lundi 28 février 2011

L'épouvanteur (T.3) Le secret de l'épouvanteur - Joseph Delaney.

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'Here they stand brothers them all
All the sons divided they'd fall
Here await the birth of the son
The seventh, the heavenly, the chosen one.'

- Seventh son of a seventh son, Iron Maiden. -

Emprunt médiathèque.


 

Articles connexes :

- L'épouvanteur (T.1) L'apprenti épouvanteur.
- L'épouvanteur (T.2) La malédiction de l'épouvanteur.
- L'épouvanteur (T.4) Le combat de l'épouvanteur.





Quatrième de couverture : 


"L'hiver va être long et rude, mon fils. Tous les signes l'annoncent. Les hirondelles se sont envolées vers le sud presque un mois plus tôt qu'à l'accoutumée, et les premières gelées sont survenues alors que mes rosiers étaient encore en fleur Je n'avais jamais vu ça. Ca sera une période éprouvante : aucun de nous n'en sortira indemne. Aussi, ne quitte jamais ton maître. Il est ton seul véritable ami. Vous devrez vous soutenir l'un l'autre."

Alors que le froid se fait plus vif, l'Epouvanteur reçoit un message qui semble grandement le perturber. Il décide aussitôt de quitter Chipenden pour se rendre dans sa maison d'hiver, à Anglezarke. La vieille demeure est lugubre : dans les profondeurs obscures de ses caves sont enfermées des sorcières et des gobelins. Quant au mystérieux auteur de la lettre, qui rôde dans les parages, il se révèle être l'ennemi juré de John Gregory. Au cours de longs mois d'hiver, Tom découvre peu à peu le passé caché de son maître. L'Epouvanteur doit-il payer le prix de ses erreurs de jeunesse ? Lorsque certains secrets qu'il a toujours dissimulés, seront finalement dévoilés, Tom va se trouver en grand danger...


Mon avis :

J'ai lu ce tome peu après avoir fini ma lecture du second, étonnament, moi qui ne suis pas trop d'humeur à lire en ce moment (disons que je suis juste fainéante :p), j'ai ressenti l'envie de retrouver rapidement l'univers de Joseph Delaney, du Comté froid, humide et sauvage, des créatures et des Epouvanteurs, et j'ai une fois de plus englouti le volume entier en quelques jours à peine. C'est vraiment un univers qui me plaît et j'espère beaucoup que la suite sera de mieux en mieux au fil des tomes.

Alors, nous retrouvons donc Tom Ward, toujours apprenti de Monsieur Gregory ; cette fois-ci, point de créature ultra-dangereuse à éliminer d'urgence, juste un gobelin par-ci par-là, mais deux soeurs sorcières et un ancien élève du passé de Monsieur Gregory, quelques soucis dans la famille Ward, et une maison d'hiver. L'hiver approchant à grands pas, l'Epouvanteur quitte la maison d'été de Chipenden pour passer les mois rudes et glacés dans sa maison d'hiver à Anglezarke là où, dans la cave, sont entravées/enfermées quelques sorcières dangereuses et la maîtresse de maison, Meg Skelton, est justement... une sorcière ! [ dont l'Epouvanteur s'était épris par le passé, préférant la tenir dans le sommeil dans une cellule durant les beaux jours et ensuite, durant l'hiver, lui donner des tisanes avec un produit lui faisant oublier sa vie de sorcière ] Tom continue son apprentissage auprès de Mr. Gregory alors que l'hiver sévit sur la lande, rendant parfois visite à Alice, son amie sorcière. Mais le passé de l'Epouvanteur revient frapper à la porte. Qui est ce Morgan Hurst qui se prétend être un ancien élève de l'Epouvanteur qui veut se venger de Mr Gregory et reprendre 'ce qui lui appartient' ? Tentant maintes fois de rallier Tom à sa cause et en lui proposant de devenir son maître, il essaye de récupérer un objet de l'Epouvanteur [ un grimoire possédant une formule pour réveiller le 'dieu' Golgoth, enfermé dans un sommeil profond depuis des lunes, dans l'espoir de faire régner sur les landes un hiver éternel ] S'ajoute aux soucis de Tom la maladie de son père...

Ce tome est assez différent dans le sens où il n'y a pas vraiment de créatures à combattre, enfin... si un peu, [ le gobelin lançe-pierre et Golgoth ], mais ce n'est pas le point le plus important de l'intrigue, c'est surtout le passé de John Gregory, nous retrouvons donc des élèments du tome 2 concernant la vie passée de l'Epouvanteur (Emily Burns, la sorcière Meg, le frère Andrew personnage que nous retrouvons) en particulier la sorcière Meg Skelton et l'ancien apprenti déchu Morgan Hurst, personnage intéressant à découvrir, un peu le méchant de l'histoire, mais intéressant à exploiter comme au vue de ses secrets familiaux et ses pratiques nécromanciennes. On découvre plus de John Gregory, il a été jeune, il a fait des bêtises, il a eu ses amours et ses secrets qu'il garde jalousement, mais avec la présence de Morgan, comment espérer ? Et il y a Tom... Tom, s'il doute parfois son maître, [ allant jusqu'à presque le trahir, mais il faut le comprendre : Morgan lui faisait croire qu'il détenait tout pouvoir sur l'esprit de son père mort, l'empêchant de reposer en paix ], s'est pourtant montré loyal dans le sens où il n'a jamais cessé de refuser les offres de Morgan. A part ça, ce fut une lecture toujours aussi satisfaisante pour moi. Il y a bien-sûr toujours ce problème, pour moi, de rentrer dans la peau du narrateur et personnage principal, Tom, même si je le trouve sympathique, j'espère toujours que ça va s'arranger par la suite car je suis de plus en plus accro à cette série, mais j'appréçie mieux Tom que par rapport au tome un, c'déjà ça... comme j'aime mon Alice ambigüe : gentille mais... qui sait ce qu'elle peut faire une fois que Tom et l'Epouvanteur ont le dos tourné. Mais elle aime beaucoup Tom, enfin, je n'ai aucun soucis avec ce personnage. Sinon, c'était agréable de lire des sorcières pas seulement bonnes à être éliminée ou entravée, comme Meg, ce fut un personnage plutôt dur à capter mais intéressante, un peu comme une sorte d'Alice adulte mais plus [ menaçante quand elle retrouve ses souvenirs, enfin elle aide quand même l'Epouvanteur à la fin ].

J'ai aimé retrouver la lande, le Comté, cette ambiance sombre, inquiètante, 'glauque' (combien de fois la mention de la mort, de l'hiver, de l'obscurité revient-elle ?), avec plus de pronfondeur dans les personnages (surtout John Gregory), un tome plus riche, qui répond à plus de questions mais laisse quand même des choses en suspend. Le style est le même, c'est toujours aussi facile et rapide à lire, il y a toujours une aventure intéressante et passionnante à découvrir, bref, je suis toujours accro.

Extrait :

Je m'occupais de mon mieux du petit déjeuner. Cuisiner était plus dur que ça en avait l'air, pas aussi dur dependant que... le bacon que je servis !
Nous mangeâmes en silence. Au boût de quelques minutes, l'Epouvanteur repoussa son assiette.
- C'est une chance que je n'aie guère d'appétit, petit, fit-il avec malice. Sinon, la faim m'aurait forcé à avaler tout ça, et je n'y aurais sans doute pas survécu !
Alice s'esclaffa. Moi, je ne pus m'empêcher de sourire, heureux de voir mon maître de si bonne humeur. Certes, le bacon n'était pas fameux, mais j'avais trop faim pour faire la fine bouche ; Alice aussi. L'Epouvanteur semblait accepter sa présence, et cela me réjouissait fort
.

10. Mauvaises nouvelles.

samedi 26 février 2011

Tsubasa Reservoir Chronicle (T.5 à 10) - CLAMP.

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Emprunt médiathèque.
/ ! \ Clamp's Challenge. / ! \






Quatrième de couverture :

Dans le pays de Clow, vivent Sakura et Shaolan qui s'aiment secrètement. Shaolan, simple citoyen, vit au sein de la famille royale depuis que son père archéologue est mort. Il reprend le travail de son père en explorant les ruines du pays de Clow. Un soir les deux amis découvrent un étrange blason et subissent une attaque ennemie. Une force mystérieuse fait perdre la mémoire à Sakura et les plumes qui matérialisent son âme se dispersent ... Pour la sauver Shaolan doit voyager de dimension en dimension pour retrouver les fragments de mémoire de Sakura...

Mon avis : 

Pour le bien de mes articles, je devrais arrêter de présenter autant de tomes d'un coup, ils deviennent de plus en plus longs. Au départ, je ne devais écrire la critique que de trois tomes, mais je n'avais franchement pas grand chose à dire, alors j'ai lu jusqu'au dixième tome. Si ce n'est pas le coup de foudre comme pour xxxHolic (impossible de faire mieux !), cette série commence à me plaire de plus en plus au fur et à mesure que j'avance dans la série, même si je continue surtout en grande partie pour voir Fye et Mokona embêter Kurogané dont Fye écorche le nom exprès à chaque fois, rien que pour l'agacer (Dadddyyy et Kuro-toutou !, qui sont deux parmi de nombreux exemples).

Ces trois-là me plaisent énormément et me font rire, je m'attache de plus en plus à Fye, d'autant plus que l'on commence à apercevoir que sous ses sourires se cache quelque chose de plus profond, un passé ou des secrets, quelque chose en rapport avec cette personne qu'il a plongé dans un sommeil profond dans le premier tome, peut-être ? Des analyses en psychologie racontent qu'une personne qui rit et sourit beaucoup peut cacher en elle un mal profond, peut-être est-ce le cas pour Fye... ? J'attends la suite pour le confirmer, car pour le moment, Fye est avant tout là pour alléger l'atmosphère, apporter un peu d'humour dans le manga mais je pense que lui, comme Kurogané, cachent quelque chose de plus profond. Car Fye est plus qu'un magicien toujours souriant et Kurogané est plus qu'un ninja aimant la bagarre. Ces deux-là ont beaucoup de potentiel et j'adore les voir se chamailler tous les deux. Ah oui, n'oublions pas Mokona non plus, et ses 108 techniques secrètes, car cette boule de poil sait tout faire  8D

Récapitulatif de ces cinq tomes ! Alors, tome 5, au pays de Jade, Shaolan et cie ont découvert la légende de la princesse d'or qui a la sinistre réputation d'être une voleuse d'enfants. Une nuit justement, Sakura croise cette princesse... et disparaît à son tour sans laisser de trace ! Le groupe se met donc à sa recherche, et pour la sauver elle et les enfants, Shaolan et ses compagnons devront infiltrer le château du nord... Tome 6, séjour de nos personnage dans le pays d'Ôto, une contrée hantée par des démons. Afin d'obtenir plus d'informations, Shaolan et Kurogané s'inscrivent en tant que chasseurs de démons, alors que Fye et Sakura choisissent d'ouvrir un petit café, histoire de gagner un peu leurs vies. Les combats de Shaolan contre les démons payent : il finit par apprendre l'existence d'un démon différent des autres, venant tout juste de débarquer... Tome 7, Shaolan se retrouve tourmenté par la soudaine réapparition de son ancien maître de combat, Seishirô, et décide de mener l'enquête pour en savoir plus à son sujet. Et il se pourrait qu'il apprenne quelque chose de très surprenant sur le pays d'Ôto...

Tome 8, un nouveau voyage dans une nouvelle dimension : les voici maintenant sur une drôle de planète habitée par d'étranges petits êtres... petits êtres dont Shaolan est fait prisonnier en tant que prochain sacrifice pour apaiser la colère d'un monstre qui rôde dans les environs. Fye échange sa place contre celle de Shaolan afin que ce dernier et les autres puissent pénétrer dans la forêt profonde où se cache la mystérieuse créature... et une plume de Sakura ! Tome 9, Séparés de Fye et Kurogané, Shaolan et Sakura se retrouvent au pays de Shara... en plein milieu d'une guerre que se livrent deux clans depuis des générations, et, alors que le combat atteint son paroxysme, les deux jeunes gens se retrouvent téléportés sans raison apparente dans le pays de Shura, sur un nouveau champ de bataille. Tome 10 enfin, l'issue du combat des deux clans est proche et alors que la bataille atteint son point culminant, sous les yeux du groupe, un secret connu des deux adversaires est dévoilé...


J'ai été ravie de revoir des éléments liant le manga à xxxHolic, déjà, on revoit le jeune lycéen Watanuki, l' "apprenti" de Yûko, et les pouvoirs que possède Sakura ne sont pas sans rappeler ceux de Watanuki [ le pouvoir de voir des choses que les autres ne peuvent voir ] mais surtout, on voit la sorcière des dimensions, Yûko, qui a son rôle bien à elle dans Tsubasa, dans les nombreuses aides qu'elle offre (discrètement) aux héros pour voyager, et déjouer les plans maléfiques du Big Boss, celui qui est sans aucun doute le méchant de l'histoire, Fei Wang Red. Il y a une lutte entre ces deux-là, qui semblent être des sorciers tous les deux et qui partagent un lien encore flou avec le célèbre magicien Clow Red. J'ai hâte de voir comment ça va évoluer même si je me doute bien de comment ça risque de se finir [ Yûko finit par disparaître dans xxxHolic et Watanuki prend la relève, va-t-il la remplacer dans la lutte contre Fei Wang et aider Shaolan et cie ? ].


Sinon, je prends plaisir à découvrir les mondes/dimensions crées par les auteurs de CLAMP, c'est très intéressant à voir, tout ce nouveau décors : une forêt, un pays infesté de démons, un pays divisé en deux et en guerre, changement de dimension et même un voyage dans le temps. Le pays des démons m'a fait rappeler le film 6 de Détective Conan [ les héros qui sont dans un monde virtuel et doivent combattre les démons, ce pays est un jeux et les individus sont des joueurs, mais ils ne le savent pas. Si l'un meurt, il est éliminé du jeu ] la forêt avec les drôles de bestioles m'a fait pensé un peu aux Ewoks de la planète d'Endor dans Star Wars, tout comme la compétition et la course de 'vaisseaux spatiaux' qui m'a fait pensé au premier film de Star Wars aussi. Visiter ces nouveaux mondes est très intéressants, je me demande ce que nous réservent les CLAMPs pour les prochains. De ce côté, ça me fait penser au téléfilm Le 10e Royaume : un groupe de personne devant voyager de pays en pays, chacun étant différent, tout ça pour retrouver quelque chose, j'aime l'idée, tout comme les propos 'philosophiques' de certains personnages qui sont très intéressants à lire.

Sinon... on va sans doute me lancer quelques pierres, mais la relation Shaolan/Sakura et même les deux personnages en eux-même ne me font ni chaud ni froid, malgré toute ma bonne volonté, j'arrive pas à m'attacher à eux, je trouve que c'est l'effet classique de l'amourette des jeunes adolescents naïfs et timides :  Shaolan le guerrier typique prêt à tout pour sa demoiselle qui, elle,  ne prend pas beaucoup de place dans l'action et se contente de rester à la maison à attendre son preux chevalier et à s'inquiéter sans cesse. Désolée mais je le vois comme ça, même si j'avoue que Sakura n'a pas toujours le choix, la pauvre petite [ sans ses plumes, elle n'a plus beaucoup de mémoire et d'énergie et doit dormir souvent ] n'allez pas me jeter des tomates pour autant, j'ai bien conscience qu'elle veut bien faire, qu'elle sait qu'elle n'est pas utile et essaye d'aider et d'avoir son utilité, je vois bien qu'elle est déterminée à l'être. Il n'empêche que je n'arrive toujours pas à m'attacher à Shaolan et Sakura, c'est bête je sais, j'espère que ça s'arrangera par la suite. En même temps, j'ai toujours du mal à m'attacher à des personnages féminins, surtout si ce sont des jeunes filles, malgré quelques exceptions, et les romances c'est pas souvent ce que je préfère. Enfin bon, malgré tout, je continue la série, surtout après être déjà bien imprégnée dans l'histoire et maintenant que je sens que les choses sérieuses ont commencé et que je m'accroche de plus en plus à l'histoire.

vendredi 25 février 2011

Phèdre - Jean Racine.

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L'auteur :


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Jean Racine, (22 décembre 1639 - 21 avril 1699), est un dramaturge français, considéré comme l'un des plus grands auteurs de tragédie durant la période du règne de Louis XIV. Parmi ses oeuvres les plus célèbres, on retrouve Andromaque, Britannicus, Bérénice ou encore Iphigénie.


Lecture en ligne iciii.

Quatrième de couverture :

Phèdre se découvre un amour en la personne d'Hippolyte. La légende d'un amour interdit, puisque Hippolyte est le fils de Thésée à qui Phèdre est mariée, Racine l'emprunte à Euripide et à Sénèque. Mais alors que la tradition théâtrale plaçait Hippolyte sur le devant de la scène, en 1677, Racine l'en écarte au profit de Phèdre, pour écrire la tragédie d'une femme torturée, sans doute coupable mais également frappée par la fatalité, qui lutte de toutes ses forces pour combattre une passion qui la submerge et finit par porter la mort autour d'elle.


Mon avis :

J'ai quelque peu modifié le résumé de mon édition de Phèdre, un peu trop longue à mon goût et qui révélait un peu de l'oeuvre, ces éditeurs je vous jure. Alors pour tenter de preserver un peu de suspence, j'ai enlevé quelques mots, voire phrases, j'espère que cela ne gênera personne, même si je pense que Phèdre reste une oeuvre plutôt connue, non ? Du moins, si l'on a pas lu la pièce, tout passionné de la mythologie grecque doit au moins avoir entendu parler du mythe de Phèdre.

Alors... je voulais faire cette critique depuis un moment déjà, mais ayant toujours eu du mal à commenter des pièces de théâtre, je n'ai cessé de repousser ce moment, alors que j'avais appréçié ma lecture, surtout après avoir dû relire cette oeuvre plusieurs fois au lycée puis à la fac. Aujourd'hui, je prends mon courage à deux mains pour tenter de vous livrer un avis pas trop court et, je l'espère, un tantinet explicite. Il faut dire que depuis que j'ai commençé à lire et relire Percy Jackson (tome cinq dans la PAL ! ouais !), ces relectures auront eu le mérite de me rappeller mon amour pour la mythologie grecque et l'Antiquité, et m'auront donné envie de relire tout livre ayant un rapport avec la mythologie, ainsi ai-je relu le temps de quelques heures Phèdre, malgrè le fait que j'ai du mal avec les pièces de théâtre (trop court et on a pas le temps de 'ressentir' et de s'attacher aux personnages et c'est une grande habituée des romans qui vous le dit).


Doooonc, le mythe de Phèdre, du vu vu et revu dans mes cours de Récits Fondateurs, même si cela n'avait tenu que sous un paragraphe dans une leçon sur les femmes dans la mythologie (Hélène, Ariane, Phèdre... beaucoup y sont passées !) mais pour ceux qui ne connaissent pas : Phèdre, fille de Minos et Pasiphae, est l'épouse de Thésée, héros et roi d'Athènes mais elle est amoureuse de son beau-fils Hippolyte, fils de Thésée et Antiope reine des Amazones. Torturée par cet amour interdit qu'elle tente de cacher, elle finit néanmoins par confesser son amour à Hippolyte qui [attention spoilers] [ la repousse et qui aime une autre. Par vengeance, Phèdre laisse croire à son époux qu'Hippolyte l'a violenté. Furieux, Thésée implore Poséidon, dieu des mers, océans et tremblements de terre, de l'aider à se venger de son fils. Hippolyte périt dans un accident de char causé par un monstre marin invoqué par Poséidon et, accablée de chagrin et de remords, Phèdre avoue la vérité à Thésée alors qu'elle agonie sous le coup du poison qu'elle a avalé. ]

Connaissant le mythe, l'intrigue de l'histoire fut sans surprise pour moi, mais c'était agréable de lire une version plus longue du mythe et surtout se pencher sur le personnage de Phèdre qui est une femme avec deux facettes, à la fois innocente (elle n'y peut rien, son amour pour son beau-fils est issu d'une malediction sur sa famille lançée par Aphrodite, tout est marqué par la fatalité comme pour la plupart des oeuvres tragiques) et coupable (son aimé l'a repoussé, son aimé en aime une autre ! diantre, elle veut se venger !), la mythologie grecque et l'Antiquité m'ayant toujours plu, ce fut avec facilité que je suis entrée dans l'histoire, d'autant plus que le style de Racine n'est pas si lourd que ça, après plusieurs relectures. Si le texte est en alexandrins, ça a passé tout seul pour ma part, certains vers sont même très beaux malgrè d'autres plutôt longs/lourds, mais on a des passages et des monologues magnifiques dont celui que j'ai eu l'occasion d'écouter et réécouter dans la seconde partie du film Julie, chevalier de Maupin quand Julie chante sous le rôle de Phèdre. Si la beauté des vers ne va pas jusqu'à me faire pleurer, j'ai trouvé que c'était sublime par moment. Sinon, j'ai retrouvé sans surprise les ingrédients de la tragédie dans le théâtre : les morts, la fatalité, interventions plus ou moins directes des dieux, des monologues de personnages torturés, amour interdit ou autre problème... que serait la tragédie sans tout ceci ?

Enfin bon, sans dire que c'était une pièce à couper le souffle, c'était une lecture agréable, pas inoubliable (c'est trop court et on a pas le temps, en fin de compte, à ressentir les émotions et à s'attacher aux personnages) pour autant mais sympathique à lire, surtout si on aime la mythologie grecque. Une bonne pièce de théâtre :)





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Phèdre et Hippolyte, de Pierre Narcisse Guérin.


Extrait :



PHÈDRE
Mon mal vient de plus loin. À peine au fils d’Égée
Sous les lois de l’hymen je m’étais engagée,
Mon repos, mon bonheur semblait être affermi ;
Athènes me montra mon superbe ennemi :
Je le vis, je rougis, je pâlis à sa vue ;
Un trouble s’éleva dans mon âme éperdue ;
Mes yeux ne voyaient plus, je ne pouvais parler ;
Je sentis tout mon corps et transir et brûler :
Je reconnus Vénus et ses feux redoutables,
D’un sang qu’elle poursuit tourments inévitables !

 
Acte I, scène 3.

lundi 21 février 2011

Maus, l'intégrale - Art Spiegelman.

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'Mon père saigne l'histoire.'

L'auteur :
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Art Spiegelman, né le 15 février 1948 en Suède, est un illustrateur et auteur de bande-dessinée américain, connu à partir des années 1980 pour sa célèbre bande-dessinée Maus qui lui a valu le Prix Pulitzer en 1992. Il vit à présent à New-York avec sa famille.



Emprunt médiathèque.
/ ! \ Challenge Histoire. / ! \


Résumé :

Maus est une bande dessinée d'Art Spiegelman. Elle raconte, à travers le dialogue de l'auteur et de son père, juif polonais, survivant des ghettos et d'Auschwitz, l'histoire des persécutions nazies, depuis les premières mesures anti-juives jusqu'à l'effondrement du Troisième Reich et l'immédiat après-guerre.


Mon avis :


J'ai connu cette bande-dessinée au collège, nous avions lu, en cours d'Histoire, quelques extraits de cette BD qui m'avait déjà marqué à l'époque, et j'avais l'idée de la lire dans son intégralité un jour, chose faite lorsque j'ai eu la chance de l'emprunter à la médiathèque et j'en profite pour ajouter ce titre au challenge histoire auquel je participe. Je voulais lire cette BD, ça me tenait à coeur même en sachant pertinemment que ce genre de texte me rend malade, nauséeuse, que ça me révolte, que ça me rend furieuse envers la mentalité antisémite et les idéaux d'Hitler de l'époque (ce fut un véritable défi que de lire les extraits de Meim Kampf pour réviser mon brevet ! ça nous a dégoûté, ma meilleure amie et moi), néanmoins je tenais à connaître cette BD, et il faut bien savoir, se rendre compte, se souvenir de ce qui s'est passé durant cette époque terrible, surtout pour les juifs.

Alors, j'ai eu un peu de mal avec les dessins au début, mais quand on fini par s'y habituer, on n'y fait plus trop attention et on se concentre sur l'histoire, c'est une véritable description de la Shoah et c'est incroyable de constater ce que cette BD peut nous faire passer. C'est plus qu'une BD, c'est comme une oeuvre, presque un témoignage, (je crois que c'en est un d'ailleurs, celui du père de l'auteur) c'est un fils qui demande un récit du passé de son père et notamment celui durant la seconde guerre mondiale. Les personnages juifs sont représentés par des souris, en contraste avec le chat nazi (pour l'anecdote, les français sont représentés en grenouilles, les anglais en poisson, les polonais en cochons, les suédois en élans et les américains en chiens) et c'est là l'originalité de la BD.

C'est l'histoire bouleversante du père de l'auteur (me semble-t-il), Vladek, survivant des ghettos polonais et du camps d'Auschwitz. Sous formes d'entretiens père/fils et de flash-back, nous assistons aux souvenirs de Vladek, sa vie avant/durant/après la guerre et sa relation avec son fils. La seconde guerre mondiale, l'invasion allemande, le règne du Troisième Reich dans sa toute-puissante, les persécutions nazies... tout cela est au centre de cette BD qui relate la seconde guerre mondiale du début à la fin. De l'invasion de la Pologne, prise au piège par l'Allemagne nazie et la Russie soviétique, jusqu'à l'effondrement du Troisième Reich et de la victoire des Alliés qui libèrent peu à peu l'Europe. La survie est un combat quotidien, se cacher par tous les moyens, se nourrir, sauver sa famille est presque un défi dans ce monde occupé par les nazis traquant les juifs sans relâche, par qu'ils sont une 'race inférieur', même pas des êtres humains mais des insectes gênants à exterminer à tout prix. Heureusement que les souvenirs sont entre-coupés par un retour dans le présent avec le père et le fils, et par la présence d'humour pour alléger tout ça et tenter d'offrir un peu de légèreté dans ce monde bestial dominé par les nazis. Pourtant, loin d'idéaliser son père, l'auteur nous le montre tel qu'il est, et on voit que les relations entre les deux ne sont pas faciles mais fortes à la fois, il faut dire qu'il est difficile de vivre dans les pas d'un survivant marqué par la mort et son passé, et c'est un aspect intéressant qu'on découvre. Il prend le risque de la caricature ou de l'anecdote. C'est un témoignage sincère. Sans passer directement à l'holocauste, il nous narre le passé de son père avant tout ça, ses rencontres, son style de vie... en nous racontant aussi sa propre histoire à lui, le fils, alors qu'il relate en BD l'histoire de son père, et la sienne par la même occasion, un retour au présent avant de retourner dans le passé sombre. Le dessin permettant aussi de dédramatiser un peu l'histoire.

Cette BD est bouleversante, elle m'a fait froid dans le dos et j'en étais presque malade de (re)découvrir ce que je savais pourtant déjà, mais ces scènes me font toujours quelque chose, me font provoquer de la tristesse, révolte... glacée d'effroi à la vue de ce qu'on vécu ces millions de personnes dans les camps. On ne peut pas s'habituer à voir ou lire ces horreurs, on ne peut tout simplement pas. L'auteur traite avec pudeur et simplicité cette page noire de l'histoire qui toucha des milliers de personnes à travers le récit de son père. Ce qui est sûr, c'est que cette lecture a eu un puissant impact sur moi, j'aurais du mal à m'en remettre, c'est une lecture qui marque les esprits et que je conseille, rien que pour le côté 'devoir-mémoire' mais aussi parce que c'est un livre qu'il faut lire. Je n'ai peut-être pas donné un avis assez explicite, mais j'ai du mal à donner un avis concret sur une telle oeuvre, mais sachez que c'est une BD qu'il faut lire, même si l'Histoire, on la connaît malheureusement, mais c'est captivant, accessible aux adolescents aussi bien qu'aux adultes, c'est prenant, captivant, incontournable, à lire avec précision pour ne louper aucun détail de l'histoire (entendons par là, ne pas lire rapidement comme on peut le faire pour une BD), bref, une oeuvre choc, réaliste, 'crue' mais nécessaire.

Percy Jackson (T.4) La bataille du labyrinthe - Rick Riordan.

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Du même auteur :


- Le fils de Sobek. (à venir)
Percy Jackson (T.5) Le dernier Olympien.
- Les chroniques de Kane (T.1) La pyramide rouge. (à venir)








Quatrième de couverture :

Le grand combat va commencer... La vie de Percy est menacée. L'armée de Cronos s'apprête à attaquer la Colonie des Sang-Mêlé, en empruntant le Labyrinthe de Dédale. Percy et ses amis doivent trouver Dédale avant Cronos et tout faire pour lui barrer la route. Mais circuler dans l'enfer souterrain n'est pas aisé... surtout quand le chemin est parsemé d'effroyables pièges.


Mon avis :

J'ai dû batailler pour avoir ce tome, mais le voici, fraîchement lu, dévoré même malgré quelques points noirs relevés dans ma lecture. J'ai quand même passé un très bon moment avec ce livre, comme toujours.

Alors, après une journée d'orientation dans sa nouvelle école qui s'est mal passée (des empousai déguisés en pom-pom girls, une mortelle pouvant voir à travers la Brume un peu trop collante), Percy retourne dans la Colonie des Sang-Mêlés où il y trouve son meilleur ami, Grover, dans la déprime la plus totale : le dieu Pan qu'il recherchait sans cesse depuis un long moment déjà est toujours introuvable, les recherches n'ont rien donné et Grover est désespéré, d'autant plus que le conseil des Satyres s'est réuni pour lui faire part de leur verdict : si la dernière chance de retrouver Pan accordée à Grover ne donne toujours rien, Grover se verra retirer son permis de chercheur et obligé de faire un travail qui ne lui convient pas, lui dont son rêve était d'être celui qui retrouverait Pan, disparu depuis des années déjà. Autre abonné absent : Dédale, dont le labyrinthe pourrait être utilisé par Luke et les alliés de Cronos à leur avantage, notamment pour attaquer la Colonie, et justement, curieux hasard, une ouverture au labyrinthe a été trouvée près de la colonie. Chiron décide d'organiser une quête pour un groupe de sang-mêlé, le but étant de retrouver Dédale, le seul à même à pouvoir contrôler le labyrinthe, pour le convaincre de ne pas servir les fidèles de Cronos. Problème : personne ne sait où est Dédale, caché dans son labyrinthe qui ne cesse de changer au gré de ses humeurs et qui regorge de créatures mythologiques pas forcément amicales... c'est Annabeth, fille d'Athèna, qui a été chargée de cette quête et elle choisi Percy, Grover et Tyson pour l'accompagner dans sa quête, ainsi Grover a une chance de retrouver Pan. Mais il ne s'agit pas d'une quête comme les autres, elle est dangereuse et mortelle... qui sait ce que le groupe peut trouver. Cyclopes, géants, dieux, créatures mythologiques ou autre chose ?

Alors, ce qui m'a beaucoup plu dans ce livre est le thème récurant du Labyrinthe qui est changeant, dangereux, un véritable défi à relever, un vrai... dédale ! ce labyrinthe presque vivant qui cause bien du soucis. Même si parfois, cette quête m'a paru longue, j'ai aimé cette partie où les héros se retrouvent dans le labyrinthe, croisant créatures mythologiques ou même dieux tels qu'Héphaïstos, très grand admirateur du travail de Dédale, ou encore Héra, reine des dieux et épouse de Zeus. Côté mythologie, j'ai été servie, toujours aussi ravie de croiser des divinités [ aah, le moment entre Percy et Poséidon à la fin lorsque Poséidon s'invite à l'anniversaire de Percy, surprenant la mère de celui-ci, Sally, et son compagnon, Paul. J'aime ces moments père/fils ].

Et les dieux, même s'ils se conduisent comme des ordures, j'adore les croiser. Et j'ai aussi appris des choses sur la mythologie, des choses que j'avais vaguement appris ou pas comme le mythe de Campé et Briarée, les géants aux 100 bras, ou encore Telchine, Antée le géant, Géryon. L'auteur joue à nouveau avec la mythologie et le monde moderne, nous présentant de nouveaux personnages mythologiques (Icare, Dédale, Calypso que j'ai trouvée très sympathique et touchante), et j'adore ce qu'il a fait du labyrinthe, sa façon de le voir. C'était bien traité. Mais malgré l'histoire qui devient plus noire et plus dense, je regrette que ça ne soit pas plus sérieux que ça. Certes, j'adore l'humour toujours présent, mais au bout de quatre tomes, on s'attendrait tout de même à un style moins enfantin et plus mature, zut quoi ! Cronos est à deux doigts de reprendre le pouvoir, l'Olympe est menacée et les Dieux et Déesses se préparent à la guerre, la Colonie risque d'être la première touchée si Cronos retrouve sa toute puissance.

Au niveau des personnages, c'est toujours un plaisir de revoir Percy que je trouve toujours aussi sympathique et agréable à lire (même s'il se fait passer pour un idiot aux yeux d'autres personnages), et si je déplore toujours qu'il ne semble jamais suivre de cours ou d'entraînements et qu'il semble maîtriser ses pouvoirs sans aide, je l'aime bien ce personnage et justement, il se découvre d'autres pouvoirs pas évidents à contrôler [ il a quand même involontairement déclenché un tremblement de terre. Sur un volcan. ] Ravie de revoir Nico di Angelo sinon, que je trouve bien développé, doué, assez torturé et sombre, rejeté (vu son père divin, pas étonnant) mais c'est un personnage intéressant et je suis contente de le voir [ réconcilié avec Percy ], contente de revoir Grover et Tyson, de découvrir Quintus, sang-mêlé adulte, de voir d'autres personnages secondaires plus présents comme Clarisse, fille d'Arès. Non en fait, celle qui m'a irrité tout au long du roman était Annabeth : orgueilleuse, jalouse, hautaine, trop sûre d'elle et de son intelligence [ rien qu'à l'épreuve du sphink 'donnez-moi des énigmes plus compliquées, celles-ci ne sont pas dignes pour une fille d'Athèna, ça insulte mon intelligence !' j'ai carrément halluciné ], autant dire que [ la romance Percy/Annabeth ne fait ni chaud ni froid, les fans anglophones n'écrivent QUE ça dans les fanfictions ] les relations restent d'ailleurs assez enfantines et il n'y a pas trop d'évolution.

Bon, malgré ces quelques points noirs, j'ai aimé ma lecture, comme d'habitude, ça se lit vite et bien, même style que les tomes précédents, on approche de la fin, certains éléments commencent à être révélés mais l'auteur garde encore des révélations et énigmes pour le dernier tome. C'est toujours un plaisir que de lire Percy Jackson et son univers balançant entre mythologie et monde moderne, et il me tarde de lire le dernier tome :)


[Blabla inutile] Aujourd'hui j'ai 20 ans, et selon les termes de la famille et des amis, je suis officiellement vieille ! Au moins j'ai l'excuse de ne pouvoir rien faire aujourd'hui 8D



Extrait :

Héphaïstos nous a toisé d'un œil noir.
- Ce n'est pas moi qui vous ai fabriqués, si ?
- Euh, non, seigneur, a répondu Annabeth.
- Heureusement, a grommelé le dieu. Quel travail bâclé !
Sur ces mots, il nous a examinés, Annabeth et moi.
- Des sang-mêlés, je parie. Pourriez être des automates, bien-sûr, mais j'en doute
.

11. Je suis tout feu, tout flamme.

mercredi 16 février 2011

Tsubasa Reservoir Chronicle (T.2 à 4) - CLAMP.

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Emprunt médiathèque.
/ ! \ Clamp's Challenge. / ! \



Quatrième de couverture : 

Dans le pays de Clow, vivent Sakura et Shaolan qui s'aiment secrètement. Shaolan, simple citoyen, vit au sein de la famille royale depuis que son père archéologue est mort. Il reprend le travail de son père en explorant les ruines du pays de Clow. Un soir les deux amis découvrent un étrange blason et subissent une attaque ennemie. Une force mystérieuse fait perdre la mémoire à Sakura et les plumes qui matérialisent son âme se dispersent ... Pour la sauver Shaolan doit voyager de dimension en dimension pour retrouver les fragments de mémoire de Sakura...


Mon avis : 

J'ai attendu un moment avant de me remettre à Tsubasa Reservoir Chronicle, car même après un premier tome sympathique, je n'étais pas pressée de lire la suite, mais xxxHolic étant fini et ne m'étant pas remise de la fin, j'ai décidé d'attaquer la suite de Tsubasa pour me changer les idées, et puisque j'avais emprunté ces trois tomes, je me suis dit autant en profiter. D'abord peu enthousiaste quand j'ai commencé, ça s'est arrangé et j'ai lu les trois tomes en une soirée et j'ai déjà les tomes 5 à 7 dans ma PAL, fraîchement empruntés car la dernière aventure du tome 4 me plaisait bien et continue au tome 5.

Dans la continuité du tome un, le tome deux suit toujours Shaolan et ses deux compagnons dans la république de Hanshin, à la recherche des plumes de la princesse Sakura, endormie après s'être vue enlevée ses plumes qui sont les symboles de son cœur, son esprit, son âme et sa mémoire. Dans ce nouveau pays, Shaolan apprend que tous les habitants possèdent un kudan qui est une sorte d'émanation psychique très utile lors d'un combat, un peu comme des pouvoirs magiques que Shaolan hérite, mais d'un kudan supérieur qui attire l'attention de nombreux ennemis dont Shôgo, un chef de gang, qui viendra défier le jeune homme. Alors que Fye, le magicien, et Kurogané, le ninja, expérimentent leur propre kudan, la priorité de Shaolan est de localiser et récupérer la plume de Sakura, enfermée dans un kudan, mais il devra défier Shôgo pour cela... Tome 3, l'affaire du tome 2 réglé, le groupe se retrouve dans un pays où règne la sorcellerie : le pays de Korigo, un monde de sorciers gouverné par un seigneur tyrannique. Pour récupérer une des plumes de Sakura, réveillée de son coma, et libérer les habitants du joug de leur seigneur, le groupe décide de pénétrer à l'intérieur du château de Riyon-Fui... Tome 4, deux plumes ont déjà été récupérées et Sakura retrouve un peu de sa force et sa mémoire, mais l'essentiel lui manque toujours. Ayant quitté le pays de Korigo, Shaolan et ses compagnons atterrissent dans un autre pays, celui de la brume...

Si l'histoire qui est celle de la quête pour les plumes de Sakura est plutôt intéressante, assez pour me faire continuer l'histoire, je n'y accorde que peu d'importance pour le moment, je ne suis pas assez captivée ; peut-être cela changera-t-il au fur et à mesure que je m'avancerai dans la lecture... car pour le moment, les points positifs qui me font continuer le manga sont l'ambiance/le contexte/les personnages secondaires. Je prends, en effet, beaucoup de plaisir à suivre le magicien blond Fye et au ninja Kurogané et son charmant caractère ! Ainsi que l'hilarant, l'adorable Mokona blanc qui est la touche d'humour très appréciable du manga en plus des petites piques/disputes entre Fye et Kurogané. J'accroche de plus en plus à Fye que je trouve drôle, enthousiasmant, charmant, attachant qui montre parfois un côté sérieux et nous laisse imaginer un vécu plutôt lourd. Puis, il forme un beau duo avec Kurogané, que le ninja le veuille ou non !


Les  différents monde parallèles sont intéressants à découvrir, chacun est différent, j'aime beaucoup le décors, l'ambiance et l'histoire de ces mondes, c'est très plaisant. Nous rencontrons aussi les habitants de ces mondes, avec le groupe Tsubasa qui prend parfois part à leur affaire, en enfourchant le beau cheval blanc et sauvant ainsi la veuve et l'orphelin et terrassant l'infâme, classique mais sans ça, l'histoire serait bien moins intéressante, surtout que grâce à cela, ils font des rencontres, des amitiés, retrouvent des plumes de Sakura qui, réveillée dans le tome 2 est restée dans un état de transe pendant quelques chapitres.

Nous avons bien-sûr à chaque dimension un problème à résoudre, en plus de la quête de retrouver les plumes, et j'ai bien aimé celle avec de la légende de la princesse aux cheveux d'or qui enlève les enfants, j'attends d'ailleurs de pouvoir lire la suite pour savoir le fin mot de l'affaire ; on sent aussi la présence d'un grand méchant dans l'intrigue, on voit apparaître Yûko qui aide le groupe dans leur quête, on a aussi Mokona qui a beaucoup d'admiratrices, un Shaolan qui se désespère pour sa belle, et j'espère que la belle aura un rôle important et qu'elle ne demeure pas éternellement la demoiselle en détresse, elle a du potentiel, il faut juste qu'elle récupère plus de plumes sans doute pour qu'elle s'affirme davantage. Enfin, tout ça pour dire que cette suite ne fut pas décevante malgré un démarrage difficile, j'ai bien aimé.

jeudi 10 février 2011

L'épouvanteur (T.2) La malédiction de l'épouvanteur - Joseph Delaney.

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Emprunt médiathèque.



Articles connexes :

- L'épouvanteur (T.1) L'apprenti épouvanteur.
- L'épouvanteur (T.4) Le combat de l'épouvanteur.









Quatrième de couverture :

"Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie."

L'Épouvanteur et son apprenti, Thomas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. L'inquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur ! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce ?
Mon avis :

Je n'étais pas trop d'humeur à lire ce livre, mais il me fallait le lire avant de le rendre à la médiathèque alors je me suis mise 'au travail' pour avaler ce tome d'une série qui m'avait déjà fait une bonne impression dès le premier tome. Et si j'ai eu un peu de mal à démarrer au début, une fois que je suis entrée dans l'histoire, je n'ai pas pû m'arrêter et j'ai fini ce tome en deux jours. Je n'ai pas été déçue, c'est une série qui commençe vraiment à me plaire, l'univers, les personnages, les créatures, la couverture, l'histoire... je n'ai eu aucun de mal à m'y replonger. Et même si je n'ai pas vraiment frisonné et que le héros me laisse toujours de marbre, je me suis régalée tout au long de ma lecture et j'ai déjà hâte d'emprunter le troisième tome.

Dans ce second optus, Thomas est l'apprenti de Mr. John Gregory depuis six mois, il continue donc toujours son apprentissage pour être Epouvanteur avec acharnement avec son maître sévère au passé mystérieux. Dans le premier tome, nous nous sommes attaqués aux sorcières, ici ce sont les gobelins (en début de tome) mais surtout le Fléau, créature redoutable enfermée depuis des lustres mais reprenant des forces et son pouvoir, sa présence maléfique ayant un terrible impact sur la ville où il est enfermé. Mr Gregory compte donc achever ce travail qu'il n'avait pas réussi à faire la dernière fois, mais ce ne sera pas facile, la créature est très dangereuse et redoutable. L'Epouvanteur emmène tout de même son apprenti avec lui, même s'il ne s'est pas remis de sa maladie, pour se débarrasser du Fléau et aussi assister à l'enterrement de son frère prêtre. Comme s'ils n'avaient pas assez de soucis comme ça, l'Inquisiteur arrive en ville, recherchant des sorcières ou toute autre individu ayant un rapport avec l'obscur : les épouvanteurs ne sont donc pas épargnés. Mr Gregory et Tom doivent se cacher pour échapper aux griffes de cet Inquisiteur cruel, mais voilà que parmi les personnes suspectées d'être des sorcières prisonnières de l'Inquisiteur se trouve Alice, la jeune apprentie sorcière qui avait aidé Tom en le sauvant de son aïeulle, la Mère Malkin. Entre le Fléau et l'Inquisiteur, son maître faible et malade, Alice prisonnière et condamnée au bûcher, le séjour de Tom à Priestown sera loin d'être reposant...

Concernant l'histoire, le schéma est le même que le premier tome en gros : une créature qui menaçe les héros, enfermée mais qui parvient à s'enfuir et que ce sera la catastrophe si elle n'était pas éliminée ou enfermée de nouveau, une créature parvenue à s'échapper avec l'aide [ d'Alice à qui Tom parvient toujours à pardonner, l'imbécile heureux, car c'est son amie même si elle est une sorcière et qu'elle est imprévisible et qu'elle semble bien aimer Tom et réciproquement au grand dam de Mr Gregory ], Tom qui parvient à s'en tirer sans trop bien que mal et souvent sans son maître. Ce que j'ai aimé retrouver, c'est le climat du Comté qu'on ressent bien dans le livre : humidité, lieux obscurs, landes sauvages, atmosphère opressante et ténèbreuse, remplie de créatures malveillantes ou pas (rien que le gobelin qui cuisine, et protège la maison dans laquelle logent Tom et son maître), découvrir plus de créatures, les informations la concernant, les moyens de s'en débarrasser et dans ce tome, le Fléau tient toutes ses promesses : terrifiant, menaçant, dangereux, intelligent... je me demande ce que nous reserve l'auteur dans le tome 3. Sinon, ça se lit toujours aussi vite et bien, c'est fluide, on s'ennuie pas un seul instant, le rythme est régulier, il y a plein de rebondissements au point de créer chez le lecteur un sentiment d'impatience pour savoir comment tout cela peut bien se finir.

Et, Dieu merci, je suis bien contente que l'ère de la chasse aux sorcières et les Inquisiteurs soit passée, je n'ai pas pû encadrer l'Inquisiteur et sa logique, sa cruauté, la façon de certains hommes religieux de perçevoir ces choses étranges qu'ils ne peuvent expliquer (l'obscur, le métier d'Epouvanteur, les créatures, la magie...) et qu'ils rapportent immédiatement au diable et au mal. Quelle mentalité que celle de cette époque. Bûcher, questionette sous la torture... non merci ! A part ça, je suis ravie de revoir la jeune sorcière Alice bien que je ne sais jamais sur quel pied danser avec elle, Mr Gregory alias l'Epouvanteur, la mère de Tom qui cache bien des secrets (on apprend d'ailleurs des choses sur elle dans ce tome). En fait, mon seul problème reste Tom, je suis toujours indifférente à ce personnage, il ne me donne pas l'impression d'avoir beaucoup de profondeur et pourtant il est bien plus actif et bavard dans ce tome, il est loyal (trop même au point de l'idiotie), parfois rebelle aux ordres de son maître si ça concerne Alice mais... je sais pas... j'arrive pas encore à m'attacher à lui, il ne me fait pas grande impression et c'est bien dommage. J'espère que ça s'améliorera par la suite. De toute façon, je vais continuer la série (jusqu'au tome 4-5 car la bibli n'a pas la suite et que je ne veux pas acheter la suite alors que je n'ai pas les premiers tomes chez moi, et puis zut, 12.90 euros pour un tome, ça fait un peu cher...) car l'histoire m'a déjà bien appée, je suis captivée et je n'ai pas l'intention de m'arrêter là (le tome 3 est dans ma PAL et comme je m'ennuie déjà à mourir alors que je ne suis en vacances que depuis quelques heures sans devoirs pour la rentrée, les livres de ma PAL vont pas faire long feu). Bref, bref, un bon tome captivant comme le premier :)

Extrait :

Ce prêtre, figurez-vous, était le père Gregory, le propre frère de l'Epouvanteur. Je ne l'avais aperçu qu'à une seule occasion, lors de notre bref séjour à Horshaw, au printemps précédent. Il avait dessiné de la main un grand signe de croix en nous voyant, le visage déformé par un rictus de colère. Mon maître l'avait à peine regardé, car ils n'éprouvaient plus d'affection l'un pour l'autre et ne s'étaient pas adressé la parole depuis quarante ans. Mais la famille reste la famille... C'est pourquoi en définitive, il m'avait envoyé à Horshaw.
'Les prêtres ! avait-il craché avec rage. Pourquoi se mêlent-ils toujours de ce qui ne les concerne pas ? S'attaquer à un gobelin ! Qu'est-ce qu'ils s'imaginaient ? Qu'il me laisse donc faire mon travail !'

1
. L'Eventreur de Horshaw.

jeudi 3 février 2011

J'ai voulu porter l'étoile jaune - Françoise Siefridt.

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L'auteur :

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Françoise Siefridt est aujourd'hui une dame de 88 ans, coulant des jours heureux au Havre. Ancienne Résistante, elle fut emprisonnée en 1942 pour avoir porté l'étoile jaune en signe de solidarité pour les juifs.



/ ! \ Challenge Histoire. / ! \


Quatrième de couverture :

Le témoignage unique d'une jeune chrétienne, internée dans les camps français pour avoir porté l'étoile jaune.

C'est le jour même de l'ordonnance nazie imposant le port d'un insigne à tous les Juifs que Françoise Siefridt, une étudiante chrétienne de dix-neuf ans, décide d'arborer l'étoile jaune avec l'inscription " Papou ", pour en dénoncer le caractère barbare et humiliant. Un geste de solidarité courageux qui lui vaut d'être aussitôt arrêtée par la police française. De juin à août 1942, au cours de son internement comme " amie des Juifs " aux camps des Tourelles puis de Drancy, Françoise Siefridt a tenu un Journal dans lequel elle rapporte les scènes poignantes dont elle a été témoin
.


Mon avis :

C'est sur le blog de Wild World que j'ai repéré ce titre. D'habitude, je ne lis pas trop de témoignages, à part peut-être quand c'est historique et encore, j'ai tendance à éviter les témoignages de juifs lors de la WWII, pas que ça m'intéresse moins mais parce que ça me rend malade à chaque fois que je lis les horreurs et les injustices dont on été victimes les juifs pendant la seconde guerre mondiale, surtout quand ces-dits témoignages prennent lieu dans des camps de concentration. Je me rappelle avoir eu la nausée après ma lecture de Si c'est un homme de Primo Levi, livre que j'ai d'ailleurs eu du mal à terminer, c'était une lecture difficile.

Néanmoins, j'ai voulu retenter l'expérience des journaux intimes/témoignages lors de cette époque terrible mais intéressante à étudier. Voici donc le journal intime de Françoise Siefridt, jeune chrétienne et résistante, durant sa durée d'emprisonnement dans un camp de concentration français. Son crime : avoir sympathisé avec des juifs et en montrant à tous son soutien pour eux en arborant une étoile jaune avec l'inscription Papou.

Nous n'accedons pas pourtant tout de suite au journal de Françoise Siefridt, avant nous avons une préface d'environ 80 pages, de Jacques Duquesne, plutôt longue mais détaillée où nous avons un récapitulatif instructif sur cette période funeste, il nous dresse un portrait de la France dans laquelle les élèments retracés dans le journal vont avoir lieu. Nous avons un bref rappel de cette période, de la seconde guerre mondiale, du gouvernement de Vichy, la collaboration avec l'occupant allemand, la place des juifs dans cette société dominée par les Nazis, en France ainsi que la position de l'église épiscopale française sur ce sujet, sur la question des Juifs, sur les silences fréquents des autorités religieuses concernant les rafles, les déportations et les faits des Résistants, notamment des Résistants chrétiens. C'est une preface longue que nous livre Jacques Duquesne, certes, mais elle est intéressante (même s'il y a eu quelques débordements de matières par-ci par-là)

Passons au journal, son auteur est une jeune femme adorant la vie et, entraînée par les vagues de protestations, elle s'attire les foudres des autorités. Elle a eu le cran de s'opposer à elles en témoignant sa sympathie pour les juifs et en portant, elle une chrétienne, une étoile de David. Emprisonnée dans un camps pour son acte, elle nous raconte son long séjour en prison. On sent bien sa jeunesse, elle est assez candide ou ignorante parfois et n'hésite pas, comme beaucoup à cette époque quand l'impact de la religion était toujours aussi grand, à se réfugier derrières ses croyances lorsque la situation dérapait ou paraissait floue. Parfois, on pourrait presque oublier où elle se trouve car elle en vient des fois à ressentir du plaisir à vivre sa détention, à rencontrer d'autres personnes, mais sa bonté de coeur lui permet de traverser cette expérience affreuse (car elle fut tout de même prisonnière dans deux camps) en aidant ses co-détenyes et à des enfants, c'est un geste admirable. Le journal en lui-même est court et s'ouvre sur Françoise et son amie, Paulette, lorsqu'elles ont décidé en ce 7 Juin 1942 de défier les autorités allemandes et françaises en arborant l'étoile jaune. Une provocation presque taquine qui va leur valoir trois mois de détention (pour Françoise) au camp des Tourelles puis Drancy. Il y a la peur avant de prendre des habitudes, se faire des amis même avant que le destin ne décide qui restera et qui partira vers d'autres camps - de concentration ou d'extermination. Françoise Siefridt nous raconte ce quotidien avec émotion, enfermée avec d'autres. Elle a eu la chance de survivre à cette expérience. C'est une femme admirable, on le constate à travers son journal.

Après le journal vient la postface de Cédric Gruat qui analyse la situation, oriente le sujet sur les actions de Françoise Siefridt et ceux qui ont protesté comme elle, par acte de protestation et de foi, qui cherche à prouver que chrétiens et juifs ne sont pas différents. Monsieur Gruat revient sur certains évènements narrés dans le journal pour mieux les éclairer dans le contexte historique, comme une sorte de bilan sur cette révolte civique qui eu des conséquences tragiques, il précise aussi que le journal a été rédigé avec un soupçon d'auto-censure par peur des représailles si jamais ce manuscript venait à être découvert. Démarche analytique intéressante, elle permet de mieux comprendre et de faire découvrir au lecteur des détails qui pourraient lui avoir échappé. A noter aussi la présence d'annexes qui terminent l'ouvrage et qui offre une aide à la compréhension du contexte historique, lieux, protagonistes...

Mes impressions concernant ce livre... je dirais que c'était une lecture instructive, de bonne qualité, intéressant malgrè une préface plutôt longue. Suivre le quotidien de Mme Siefridt à travers son journal est émouvant quand on lit ce qu'elle a vécu. Niveau documentation, rien à redire, c'est un livre complet en informations et explications. Une agréable découverte, pas inoubliable mais instructive surtout.

Extrait :

Nous chantons de toute notre âme, nos voies sont émues. Derrière leurs barreaux, Sonia, Raïssa, les isolées écoutent. Leurs visages s'illuminent d'une joie extraordinaire, d'une joie qui résulte d'une immense souffrance vaincue par une espérance qui veux espérer contre tout espoir. Et nos chants montent dans l'air, le timbre des voix est pur, spiritualisé, pour ainsi dire désincarné. Il donne l'impresion d'avoir été dépouillé par la souffrance de toute la chaleur de la joie terrestre. "Il y a longtemps que je t'aime, jamais je ne t'oublierai".

Watson et Holmes - June Thomson.

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L'auteur :
 
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June Thomson (née en 1930) est une auteur britannique de romans policiers. Ancien professeur, depuis 1990 elle écrit quelques pastiches Sherlock Holmes.

Emprunt de Cécile.


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Quatrième de couverture :

Sherlock Holmes et le Dr Watson : deux personnages mythiques de la littérature policière, mais demeurés mystérieux à bien des égards. Si l'on n'ignore rien des remarquables capacités cérébrales de Holmes, ni de l'indéfectible révérence de Watson pour les aptitudes du grand détective, en revanche, la vie plus intime des deux amis reste une énigme... Endossant à son tour le rôle de détective, June Thomson traque au coeur du « canon », tout indice, aussi ténu soit-il, susceptible de répondre aux questions que se sont toujours posées les amateurs. Elle nous livre ainsi, dans ce roman policier pas comme les autres, quantité d'informations précieuses et de théories passionnantes qui, tout en célébrant les liens qui unissaient les deux hommes, reconstituent de manière convaincante deux existences chargées de mystère.


Mon avis :

Tout d'abord, avant d'entamer cette critique, je voudrais remercier Cécile pour sa gentilesse : en effet, c'est elle qui m'a prêté ce livre qui me faisait envie depuis longtemps, pour les raisons que vous connaissez bien si vous êtes un habitué de ce blog : Sherlock Holmes est l'un de mes grands amours du monde littéraire, et surtout le personnage de Watson et de la si célèbre amitié qui lient ces deux personnages mythiques, alors un essai proposant de commenter sur les deux protagonistes et sur leur amitié, pensez bien que je ne pouvais pas ne pas être intéressée. Je n'aurais pas mis beaucoup de temps à le lire en fin de compte, même si des fois, j'essayais de prendre mon temps pour savourer, et au final, je ressors avec un bilan plutôt positif de cette lecture. J'ai adoré, malgrè quelques points noirs sur lesquels je reviendrais plus tard.

Ce livre, c'est comme un essai, une longue dissertation sur Sherlock Holmes, le docteur John Watson, sur quelques autres personnages même qu'on retrouve souvent dans l'essai (Mrs Hudson, le professeur Moriarty, Mycroft Holmes, l'inspecteur Lestrade...), mais majoritairement sur Holmes et Watson, les liens qui unissent les deux hommes, cette amitié entre deux hommes différents. Le livre est présenté de manière chronologique. Tout d'abord en présentant les deux personnages, leurs caractères, les possibles hypothèses sur leur passé, puis vient le moment de leur rencontre en Janvier 1881, puis ça s'enchaîne toujours chronologiquement, du Signe des Quatre Jusqu'au Problème Final, puis du Grand Hiatus jusqu'au problème de La Maison Vide et ainsi de suite jusqu'à la fin. On a des références constantes sur le canon et les différentes affaires/nouvelles holmesiennes, l'auteur parle de (presque) toutes les enquêtes, des datations (et donc, des problèmes à ce niveau-là), mais un rappel constant au canon de Doyle à un point où j'ai eu envie de me replonger dans certaines de ces enquêtes (comme celle du Pont de Thor Grace Dunbar pourrait être la fameuse seconde Mrs Watson dont beaucoup ont déjà fait allusion. J'avais des doutes sur une possible seconde épouse de Watson, mais le canon n'en a jamais vraiment parlé, l'auteur émet des hypothèses et j'avoue qu'en effet, ça peut être plausible). On lit toute l'histoire de l'amitié et des relations entre Holmes et Watson, en lisant aussi parfois sur d'autres personnages du Canon : les clients comme les personnages que l'on voit (plus ou moins) souvent comme Lestrade, Mary Morstan, Mrs Hudson, Moriarty..., et c'est intéressant, c'est passionnant. J'ai pris plaisir à lire cet essai (d'habitude, je me méfie des essais, mais j'ai fait une exception puisque c'était sur Holmes et Watson), l'auteur expose ses théories, ses hypothèses en se servant du canon, et certaines de ses idées sont plausibles (pas toutes hein !), c'est intéressant et ça donne à réfléchir à notre tour. Elle explique bien, ce n'est pas compliqué, ça va tout seul, elle compare ses propos au canon ou à d'autres propos d'autres individus ayant déjà travaillé le sujet. Elle donne bien son point de vue... non, je n'ai rien à reprocher de ce côté-là. De plus, elle cite d'autres ouvrages qui serait intéressant de découvrir et feuilletter. Par contre, j'avouerais n'avoir pas trop traîné sur le sujet de la chronologie qui m'importait peu pour certains cas, je savais déjà les dates essentielles.

J'ai été ravie de lire sur Watson, apparemment l'auteur doit bien l'aimer, il est présenté fidélement, positivement dans l'ensemble, un bon Watson, le Watson du Canon Doylien et pas le Watson massacré par Hollywood et beaucoup de films où il est vu comme un gros toutou idiot juste bon à suivre Holmes. Certes, il a du mal à suivre Holmes par moment et est déconcerté parfois par son caractère froid, mais il lui est très loyal, a confiance en lui, et est utile dans les enquêtes, notamment en tant que médecin ou pour protéger Holmes (je suis d'accord sur le fait qu'il emporterait toujours avec lui sa trousse de médecin et une arme). Watson est loin d'être idiot et c'est un homme de bon sens à la loyauté inébranlable, chaleureux, bon dans sa profession. Un homme aimable avec ses qualités et ses défauts, un bon personnage quoi. La fan de Watson qui est en moi n'a pas eu à se plaindre donc, de plus, je partage certaines des théories de l'auteur sur Watson (comme quoi il serait Ecossais ou aurait eu de la famille en Ecosse, qu'il serait né en 1852...).

En fait, c'est plutôt au sujet de Holmes que j'ai à me plaindre. Déjà, je n'adhère pas à ses hypothèses sur l'enfance de Holmes. Certes, ça pourrait tenir, mais moi je ne veux pas croire à cette idée où Holmes aurait eu une enfance tragique, malheureuse, dépourvue d'affection maternelle ce qui a conduit à son désintéressement pour les femmes, même de sa froideur à leur égard, et du caractère asocial de Holmes. Tout ça est exagéré selon moi (et le truc 'il voit en la reine des abeilles sa mère' ou 'le pion de la mère dans les echecs' no comment -_- ...), pour moi, Sherlock Holmes a toujours été ce qu'il est sans qu'il y ait eu un quelconque drame ou manque dans son enfance, chacun a son propre caractère, spécial ou pas, qu'il soit venu naturellement ou causé par quelque chose mais pour moi Holmes a toujours été ce qu'il été. Bon en même temps... pourquoi pas ? même si je n'y crois pas, mais il faut avouer que la façon de l'auteur d'expliquer le comportement de Holmes était quand même ridicule. D'ailleurs, j'ai eu souvent l'impression qu'elle s'en prenait à Holmes, on dirait qu'elle n'aime pas trop le personnage ou du moins ses défauts, son comportement. Elle semble froide envers ce personnage. D'accord : il se drogue, il est asocial, des fois sans pitié, il est froid, parfois cruel et égoïste... oui il a des défauts, mais quand même... d'accord, il dépasse les bornes par moments, il y a des fois où il est à baffer (rien que l'aventure du Détective Agonisant) et on comprend que Watson s'indigne par moment du comportement de son ami mais il faut voir les choses en face : Holmes a son caractère comme nous tous, s'il était si asocial que ça, il n'y aurait pas Watson car ces deux-là sont amis, ils sortent voir l'opéra, il l'emmène dans ses enquêtes, ils ont des crises de fous rires par moments, ils partagent des discussions, s'il est égoïste avec Watson, c'est qu'il ne veut pas le voir partir, éloigné de lui, il ne veut pas être seul sans son Boswell, et il lui arrive d'être aimable avec ses clients ou avec Lestrade qui lui arrive souvent de rabaisser. Oui il est parfois sans pitié, froid quand il enquête : mais quand il est à son travail de détective privé, il n'est qu'une machine froide qui laisse place à la logique, pas aux sentiments, pour trouver la solution, il est du genre à ne reculer devant rien et à ne pas penser immédiatement aux conséquences que cela pourrait avoir sur les sentiments de Watson ou Mrs Hudson si jamais ses actes devaient les blesser. Il ne pense pas à mal même si certaines de ses actions (cacher des choses à Watson, se faire passer pour mort pendant trois ans...) sont regrettables. Et si Holmes est ironique dans ses propos, ce n'est pas forçément de la méchanceté mais de la taquinerie, de l'humour 'holmesien'. Moi qui adore utiliser l'humour dans mes écrits ou mes propos, je vois bien une phrase ironique quand j'en lis (ou entends) une la plupart du temps ! J'aime le personnage de Holmes et voir l'auteur s'attaquer ainsi à lui... ça m'a traumatisé !

Mais heureusement, je trouve qu'elle donne justice à l'amitié Holmes/Watson qui me plaît énormément, là-dessus, c'était parfait :) j'ai été servie et j'ai adoré. C'était une lecture satisfaisante, intéressante, passionnantes même malgrè quelques points négatifs sur la perception de l'auteur sur le passé et le comportement de Sherlock Holmes. Une belle découverte sinon, merci
Cécile !



 
Sherlock Holmes et le docteur Watson, illustration de Sidney Paget.

 
Extrait :

Holmes et Watson : leurs noms seront inextricablement liés tant que leur amitié sera connue de par le monde, célébrité pour une grande part imputable à Watson, qui, en tant que chroniqueur de Holmes, devait écrire plus d'un demi-million de mots à propos de leur relation et des aventures qu'ils vécurent ensemble.

1. HOLMES ET WATSON. Leurs débuts dans l'existence.