jeudi 30 juin 2011

Persepolis (T.1 à 4) - Marjane Satrapi.

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L'auteur :

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Marjane Satrapi, née le 22 novembre 1969, est une auteur de bande-dessinée (dessinatrice et scénariste) française, d'origine iranienne, principalement connue pour son oeuvre Persépolis.

Poulet aux prunes.
Emprunt médiathèque.



/ ! \ Challenge Histoire / ! \


Quatrième de couverture :

Toute petite, Marjane voulait être prophète. Elle se disait qu’elle pourrait ainsi soigner le mal de genoux de sa grand-mère. En 1979, l’année de ses dix ans et de la révolution iranienne, elle a un peu oublié Dieu. Elle s’est mise à manifester dans le jardin de ses parents en criant « à bas le roi ! ». Là, elle s’imaginait plutôt en Che Guevara. Il faut dire qu’à l’époque, son livre préféré s’appelait Le Matérialisme dialectique. Marjane trouvait d’ailleurs que Marx et Dieu se ressemblaient. Marx était juste un peu plus frisé, voilà tout. Après, la vie a continué, mais en beaucoup moins drôle. La révolution s’est un peu emballée. Et la guerre contre l’Irak est arrivée…


Mon avis :


J'ai d'abord découvert le film avant de lire la bande-dessinée dans son intégralité, enfin ce n'est pas vraiment une découverte mais plutôt une relecture, mais ça faisait longtemps que je voulais faire un article sur Persepolis sans trouver la motivation et les mots justes, mais enfin je prends le temps de taper cet article, et puis ça faisait tellement longtemps que je n'avais plus rien posté pour le challenge Histoire ou dans la catégorie 'Bande-dessinée' x)

Marjane Satrapi nous raconte son enfance en Iran, cette BD est donc à caractère autobiographique avec un fond historique. L'auteur nous offre quelques pages d'Histoire, sur des faits historiques ayant marqué l'époque, pouvant ainsi aider le lecteur à mieux comprendre le contexte dans lequel elle a vécu et c'est raconté avec beaucoup d'émotion, de simplicité et sincérité. Comme Maus, c'est une BD en noir et blanc, (auto)biographique et relatant des faits historiques. Les dessins sont simples mais d'une simplicité efficace. Marjane Satrapi retrace des évènements de sa vie qui l'ont marqué et changé, qui ont joué un rôle au cours de son enfance et son adolescence à Téhéran.

A travers cet aspect autobiographique, l'auteur a l'occasion de parler de son pays d'origine, l'Iran, et des bouleversements historiques, politiques qui ont marqué le pays, surtout depuis le renversement du Chah et de la révolution culturelle, l'horreur de la guerre contre l'Irak, les exécutions... C'est toute une société qui change, qui se réorganise et pas seulement de façon positive : les femmes sont persécutées, les intellectuels ont moins de liberté d'expression, beaucoup de choses deviennent interdites. Et à travers ses yeux d'enfant puis de jeune fille, Marjane Satrapi retrace tout cela en plus de sa vie avec sa famille, ses proches.

La condition féminine est aussi traitée par l'auteur ; étant une femme, l'auteur nous raconte les changements de la révolutions pour la femme : on impose le voile, une vision de la femme bien négative (traîtresse, menteuse, inférieure, impudique), d'une école laïque mixte, Marjane passe à une école religieuse où sont séparés filles et garçons et Marjane, enfant, a du mal à comprendre ces bouleversements. Elle a dû user de ruse pour afficher sa rébellion : maquillage discret, une mèche de cheveux qui dépasse le voile, des petits détails qui permettent d'afficher sa révolte face à sa situation. D'ailleurs, l'auteur ne se gêne pas pour montrer, parfois, l'absurdité de telle loi ou telle situation. C'est une quête d'identité : comment se sentir femme dans un pays où la femme a une image bien négative aux yeux de la loi ? Comment s'affirmer dans une société où il y a beaucoup d'interdits ? Et c'est d'abord pour ça que Marjane quittera temporairement l'Iran pour l'Europe où elle découvrira liberté, sexe, drogue même si pour cela, elle doit renoncer en partie à sa qualité d'iranienne. Elle ne voulait que s'enfuir pour mieux s'exprimer, pour prouver que son pays n'a pas toujours été aussi répressif, et que ça pourrait changer un jour...

Niveau historique, j'ai découvert un aspect de l'Histoire auquel je ne m'étais jamais intéressée auparavant, comme la révolution iranienne de 1979, le renversement du Chah d'Iran, mais contrairement aux manuels d'Histoire, cette BD retrace les évènements de façon interne : comment sa ville, sa famille, ses proches et elle-même ont-ils vécu ces évènements, tous ces bouleversements ? Comment se construire après tout cela ? Quelle vision de l'auteur avant, pendant et après tout ça ? Et, peu à peu, le récit va de plus en plus vers la notion d'identité personnelle et culturelle, la notion d'appartenance, le sentiment d'exil. Notion d'identité car elle se questionne, elle se cherche longtemps. Notion d'appartenance et d'exil parce que Marjane passera quelques années en Autriche et elle se questionne sur ce qu'elle est, ce qu'elle veut, la notion d'un chez-soi, d'une maison.

L'auteur nous offre sa vision des choses, nous expose des faits qu'elle a vécu avec sa famille, elle nous parle de ses idées, son point de vue de toute cette histoire, mais aussi sa vie, ses amis, sa famille et en particulier ses parents et sa grand-mère qui lui est très attachée, il faut dire que le personnage de la grand-mère a un côté très rassurant, elle offre conseil, réconfort. Loin d'imposer un avis brutal, l'auteur nous amène à doucement et lentement comprendre les choses au fur et à mesure de ses réflexions. Ça permet d'éviter les fausses conclusions, les mauvaises déductions, les avis sans fondements et jugements trop hâtifs. Mais ce qui m'a plu était l'aisance d'allier situations tristes et dramatiques, nous avons des scènes touchantes, tristes ou drôles. Drôlerie, gravité, légèreté sont au rendez-vous, le tout raconté avec beaucoup de sincérité. C'est un beau témoignage qui parle d'un contexte pas si connu finalement (surtout pour moi en fait), ce n'est pas un sujet que j'ai vraiment abordé en cours et ce n'est pas ce qui m'intéressait le plus niveau Histoire. Si ce n'était pas un coup de coeur, c'est une lecture qui marque...



- Image tirée du film du même nom -

mercredi 29 juin 2011

Anita Blake (T.2) Le cadavre rieur - Laurell K. Hamilton.

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'See these eyes so green
I can stare for a thousand years
Colder than the moon
It's been so long.'

- Cat people, David Bowie -



Article connexe :

- Anita Blake (T.1) Plaisirs coupables.
- Anita Blake (T.3) Le cirque des damnés.
- Anita Blake (T.4) Lunatic Café.
- Anita Blake (T.5) Le squelette sanglant.



Emprunt médiathèque.
/ ! \ Fang's addict challenge / ! \




Quatrième de couverture :

Savez-vous ce que c'est qu'une "chèvre blanche"? Eh bien, en jargon vaudou, c'est un doux euphémisme pour désigner la victime d'un sacrifice humain. Et quand ces types sont venus me demander de relever un mort de deux cents ans et des poussières, j'ai tout de suite compris ce que ça impliquait. Je veux bien égorger des poulets, un mouton, voire un buffle dans les cas désespérés... mais ça, non! Pas question... Mais je les ai envoyés promener, eux et leur chèque d'un million de dollars. L'ennui, c'est que tout le monde n'a pas mon sens moral. Que ces salauds vont bien dégoter quelqu'un pour faire le boulot. Qu'on va se retrouver avec un mort-vivant raide dingue, tout sauf végétarien, et semant la panique. Et que c'est encore la petite Anita qui va devoir se le coltiner ! Comme si je n'avais pas déjà assez de problèmes avec les vampires...


Mon avis :

Je me suis remise à Anita Blake, depuis le temps que je voulais reprendre la lecture de ces tomes, et j'avais bien besoin d'une lecture-détente ces jours-ci et j'en ai encore besoin (c'est pourquoi le tome 3 est déjà dans la PAL), et si j'ai eu franchement du mal à me replonger dans les aventures d'Anita Blake, au final, il s'est avéré que ce tome était juste ce qu'il me fallait. Une lecture divertissante, pas casse-tête, sympathique, je commençe à m'attacher à cette série, pas autant que Mercy Thompson car Anita Blake a ses défauts mais avec deux tomes de lus déjà, je trouve cette série plutôt sympathique dans l'ensemble.

Ce second tome est intéressant, plus que le premier, tout d'abord parce que l'auteur exploite plus l'autre boulot d'Anita, son rôle de réanimatrice de morts/zombies, plus que son côté Exécutrice de vampires. En effet, son don pour relever les morts attise l'intérêt d'un homme riche en fauteuil roulant, sans scrupule nommé Harold Gaynor qui cherche quelqu'un pour réanimer un mort, un zombie pour que celui-ci exécute ses ordres. Et le mort qu'il veut relever est enterré depuis plus de 200 ans, et une telle antiquité requiert un sacrifice humain pour le réveiller. Seulement, et malgrè la grosse somme que lui propose Gaynor, Anita refuse cette demande. Si elle est prête à sacrifier des animaux pour relever un zombie ou deux, il est hors de question de tuer un être humain. Et plus Gaynor insiste, plus Anita refuse. Et le service demandé par ce riche homme n'est que le cadet des soucis d'Anita qui apprend qu'une famille aurait été assassinée par un tueur pas si humain que ça, sans compter le maître-vampire Jean-Claude...

Donc, ce tome est intéressant car d'une part, on en apprend un peu plus sur le passé d'Anita et ses pouvoirs, un peu de sa famille et ses dons pour le vaudou ou plus exactement son don de réanimatrice de zombie, elle est capable de relever les morts mais puisque dans le premier tome, on ne savait pas grand chose sur Anita et on se centrait plus sur son rôle d'Exécutrice, donc ici on en apprend plus sur l'héroïne et c'est agréable, enfin on peut mieux s'attacher à l'héroïne, elle nous est rendue encore plus humaine. Certes, elle semble un peu Wonder-Woman, mais elle a des excès d'humanité qui la rendent très touchante et sympathique, comment être insensible face à certaines scènes terribles, voire macabres, morbides quand Anita doit inspecter des scènes de crime où un zombie serait le tueur. Ce sont des scènes assez macabres, surtout avec certains détails, ça rend presque malade, insupportable, une véritable boucherie, je déconseille aux âmes sensibles. Pas que l'on retrouve souvent ce genre de scène, juste deux ou trois fois, merci bien. Et malgrè toutes ses mésaventures, elle parvient à rester humaine, ou à avoir son humour, parfois gentiment moqueur. Cet humour est le bienvenu pour alléger l'atmosphère. Surtout après toutes les scènes gores (les descriptions de cadavres déchirés, les rituels sanglants du vaudou...), mieux vaut avoir le coeur accroché !

Anita est une femme d'action, rien d'étonnant donc à ce que, même pas le premier chapitre démarré, Anita ait déjà frôlé la mort et qu'une partie de l'intrigue est mise sur les rails. Au moins, ça donne pas le temps de s'ennuyer même si j'ai eu du mal à m'accrocher à l'histoire, mais c'est surtout dû au fait que ça faisait un an que je n'avais plus lu Anita Blake et donc ce fut moins évident pour moi de me replonger dans l'univers, mais une fois accroché, ce tome se lit tout seul. Mais j'ai noté, avec une surprise agréable, que contrairement au premier tome, l'auteur s'était améliorée au niveau des descriptions, car si les dialogues ont toujours une grande place, il y a plus de descriptions et même d'introspections de l'héroïne, on se plonge mieux et plus souvent dans sa tête, ses pensées... L'enquête m'a intéressée, elle est complexe, intéressante, plus recherchée. On se penche plus sur les zombies et le vaudou et c'est intéressant car c'est un thème que je ne retrouve pas souvent, pour ne pas dire rarement, dans la littérature.

Le choix des personnages est aussi intéressant, une prostituée handicapée Wanda, une reine du vaudon effrayante et puissante Dominga Salvador - qui a été un personnage intéressant, surtout dans le sens où elle est ce que Anita pourrait être si elle passait du côté obscur de la Force - toujours le patron et le collègue d'Anita : Bert et Dophl, et si les vampires sont assez absent de ce tome, il y a toujours Jean-Claude, le maître vampire de la ville, pour pointer le boût de ses canines. On peut lui reprocher d'être trop collant face à Anita mais j'attendais ses apparitions. Loin d'atteindre le charisme et la perfection d'Eric Northman (True Blood/La Communauté du Sud), il se présente bien comme étant un vampire prometteur, séduisant, attirant, dangereusement mortel et beau il faut l'admettre. Et si j'ai encore du mal à me faire à ce nom, j'aime ce personnage qui aime, visiblement, courir après Anita. Je suis vraiment curieuse, j'ai hâte de savoir ce que va donner cette relation étrange, comment elle va évoluer au fil des tomes.

Petit détail qui ma frappé : les nombreuses mentions aux baskets Nike. L'auteur est-elle une addict de cette marque ou a-t-elle été sponsorisée par Nike ? Car les Nike sont mentionnées souvent, car Anita a des Nike blanches et elles sont confortables, mais quand elles sont blanches, c'est pas pratique pour les scènes de crime sinon le sang va s'en imprégner, donc vaut mieux porter des Nike noires... moi, je me serais juste contentée de parler de baskets sans mentionner de marque en particulier, parce que sinon ça fait... publicitaire ! De petits détails peut-être, mais dont je me souviens encore ! Mais sinon, j'ai appréçié l'humour d'Anita, sa sensibilité, ses peluches pingouins qu'on retrouve comme au premier tome, ses réponses au tac-au-tac, sa relation avec le vampire Jean-Claude...

Il y a certes un peu trop d'action, des scènes assez horribles, des combats violents, et le coup de pub pour Nike un peu trop flagrant, je commençe à aimer cette série, surtout qu'on ne tombe pas dans les scènes de sexe (pas encore ?), on se contente d'enquête, combat, action, créatures surnaturelles, et quelques piques par-ci par-là avec le beau vampire de la ville, JC... donc malgrè les petits défauts, j'ai bien aimé ce tome qui m'a offert une lecture bien sympathique et qui détent.



Extrait :

- Vous êtes une salope amorale.
- Et toi,
chica, tu dois apprendre à respecter tes aînés.
- Le respect, ça se gagne.
- Je vais te rappeler pourquoi les gens ont peur du noir, Anita Blake. Je veillerai à ce que tu reçoives de la visite, une nuit. Une nuit bien noire où tu seras sagement endormie dans ton lit. Quelque chose de maléfique s'introduira dans ta chambre. Je gagnerai ton respect, si c'est ce que tu veux.
J'aurais dû avoir peur, mais ça n'était pas le cas. Trop en colère pour ça ! (...)
- Vous pouvez forcer les gens à vous craindre,
Senora, mais pas à vous respecter.
- Nous verrons bien. Appelle-moi après avoir reçu mon cadeau. Je te l'enverrai très bientôt
.

Chapitre 6.

lundi 20 juin 2011

Les nouveaux contes des vampires (T.2) Vittorio le vampire - Anne Rice.

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Du même auteur  :


/ ! \ Challenge Histoire / ! \

/ ! \ Fang's Addict Challenge / ! \



Quatrième de couverture : 

Vittorio est un jeune noble qui partage son temps entre la Florence des Médicis et les terres de son père, dont le château domine la Toscane. Une existence dorée qui lui permet de bénéficier de tous les attraits de la Renaissance italienne, jusqu'au jour où sa famille est massacrée par une confrérie démoniaque. Vittorio lui-même ne devra sa survie qu'à l'intervention d'Ursula, une vampire d'une stupéfiante beauté. Dès lors, il n'aura de cesse de venger les siens. Parti à la recherche des démons pour les exterminer, il rencontre sur son chemin la guerre, les intrigues de cour et toutes sortes de mystères aussi bien sacrés que profanes.

Mais attention : celui qui nous raconte cette étonnante histoire est aujourd'hui... un vampire ! Que s'est-il donc passé ? Comment l'amateur d'art qui dialoguait avec les anges, l'adolescent assoiffé de vengeance a-t-il succombé à la séduction de la nuit ?


Mon avis :

La semaine dernière, j'ai eu la surprise de recevoir un paquet de Matilda, je venais alors à peine de rentrer de l'hôpital pour passer la nuit chez moi quand j'ai reçu et ouvert ce colis qui m'a remonté le moral, donc, je ne me répéterais jamais assez mais encore mille fois merci à Matilda :) Ce livre faisait parti du paquet et Matilda a eu l’œil car en effet, elle et moi partageons la même passion pour l'auteur Anne Rice, ce titre m'étais inconnu mais cela ne m'a pas empêché de le finir en quelques jours à peine (je n'avais pas tellement le choix en même temps, coincée à l'hôpital).

Ce livre ne fait pourtant pas parti des Chroniques des Vampires dont je recherche encore quelques tomes, mais fait parti des Nouveaux contes des vampires regroupant pour le moment l'histoire de deux vampires : Pandora et Vittorio, et l'histoire de Vittorio se déroule paisiblement dans la Florence de la Renaissance avec ses parents, deux nobles, son frère Matteo et sa sœur Bartola. Mais voilà qu'une nuit, la famille est importunée par d'étranges individus qui finiront par massacrer la demeure et la plupart de ses habitants. Vittorio n'aura le salut que grâce à une vampire nommée Ursula, subjuguée par le jeune homme. Perturbé lui-même par cette rencontre, Vittorio décide néanmoins de se mettre à la recherche des démons ayant massacré sa famille...

C'est assez différent de ce à quoi je m'attendais, mais ce n'était pas vraiment de façon négative, disons que c'était différent des tomes des Chroniques des Vampires que j'ai pu lire jusqu'à aujourd'hui, mais en même temps il y a quelques similitudes. Anne Rice a un style bien à elle et ça se voit tout de suite, ça se ressent, ça se savoure. L'écriture si chère à Anne Rice que j'ai pris plaisir à retrouver, m’enivrer de ses descriptions, oui, les belles descriptions de la Florence de la Renaissance, ses beaux paysages, ses châteaux, ses peintures. Ce livre fait aussi beaucoup de mentions et de descriptions de peintures, surtout représentant des scènes religieuses, des peintures de l'auteur peintre Fra Lippi, peut-être aussi Botticelli, Fra Angelico mais surtout Fra Lippi. Les descriptions sont tellement représentées pour rendre, d'une certaine manière, toute la beauté du tableau, pour nous faire ressentir la beauté et les émotions qui se dégagent du tableau envers celui qui contemple l'oeuvre et Vittorio admire ces peintures et leurs auteurs, ça se ressent beaucoup à un point où j'ai fait ma curieuse et j'ai été me renseigner sur le net afin d'en savoir plus sur ces peintures et leurs auteurs, admirer les œuvres d'art, je crois que comme Vittorio, Anne Rice doit profondément admirer ces peintures. Comment ne pas succomber aux descriptions faites par Vittorio ?

Il y a aussi pas mal de références historiques, surtout sur les Médicis en particulier Cosme de Médicis, il fait savoir que Vittorio et sa famille sont de très grands admirateurs de cette famille. J'ai aimé cette atmosphère de la Florence, de la Renaissance, c'était magnifiquement bien retranscrit avec des mots beaux, justes. Il y a une telle passion dans l'écriture, on ressent bien les émotions de Vittorio. Toujours cette écriture sensuelle, troublante, frémissante pour nous donner un récit se situant dans la Renaissance mais avec un brin de fantastique, d'histoire, un peu de macabre, de luxure et avec de nombreuses mentions à la religion : les rituels, les tableaux, la foi de Vittorio, les anges Ramiel et Setheus. Pourtant cela ne m'a pas gêné, moi qui connais suffisamment bien les œuvres d'Anne Rice, il ne faut pas être idiot pour savoir que le religion est un des thèmes que l'on retrouve dans ses écrits et elle a une telle façon d'en parler, de mélanger la religion avec le sang, la mort, les vampires, la luxure, l'Histoire ; d'une certaine façon, cela me rappelle le style bien cher à la chanteuse Mylène Farmer que je suis depuis de nombreuses années, ses chansons, ses clips reprenant à peu près les mêmes thèmes qu'Anne Rice (sans les vampires ou l'Histoire ceci dit). En lisant, j'ai eu envie d'écouter Mylène Farmer, de me plonger dans la Renaissance italienne, de relire l'histoire des Médicis...

Ici, point de vampires que l'on retrouve dans Les chroniques des Vampires, pas de Lestat ou autres, mais de nouveaux vampires pour une nouvelle histoire. La particularité avec les vampires d'Anne Rice est qu'ils sont éternellement damnés, ils sont rarement heureux et s'ils sont contents de leur quotidien à un moment donné, ils finissent par se lasser. C'est très différent des vampires de Stephenie Meyer où l'on retrouve le happily ever after, où les personnages vivront heureux pour toute l'éternité et où l'héroïne n'attendais que ça : être vampire pour pouvoir roucouler pour l'éternité avec son chéri. Et j'aime cette facette des écrits d'Anne Rice, les vampires auront à jamais une existence troublée, éternelle, rarement heureuse pour toujours car pour moi, l'éternité est un fardeau et les vampires ne peuvent supporter de vivre éternellement. Mais les vampires de l'auteur aiment aussi se donner en spectacle, faire un peu dans l'excès dans leurs rituels étranges, ça m'a un peu rappelé le Théâtre des Vampires dans Entretien avec un vampire, sauf qu'ici il s'agit d'un Graal rubis avec ses messes, ses rituels, ses sacrifices et ses vampires un peu loufoques mais intéressants. C'est l'inconnu, c'est mystique, c'est obscur.

Et quel étrange couple que celui d'Ursula et Vittorio mais tellement intéressant. Et quel personnage intéressant que celui de Vittorio qui ne se laisse pas impressionner par les vampires, qui a le sens de la répartie avec eux, qui est pieux, seul, courageux, qui est passionné. Et si ce roman était un peu trop court à mon goût, qu'il m'a déconcerté à bien des moments, que je m'attendais à plus et qu'il manque ce quelque chose qui faisait tout le charme des Chroniques, je suis ressortie plutôt positive de ce roman. Certes, ce n'était pas aussi formidable que les autres tomes de la Chronique, je m'attendais à bien plus (c'est trop court !), mais je ne parlerais pas de déception  J'ai retrouvé le style de l'auteur si envoûtant, j'ai découvert les merveilles des tableaux de Fra Filippo, la Renaissance italienne, des personnages intéressants. Bref, une lecture satisfaisante !

Extrait :

A quelque aune qu'on me juge, je suis un vampire remarquable, très puissant, ayant vécu cinq cents ans depuis la grande époque de Cosme de Médicis, et même les anges attesteront de mes pouvoirs si vous pouvez les amener à vous parler. Soyez tout de même prudents. Je n'ai cependant rien à voir avec cette bande d'étranges vampires romantiques du Nouveau monde, de la cité méridionale de La Nouvelle-Orléans, qui vous ont déjà régalés de tant de contes et de chroniques. Je ne sais rien de ces héros d’événements macabres déguisés en fiction. Je ne connais pas leur paradis charmeur des marais de Louisiane. Vous ne trouverez dans ces pages nulle information nouvelle sur eux, ni même d'autre mention que celle-ci de leur existence.

1. Qui je suis, pourquoi j'écris, ce qui doit advenir.

vendredi 17 juin 2011

Les enquêtes d'Enola Holmes (T.1) La double disparition - Nancy Springer.

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L'auteur :
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Nancy Springer, née en 1948, est une auteur de fantasy, de science-fiction et de littérature jeunesse américaine. Dans ses romans, elle a notamment inventé une soeur pour Sherlock Holmes et une fille pour Robin des Bois.

Emprunt de Matilda.






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Quatrième de couverture :

S'il est une chose que j'aimerais savoir, c'est pourquoi ma mère m'a nommée 'Enola'. Enola qui, à l'envers, se lit : alone. En anglais : seule. Et c'est bel et bien seule que je me suis retrouvée le jour de mes quatorze ans, ma mère ayant disparu de notre manoir de façon inexpliquée.

J'ai alors été contrainte d'en informer mes frères aînés que je n'avais pas revus depuis dix ans - Mycroft et Sherlock Holmes. Or ce n'était pas eux qui allaient m'être d'un grand secours. Jugeant que mon éducation laissait à désirer, Mycroft n'avait qu'une idée : m'expédier en pension pour faire de moi une lady. En outre, Sherlock estimait ma capacité crânienne bien trop limitée pour pouvoir résoudre le mystère de cette disparition.

J'étais pourtant la seule à avoir décelé des indices dont mon détective de frère n'avait pas la moindre idée. C'est donc le coeur empli d'espoir, que j'ai décidé, malgré mes appréhensions, de partir à la recherche de ma mère. Seule
.


Mon avis :

Je n'ai jamais vraiment prêté attention à cette série jeunesse, pastiches sur Sherlock Holmes. Elle ne m'avait jamais vraiment attiré, et l'idée d'une petite soeur pour le détective Sherlock Holmes et son frère Mycroft ne m'inspirait pas du tout, je m'en méfiais pas mal, peut-être que j'avais peur que c'était un peu n'importe quoi, à mon avis les nombreuses fanfictions anglophones dans le fandom Sherlock Holmes doivent y être pour quelque chose où la plupart des fics incluant une soeur inventée pour Sherlock Holmes sont presque aussi pire que celles où les fans écrivent une romance Irène/Sherlock. Mais j'ai entendu pas mal de bons échos sur cette série et puisque Matilda a eu la gentilesse de me surprendre en me prêtant ce livre, je n'allais pas l'ignorer, et même si j'ai pris pas mal de temps à le commençer (mea culpa, mea culpa !) j'ai mis à profit la semaine où je devais rester à l'hôpital pour le lire à la suite d'autres bouquins.

Enola Holmes, qui se lit à l'envers Alone (Seule en anglais), est la plus jeune soeur de Mycroft et Sherlock Holmes, ses deux frères déjà adultes. C'est une jeune fille de quatorze ans capable, qui vit seule avec sa mère et un couple de domestique, les Lane. Le jour de ses quatorze ans, sa mère s'absente et laisse le soin aux domestiques la tâche d'offrir à Enola ses cadeaux si jamais elle ne peut pas rentrer à temps. Mais voilà, Lady Holmes ne rentre plus du tout. Pensant pouvoir la retrouver seule, Enola recherche des indices expliquant son départ précipité mais sans rien trouver, elle finit donc par contacter ses frères aînés qu'elle n'a pas vu depuis dix ans...

L'histoire se divise en deux parties : une centaine de pages environ pour la présentation et cent autres pages pour l'action en gros. L'écriture est simple, fluide, élégante même. L'intrigue est bien menée, il n'y a pas un seul instant d'ennui, tout est bien menée avec les descriptions, les détails, les rebondissements. L'auteur maîtrise assez bien l'époque, les vêtements, les lieux, les maisons, les paysages de l'ère Victorienne. J'ai beaucoup aimé les descriptions d'une Angleterre victorienne comme si on y était ! Sans compter que l'auteur nous renseigne bien sur la condition de la femme à cette époque et nous incite presque à nous révolter. Certes, la condition de la femme était loin d'être celle qu'elle est aujourd'hui, mais elle était considérée comme faible, inférieure aux hommes, juste bonne pour le rôle d'épouse et mère.

Enola est une bonne narratrice, elle est une jeune fille attachante, simple, volontaire, déterminée, indépendante et possède le même talent pour la déduction, l'intelligence de ses frères aînés. Sans pour autant être une Mary-Sue ou une demoiselle en détresse, elle est débrouillarde, simple, plaisante, une jeune fille assez indépendante, plus en comparaison des jeunes filles de l'époque. [ elle va même jusqu'à s'enfuir pour échapper le couvent où Mycroft veut l'envoyer ] Elle est à la fois matûre pour son âge, mais on voit tout de même qu'il reste en elle l'enfant qu'elle était, elle n'a que quatorze ans. Elle est là, seule, livrée à elle-même, elle ne s'y connaît pas forçément bien dans les moeurs de l'époque, car sa mère l'a élevée à sa manière et pas comme il se le devrait à l'époque, donc elle a certaines difficultés à se plier aux codes de l'époque. Mais c'est un personnage qui a du potentiel, malgrè ses défauts, elle est intelligente et indépendante.

Concernant la relation avec ses frères... sa relation avec Sherlock est assez intéressante, bien construite : elle est à la fois compliquée car il y a cette distance froide ou timide mais en même temps, il y a un certain respect, de l'admiration et de l'affection dissimulée, j'attends de voir comment ça va évoluer par la suite. J'ai été un peu déçue de ne pas voir Sherlock bien souvent, je m'étais attendue à le voir aussi vers la fin mais non. Malgrè tout, j'ai aimé le voir ici, ainsi que son frère Mycroft bien qu'il ne soit pas présenté sous de bons aspects : il ne s'inquiète pas trop pour sa mère et se préoccupe surtout de la façon de s'occuper de l'héritage familial, et la demeure des Holmes, mais malgrè cela, c'était un vrai plaisir que de voir les frères Holmes.

Les deux enquêtes présentes sont indépendantes pourtant je croyais qu'il y avait un lien, mais non. Mais pour ce qui est de l'intrigue, le mystère plane surtout autour de la disparition de lady Holmes, elle est bien amenée et travaillée tout le long du roman, j'ai aimé l'idée que la mère ait laissé des enigmes à sa fille pour en savoir plus, cette affaire domine tout le roman, il n'est donc pas étonnant que je n'ai pas aussi bien aimé ni ne me suis intéressée à l'enquête secondaire, celle de la disparition du jeune Lord. Aussi, je m'attendais à [ ce qu'on retrouve la mère d'Enola vers la fin, mais non ] j'imagine que ça aurait fait trop prévisible. Mais sans ça, je suis restée sous une bonne impression avec ce roman, j'ai eu une agréable surprise.

Extrait :

L'un des avantages de la bicyclette est qu'en pédalant on peut se permettre de réfléchir sans trop redouter de plisser le front au risque de s'attirer des remarques. Et c'était un soulagement, je dois dire, à défaut d'un réconfort, que de mettre un peu d'ordre dans mes pensées tout en traversant Kineford endormi, puis en m'engageant sur la route de Chaucerlea.

Chapitre III.

mercredi 15 juin 2011

Wiggins et Sherlock contre Napoléon - Béatrice Nicodème.

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Articles connexes :

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Quatrième de couverture :

Wiggins est un peu déçu par la nouvelle mission que lui a confiée Sherlock Holmes : il aurait préféré enquêteer sur le redoutable “Napoléon du crime” avec le détective plutôt que de filer Robert Petticoat, un jeune noble soupçonné d’appartenir à un réseau anarchiste. D’autant que Petticoat sillonne Londres en tous sens du matin au soir ! Un après-midi, Wiggins le suit dans les allées de la National Gallery, où tous deux restent jusqu’à la fermeture. Le lendemain, on apprend qu’un très célèbre tableau du musée a disparu

Mon avis :

En ce moment, je suis dans ma période Sherlock Holmes, livres, BDs, films, série tv... tout y passe ; j'en profite donc pour baisser ma PAL en lisant des livres parlant/mentionnant le détective londonnien, ce livre en faisait donc parti. Merci Matilda de m'avoir offert ce livre il y a quelques mois :)


Ce livre est un peu plus épais que les deux aventures précédentes de Wiggins que j'ai pû lire auparavant, il fait dire que l'enquête est un peu plus touffue. Le livre est bien écrit, comme toujours, un style fluide et agréable qu'utilise l'auteur pour nous parler de Londres et l'Angleterre victorienne avec des mots simples, elle fait aussi de nombreuses allusions au canon Holmesien de Conan Doyle, me donnant envie de replonger dans les nouvelles de Doyle dont elle parle, mais elle fait aussi illusion aux autres aventures de Wiggins, dont une que je n'ai pas encore découvert. Mais j'ai aimé cette atmosphère du Londres de la fin XIXe siècle, c'était très bien décrit, bien présenté... les lieux, les gens, la société hierarchique, le fleuve... un plaisir de se plonger dans cette époque ! L'auteur fait aussi référence aux nombreuses personnalités connues de l'époque telles que (comment ne pas parler de lui ?) Oscar Wilde et son excentricité vestimentaire.


Sherlock Holmes et le docteur Watson y sont un peu plus présents aussi, pas aussi présents que Wiggins (normal, vu que c'est le personnage principal), mais on les voit quand même pour mon plus grand plaisir. Il faut dire que dans ce volume est présent le grand rival de Sherlock Holmes, le génie du mal, le Napoléon du crime j'ai nommé le professeur Moriarty, que Holmes traque dans cette histoire tandis qu'il charge Wiggins de surveiller une personne soupçonnée d'être un anarchiste, un jeune noble nommé Petticoat. Et Wiggins, bien que ne connaissant pas Moriarty, aurait préféré aider Holmes dans sa traque du génie du mal plutôt que de suivre un noble. Il est vrai que pendant un temps je me suis demandée quel rapport entre Petticoat et Moriarty [ en fait il y en a pas tellement ! ], et j'ai trouvé l'enquête secondaire : celle sur la surveillance de Petticoat, supposé anarchiste, plutôt sans grand intérêt, ni quel but elle servait vraiment ; enfin, il faut dire que j'ai surtout préféré la traque de Moriarty et savoir ce qu'il manigançait. Est aussi mentionné le bras droit de Moriarty, le colonel Moran qu'on reverra notamment dans la nouvelle de Doyle, La maison vide.


J'ai aimé la présence d'humour, surtout quand l'auteur/Wiggins se moque un peu gentiment de Holmes et ses petites manies, son snobisme et autres, mais j'ai aimé le fait que malgrè ses défauts ou son sentiment d'être parfois supérieur aux autres, Holmes nous est montré humain ; tout comme j'ai aimé Watson en mère poule (envers Wiggins ou Holmes), il est de nature affectueuse, le docteur et il est hors de question qu'on lui pique son job de biographe de Sherlock Holmes, non mais ho ! Sinon, j'ai bien aimé le personnage d'Alan que j'espère revoir dans les autres volumes, c'est un jeune Irlandais au caractère bien trempé et on remarque bien les petits préjugés entre nationalités (Irlandais comme Ecossais parfois s'entendent mal avec leurs voisins les Anglais), mais malgrè tout, Wiggins se fait un ami en la personne d'Alan, personne très franche, directe, j'ai adoré ce personnage. J'ai aussi mieux aimé Wiggins qui m'est plus attachant, plus crédible (bien que je trouve moins crédible le fait que Wiggins trouve des choses avant Holmes, doué ou pas Wiggins est encore loin d'atteindre le niveau de Holmes). Mais ça reste un roman court très agréable à lire, vraiment sympathique :)

Extrait :

'Etonné de me voir, hein, Watson ? a-t-il [Holmes] demandé en nous faisant entrer.
- Pas le moins du monde, mon cher Holmes ! a répondu le docteur qui aime bien, de temps en temps, gâcher les petits effets de son ami. Quand je vois Mme Hudson excitée comme une puce, je sais que vous êtes à la maison. En votre présence, elle rajeunit de trente ans !
- La célébrité, que voulez-vous !' a rétorqué le détective en souriant jusqu'aux oreilles
M. Sherlock Holmes a beau s'efforcer de jouer les indifférents, il est sensible aux compliments et il ne déteste pas les femmes, même les vieilles Ecossaises grognons !


12. Le mystérieux tarin des aulnes.

dimanche 12 juin 2011

Le monde perdu - sir Arthur Conan Doyle.

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Lecture en ligne ici (VF) ou ici (VO).
 
 
 


 
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Quatrième de couverture : 


Coûte que coûte, Ned Malone a décidé qu'il arriverait à arracher une interview au professeur Challenger. C'est un savant réputé, mais colérique et redoutable, qui n'a que mépris pour les journalistes. Contre toute attente, c'est lui qui entraînera Ned au coeur de l'Amazonie pour d'inoubliables expériences dans un monde perdu où l'évolution s'est arrêtée des millions d'années plus tôt.



Mon avis :
 

C'est en rééditant mes articles sur Jurassic Park et Le monde perdu de Michael Crichton que j'ai eu l'envie de lire quelque chose sur les dinosaures ; pas une encyclopédie ou un quelconque livre expliquant tout ce qu'il y aurait à savoir sur les dinosaures mais bel et bien un roman, et bien que ce ne soit pas un thème récurrant dans la littérature, j'avais Le monde perdu de Conan Doyle.


Pour l'amour d'une femme qui ne rêve d'épouser que des hommes aventuriers ayant fait quelque chose de palpitant et dangereux, Edward Malone, dit Ned, journaliste irlandais, décide de consacrer son prochain article à une activité dangereuse et intéressante qu'il pourrait tenter. Son patron lui suggère de rencontrer le professeur Challenger, zoologiste célèbre qui serait revenu d'Amérique du sud avec une histoire que personne ne croit et des photos que l'on dit truquées. Il aurait découvert en Amazonie des animaux jamais vus auparavants par des yeux humains, un monde peuplé d'une faune et flore inconnues remontant à l'âge du jurassique. De tels animaux ayant vécu il y a des millions d'années auraient survécu en Amérique du sud. Ned tente d'approcher ce personnage à la langue sarcastique mais au génie reconnu qui se montrerait violent avec les journalistes depuis son expédition. Se faisant tout d'abord passer pour un étudiant, Ned est pourtant vite démasqué mais quelque chose chez lui plaît au professeur qui se décide à révéler une partie de son aventure avant d'annonçer son désir de retenter l'expérience en compagnie de quelques personnes volontaires...


Ce n'était certes pas aussi parfait (si la perfection existe) que Jurassic Park et Le monde perdu de Crichton que j'avais lu et qui m'avaient émerveillé au plus haut point, mais c'était une lecture très satisfaisante. J'appréhendais un peu, j'ignore pourquoi, mais en même temps je souhaitais lire plus de Conan Doyle que son héros célèbre, Sherlock Holmes, bien que je sois une admiratrice du détective anglais. Ici il s'agit d'une aventure du professeur George Challenger, un personnage très particulier. Il est intelligent, passionné, orgueilleux, parfois violent, sarcastique mais génial. Il rappelle un peu Sherlock Holmes par son intelligence et ses paroles ironiques et moqueuses, malgrè toutes les différences entre ces deux personnages géniaux. Il reste un personnage impressionnant. J'ai beaucoup aimé Ned Malone, journaliste de 23 ans, qui parvient à s'approcher suffisament du professeur pour que celui-ci lui fasse quelques révélations et l'invite dans les tréfonds de l'Amérique du sud pour une nouvelle excursion, Ned est une figure sympathique et chaleureuse, il m'a fait pensé, à bien des moments, au docteur Watson. Parfois naïf, sceptique d'abord face à Challenger mais finissant par entrer en admiration devant le génie, courageux, avide d'aventures, pas une lumière mais un conducteur de lumière bien que je trouve franchement idiot de risquer une aventure dangereuse et risquée pour amour pour une femme qui consentira peut-être à vouloir de lui que s'il est célèbre, surtout si sa célèbrité est dûe à quelque chose de dangereux et palpitant qu'il aurait fait. Au final, cette pauvre bonne femme [ ne prend même pas la peine de l'attendre et se marie avec un autre ], encore heureux que ça se finisse quand même bien pour le pauvre Ned.


Niveau personnages, parmi les plus présents se trouvent aussi le professeur Summerlee et ça fait des étincelles avec Challenger ! Les deux professeurs sont rivaux et aussi scientifiques donc experts dans le domaine, et Summerlee est rarement d'accord avec Challenger, dons sceptique à propos du premier voyage de Challenger, il décide de faire parti du groupe pour la seconde excursion, et les piques tombent souvent entre les deux, d'autant plus que Summerlee a la langue acide, un humour sarcastique, ironique et provocateur, comme son rival et il arrive parfois que les deux se chamaillent comme deux gamins pendant les pires moments quand ils ne se taisent pas pour entrer en extase devant la faune et la flore de l'Amazonie. C'est assez comique et dérisoire leurs gamineries ou leurs manies de s'extasier sur les paysages ou créatures même quand le moment est très mal choisi. Ca apporte un peu de légèreté dans le roman, un peu d'humour, et c'est ce que j'ai surtout aimé dans le roman, il y a de l'humour, surtout de l'humour moqueur mais de l'humour, plus que dans Sherlock Holmes.

Sinon, autre personnage important, il y a Lord John Roxton, aventurier et chasseur de grande renommée, avide d'action, cette aventure ne pouvait que lui convenir. C'est un personnage tout aussi sympathique, plutôt attaché à Malone qu'il appelle par des surnoms lui faisant rappeller à quel point Malone est jeune et inexpérimenté dans beaucoup de domaine, comme 'bébé' mais ça c'est dans ma traduction parce que le mot sonne bizarre dans mon ouvrage : dans la VO, Roxton appelle Ned 'young fellah' ou 'sonny' qui pourrait se traduire en 'fiston' ou 'jeune homme' et pas bébé, mais ce n'est que ma traduction, c'est juste qu'appeller quelqu'un 'bébé' sonne bizarre alors que des mots comme 'gamin', 'garçon', 'fiston' ou 'jeune homme' sonne mieux si un homme d'âge mûr veut surnommer un homme plus jeune que lui ayant au moins la vingtaine d'années. Mais Conan Doyle nous offre de bons personnages avec des caractères bien trempés et (pour certains) des égos démesurés mais n'étant pas étranger au mot 'bravoure' ou 'ingéniosité'.

Ensuite... j'ai un certain intérêt pour les dinosaures depuis ma première diffusion de Jurassic Park quand j'étais petite (ça aurait dû me traumatiser avec les tyranosaures et ces saletés de velociraptor... bah non !), aussi j'ai été contente de retrouver ce thème dans la littérature et ce fut satisfaisant dans ce roman. Conan Doyle manie très bien cet univers, ce qui prouve qu'il n'est pas que l'auteur de Sherlock Holmes, il fait dans la diversification ; ici, la science-fiction : dinosaures, créatures exotiques et même hommes-singes en plein coeur de l'Amazonie. Dans une langue simple où il manie aussi l'humour, Conan Doyle nous fait visiter un monde étranger, exotique, c'est très dépaysan ces nombreuses descriptions sur l'Amazonie, l'Amérique du sud avec sa faune et sa flore, les fleuves, les forêts/jungles, les animaux. Loin du Londres de la fin XIXe/début XXe siècle, Conan Doyle nous fait voyager avec une équipe pas commune les fins fonds de l'Amazonie. Et parmi cette ambiance terrible de la jungle equatoriale où vivent des dinosaures se trouve aussi le flegme de Sherlock Holmes avec des personnages hauts en couleur, british, un génie qui ne s'inquiète pas, constate et garde son sang-froid.

J'ignore si Conan Doyle se basait uniquement sur les connaissances sur les dinosaures de l'époque mais disons que certaines descriptions sur certains dinosaures étaient floues, pas grand chose était révélée, pas suffisament pour permettre d'identifier le dinosaure. Je sais qu'au début du XIXe siècle, les scientifiques de l'époque commençaient s'intéresser à ces animaux disparus mais en un siècle, ils ne savaient pas tout, il y a eu d'autres découvertes au XXe siècle et aujourd'hui encore on ignore bien des choses sur ces espèces disparues. Et j'ai un peu tiqué sur ce que l'auteur sous-entendait en écrivant (sous les paroles d'un personnage) que tous les dinosaures avaient la même lueur de cruauté dans le regard (les carnivores, je veux bien... mais les herbivores ? enfin, n'ayant rencontré aucun dinosaure, je me tairais mais bon...) et que s'ils avaient disparu, c'était qu'ils n'étaient pas assez intelligent pour pouvoir survivre et s'habituer au temps qui passe, aux nouvelles modifications de la Terre et des conditions météologiques. Je suppose qu'on ne savait pas grand chose sur ces sujets à l'époque mais j'ai tiqué, certains dinosaures étaient quand même intelligents et jusqu'à présent, rien ne permet de confirmer que la cause de la disparition des dinosaures était leur stupidité, leur incapacité à s'adapter d'accord mais pas la stupidité ! Mais c'était le seul point noir que je pouvais relever car Conan Doyle nous présente des dinosaures tels que le stegosaurus ou l'allosaurus (sorte de Tyranosaure, si vous avez vu Jurassic Park, vous verrez de quoi je parle) ou autres dinosaures ou autres créatures ayant vécu à la Préhistoire ou dans l'ère du Jurassique... et même des hommes-singes, sur le coup, ça m'a paru bizarre. Il y a vraiment tous les ingrédients possibles pour rendre l'atmosphère exotique !

Mais Conan Doyle parvient à rendre crédible un monde où quelque chose (vous le découvrirez en lisant le roman) aurait permi à ces créatures de survivre dans un coin de la Terre et pas ailleurs. Ce roman était une réussite, les fans de l'auteur aimeront sûrement. J'ai beaucoup aimé : l'expédition dans un monde inconnu, les personnages hauts en couleurs, l'humour, les petites ressemblances avec Sherlock Holmes... bref, une lecture satisfaisante :)


Extrait :



M. Hungerton, son père, n'avait pas de rival sur la terre pour le manque de tact. Imaginez un cacatoès duveteux, plumeux, malpropre, aimable certes, mais qui aurait centré le monde sur sa sotte personne. Si quelque chose avait pu m'éloigner de Gladys, ç'aurait été la perspective d'un pareil beau-père. Trois jours par semaine je venais aux Chesnuts, et il croyait dans le fond de son coeur que j'y étais attiré uniquement par le plaisir de sa société.


1. Tout autour de nous, des héroïsmes...

mercredi 8 juin 2011

Le Diable en rit encore (T.3) - Régine Deforges.

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Articles connexes :

- La bicyclette bleue (T.1).
- 101, avenue Henri-Martin (T.2).




Emprunt médiathèque
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/ ! \ Challenge Histoire / ! \







Quatrième de couverture :

1944 : la guerre a fini d'hésiter et chacun a choisi son camp. L'heure est venue des tueries, des règlements de comptes et des grands affrontements militaires. Léa a mûri. Après avoir découvert l'horreur, elle connaît le courage et la haine. Engagée dans toutes les luttes, jusqu'au bout de ses forces, elle trace son chemin volontaire de Montillac en feu à Berlin en ruine, passant par un Paris en liesse où rôdent encore les dangers. Pendant les deux dernières années de cette guerre atroce, la mort est sa compagne et c'est en elle qu'elle puise les infimes raisons d'une vie qui aura l'éclat de l'amour.


Mon avis :

J'ai enfin trouvé l'envie et la motivation de lire ce tome, les premières pages furent longues et pénibles, mais finalement ça s'est arrangé et j'ai pû finir ce livre en deux jours, et ceci clôt la saga de La Bicyclette Bleue sur l'arc de la seconde guerre mondiale, j'ignore si je continuerai la saga (toute la série est à la médiathèque... cela m'épargne l'achat des 12 livres), car les périodes de l'Histoire suivant ne m'intéressent pas tellement... je verrais ça dans un futur plus ou moins proche.

Alors, quoi de beau dans ce tome ? Le résumer me semble compliqué et il se passe tant de choses que je ne sais par où commençer sans rien dévoiller. Disons que ce tome va de 1944 à 1945. La Résistance y est plus que présente, ses actions augmentent et se multiplient, en particulier parce que l'on sent arriver le Débarquement Allié et cette attente, ce débarquement espéré marque chaque personne. Les tensions montent, la guerre a pris un autre tournant, l'Occupation se fait moins ressentir. Léa continue ses missions pour la Résistance avec Camille et d'autres résistants ou maquisards. Sans nouvelle de François Tavernier, elle occupe son temps du mieux qu'elle peut entre la Résistance et ses proches... il y a des pertes comme il y a des bonnes nouvelles...

L'auteur a fait un très bon travail de documentation et de recherche sur la Résistance et ses actions, sur l'époque même en général, ce tome est riche en discours de la BBC, de la radio ou des speech de De Gaulle (dont le très célèbre 'Paris outragé, Paris brisé, Paris martyrisé mais Paris libéré !'), De Gaulle qui fera son apparition 'en personne' dans le roman ainsi que le général Leclerc. Il faut dire que dans un premier temps, tout se passe vite dans le sens où le débarquement a lieu dans les 100 premières pages, et pour un livre de 400 pages environs, on se demande comment l'auteur va remplir le reste. Heureusement qu'il y a moins de scènes de sexe (mais elles restent exaspérantes pour moi, j'ai halluciné lorsque j'ai lu la partie à trois de Léa, qu'elle se soit calmée ou non, il y a un petit côté nymphomane qui reste), ce tome est plus sérieux, plus tragique aussi, il y a plus de pertes, de morts et les descriptions des tortures sont terribles, horribles, sans compter qu'on découvre ce que certains français ont fait subir aux collaborateurs, c'était peut-être justifié mais de la façon dont ils les traitaient... ils ne vallaient pas mieux que les nazis. C'est mon avis, vous pouvez penser autrement, je n'ai pas vécu à cette époque donc je ne dois pas ressentir la même amertume face à ceux qui ont collaboré avec l'ennemi. N'empêche, ces descrptions étaient horribles et révoltantes.

Sinon, il y a des références à certains chants de l'époque, comme Le diable en rit encore, ou Le chant des Partisans qui me fait frissonner à chaque fois, puis la Marseillaise ou la Marche Lorraine. Il y a tous ces élans de patriotisme incroyable qu'on ne retrouve plus tellement aujourd'hui mais qui était admirable à l'époque. A part ça, j'ai eu le malheur de retrouver plein de mentions montrant à quel point Léa est belle, irrésistible, sublime, comme toujours, tout le monde veut l'épouser ! (et moi je vais vraiment finir par laisser l'impression que je suis jalouse -_- ...) mais heureusement que Léa elle-même était bien moins insupportable et moins gamine, elle a été plus agréable, plus mûre, un réel changement par rapport au premier tome, mais avec la guerre elle n'a pas eu d'autre choix que de grandir. J'ai bien aimé la référence à Autant en emporte le vent quand on sait que La bicyclette bleue ressemble à ce roman et que Léa est comme Scarlett, ce qui est drôle est que quand Léa lit ce roman, elle trouve Scarlett insupportable mais Rhett Buttler (qui ressemble à François Tavernier), elle semble beaucoup l'aimer.

D'ailleurs, si François se fait plus absent dans ce tome (pendant les 200 premières pages), le couple Léa/François est toujours aussi attendrissant, sans pour autant tomber dans la guimauve car il y a toujours un certain piquant, des piques et des taquineries entre ces deux-là. Ca permet de détendre le lecteur après tous les moments tragiques ou révoltants qui se produisent pendant une guerre, j'avoue qu'il y a eu des récits poignants, surtout pour celui du docteur au curé quand il parle du drame d'Oradour-sur-Glane qui s'est véritablement produit, ce récit était en plus plutôt détaillé donc ça a accentué son côté poignant, triste, émouvant. Et ne parlons même pas des actions révoltantes des Nazis ou des Miliciens. Puis vient le séjour à Paris alors que Parisiens et Résistants attendent l'arrivée des troupes américaines, on assiste à la libération de Paris par les Résistants et les Américains et tout s'accélère jusqu'à la fin de la libération de la capitale, mais le roman ne s'arrête pas là pour autant, Léa restera encore un moment à Paris avant de s'engager dans la Croix-Rouge française avant d'enfin revenir en France auprès des proches qui ont survécu, en particulier le petit Charles, j'ai beaucoup aimé ce lien entre Léa et Charles, comme une grande soeur et son petit frère.

En gros, un tome toujours aussi satisfaisant malgrè les quelques points noirs relevés, un tome plus noir, plus tragique mais qui se termine sur une note légère et heureuse malgrè tout. A savoir si je vais continuer la saga, seul l'avenir nous le dira... mais j'ai dans ma PAL d'autres livres prioritaires alors ça attendra !

Extrait :

Le temps était lourd et couvert en de début d'après-midi du 9 juin. Léa et Charles descendaient en riant du bois de Candale, affamés après une longue promenade à la recherche de fraises sauvages. Ils en avaient trouvé une dinzaine à peine mûres qu'ils s'étaient partagées équitablement. Le petit garçon adorait la jeune femme. Elle se comportait avec lui comme s'il eût été un frère adolescent et jouait avec le sérieux des enfants.

8.

jeudi 2 juin 2011

Côté face - Anne Denier.

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L'auteur :

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Anne Denier est une écrivain française, auteur de deux romans jeunesse, qui écrit aussi régulièrement sur le site l'Encrier. Côté face est son nouveau roman, publié en 2011 (2009 sur le net).

Lien à découvrir : Côté face, le site.

Emprunt.
Merci à Matilda de faire voyager ce livre !


Quatrième de couverture :

J'étais en retard et si ce n'avait pas été le cas jamais je n'aurais pris ce tram et jamais je ne l'aurais rencontré. Lui. Celui qui allait détruire ma vie en réveillant une mémoire qui sommeillait en moi et dont j'ignorais l'existence. Un autre côté de moi-même.
« Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner. »
J'avais une vie...

Mon avis :

Après tout ce ramdam sur ce livre, comment aurais-je pû ne pas entendre parler de ce livre ? En fait, c'est surtout la faute de Super-Tentatrice, une espèce de super-héroïne qui tente de faire le bien en convertisant plein de pauvres gens à acheter/lire des livres. Si parfois, ça fait pas toujours du bien au porte-monnaie qui sanglote, ça permet de faire quelques chouettes découvertes ou de lire des vraies perles, et Côté face fut de ceux-là. Et Super-Tentatrice a eu la gentilesse de faire voyager, à divers lecteurs, son exemplaire de Côté face, j'ai été la seconde chanceuse à le recevoir et j'ai donc mis à profit les quelques jours que j'avais de libre pour l'entamer.

L'hsitoire, pour résumer un peu [attention spoilers !] est celle d'une jeune fille au quotidien plutôt normal jusque là : des parents, un chien, un enquiquineur de frère, des copines, le lycée... seulement, son quotidien vient à subir quelques chamboulements après avoir rencontré un étrange garçon dans un tramway, et après qu'une chute dans les escaliers ait rendu la jeune fille amnésique. Si elle commençe, au boût de quelque temps, à se remémorer de quelques souvenirs, elle se rend compte qu'elle n'a pas vraiment vécu ces souvenirs... enfin si, mais pas dans sa vie actuelle...

Je n'en dis pas plus, il se passe bien des choses et ce serait un crime que de spoiler. Alors alors, comment commençer cette 'critique', par où commençer ? Ce livre... est unique dans son genre, dans le sens où je n'ai jamais lu de livre similaire à celui-ci au niveau de l'histoire, du sujet et de l'écriture. Il y a une atmosphère bien particulière à ce roman, c'est pesant, mystérieux, sombre, parfois à la limite du malsain (d'où le petit aperçu dans la quatrième de couverture : 'Te séduire, t'emmener, te torturer, te violer et t'assassiner.' une phrase qu'on retrouvera souvent dans le roman. Elle pourrait résumer l'histoire. Il y a une ambiance presque déprimante dans ce roman pour certains passages ou chapitres, du moins je fus bien déprimée à certains passages que je lisais, heureusement ce ne fut pas le cas de tout le roman, juste de quelques extraits car le roman en lui-même est très bien, j'ai suffisament aimé pour continuer à lire jusqu'à la fin en peu de temps (trois jours environ), même s'il est clair que ce roman a une ambiance bien particulière avec une écriture qui n'appartient qu'à l'auteur, l'auteur a un style bien à elle qui est aussi particulier que l'histoire et l'atmosphère de son histoire, mais pas de façon négative : c'est envoûtant, ça nous fait ressentir plein d'émotion, on peut presque ressentir le roman, son atmosphère pesante, sombre, mystérieuse... oui, je me répète mais je ne trouve pas d'autres mots pour résumer cela.

J'ai aimé trouver des références littéraires, notamment pour le Faust de Goethe (j'avais lu cette pièce l'an dernier et ce fut un coup de coeur pour l'oeuvre et cet auteur), ainsi que quelques conversations de certains personnages en allemand même si ce fut déconcertant pour moi qui n'ai jamais appris cette langue, autant dire que je ne m'y connais pas tellement, mais je pense pouvoir dire que l'auteur a une bonne maîtrise dans cette langue (est-ce que ce fut une langue apprise à l'école ou a-t-elle eu de l'aide par un 'spécialiste' de la langue ?), enfin heureusement pour moi qui n'ait appris que l'anglais en seconde langue, que les traductions étaient là. Sinon, sinon... j'aime beaucoup l'idée de vie antérieure, ce fut bien mené dans le roman, à un point où les deux vies du personnage principal : celle qu'elle mène dans le monde d'aujourd'hui, et celle de ses souvenirs de sa vie antérieure, se mélangent presque et que j'ai eu du mal, pour certains passages, à savoir qui narrait : l'héroïne ou celle qu'elle fut autrefois ? aussi j'ai du relire une seconde fois afin de mieux comprendre car parfois j'ai eu du mal à saisir le caractère du personnage principal sans nom (elle en a un mais il n'est pas révélé, seulement celui de sa vie antérieure : Hyla, était-ce voulu ? oui sans doute...), certes il est compréhensible que depuis son amnésie, elle change mentalement, surtout après avoir rencontré Nebel, le garçon du tramway, bien que je dois avouer que certaines des actions de l'héroïne (ou plutôt anti-héroïne, ce terme lui convient mieux) m'ont paru très... déconcertantes, voire même inconscientes [ elle ne connaît rien de Nébel mais elle est prête à le retrouver quelque part alors qu'il pourrait être un psychopathe, le fait de tout cacher à ses parents, de ses problèmes, ou encore la scène où elle monte dans la voiture d'inconnus ivres ], j'ai eu du mal à la comprendre là... ce n'est pas négatif, hein, juste une remarque.

On ne connaît pas le nom de la plupart des personnages donc, la plupart ont des sortes de pseudonymes (Quasimodo, N°1 et N°2, son Altesse Royale, Monchérimonamour, la démone, le monstre aka le chien du frère) ou sont nommés par leur titre (Ma meilleure amie, mon père, ma mère, le frère), les seuls nommés sont les trois personnages principaux de la vie antérieure : Hyla, Nébel et Côme. Et encore, ces noms ne sont pas donnés immédiatement : une manière de garder une part de mystère le plus longtemps possible ? Nébel est... intéressant, on a du mal à voir où il veut en venir ni s'il est ennemi ou qu'il veut du bien à l'héroïne, mais je dois dire que je préfère Côme, il a une personnalité intéressante, intriguante bien qu'il peut être ironique, sarcastique, mauvais dans un sens, possessif, il y a cette relation ambigüe et malsaine entre lui et Hyla, une relation qui change, évolue parfois à la limite du malsain ; Hyla est comme une poupée, un jouet, une possession. Puis il y a cette histoire d'amour avec Nébel... Hyla comme l'héroïne, elles pensent à lui, ont besoin de lui, cette relation mystérieuse devient une histoire d'amour avec une pointe de fantastique [ une pierre d'immortalité dont ont été victimes Hyla, puis plus tard Nébel, une sorte de pierre philosophale, une Chrysopée ], faisant voyager le lecteur entre la France d'aujourd'hui et l'Allemagne du début du XXe siècle, mais en remontant un peu le temps selon les chapitres (XVIIIe et XIXe siècle), il y a de bonnes recherches sur ces siècles, les vêtements, quelques références littéraires et historiques aussi, on sent bien la recherche, ça a du demander pas mal de travail et je félicite l'auteur, la pauvre qui a du avoir bien du travail pour nous pondre ce bijou. Se faire publier est un rêve souvent difficile à atteindre mais je suis heureuse que l'auteur ait réussi.

J'ai aussi aimé cette pointe de poésie dans le roman, en plus de l'humour, un humour grinçant ou moqueur, du suspence... ah oui, aussi je ne me le répèterai jamais assez mais je craque pour la couverture tellement magnifique, c'est ça qui m'a d'abord attiré chez ce roman. L'écriture est bien maîtrisée, l'atmosphère du roman est marquante, c'est le moins qu'on puisse dire. Sans parler de l'héroïne qui se détâche de tous les personnages féminins que j'ai pû retrouver dans de nombreux livres, elle est unique, jamais encore je n'ai rencontré un personnage comme elle, ni un schéma narratif rythmé si bien maîtrisé entre les flash-back et le retour à la vie 'normale'... bref, bref, un roman qui sort de l'ordinaire, c'est déroutant, original, unique, ahurissant, poignant... bref, on ne peut pas ne pas en ressortir indemne, c'est un roman qui marque son lecteur. Un style agréable à lire, une écriture maîtrisée, une histoire originale, des personnages mystérieux, une atmosphère marquante, pesante et sombre... enfin voilà, quoi. Je pense que ça résume un peu le livre, vous l'aurez deviné : j'ai beaucoup aimé, ce livre m'a marqué, j'aurais du mal à l'oublier, j'en suis ressortie toute chamboulée...

Note : J'autorise l'auteur (si elle lit l'article) à me lyncher si jamais elle ne trouve pas ce billet correct !
 
Extrait :

Je mordis dans ma tartine et ouvris le livre. Je parcourus rapidement les premières pages. L'héroïne était la nièce de la petite-fille de la belle-soeur du beau-frère de la cousine par alliance de la filleule de la reine Victoria, blonde, cultivée, parlant au moins dix langues étrangères et elle était incroyablement cruche. Elle avait un nom effroyablement compliqué qui rimait avec sparadrap.

17 - Journal.

mercredi 1 juin 2011

La quête d'Ewilan (T.2) Les frontières de glace - Pierre Bottero.

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Articles connexes :










Quatrième de couverture :

« Les bras de la goule se refermèrent sur Camille qui poussa un cri de détresse. Un froid terrible la saisissait, figeant ses membres et menaçant de faire exploser son coeur. Camille avait si froid qu'elle aurait hurlé si elle en avait été encore capable. Elle ne sentit pas des bras l'envelopper dans des couvertures, la frotter, la masser. Il faisait froid. Vraiment trop froid. »



Mon avis :


Après ma deception de Démon Intérieur, j'avais envie de lire tout autre chose, quelque chose de réconfortant, de... chaleureux si je puis dire, avec une belle écriture, une bonne histoire, un bon livre histoire de me remettre de ma deception du livre précédent, et j'ai choisi de lire Pierre Bottero, peu importe le livre, puis j'ai décidé de continuer la série La quête d'Ewilan puisque le premier tome, lu en février 2010, fut satisfaisant pour une première découverte de Bottero. Je me suis replongée, le temps d'une semaine (d'habitude je ne suis pas si longue mais j'avais des révisions), dans ce monde si cher à Bottero : Gwendalavir, l'art du dessin, les personnages tout en couleur, et si j'ai moins aimé que le premier tome (un peu normal, on y découvrait le monde, les personnages), cette lecture du second tome fut très satisfaisante et ça m'encourage à lire un jour le troisième tome.

Dans ce tome, Camille et Salim sont revenus à Gwendalavir et décident de partir avec leurs compagnons : le chevalier Bjorn, Maître Duom analyste érudit, la jeune marchombre Ellana, le guerrier autoritaire Edwin, Maniel le soldat, puis un Rêveur, Artis Valpierre, pour les frontières de glace afin de libérer les Sentinelles prisonnières des Ts'liches. La route sera longue et dure, surtout que des créatures sauvages ou des mercenaires du Chaos, bien décidés à tuer Camille/Ewilan, se mettront en travers de leur chemin. Mais cette route longue et dure sera aussi l'occasion, pour le groupe, d'apprendre à mieux se connaître, de se rapprocher, de faire ses preuves, de faire quelques réalisations ou révélations... découvrir le peuple Faëls, si différents des humains aussi...

Le résumé n'est certes pas très clair, mais je ne peux pas en dire plus. Il se passe bien des choses : Ewilan qui affermit son don pour l'Art du Dessin, elle en devient maîtresse, elle devient plus ouverte, plus autoritaire parfois, plus sympathique à mes yeux, accessible. J'ai aimé plus que tout retrouver l'humour si cher à Salim, meilleur ami de Camille, qui met ainsi de la vie et de la gaité dans le groupe, mais on s'aperçoit également qu'il cherche à se rendre utile, à trouver une voie pour lui, quelque chose qui pourrait lui convenir. Ellana la marchombre devient plus accessible, plus ouverte, chaleureuse (surtout avec Camille qu'elle appelle sa soeur), plus humaine quoi, mais toujours aussi piquante et douée et efficace en ce qui concerne ses activités Marchombres. On a aussi l'occasion d'en apprendre plus sur Edwin, que j'aimais bien comme figure d'autorité presque paternelle, même s'il se montre vraiment borné, surtout sur le système de hierarchie. Enfin voilà, ce tome tend vers beaucoup de fenêtres sur les personnages, leur passé, leur avenir, et sur Gwendalavir aussi, on en apprend un peu plus sur cet autre monde, la capitale, on traverse ce monde, on le voyage à travers les personnages, on découvre encore plus ce monde différent du notre, ses créatures, ses peuples (je m'intéresse au peuple des Faëls, surtout que l'un d'entre eux - Chiam Vite - est un personnage intéressant et qu'il se différencie vraiment des êtres humains, ils n'ont pas les mêmes valeurs et ressentent et voient les choses différement, j'aime sa façon de se moquer doucement de l'espèce humaine).

Enfin voilà, dans ce tome, les personnages nous sont rendus encore plus attanchants qu'au premier tome, les relations entre eux deviennent plus enrichies et renforçées par le voyage et les épreuves. C'est comme une famille soudée dont Camille est le ciment. Pierre Bottero use de son talent pour approfondir les différentes personnalités et nous montre encore plus de son monde imaginaire. L'art du dessin y est plus présent, il n'est pas seulement un pouvoir que possède Camille/Ewilan, il est à l'origine de Al-Jeit, capitale de Gwendalavir, de l'Arche, il fait partie de la vie des habitants, de l'Empereur. Ici, Camille achève sa première mission pour pouvoir se consacrer à l'autre : la recherche de ses parents, dont nous avons déjà appris quelques révélations dans ce tome, notamment grâce à Edwin.

On a pas vraiment le temps de s'ennuyer, il y a beaucoup d'action, de péripéties qui s'enchaînent à un rythme soutenu, bien que j'ai été insensible aux scènes d'action dans le sens où je n'ai pas ressenti grand chose, voire rien, ce ne fut pas le genre de scène d'action où les héros sont en danger qui me fait battre le coeur à la chamade, qui me fait m'inquièter pour les personnages ou comment va se dérouler l'issue de ces combats, je me disais que c'était évident qu'ils allaient s'en sortir sans grandes difficultés parfois ou tous sains et saufs. Je n'ai pas été remuée ni chamboulée par ces scènes, bien que je dois avouer que certaines étaient bien menées et intéressantes, mais sans plus. L'histoire était plaisante à suivre, bien sympathique bien que je dois avouer que cette mission ne fut pas passionnante à mes yeux, j'attends plus la quête de Camille pour ses parents biologiques en fait, et j'ai surtout appréçié le livre pour les informations sur l'histoire et la géographie de Gwendalavir, le voyage dans ce monde merveilleux et les personnages et leurs liens, les relations et caractères qui se renforcent, c'est ce qui m'a le plus touché et plu dans ce second tome, ainsi que l'amour qui commençe à flotter dans l'air, mais surtout aussi l'humour toujours présent qui détend, l'écriture poétique qui n'appartient qu'à Bottero, il a une écriture telle, un style bien à lui qu'on sait tout de suite, peu importe ses oeuvres, que c'est bien lui qui les a écrit et personne d'autre. C'est magique, envoûtant, poétique.

Extrait :

La jeune humaine était encore plus singulière. Elle se prénommait Camille mais, plusieurs fois, Chiam avait entendu maître Duom l'appeler Ewilan. De prime abord, on ne remarquait d'elle que la grâce de son visage et la beauté de ses grands yeux violets, puis insensiblement, on était attiré par l'aura qui se dégageait d'elle et qui était tenue en bride par la partie encore enfantine de son être. Elle pouvait se comporter en gamine et, une seconde plus tard, montrer une profondeur de caractère étonnante même pour une adulte. Ses compagnons, s'ils veillaient à ne pas la singulariser, prêtaient toutefois une attention particulière à ses paroles et à ses actes. Jusqu'à Edwin Til' Illan, qui ne la quittait pratiquement jamais des yeux.

Al-Jeit. 2.