaître. Vingt ans plus tard, elle épouse Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, avec lequel elle est en conflit permanent. Par bravade, Henriette-Anne met un point d'honneur à briller à la Cour où elle s'impose face à la reine et aux favorites, enhardie par le retour de Providence dans son existence.

Mais bientôt un vent d'effroi souffle sur Versailles : des cadavres mutilés marqués d'un chiffre à l'épaule sont retrouvés dans les jardins. Le roi s'efforce d'étouffer l'affaire cependant les crimes continuent... La Reynie, lieutenant général de police, charge alors Malo de Rohan Montauban, son jeune commissaire, de confondre le coupable.

Entre complots politiques, mensonges et trahison, Malo devra, pour démasquer le meurtrier, affronter les fantômes du passé d'Henriette-Anne mais également les siens
.



Mon avis :
 

Meurtres à Versailles, c'est un livre que m'a offert Matilda il y a de ça plusieurs mois, à l'occasion de mon anniversaire, elle qui me sais passionnée d'Histoire. Il faut dire que la couverture est très jolie et le résumé alléchant. De plus, j'ai toujours voulu tenter le mélange de ces deux genres : le roman policier et le roman historique. Ce livre nous offre donc une série de vague de meurtres à la Cour même du Roi Soleil, dans un Versailles encore jeune.
J'ai eu un peu de mal à rentrer dans le livre, malgré un début intéressant et qui nous introduit l'un des personnages principaux du roman, mais je mettrais plus ma difficulté de bien me plonger dans le roman à cause de l'emploi du temps chargé et des nombreuses révisions que j'ai eu (et que j'ai encore), car après, je suis facilement rentrée dans l'histoire et y ait pris de l'intérêt. De plus, mon semestre était majoritairement consacré à l'époque de Louis XIV et au monarque lui-même, j'étais déjà bien plongée dans l'ambiance !
 
 
L'histoire débute avec la jeune Henriette-Anne, princesse d'Angleterre, qui s'est réfugiée en France avec sa mère, reine d'Angleterre déchue, à cause des guerres civiles et peu de temps après que les Parlementaires aient fait décapité leur Roi. Mais elles arrivent au mauvais moment en France car celle-ci est en pleine période de Fronde. La reine Anne d'Autriche, régente après la mort de son époux, n'a pas le temps de s'occuper d'elles qu'elle doit fuir les révoltés, mettre à l'abris le jeune Louis XIV et son frère, et tenter avec l'aide de Mazarin de réorganiser l'ordre dans le royaume de France.
Seule et abandonnée par une mère qui ne se préoccupe guère d'elle, bien occupée avec son amant, Henriette-Anne fait la rencontre d'un jeune garçon enigmatique avec qui elle se lit d'amitié et qui se fait appeller Providence.
 
 
Plusieurs années plus tard, Louis XIV monte sur le trône, fait construire Versailles et marie Henriette-Anne à son frère, Monsieur, le duc d'Orléans. Les relations sont loin d'être chaleureuses entre les deux époux, et ce n'est pas le chevalier de Lorraine, amant de Monsieur, qui arrange la relation entre le couple, et c'est plutôt Louis XIV qui est charmé par sa belle-soeur.
Et alors que Louis XIV inaugure son cher Versailles avec des fêtes somptueuse, une série de meurtre vient assombrir le magnifique château de Louis XIV et sa Cour : en effet, quelque chose se manigance à Versailles, un individu commet des meurtres jusqu'au sein même de Versailles et a la curieuse manie d'inscrire sur l'épaule de ses victimes un chiffre romain : I pour la première victime, IV pour la quatrième, XII pour la douzième... mais pourquoi, et quels sont ses motifs ? La Reynie, lieutenant de police du roi, charge son jeune commissaire, Malo de Rohan Montauban de cette affaire avant que toute la Cour ne découvre tout et s'affole...
 
 
Le roman s'étend sur plusieurs mois, voire même deux ans. Le Prologue se situe en 1649 puis après un bond dans le temps, l'histoire commençe à prendre place à partir de milieu 1668 et se termine en août 1670. Le roman ne se concentre pas non plus sur un seul personnage, au contraire, nous en suivons plusieurs ; des principaux personnages : Henriette-Anne, Malo de Rohan Montauban, des personnages secondaires récurrents et importants : Louis XIV, Colbert (l'un des principaux ministres du Roi), Monsieur, Madame de Montespan (maîtresse du roi), le chevalier de Lorraine (amant de Monsieur), les Rohan Montauban, les d'Arcourt, aux personnages moins importants mais faisant quand même une apparition tels que La Reynie, Madame de la Fayette (amie d'Henriette-Anne), Le Tellier (secrétaire d'état à la guerre), Jean-Baptiste Pocquelin que l'on connaît davantage sous le nom de Molière, Louise de la Vallière (ancienne maîtresse du roi), la reine Marie-Thérèse (épouse du roi)... vous l'avez compris : nous rencontrons une panoplie de personnages historiques célèbres. 
 
 
A moins de posséder un TARDIS ou un Retourneur de Temps (un cookie pour celui ou celle qui reconnaissent les références aux deux fandoms ;) ), on ne peut pas réellement savoir si l'auteur a bien retranscrit l'époque et ses protagonistes. Pour ma part, je suis plus familière avec l'histoire de la seconde épouse de Monsieur que la première donc je ne saurais dire si la Henriette-Anne du roman est retranscrit le plus fidèlement possible que celle qui a existé, mais l'auteur suit son histoire fidèlement : l'enfant seule, laissée par sa mère ; l'épouse malheureuse qu'elle a été car elle subissait la jalousie de son époux qui ne supportait pas de la voir dans les bonnes grâces du roi et n'aimait pas sa célèbrité auprès des gens de la Cour (il faut dire que le chevalier de Lorraine n'a rien arrangé, il ne portait pas Madame dans son coeur et faisait tout pour que Monsieur se méfie de sa femme), sa santé qui déclinait et qui a mené à sa mort... bien-sûr, le personnage de Providence n'est que fictif et n'existe que pour les besoins de l'intrigue. Sinon, pour le reste, nous avons un Louis XIV arrogant, fier de son Versailles, mais non sans coeur, qui tient sincèrement à sa belle-soeur.
 
 
Concernant les Rohan Montauban, il faut savoir que Malo fait parti de ce clan, il est le cousin de François de Rohan Montauban, personnage principal, apparemment, des ou d'un des tomes précédents mais Meurtres à Versailles prenant place 20 ans après les deux premiers tomes, il peut se lire indépendamment des autres même si, bien-sûr, on a loupé quelques épisodes de ce clan d'origine bretonne, on s'en rend quand même compte en lisant ce roman et si ce n'est pas un soucis majeur pour la compréhension du roman, on est piqué par la curiosité et on a envie d'en savoir plus. De connaître davantage François et sa femme Nolwenn, leurs enfants bien qu'on suit régulièrement leur fille Charlotte dans ce roman et qui a été un personnage touchant et intéressant à suivre. Elle en a vécu des choses dans ce roman, heureusement, elle a sa fin heureuse. Peut-être que je lirais dans un futur plus ou moins proche les deux premiers tomes, histoire d'en savoir davantage sur Malo car j'ai rencontré ici [spoiler] Lénora, la gitane avec qui il est marié et dont il découvre le fruit de leur union [/spoiler]
 
 
Concernant l'intrigue : loin d'être haletante, elle n'en est pas moins inintéressante car elle regorge de péripphétiesn : complots, meurtres, trahisons, amour, pouvoir, vengeances... ils savaient bien s'occuper à l'époque ! Et le fond historique est très intéressant, j'ai adoré cette plongée au XVIIe siècle, au temps du Roi Soleil, découvrir Versailles avec sa Cour, la Cour et ses cancans, ses complots, ses dames aux belles robes..., le style d'écriture est plaisant, on a aucune difficulté de compréhension, on suit l'histoire avec plaisir. On suit également une panoplie de personnages intéressants, touchants, parfois ignobles, teintés de gris. Bref, un bon roman qui invite à se renseigner davantage sur les personnages historiques présentés. Ce n'est pas un coup de coeur pour ma part, mais ce fut une lecture satisfaisante, je n'ai pas été déçue.
 
 
 
 

Portrait d'Henriette-Anne d'Angleterre, par Faes Pieter. Princesse d'Angleterre, et duchesse d'Orléans ou Madame, épouse de Monsieur, le frère de Louis XIV.


Extrait :


L'effervescence mondaine prenait possession des lieux et durant quelques jours, Versailles allait résonner des rires, bons mots, musique et divertissements variés de l'aristocratie, sous l'oeil du roi et de ses proches. Les dames rivalisaient de beauté dans leurs plus belles toilettes, même à la chasse où le gibier abondant en cette période faisait le bonheur des gentilshommes et du suzerain. Les cancans étaient bien évidemment toujours de mise, perpétuels bruissements dans le sillage de Louis XIV.


7. Versailles, fin décembre 1669.



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