samedi 26 novembre 2011

A comme association (T.2) Les limites obscures de la magie - Pierre Bottero.

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Articles connexes :

- Tour B2, mon amour.
- La quête d'Ewilan (T.1) D'un monde à l'autre.
- La quête d'Ewilan (T.2) Les frontières de glace.
- A comme association (T.1) La pâle lumière des ténèbres. (écrit par Erik L'Homme)
- A comme association (T.3) L'étoffe fragile du monde. (écrit par Erik L'Homme)


Emprunt par Matilda.



Quatrième de couverture :

Prénom : Ombe ; Âge : 18 ans.
Description : cheveux blonds et courts en pétard, yeux bleus, allure sportive.
Profession : Agent stagiaire à l'Association et étudiante (officiellement)
Signe particulier : incassable.
Aime : sa moto, tabasser un bon gros monstre, qu'on lui fiche la paix.
Mission : faire l'effet d'une bombe sur gobelins et trolls
.


Mon avis :

Ca fait déjà quelques semaines que ce tome a été lu, j'espère me souvenir de suffisament de chose pour faire un billet constructif. Le premier tome écrit par Erik L'Homme mettant en scène Jasper m'ayant beaucoup plu, je me suis essayée à la version de Pierre Bottero qui nous présente Ombe dans ce second tome qui lie certains évènements au premier.

Comme Jasper, Ombe fait partie de l'Association, société secrète dont les agents ont pour mission de s'occuper et de rappeller à l'ordre de créatures surnaturelles qui auraient un tantinet oublié de se faire discrètes aux yeux des humains. Sa particularité qui lui a valu d'être remarquée par l'Association est la suivante : elle est, comme qui dirait, incassable. Qu'elle tombe à une hauteur impressionnante, qu'elle se fasse percuter par un objet lourd, elle ne se casse pas facilement, c'est comme si elle était faite d'acier. Elle a une extraordinaire force physique et une résistance corporelle hors norme. Sa première mission est d'abord de calmer des gobelins furieux, puis de s'assurer de la tranquilité d'un Être de l'Eau, un monstre marin dont l'environnement est menaçé par la main de l'Homme. La discrètion est de mesure dans ce genre de mission, ainsi que ne cesse de le répéter Walter, le directeur de l'Association, et ce n'est pas toujours évident, surtout pour Ombe...

Ce tome m'a un tout petit peu moins plu que le premier, mais vraiment un tout petit peu ! Légèrement ! Mais c'est plus dû au fait que je préfère le personnage de Jasper (moi et mon faible pour les personnages masculins !), pas que j'ai été déçue de ce tome, au contraire, mieux connaître Ombe a été génial en plus de retrouver la plume de Pierre Bottero ! Ombe ne m'avait pas fait grande impression dans le premier tome, ici on découvre une jeune fille sportive, avec un sale caractère : elle ne se laisse pas marcher sur les pieds, loin de là ! Elle est vraiment différente de Jasper, elle un un tempérament bien trempé et n'hésite pas à distribuer des baffes par-ci par-là à certains individus agaçants. Une vraie furie ! Mais une furie du style sympathique et attachante, ce récit à la première personne nous permettant de mieux entrer dans sa tête et la comprendre. Elle peut être drôle aussi : auto-dérision, ironique, sarcastique et jurant des insultes contenant une partie du corps de Lucifer (Par les sabots de Lucifer !). Outre sa résistance physique et son amour pour sa moto, elle sait parler plusieurs langues vivantes (comme le japonais) à la perfection... mais pas les langues mortes comme le latin ! Ce qui est dommage car la plupart des formules magiques sont en latin ou langue beaucoup plus ancienne. Car si Ombe favorise la force et fonce dans le tas, c'est vraiment Jasper le spécialiste des formules magiques et préparations avec des plantes et minéraux, on s'en rend bien compte dans ce volume. Malgrè sa maturité et son indépendance, Ombe a quand même besoin d'aide et Jasper est là pour remplir ce rôle, elle est fière mais elle admet quand même que c'est réconfortant de savoir que quelqu'un s'inquiète et se préoccupe d'elle (Jasper).

Outre Jasper, on rencontre (ou devrais-je dire retrouver ?) d'autres personnages de l'Association : la secrètaire, Mademoiselle Rose, qui semble être omnisciente et sévère ; le Sphinx et son armurerie et ses sarcasmes, Walter, le directeur, toujours aussi fidèle à lui même : adore hurler sur les employés et, tel Maugrey Fol Oeil (Harry Potter, tome 4 :p) et son 'Vigilance constante !!', il répète sans cesse à la discrétion. Les situations sont cocasses, l'humour est bel et bien présent, il y a de l'action, des créatures surnaturelles : des gobelins, un monstre des eaux, un sorcier nommé Siyah et un troll qui, comme nous l'a appris le premier tome, sait très très bien philosopher ! J'ai été amusée de lire Erglug citant Cicéron, Platon, Camus... tous des philosophes renommés ! En effet, les trolls savent philosopher ! Peut-être mon année de BAC aurait pris une toute autre dimension si j'avais eu ce troll comme professeur de philosophie...

Bref, Ombe m'a un peu moins séduite que Jasper, mais je l'aime bien, même si elle est impulsive, bagarreuse, et peu efficace en magie, elle a ses qualités et ses défauts, comme tout le monde. J'ai beaucoup aimé la façon dont Erik L'Homme et Pierre Bottero ont réussi à connecter les deux tomes, on retrouve certaines scènes du tome deux sous la perspective d'Ombe, une nouvelle vue sur la même scène sans que ce soit ennuyeux et répétitif. C'est, au contraire, intéressant ! Et puis, quel plaisir de retrouver la plume de Bottero, très plaisant, avec de l'humour, des références à d'autres oeuvres, de l'auto dérision, c'est frais, divertissant, ça s'annonçe vraiment comme une série jeunesse très sympathique et je suis sûre que la suite nous réserve bien des surprises, merci à Matilda de m'avoir prêté les tomes de la série !

Extrait :

Alors que je rebondissais de famille d'accueil en centre d'hébergement pour mineurs en détresse et de centre d'hébergement pour mineurs en détresse en famille d'accueil, j'ai développé un sens aigu de l'autonomie que de savants médecins ont appelé 'pathologie de la fugue', ainsi qu'un besoin légitime de raisonner par moi-même que lesdits savants médecins ont traduit par 'allergie irrémédiable à toute forme d'autorité'.

7.

vendredi 25 novembre 2011

Les chroniques des vampires (T.6) - Armand le vampire - Anne Rice.

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Du même auteur  :
- Les chroniques des vampires (T.2) Lestat le vampire.
- Les chroniques des vampires (T.3) La reine des damnés.
- Les chroniques des vampires (T.4) Le voleur de corps.
- Les chroniques des vampires (T.7) Merrick.
- Les chroniques des vampires (T.8) Le sang et l'or.

- Les nouveaux contes des vampires (T.1) Pandora.
- Les nouveaux contes des vampires (T.2) Vittorio le vampire.




/ ! \ Fang's Addict Challenge / ! \



Quatrième de couverture : 

Au chevet de Lestat, plongé dans un profond coma, David Talbot, l'archiviste du Talamasca, rencontre Armand, peut-être le plus mystérieux et sans conteste le plus séduisant des vampires. Il entreprend de lui faire raconter l'histoire de sa vie. Une histoire cruelle et flamboyante qui nous mène des steppes de la Russie à Constantinople et à la Venise de la Renaissance, où il est recueilli par Marius, un peintre qui vit avec faste et dont il ignore qu'il s'agit d'un vampire...




Mon avis :

Je refais encore un peu de découpage au niveau de la quatrième de couverture, marre des résumés qui révèlent l'intrigue ! Et l'effet de surprise, alors ? Heureusement que malgré les spoilers dans le résumé, cette lecture fut un véritable délice qui me donne envie de relire Anne Rice encore et encore ! Merci à Matilda de m'avoir offert ce volume quasi introuvable (mais elle a un don pour trouver les livres rares, j'imagine qu'elle n'est pas une fée des livres pour rien :D).

Anne Rice est sans conteste la grande prêtresse des vampires, elle m'a charmé avec Entretien avec un vampire, relatant l'histoire de Louis de Pointe du Lac, vampire très humain possédant une très grande profondeur psychologique ; avec Lestat le vampire aussi, contant l'histoire de Lestat de Lioncourt, vampire libertin avec un penchant pour la violation des règles ; avec aussi La reine des damnés, Le voleur de corps, Merrick et enfin Vittorio, vampire de la Renaissance. Ce tome-ci nous conte l'histoire mortelle et vampirique du personnage d'Armand, que nous avons déjà vu dans les premiers tomes et qui est un personnage assez important, l'un de mes préférés aussi. Armand conte son histoire à la demande de David Talbot, enfant vampire de Lestat et qui travaillait dans le surnaturel avant d'être vampirisé. De son enfance en Russie, ses nombreuses années dans la Venise de la Renaissance en compagnie et sous la protection de Marius, peintre vampire tout habillé de rouge, à son entrée dans le monde des vampires, puis l'Europe en France avec le Théâtre des Vampires, et à New York...

Enfin un récit sur Armand le vampire ! Un des vampires clés des Chroniques des Vampires, qui apparaissait et disparaissait au fil des événements, personnage qui m'intriguait déjà depuis le premier tome, vampire mystérieux qu'il est, prenant d'autres dimensions dans les autres tomes et découvrir son histoire permet de lever le voile sur certains mystères, beaucoup de choses s'éclairent et nous permettent de mieux le comprendre : ses relations avec son maître vampire Marius, l'importance de sa rencontre avec Lestat, ses liens et ressentis face aux autres vampires comme Louis (comment se voient-ils depuis le tome un ?) ou Daniel. L'histoire d'Armand nous donne quelques réponses en même temps qu'elle dresse plusieurs questions, notamment sur Marius de Romanus, son créateur, et son histoire car là encore, des événements de l'histoire de Marius (l’événement après Venise par exemple, mais je n'en dirais pas plus, pour ne pas spoiler) restent bien floues, mais là j'espère que le tome consacré à Marius (Le sang et l'or) nous en dira plus, en même temps que deux femmes de la connaissance de Marius : Pandora et Bianca, surtout cette dernière qui laisse un voile de mystère derrière elle après la lecture de Armand le vampire. Bref, bref, le livre est riche en événements étonnants, rebondissements et péripéties ! Le tout, sous plusieurs époques. Comme quoi, Anne Rice sait manier pratiquement toutes les époques. Quand on sait qu'elle nous a fait voyager dans les XVIIIe jusqu'au XIXe siècle, ici c'est la Renaissance en grande majorité !

Toute la beauté de la Renaissance à Venise et à Florence ! Deux belles villes italiennes plongées dans l'art, où l'Antiquité est revisitée, redécouverte, ou tout ce qui était bénéfique dans l'Antiquité est remodelé, repris. Comme dans Vittorio, cette plongée dans la Renaissance ne se fait pas sans une plongée dans l'art. Il y a beaucoup de mentions de Fra Angelico, des peintures d'icônes ou de tableaux représentant des personnages ou scènes bibliques. Marius, qui est un artiste et aussi maître d'Armand, tâche de lui apprendre l'art, lui faire comprendre et ressentir l'art car comme il l'a déjà dit à son cher apprenti : 'Etudier l'art te mènera à étudier l'humanité, étudier l'humanité te conduira à célébrer le monde ou à pleurer sur lui.'. L'histoire de Venise est vraiment très riche et cette richesse est retranscrite dans le roman, c'est la Renaissance italienne comme s'y on y était ! Les peintres italiens et les Médicis, associés à cette époque, sont également mentionnés de nombreuses fois. Ça me rappelle d'une certaine façon l'histoire de Vittorio le vampire que j'ai lu et chroniqué il y a quelques mois déjà.

Armand est vraiment un personnage intriguant et intéressant. Il évolue au fil des pages, des chapitres. C'est un vampire important dans Les Chroniques et ce tome permet vraiment au lecteur de mieux le découvrir. Armand n'a pas toujours été Armand. Longtemps avant d'être l'apprenti de Marius, il fut Andrei et a grandit en Russie, à Kiev [ avant que la famille soit attaquée et qu'il ne fut enlevé, événement que son père Ivan vivra mal, sombrant dans la culpabilité de n'avoir pas pu sauver son fils, noyant son désespoir dans l'alcool ], puis devenu esclave et vendu à Marius qui lui offre protection et foyer, il devient Amadeo, qui signifie 'aimé de Dieu'. Il fut très longtemps Amadeo auprès de Marius pour qui il fut apprenti... et amant. Si les relations homosexuelles étaient des sous-entendus ou implicites dans les premiers tomes, ici on assiste vraiment à l'évolution de la relation entre Armand et Marius, une relation passionnée. Ils sont vraiment très attachés l'un à l'autre, bien qu'Armand ne peut s'empêcher de tenter son maître, de le contrer, de jouer les impertinents, car il veut faire ressortir de son maître toutes sortes d'émotions, il aime le provoquer. Bien que quand je parle de leur relation, je devrais plutôt parler d'Amadeo et non d'Armand car en mon fort intérieure, ce sont deux personnes assez différentes. Je ne doute pas qu'il reste un peu d'Amadeo en Armand mais ce sont deux personnes différentes [ et le fait d'avoir été séparé de Marius un long moment, pendant plusieurs siècles a dû changer Amadeo, le modeler en Armand qui est un nom qui a été choisi pour lui par un groupe de vampires dont il a fait parti à un moment ] mais grâce à ce tome, la scène des retrouvailles de Marius et Armand est plus compréhensive et d'autant plus touchante, on voit bien là toute l'étendue de leur affection.

On comprend mieux les ressentis de Marius et Armand dans La Reine des Damnés, ainsi que certains événements d'Entretien avec un vampire (je n'en dirais pas plus ! mais ceux qui l'ont lu doivent comprendre de quoi je parle), on avait déjà eu le point de vue de Louis et Lestat sur ces événements, maintenant nous avons celui d'Armand, qui nous permet de mieux comprendre ce qu'il s'est passé et ce qu'il a caché à Louis et Lestat au sujet de la petite Claudia, l'enfant vampire. C'est raconté d'une telle manière que ce n'est pas du tout répétitif ou ennuyeux. Et comme pour Lestat et Louis, il y a une vraie quête de spiritualité chez Armand qui est peut-être plus profonde et marquée chez ce personnage qu'elle ne l'a jamais été pour Lestat ou même Louis car la particularité des vampires d'Anne Rice est leur profondeur psychologique : les vampires sont tous des personnages torturés et plongés dans de nombreuses réflexions sur nombre de choses, sans que cela soit gonflant. Car ai-je besoin de préciser à quel point la plume d'Anne Rice est envoûtante ? L'art de parler de sang, d'immortalité, de sexe (car il y a des passages assez... olé-olé comme les scènes avec la courtisane Bianca, l'initiation sexuelle d'Armand, etc.), de religion et spiritualité, et d'Histoire de façon très réaliste, ce qui donne une grande profondeur à l'histoire qui nous paraît plus réelle.

Assez papoté ! Pour résumer, je dirais que c'était un excellent Anne Rice, comme toujours, son univers vampirique et sa plume ont su me charmer dans un récit proposant l'histoire à la fois mortelle et vampirique d'un des personnages clés de la saga, Armand. Histoire, religion, vampirisme, luxure et art sont mélangés dans ce petit bijou écrit d'une main d'or !

Extrait :

Le maître me révéla que sa création en tant que vampire remontait à près de quinze cents ans et qu'on trouvait des êtres de notre sorte par le monde entier. Dissimulés, méfiants, pour la plupart misérablement solitaires, les errants de la nuit, ainsi qu'il les appelait, faisaient de leur existence qu'une longue suite de tristes catastrophes, jusqu'à ce que le désespoir les consumât, les poussant à s'immoler dans un affreux brasier ou à la lumière du soleil.

IX. Première partie : Le corps et le sang.

mercredi 16 novembre 2011

Elle s'appelait Sarah - Tatiana de Rosnay.

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'Elle s'appelait Sarah, elle n'avait pas huit ans
Sa vie, c'était douceur, rêves et nuages blancs
Mais d'autres gens en avaient décidé autrement
Elle avait tes yeux clairs et elle avait ton âge
C'était une petite fille sans histoires et très sage
Mais elle n'est pas née comme toi ici et maintenant.'

- Comme toi, Jean-Jacques Goldman. -



/ ! \ Challenge Histoire / ! \







L'auteur :


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Tatiana de Rosnay
, née le 28 septembre 1961, est une journaliste, écrivain et scénariste française. Bilingue, la plupart de ses romans sont français tandis qu'un ou deux ont été écrits en anglais (Boomerang et Sarah's Key). Son roman, Elle s'appelait Sarah, a fait l'objet d'une adaptation cinématographique en 2010.




 
Quelques liens utiles :
Rafle du Vel d'Hiv I. / Discours de Jacques Chirac. / Rafle du Vel d'Hiv II. / Musée des enfants du Vel d'Hiv. / Fondation de la Mémoire pour la Shoah.


Quatrième de couverture :

Paris juillet 1942 : Sarah, une fillette de dix ans qui porte l’étoile jaune, est arrêtée avec ses parents par la police française, au milieu de la nuit. Paniquée, elle met son petit frère à l’abri en lui promettant de revenir le libérer dès que possible. Paris, mai 2002 : Julia Jarmond, une journaliste américaine mariée à un Français, doit couvrir la commémoration de la rafle du Vél d’Hiv. Soixante ans après, son chemin va croiser celui de Sarah, et sa vie changer à jamais. Elle s’appelait Sarah, c’est l’histoire de deux familles que lie un terrible secret, c’est aussi l’évocation d’une des pages les plus sombres de l’Occupation. Un roman bouleversant sur la culpabilité et le devoir de mémoire.

Mon avis :

C'est quand j'ai décidé de visionner le film, passé sur Canal+ il y a quelques semaines, que je me suis motivée à lire le livre. Dans la plupart des cas, voir le film adapté avant me motive plus pour lire le livre, peu importe si l'adaptation en question est mauvaise ou bonne. Comme cela faisait un moment que ce livre dormait dans ma PAL, il était grand temps que je le sorte et je ne le regrette pas.

En 2002, à Paris, le journal américain Seine Scenes décide de consacrer un article sur la rafle du Vel d'Hiv suite à l'approche de la date anniversaire de cette terrible tragédie, et c'est Julia Jarmond qui est chargé de cet article. Elle se renseigne via Internet et en lisant des livres sur le sujet, puis interroge des survivants, visite le lieu où se trouvait le Vélodrome et découvre avec horreur et stupeur le calvaire dont ont été victimes les familles juives déportées. Cela s'accentue alors qu'elle découvre que l'appartement où son mari avait l'intention d'emménager avec elle était le lieu ou avait grandi son père et ses parents, durant la seconde guerre mondiale, et que l'appartement en question était habité par des familles juives avant la rafle. Julia souhaite en savoir plus sur la famille ayant logé dans l'appartement et ce qui est advenu de ses membres. Mais remuer le passé n'est pas toujours une bonne chose et la vérité peut blesser...

Je suis une férue d'Histoire, ce n'est plus un secret pour ceux qui suivent ce blog et me connaissent suffisament bien, et la seconde guerre mondiale m'intéresse beaucoup plus, je connais en gros l'Histoire de la Résistance, du Troisième Reich, de Vichy, du sort des Juifs mais j'en sais finalement si peu sur la rafle du Vel d'Hiv. Cette tragédie n'avait eu qu'un paragraphe qui lui était consacrée dans mon vieux cahier d'Histoire du collège et malgrè quelques livres et films sur le sujet visionnés plus tard, je n'ai pas poussé la curiosité jusqu'au boût. Ce livre a été une vraie claque comme il m'a fait me poser des questions sur le passé, les secrets et le devoir du mémoire mais j'y reviendrais plus tard. En plus d'être un roman historique qui nous en apprend un peu plus sur cette tragédie, une véritable interrogation sur le devoir de mémoire, sur les ombres du passé, la volonté de ne pas minimiser et de ne pas oublier cet évènement sombre de notre Histoire, toujours se souvenir, ne jamais oublier. Et un rappel comme quoi certains sont survécus mais le passé les poursuit toujours même des décennies après.

Ce roman est rythmé par une alternance des chapitres entre le passé (l'histoire de Sarah en 1942) et le présent (la vie quotidienne de Julia Jarmond, journaliste américaine mariée à un français). En voulant sauver son petit frère, alors que la police française venait la chercher elle et sa famille, elle a - sans le savoir - lié son destin avec celui d'une autre famille via l'appartement où ces deux familles ont logé. Victime de la rafle, toute trace d'elle est perdue ensuite. En 2002, pour la commémoration du 60e anniversaire de la rafle, Julia Jarmond entame diverses recherches et se retrouve confrontée au passé et au silence qui couvre cette page cruelle de l'Histoire. Les français ayant vécu cette époque, encore en vie, sont récitents à évoquer ces évènements. Il n'est jamais bon de remuer le passé. Julia tente néanmoins de répondres à ses questions. En tant qu'Américaine, elle est quasi étrangère à cette partie de l'Histoire de sa seconde patrie, la France. Comment comprendre une France meurtrie par la seconde guerre mondiale, déchirée en trois parties : ceux qui aident et qui résistent, ceux qui collaborent, et les victimes : les Juifs ? Prise de curiosité sur la famille juive ayant habité dans l'appartement qui sera le sien, elle tente de réconstituer le parcours de la jeune Sarah, malgrè le silence des français et les désapprobations de la famille de son mari pour qui faire ressurgir le passé peut provoquer des mauvais souvenirs mais aussi changer le cours du présent comme Julia l'apprendra à ses dépends. Toute sa vie de famille sera remise en question à cause du passé d'une petite fille. Contre l'avis de son entourage et malgrè ses problèmes personnels, Julia mène l'enquête... Que s'est-il passé ? Qu'est devenue Sarah ? A-t-elle échappé au destin cruelle qui l'attendait ? Est-elle encore en vie ?

Deux héroïnes pour un roman. Ce roman se passe en deux temps à deux époques différentes mais reliée par la rafle et le destin de la jeune Sarah. Les chapitres du passé sont écrits en italique et on alterne très souvent entre présent et passé jusqu'à un certain moment où l'histoire de Sarah prend fin brusquement, jusqu'à ce que les recherches de Julia lui fassent découvrir l'existence de la fillette et c'est à Julia Jarmond de découvrir la suite. Les chapitres sont courts (pas loin de 5 ou 6 pages), donc on a pas trop le temps d'être frustré de quitter le passé ou le présent pour revenir dans l'autre époque (bien que j'avoue que les flash-back du passé étaient bien plus intéressants et émouvants), le récit est vif, on entre tout de suite dans le vif du sujet, la mise en place de l'intrigue et des situations sont rapides, le style est plaisant à suivre, on ne s'ennuie pas et on a très vite envie de tourner les pages, de lire encore et encore pour savoir la suite car le roman tourne surtout sur cette grande question : qu'est-il arrivé à Sarah ? La petite Sarah est un personnage très attachant, courageuse, téméraire, elle est très humaine et se voit obligée de grandir et mûrir vite dans ce monde cruel. D'abord fragile, elle mûri et devient déterminée. La partie sur sa vie m'a particulièrement plu, captivé et ému, on a vraiment mal pour elle. Vient ensuite la vie de Julia Jarmond, dans l'ensemble c'est un personnage fort sympathique, pas désagréable, elle est lasse d'une lutte pour garder son couple, elle aime son mari français mais elle doute, elle s'ennuie, ses recherches journalistiques lui permettent de s'éloigner de son quotidien et vont radicalement bouleverser sa vie, elle va chercher à se renforcer, à prendre des décisions sur la vie qu'elle mène : agir au lieu de subir. C'est le portrait de deux êtres face aux évènements.

Je n'ai vraiment pas grand chose à reprocher à Julia, c'est un personnage intéressant que j'ai aimé suivre, néanmoins certaines choses m'ont déplu à propos de ce personnage. Le fait qu'elle soit Américaine montre bien - et ce malgrè tout l'attachement qu'elle porte à la France qu'elle considère comme étant sa seconde patrie - les différences de culture entre la France et l'Amérique, elle ne connaît pas grand chose à l'Histoire de la France, normal qu'elle se sente éloignée de cette page de l'Histoire, qu'elle ne réagisse pas comme les Français qu'elle croise, d'ailleurs l'auteur elle-même s'est détachée de cela en écrivant ce roman en anglais et non dans sa langue maternelle. Et si ces différences entre les deux pays étaient intéressants (car on voit bien là les différences de cultures, de moeurs, de comportement entre Paris et New York), c'est un peu gonflant à la longue les 'en bonne américaine, je fais ceci, je fais cela.' Elle a beau être attachée à la France, aimer certains élèments typiquement français, elle ne peut s'empêcher de critiquer... en fait, elle critique tout court, pas tout le temps encore heureux ! mais... elle ramène souvent au tapis qu'elle est Américaine, et elle critique la France en la comparant à New York ou tout serait mieux PUIS quand elle va en Italie ou retourne à New York, elle critique ces deux lieux en les comparant à la France !

Mais bon, n'allez pas croire que je lui trouve que des mauvais côtés, elle montre quand même son amour pour la France, elle est tenace et on avançe bien dans l'histoire grâce à elle. Sa fille, Zoë, m'a plu, elle est sympathique et matûre pour son âge. Le mari, n'en parlons pas ! Un Parisien hautain, sarcastique, macho, qui refuse de vieillir, qui ment et qui pense que tout le monde est à sa disposition. Par contre, j'ai bien aimé le couple gay, et William [ le fils de Sarah ] dont je ne dirais rien pour ne pas spoiler. J'ai aussi aimé le beau-père de Julia, Edouard, d'abord dur au début mais qui devient plus humain, ses actions, son caractère, ses discours m'ont plu. Mais ce qui m'a le plus intéressée était l'aspect recherche de la vérité, la découverte d'un fait méconnu de notre Histoire car l'épisode de la rafle du Vel d'Hiv reste méconnu, on en sait peu alors que c'est un évènement tragique et affreux, l'auteur traduit bien les horreurs qu'on vécu les familles juives.

Le travail de recherche est vraiment bien décrit, elle évoque même des faits importants et plus réels comme le discours de Jacques Chirac sur cet épisode, l'anniversaire de la rafle en 2002. Je n'avais aucun mal à tout me visualiser. Ce livre m'a également fait poser des questions sur le devoir de mémoire, c'était presque accusateur ce que j'ai lu, du moins je l'ai compris comme ça : honte à nous de refuser de nous souvenir, de laisser le passé tel qu'il est et de ne pas chercher à en savoir plus et honte aux français qui ont collaboré, honte à nous de rejeter la faute sur les Nazis/Allemands alors que des français et Vichy ont collaboré. Certes, je suis moi-aussi horrifiée et dégoûtées de ces gens qui ont collaboré et ont aidé à envoyer des Juifs à la mort, nous sommes bien conscient de notre part de responsabilité dans cette affaire, tous les français n'ont pas été neutres ou résistants et les Français d'après-guerre ont eu honte de la collaboration et ont cherché à se défaire de cette image pour ne pas subir la même chose que les pays vaincus mais plus le temps passe et plus on sait sur le sort des Juifs, plus on prend conscience des horreurs et des évènements comme le discours de Jacques Chirac montrent bien qu'on reconnaît la collaboration. Les survivants parlent, il y a de plus en plus de témoignages, ce passé n'est plus fermé, il se dévoile de plus en plus au fil des ans et je peux comprendre le silence des français de l'époque, et contrairement à certains personnages du roman, je ne les blâme pas entièrement. Je peux comprendre même si je n'ai pas connu cette époque.

Nous sommes conscient que nous devons nous souvenir, ne jamais oublier, ce livre en est une preuve : n'oublions pas les tragédies de l'Histoire. Le récit de Sarah est poignant et marquant, comment ne pas frémir d'horreur en pensant à ce qu'ont vécu toutes les victimes juives ? Ce livre nous donne vraiment conscience du devoir de mémoire à entretenir et qu'il faut se souvenir du passé pour mieux vivre le présent, ne plus refaire les mêmes erreurs, comprendre ce qui a été le passé même s'il n'est pas toujours sage de remuer le passé. Ce roman a le mérite de traiter sur un sujet peu connu de la seconde guerre mondiale, d'un évènement qui dérange, dont on est pas très fiers en France, mais dont on se doit de se rappeller. Sans tomber dans le mélodrame, c'est une histoire bouleversante qui nous permet de ne pas oublier, et de nous apprendre plus de choses sur ce terrible évènement, un véritable coup de poing, cette lecture et une révélation...

Extrait :

Oui, la guerre est finie, enfin finie, mais pour ton père et moi, rien n'est plus pareil. Et plus rien ne sera jamais pareil. La paix a un goût amer. Et le futur est inquiètant. Les évènements qui ont eu lieu ont changé la face du monde. Celle de la France aussi. Notre pays n'est pas encore remis de ces sombres années. Cela arrivera-t-il un jour ? Ce n'est plus la France que j'ai connu lorsque j'étais enfant. C'est une autre France que je ne reconnais pas.

mercredi 9 novembre 2011

Le goût des pépins de pomme - Katharina Hagena.

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L'auteur :
http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Photosdauteurs/KatharinaHagena.jpg

Katharina Hagena, née en 1967, est une spécialiste de l'oeuvre de James Joyce et enseigne la littérature anglaise et allemande à l'université de Hambourg. C'est avec son tout premier roman, Der Geschmack von Apfelkernen (Le goût des pépins de pomme en français), qu'elle devient auteur et qu'elle connaît un certain succès en Allemagne et un peu partout en Europe.

Emprunt médiathèque.

 
 
Quatrième de couverture :

A la mort de Bertha, ses trois filles, Inga. Harriet et Christa, et sa petite-fille, Iris, la narratrice, se retrouvent dans leur maison de famille, à Bootshaven, dans le nord de l'Allemagne, pour la lecture du testament. A sa grande surprise, Iris hérite de la maison et doit décider en quelques jours de ce qu'elle va en faire. Bibliothécaire à Fribourg, elle n'envisage pas, dans un premier temps, de la conserver. Mais, à mesure qu'elle redécouvre chaque pièce, chaque parcelle du merveilleux jardin qui l'entoure, ses souvenirs se réveillent, reconstituant l'histoire émouvante, parfois rocambolesque, mais essentiellement tragique, de trois générations de femmes. Katharina Hagena nous livre ici un grand roman sur le thème du souvenir et de l'oubli.


Mon avis :

Je suis tellement en plein dans mes nombreux visionnages de séries télévisées que j'en oublierais presque de lire ! Quelle honte... mais je reviens avec ce titre, découvert sur Livraddict, j'ai été attirée par la couverture et la quatrième de couverture me paraissait extrêmement prometteuse et j'ai eu la chance de le trouver à la médiathèque. Et si, après lecture, je suis largement moins enthousiaste que je le croyais en lisant le résumé la première fois, ce n'est pas vraiment une deception, j'ai même bien aimé.

L'histoire commençe alors qu'Iris se rend aux funerailles de sa grand-mère, Bertha Lünschen, née Deelwater. Après l'enterrement, elle se rend à la maison familiale, avec sa mère, et ses tantes pour la lecture du testament. A la surprise générale, c'est Iris qui hérite de la maison. Pourquoi Bertha l'a choisi elle et pas une de ses filles ? Peut-être parce qu'elle était la seule à garder de bons souvenirs de la maison, peut-être et pourtant, Iris n'envisage pas de la garder ; néanmoins, elle décide de rester quelques jours dans la demeure familiale à Bootshaven, au nord de l'Allemagne où, au fur et à mesure qu'elle redécouvre la maison, les souvenirs de son passé et de la famille renaissent en elle...

Je dois dire que j'ai eu du mal à comprendre le grand succès de ce titre, j'ai bien aimé, ok, mais c'est pas si exceptionnel que ça. J'ai eu du mal à m'intéresser au livre pendant les 100 premières pages, je m'ennuyais, je m'endormais même... en même temps, c'était peut-être pas une bonne idée que de lire le livre pratiquement tous les matins, alors que j'étais encore un peu endormie, sachant que j'ai toujours la sale habitude de me coucher tard, même si j'ai cours le lendemain. J'étais mieux concentrée dans ma lecture dans les après-midi... car, ce n'était certainement pas le livre de l'année pour moi, ni un coup de coeur, mais je garde un bon souvenir de cette lecture malgrè tout. Je dois dire que j'ai surtout été déconcertée par le style du roman où j'étais perdue un looong moment. N'étant pas habituée à ce style, il m'a fallu un long moment d'adaptation. Ca m'a un peu rappellé le style d'une de mes professeurs à la fac et qui a le don de m'irriter : elle raconte l'histoire, puis se perd dans d'autres petites histoires, des anecdotes qui durent un certain moment et au final, on ne sait plus si on est toujours dans l'anecdote ou revenu dans l'histoire. Surtout que les retours dans le passé sont du point de vue omniscient (car on revient parfois dans le passé de certaines personnes de la famille où la narratrice n'était pas née et que le texte décrit des choses qu'Iris n'aurait pas pû savoir... à moins que les tantes d'Iris se plaisent à raconter à leur jeune nièce leur vie sexuelle !) ou interne alors que la plupart du temps on est en point de vue interne car on vit l'histoire à travers les yeux et les pensées d'Iris qui raconte l'histoire. Bref, j'ai été bien perdue pendant un moment, c'était très confus, j'avais du mal à suivre...

Pourtant, quand Iris renoue avec son passé et qu'elle se remémore les moments avec sa famille, c'est intéressant, passionnant, c'est un livre sur les secrets de famille et on se prend d'affection pour cette famille sans mal. On imagine très bien les paysages de ce coin d'Allemagne du nord, c'est très poétique quand Iris décrit. On a de longues descriptions détaillées nous offrant un texte sur l'oubli, les secrets et les souvenirs d'enfance. On voyage au coeur des relations entre les différents membres de la famille, d'une famille plus ou moins compliquée, complexe, tragique, pleine de secrets. Il y a Bertha, la grand-mère qui souffre d'alzheimer, avec sa soeur Anna morte trop tôt. Il y a Hinnerk, le grand-père au fort caractère, la figure d'autorité de la famille, sévère mais juste et un poil poète. Il y a leurs trois filles : l'aînée, Inga [ née, en réalité, d'une nuit d'amour adultère avec Monsieur Lexow, un voisin ] qui est une très belle femme qui attire les hommes, qui a eu beaucoup d'amants sans avoir eu de relation sérieuse, qui porte beaucoup de bijoux (surtout des bracelets) en ambre, si bien qu'ils produisent de l'électricité quand ils se rencontrent et que ça donne quelques petites décharges éléctriques à tous ceux touchant Inga ; puis vient Christa, l'enfant du milieu, la mère d'Iris, qui est patineuse, timide et discrète ; et enfin la cadette, Harriet, qui s'est inscrite dans une secte après la mort de sa fille, qui est traductrice et qui a fait des études en anglais, allemand et français, qui a été une fille-mère [ car le père, Friedrich Quast, médecin, voyait plusieurs femmes ].

Puis vient la seconde génération : Iris, la narratrice, qui traînait souvent avec sa cousine, Rosemarie, une très belle fille rousse et svelte, et une amie Mira qui aimait le noir, s'habillait en noir, mangeait des aliments et buvait des boissons ayant uniquement une couleur noire ou si fonçée qu'elle ressemble à du noir, Mira qui a un petit frère, Max, discret, qu'Iris trouvait idiot et timide par le passé, mais qu'elle ne cesse de croiser depuis qu'elle est revenue dans sa ville natale, et qu'elle se surprend à aimer sa compagnie. Iris évoque tous ces personnages et autres. Certaines histoires nous permettent de comprendre un peu mieux l'histoire de la famille, d'autres sont juste là pour nous en apprendre plus sur certains membres. Cela n'apporte rien à l'histoire qu'Inga ait eu beaucoup d'amants ou comment était Anna, la soeur de Bertha, mais on en apprend plus sur les personnages. Les personnages absents sont très souvent évoqués car les seuls présents dans l'histoire, qui participent à l'histoire dont Iris, Max et d'autres personnages secondaires. Bertha, Christa, Hinnerk, Inga et d'autres ont une place bien plus importante dans les souvenirs. On en a besoin pour comprendre ce qui est arrivé à Rosemarie, sa mort et pourquoi son fantôme continue encore d'hanter la famille, pourquoi Inga reste seule, qu'est-ce qui a conduit Harriet à finir dans une secte, pourquoi Christa s'est distancée de la famille alors qu'elle garde beaucoup d'affection pour ses soeurs et ses parents et d'autres mystères et secrets familiaux.

Ce livre m'a un peu fait penser à ma propre famille qui a elle-aussi ses problèmes, ses secrets, des membres qui se sont distancées, des querelles familiales, une demeure attachée au souvenir. Chaque famille a ses hauts et ses bas après tout. Et alors qu'Iris redécouvrait chaque pièce, chaque vêtement, chaque odeur, le jardin odorant avec ses fleurs, ses épices et son pommier, qu'elle se mettait à essayer les robes de sa tante Inga, le vélo de son grand-père, à revisiter sa ville et à revenir vers l'écluse, les forêts, les lacs, les lieux sacrés de son enfance, qu'elle se rappellait des plaisirs de la natation dans le lac, je me rappelais à mon tour tout ce qui pouvait me remémorer la maison de ma grand-mère maternelle, chaque odeur, chaque pièce, les plats qu'elle préparait, le puit, le poullailer... d'un côté, ce livre m'a fait me souvenir d'une partie de mon passé moi-aussi, un passé lointain, et des déchirures au sein de la famille. Je pense que pour mieux comprendre cette histoire de secrets familiaux, de patrimoine, d'héritage et d'histoires de famille, il faut aller au delà des 100 premières pages où les secrets et les drames se révèlent. On avançe lentement, lentement mais sûrement et ne pas se laisser alourdir par les descriptions qui peuvent parfois lasser.

Je me suis longtemps demandée à quelle époque situer l'histoire. On est au XXe siècle, c'est certain, je dirais plus après la seconde guerre mondiale, sachant qu'Inga est née en 1941, que les vélos sont des moyens de transports privilégiés comparé aux voitures, que les femmes ne portent que des robes, qu'Iris a découvert le mot 'Nazi' peint sur la porte de garage de son grand-père, la seconde guerre mondiale est parfois évoquée dans ce texte, au moins on a - à travers certains flash-back - un fond historique qui rend l'histoire un peu plus complète et intéressante... donc, je dirais que l'histoire se situe majoritairement dans les années 1950 ou 1960... (ça dépend en fait, les tampons pour les règles existaient-ils déjà à ce moment ?) D'autres moments peuvent être confus, ou même déconcertants [ je crois qu'on a le droit à des actes lesbiens entre Mira et Rosemarie par moment... je dis 'je crois' car j'ai souvent eu du mal à capter, à saisir Rosemarie et je crois qu'Iris a finit avec Max et à avoir un fils avec lui, il y a pas mal de non-dits, on ne peut que deviner ] Néanmoins, ni je devais résumer ce livre en quelques lignes, je dirais que malgrè un style confus et de longues descriptions, si on finit par s'y habituer, le livre est plaisant, on s'attache à cette famille pleine de drames, de secrets qui a tout de même sû être heureuse malgrè tout...

Extrait :

J'aimais lire et manger en même temps. Une tartine après l'autre, un gâteau après l'autre, sucré et salé en continuelle alternance. C'était merveilleux : les histoires d'amour avec une portion de gouda, les récits d'aventures avec du chocolat aux noisettes, les drames familiaux avec du muesli, les contes de fées avec des caramels mous, les romans de chevalerie avec des cookies. Dans beaucoup de livres, on passait à table quand le suspense était à son comble : boulettes de viandes, gruau, pain d'épice, une rondelle de saucisson noir, et du meilleur. [...] Et je lirais et je mangerais, je serais une sirène malheureuse ou un petit lord, je m'échouerais sur la côte d'une île déserte, courrais cheveux au vent à travers une tourbière désolée ou tuerais des dragons.

Chapitre VIII.

mardi 8 novembre 2011

Top Ten Tuesday : Les 10 livres que vous garderiez à tout prix.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Autresimages/TopTenTuesday.jpgJe m'essaye au Top Ten Tuesday \o/ Je ne pourrais peut-être pas toujours faire ça chaque mardi, et je dois me rattraper sur un top, mais je pense que ça pourrait beaucoup me plaire. Here we go !

Le Top Ten Tuesday a été initié par un blog anglais : The Broke and the Bookish, l'idée a été reprise par Iani pour que les blogueurs et blogueuses français(es) puissent les reproduire, s'ils le veulent. Chaque semaine apporte une nouvelle question, un nouveau top dix consacré à la lecture. Cette semaine, la question est la suivante :




Les 10 livres que vous garderiez à tout prix dans votre bibliothèque s'il ne devait rester qu'eux.


1. Harry Potter, de JK Rowling. Toute la saga si possible, sinon le troisième tome. Parce qu'un JK Rowling est indispensable dans une bibliothèque et que les mots ne suffiraient pas pour dire à quel point, et sans exagération, cette femme et son oeuvre ont changé ma vie, berçé mon adolescence et continuent encore aujourd'hui à me faire rêver, planer, rire, pleurer, sourire. Cette femme vend du rêve et a donné le goût de la lecture (et de l'écriture pour certains) à des milliers de personnes (si ce n'est plus), elle m'a fait retomber amoureuse de la lecture et c'est son oeuvre qui est pratiquement devenu ma bible, du moins une saga indispensable pour moi.

2. La mésentente cordiale, de François Kersaudy. J'ai besoin d'Histoire dans ma vie, c'est une passion depuis le lycée et je suis particulièrement intéressée au XXe siècle et à deux de ses personnages historiques qui ont marqué cette époque et pour qui je voue intérêt, respect et admiration : sir Winston Churchill et le général de Gaulle. Ce gros pavé historique sur les relations d'amour et de haine de ces deux grands géants est vite devenu un des petits bijoux de ma bibliothèque.

3. Le chien des Baskerville, de sir Arthur Conan Doyle. Inutile de préciser que j'ai besoin de Sherlock Holmes dans ma bibliothèque, je ne peux pas me passer de ce détective anglais accro à la cocaïne et aux enquêtes policières et à son fidèle ami, le docteur Watson. J'ai besoin d'un Watson dans ma vie, aussi ! Quitte à choisir un titre, autant choisir celui qui m'a fait découvrir le maître.

4. De bons présages, de Neil Gaiman et Terry Pratchett. Car l'humour tient une grande place dans ma vie, en particulier l'humour anglais que je chéris. S'il ne devait me rester que dix livres, autant en prendre un qui me fasse marrer ou au moins sourire un peu de temps en temps. Et j'aime beaucoup le résultat que peut offrir une rencontre Gaiman/Pratchett : un ange et un démon rebelles qui s'unissent pour faire capoter l'Apocalypse en plein coeur de Londres. Que du bonheur...

5. Percy Jackson, de Rick Riordan. Car au final, j'aime beaucoup la littérature jeunesse et que je me suis beaucoup attachée à la saga Percy Jackson. Si je ne devais choisir qu'un tome, que ce soit le premier, Le voleur de foudre. Une saga jeunesse fort sympathique proposant le mélange séduisant de la mythologie grecque et du monde moderne, avec un héros bourré d'humour.

6. Entretien avec un vampire, de Anne Rice. Comment oublier Anne Rice qui m'a fait rêver et voyager maintes fois à travers ses livres ? Cette femme a une plume exquise et envoûtante, comment ne pas évoquer ses vampires et la Louisiane ? Puis, Lestat quoi <3
7. Dix petits nègres, de Agatha Christie. Ne pas avoir une oeuvre de la reine du crime serait sacrilège, et j'ai besoin d'un policier qui tient en haleine jusqu'au boût, et son Dix petits nègres a été une révélation pour moi !

8. Jurassic Park, de Michael Crichton. Parce que ce livre est tout bonnement génial, que j'ai besoin de dinosaure dans mes livres (... oui), qu'il dépasse le film alors que celui-ci est formidable, et que j'ai besoin du pessimisme et de l'humour spécial de Ian Malcolm.

9. Dracula, de Bram Stoker. Parce qu'il est inenvisagable que ma bibliothèque ne possède pas au moins un classique, et quoi de mieux que celui qui nous introduit le très célèbre Dracula, qui nous offre des frissons, de l'aventure et des personnages hauts en couleur dont Van Helsing ?

10. Les Liaisons Dangereuses, de Choderlos de Laclos. Il me fallait bien un peu de littérature française, non ? Ce classique de la littérature française est un chef d'oeuvre incomparable tout droit sorti du génie de Laclos qui a sû nous offrir un roman machiavélique et fascinant avec des personnages hauts en couleurs, tout simplement géniaux. Un vrai petit bijou !

Bien-sûr, il y a bien d'autres livres qui m'ont marqué et que j'aurais aimé ajouter à cette liste, mais je ne devais citer que les 10 principaux, alors j'ai choisi les plus importants à mes yeux. Et vous, quels livres garderiez-vous dans votre bibliothèque si vous ne deviez en choisir que dix ?