jeudi 25 novembre 2010

xxxHolic (T.5 à 8) - CLAMP.

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Du même auteur :





Quatrième de couverture :

Lycéen, Kimihiro Watanuki est poussé malgré lui par une force étrange qui le fait entrer dans la maison d'une médium, Yûko Ichihara, qui attendait cette visite inéluctable. Face à ses déclarations, Kimihiro reste perplexe, et afin de parer à son scepticisme, la médium lui révèle des détails concernant son passé, notamment un lourd secret lié aux forces occultes. Pour se débarrasser des visions qui l'assaillent, Kimihiro accepte un petit boulot d'homme de ménage chez cette médium plutôt difficile à vivre...

Mon avis : 

Je deviens de plus en plus accro au fur et à mesure de ma lecture, c'est atroce. Je n'ai pas pu m'empêcher de lire ces quatre tomes d'une traite, en une journée, sans être capable de m'arrêter sitôt que j'étais rentrée de la médiathèque, et maintenant je dois patienter avant de lire la lire. Flûte.

Passons à ces tomes. Quoi de beau dans ces quatre volumes ? Le tome 5 révèle que si une personne est anormalement colérique, irritée ou hargneuse, elle peut avoir une paire d'ailes blanches sur le dos que seuls les médiums peuvent voir, dont Watanuki qui les remarque pour la première fois sur le dos d'une jeune fille. Si ces ailes rappellent celles des anges, il ne faut pas se fier à leur beauté ou à leur aspect soyeux car ces petites bestioles, sitôt qu'elles s'accrochent aux omoplates d'un individu, font perdre peu à peu à celui qui les porte leur âme, cœur et conscience et la malheureuse victime se retrouve prise de pulsions incontrôlables qui causent du tord à la personne elle-même mais aussi l'entourage. Et une fois qu'elles en ont fini avec leur victime, ce petit parasite s'envole et laisse la victime sans conscience, telle une enveloppe vide, sans aucun espoir de guérison... Tome 6, Yûko doit s'absenter un moment, ce qui ravit Watanuki qui peut enfin prendre quelques jours de congé, mais avant de partir, Yûko lui annonce de faire très attention à lui. S'attendait-elle à ce que quelque chose se produise ? Sûrement puisque Watanuki croise depuis peu une jeune femme ayant perdu son enfant, pris de sympathie pour cette maman en deuil, Watanuki vient souvent retrouver cette femme, la considérant peu à peu comme la mère que lui-même a perdu il y a des années de cela. Tout comme cette femme aime les visites de Watanuki pour combler le vide laissé par son fils décédé. Mais voilà : cette femme est un fantôme, et plus Watanuki se rapproche d'elle, plus son énergie vitale se vide et plus il s'affaiblit, lorsque Watanuki s'en rend compte, il ne peut s'interdire de revoir cette jeune maman, après tout, cet affaiblissement causé par elle n'est pas intentionnel... mais plus il la revoit, plus ses chances de mourir de faiblesse s’agrandissent...


Tome 7, où Watanuki et Dômeki apprennent qu'il faut se méfier des araignées, que les photos peuvent être hantées ou que les livres peuvent loger des parasites... ou encore que la douce Himawari cache quelque chose de sombre sous ses airs charmants... Tome 8, Watanuki a sacrifié quelque chose pour sauver Dômeki, mais cette chose sacrifiée devient la convoitise de toutes les créatures du monde de l'occulte, dont la Veuve Noire qui enlèvera une personne de l'entourage de Watanuki pour l’amener jusqu'à elle, pour récupérer ce qui lui a été volé et sauver la personne kidnappée, Watanuki devra considérer certaines choses sous un autre angle et franchir bien des épreuves...

Passons maintenant à mon avis sur ces quatre tomes. C'est donc sans surprise que j'annonce avoir englouti ces quatre tomes, au rythme de la soundtrack Harry Potter 6 et de la chanson Together Again d'Evanescence qui suit plutôt bien le manga (la musique, pas les paroles, elle a quelque chose de mystique). La série se complexifie peu à peu, il y a des phrases ou des situations énigmatiques qu'on ne peut pas comprendre immédiatement mais qui, après relecture ou après avoir lu quelques tomes, prennent tout leur sens. Chacun dans le manga cache un passé, une personnalité ou un pouvoir qui le rend unique. Le manga reprend aussi le thème de la destiné : la vie est-elle une succession de choses inéluctables écrites à l'avance, tout est-il déjà prévu d'avance ou les choses sont-elles l'objet du hasard ? Car, hasard ou destin, ce manga nous met face à nos choix, à notre attitude face aux bouleversements de la vie.


Le manga reprend aussi le thème des fantômes. Ça me fait penser à la série tv Ghost Whisperer, où le protagoniste peut voir des fantômes, mais tandis que Melinda Gordon les aide à passer dans l'au-delà, à accomplir des choses qu'ils n'avaient pas pu faire ou terminer de leur vivant,  Watanuki ne fait rien pour eux. Il subit. La présence de ces esprits le met mal à l'aise et c'est pour ça qu'il travaille pour Yûko et qu'il doit rester auprès de Dômeki, pour ne plus voir ces esprits, ces fantômes. Depuis son apparition dans la boutique de Yûko, c'est fréquent, et ça l'a encore plus propulsé dans un univers plus qu'étrange et dangereux mais attirant et fascinant. Cette découverte d'esprits ou de créatures surnaturelles, hors du commun ou même des individus normaux ayant une sorte de pouvoir qui affecte les autres, sans le savoir, ou au contraire être victime inconsciemment d'un être surnaturel et c'est ça qui me fascine.

A chaque tome, un ou deux nouveaux cas d'esprits ou de quelque chose de paranormal ou qui y ressemble. Et, à chaque tome, un délice de revoir les personnages, surtout : Yûko ('Watanukiiiiiiiiiii, du sakeeeeeeeeeeee !') la voyante et l'experte par excellence, Dômeki l'imperturbable qui cache une personnalité intéressante... et un sacré appétit pour qu'il ait fait de Watanuki son cuisiner personnel (même si celui-ci ne veut pas, il le fait quand même) et... Watanuki qui semble posséder bien plus de capacités qu'il ne le croit ou du moins d'importance mais il ne s'en rend pas compte et/ou s'en fiche un peu mais fini par se rendre compte qu'il a peut-être tord de sous-estimer tout ça, lui et Dômeki ont une personnalité et un possible lien intriguant, intéressant et qui attire le lecteur (ou alors moi !) ils pourraient devenir plus proches dans l'avenir, surtout qu'ils sont souvent ensemble, avec Himawari, même si Watanuki ne voudrait être qu'avec sa dulcinée et qu'il s'énerve encore contre Dômeki, et pourtant cela ne l'empêchera pas de sacrifier quelque chose pour lui...

Himawari est un personnage plutôt sympathique, et visiblement gentille et attachée à Dômeki et Watanuki, mais pour le moment, elle ne me fait pas grande impression, même s'il est clair qu'elle a un rôle à jouer. Sinon, toujours pas un seul moment d'ennui, j'aime toujours autant suivre ce manga (j'espère que ça va durer, durer...), j'ai particulièrement aimé l'histoire où Watanuki rencontre le fantôme d'une femme qui a perdu son enfant, et qu'il passe beaucoup de temps avec elle, allant même jusqu'à négliger sa santé pour aller la voir (puisque passer beaucoup trop de temps en présence de fantômes, même bienveillants, est mauvais pour lui). Cet esprit de femme qui a perdu son enfant, Watanuki n'a pas de parent, pas de présence maternelle et c'est sans doute pour cela qu'ils passent du temps ensemble, pour combler un vide, mais fréquenter ce fantôme fait dégrader la santé de Watanuki, heureusement qu'il y a Dômeki pour sauver Watanuki du pétrin quand Yûko n'est pas là.

Et pour l'aventure avec l'araignée... jle savais qu'elles étaient dangereuses, les araignées, même les plus petites qu'on a chez nous, je le dis tout le temps à ma mère, mais elle veut pas me croire... mais c'était une histoire intéressante, comme quoi, même une araignée dans xxxHolic peut causer beaucoup d'ennui, comme l'ont constaté Watanuki et Dômeki... Bref, bref, bref, j'ai déjà hâte de lire la suite, mais je dois me montrer patiente, et ça c'est irritant, encore plus irritant que d'attendre la suite de Black Butler et résister à l'envie de lire la suite sur le net. Dur, dur, de résister à la tentation.

En somme, une suite toujours aussi satisfaisante, je suis toujours sous le charme, envoûtée par l'histoire et les personnages, ravie de trouver un peu d'humour dans tout ça, des dessins toujours aussi beaux, tout ce mélange qui donne envie de lire la suite, et peut-être aussi de découvrir d'autres mangas de CLAMP, ça tombe bien, je pensais depuis un moment à découvrir Card Captor Sakura... même si cela me confirme que je suis bel et bien tombée dans le piège. Misère... et moi qui venait à peine de guérir/sortir de mon addiction pour Black Butler...

Les vacances du petit Nicolas - Sempé et Goscinny.

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Articles connexes :










Quatrième de couverture :

D'abord, il y a eu l'hôtel Beau-Rivage, à Bains-les-Mers, et les nouveaux copains: Blaise, Fructueux, Mamert, Irénée, Fabrice et Côme. Puis un essai manqué de germination de haricot avant de repartir avec la colonie du Camp Bleu où l'on s'amuse drôlement. Elles sont vraiment terribles, les vacances du Petit Nicolas ! De quoi épater Marie-Edwige à la rentrée...

Avec le Petit Nicolas, vous ne risquez pas de vous ennuyer: ses vacances sont un festival de drôlerie et de tendresse, grâce au génie de deux grands auteurs !


Mon avis :

Lu ce petit livre emprunté à la médiathèque, entre deux gros romans, avant de m'attaquer enfin à un roman de Charlotte Brontë (devinez lequel ! c'est tellement évident...), une lecture pas trop lourde, divertissante et drôle, qui se lit tout seul, sans contrainte ou énervement. Et puis, je ne pense jamais me lasser du Petit Nicolas. Je lis ses aventures depuis le collège, et c'est toujours un vrai plaisir que dé lire et relire ces petites histoires drôles, simples et amusantes.

On suit toujours les aventures sous le point de vue et la façon de parler de Nicolas, c'est donc simple et amusant à lire. Comment ne pas s'attacher à Nicolas ? Ce qui est sûr, c'est que l'humour et la façon de raconter des histoires de Goscinny et des dessins de Sempé sont toujours une excellente recette qui n'a jamais failli ! Je suis maintenant certaine d'emporter ces livres lorsqu'il me faudra camper et divertir ma soeur à l'hôpital. Si une vieille comme moi peut encore pouffer face aux aventures de Nicolas, sûrement des plus jeunes adoreront encore plus, même ceux qui n'aiment pas trop la lecture, si, si...

Dans ce petit tome, nous changeons de contexte : fini le temps de l'école. Tout le monde part en vacances. Donc, la chouette bande de copains de Nicolas n'est pas au rendez-vous, il y a bien des amis de plage ou ceux des colonies de vacances qui sont parfois drôles même s'ils ne remplaceront jamais Rufus, Geoffroy, Alceste, Eude, Agnan et cie. Ce fut un peu dommage de ne pas les voir, mais cela ne veut pas dire que ce tome est décevant, non. Je ne pense pas être déçue par Goscinny ou le Petit Nicolas...

Dans la 'première partie', Nicolas part en vacances à la place, en Bretagne, avec ses parents, après le problème de savoir où partir qui enchaîne des disputes. Inutile de dire que les vacances se passeront dans le calme, certainement pas avec Nicolas, et sûrement pas s'il y a d'autres enfants de son âge dans les environs. Energique, survoltés, dynamiques, ils fatiguent souvent sans le vouloir parents, personnel de l'hôtel où ils logent et ceux chargés de les divertir, en leur faisant voir des vertes et des pas mûres. Et ça cause souvent des histoires, des disputes avec les parents... Et dans la 'seconde partie', les parents envoient Nicolas dans une colonie de vacances, s'attendant à ce que Nicolas pleure ou ne veuille pas quitter ses parents, mais celui-ci est ravi et ce sont les parents qui commençent à regretter cette décision, s'inquiètant pour Nicolas qui s'éloigne pour la première fois de ses parents pendant quelques semaines. Mais tout se passe bien, si ce n'est le chef de l'équipe de Nicolas au camp, exténué après s'être occupé des garçons. Prénoms un peu étrange pour ces garçons : Irénée, Fructueux, Mamert, Côme, Bertin, Athanase, Crépin, Paulin... peu commun, enfin peut-être pas dans les années 1950, période où Nicolas grandit. Et j'ai bien aimé le clin d'oeil de Goscinny qui mentionne une BD qu'il a co-crée : Iznogoud (quand le moniteur raconte l'histoire d'un calif et de son méchant grand vizir qui veut prendre sa place). En gros, un livre très agréable à lire et qui nous ramène, le temps d'une lecture, dans le monde de l'enfance...
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Extrait :


Tous les ans, c'est-à-dire le dernier et l'autre, parce que avant c'est trop vieux et je ne me rappelle pas, Papa et Maman se disputent beaucoup pour savoir où aller en vacances, et puis Maman se met à pleurer et elle dit qu'elle va aller chez sa maman, et moi je pleure aussi parce que j'aime bien mémé, mais chez elle il n'y a pas de plage, et à la fin on va où veut Maman et ce n'est pas chez mémé.
C'est Papa qui décide.

vendredi 19 novembre 2010

Geisha - Arthur Golden.

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L'auteur :
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Arthur Golden, né en 1956, est un écrivain américain, diplômé en Histoire de l'Art Japonais et titulaire d'une maîtrise d'histoire japonaise. Geisha est l'oeuvre qui le rendit célèbre. Arthur Golden enseigne à présent la littérature et les techniques d'écriture, à Boston.

/ ! \ Challenge Histoire / ! \


Quatrième de couverture :
 
A neuf ans, Sayuri est vendue par son père à une maison de plaisir de Kyoto. Dotée d'extraordinaires yeux bleus, la petite fille se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Art de la toilette et de la coiffure, rituel du thé, science du chant, de la danse et de l'amour : Sayuri va peu à peu se hisser au rang des geishas les plus convoitées de la ville.
 
Ecrit sous la forme de mémoires, ce récit a la véracité d'un exceptionnel document et le souffle d'un grand roman.
 
Mon avis :

C'est en regardant, un peu par hasard, le film qui a inspiré le livre, il y a une semaine jour pour jour, que j'ai eu envie de découvrir ce livre. Il faut croire que ce film m'a donné envie de découvrir le Japon, ses coutumes, ses moeurs, ses Geishas, et j'ai englouti le livre en une semaine, j'ai eu du mal à le lâcher, j'ai été prise dans ce roman du début à la fin et je suis presque deçue de savoir que ces "mémoires" sont fausses et que tout n'est que fiction, que l'auteur voulait nous faire croire que c'était vrai bien qu'il s'était inspiré des propos d'une geisha qu'il avait rencontré.

Chiyo Sakamoto est une petite fille de neuf ans, de pêcheurs vivant dans une petite ville nommée Yoroido. Elle vit une enfance heureuse avec ses parents et sa soeur aînée, Satsu, malgrè leur pauvreté. Mais un jour, la mère tombe gravement malade et rien ne semble prévoir une guérison. Le père étant déjà âgé, il accepte de laisser ses deux filles à M.Tanaka qui les vendra dans deux okiyas différentes, à Kyoto dans le quartier de Gion. Avec une autre fille de son âge, Pumpkin, Chiyo vit en tant que servante dans une okiya, une maison qui prenent en charge des geishas. Justement, là où vit Chiyo se trouve une jeune Geisha très belle mais très cruelle, Hatsumomo qui n'hésite pas à lui mener la vie dure. Chiyo tente de s'enfuir avec sa soeur, sans succès. Malheureuse, Chiyo essaye de se faire à sa vie de servante jusqu'au jour où elle grandira, devenant une jeune fille, et rencontrera deux personnes qui vont changer sa vie à jamais : Un président d'une société qui sera la première personne à lui accorder beaucoup de gentilesse, et Mameha, geisha très célèbre et convoitée à Gion qui prendra Chiyo sous son aile pour faire d'elle une Geisha. Apprentie de Mameha, Chiyo, Sayuri de son nom de Geisha, devra affronter les difficultés et déjouer les pièges d'Hatsumomo, folle de jalousie et de haine, tant envers Mameha que Chiyo. La route sera longue et dure, mais Sayuri semble déterminée à réussir et à devenir une Geisha convoitée, et tout cela pour une personne seulement : le Président.

Le Japon est un pays qui m'intéresse et me passionne, bon surtout à cause de manga c'est vrai, mais toute l'histoire, les coutumes et autres de ce pays ont de quoi passionner, c'est donc pour cela que je n'ai eu aucun mal à entrer dans ce roman. Ca m'a permi de découvrir plus de choses sur le Japon, et notamment l'univers assez méconnu des Geishas qui ne sont pas des prostituées mais des personnes raffinées ayant poursuivis études et entraînements, c'est tout un art et d'ailleurs le mot 'geisha' veut dire 'artiste', c'est tout un apprentissage (les rituels, les différents kimonos, les cultes, les cours) et c'est parfois un univers impitoyable, prometteur mais cruel. Le jeu des influences, les méchancetées ou remarques des autres, la jalousie des Geishas s'il s'avère qu'elles ont une rivale, ces hommes hypnotisés par ces femmes magnifiques... Une immersion totale dans le Japon de la moitié du XXe siècle ! C'est 600 pages qui se lisent toutes seules. Et les métaphores de Chiyo, ces mots ou ces noms qu'elle lie à des images, sont magnifiques dans le récit. C'est un personnage attachant, docile, intelligente, déterminée et plutôt jolie, surtout ses yeux couleur bleu-gris, comme de l'eau, tous ces élèments qui l'aideront pour être une geisha accomplie et cela dans le seul but d'approcher et de devenir digne du Président, l'homme le plus important de sa vie, le premier à lui avoir témoigné de la gentilesse.

C'est un livre envoûtant et captivant, quel dépaysement ! L'auteur sait allier l'art de conter une histoire avec la précision des descriptions sur la culture nippone et ce Japon des années 20 (puis 30's), un roman d'apprentissage passionnant, qu'est-ce que j'ai pû lire avidement en tournant les pages, préssée de connaître la suite. Cela faisait un moment que je n'avais pas été happée par ce point là par un livre, pensez-y ! 600 pages lues en une semaine ! Moi qui prend mon temps pour lire, là j'étais avide de continuer à lire l'histoire. Et narrée à la première personne, elle est rendue encore plus touchante puisqu'on a accès directement aux pensées et sentiments de Chiyo/Sayuri. Sans pour autant être un Cendrillon version nippone, ni un Oliver Twist au pays du Soleil Levant, cette histoire reste crédible pour ses lecteurs, l'auteur a vraiment eu une très bonne documentation sur les Geishas, univers méconnu de nous, un univers exotique emprunt de séduction et de mystère, de beauté et raffinement, de cruauté et difficultés, et de l'Histoire du Japon des années 20 et 30 et durant et après la Seconde Guerre Mondiale.

Je me suis pris de passion pour ce roman, cet univers, ces personnages. L'auteur parvient à nous expliquer correctement toute cette culture, sans oublier un seul détail (sans trop révéler certaines parts, comme le rituel du mizuage où des hommes payent cher pour la virginité, le dépucelage d'une jeune apprentie Geisha), et à nous donner des personnages intéressants. Mameha que j'ai beaucoup aimé, la "grande soeur" (ou marraine) de Chiyo, en s'occupant de son apprentissage et en l'aidant à devenir une grande Geisha, bien qu'elle le fait surtout pour se venger d'Hatsumomo, la faire tomber ; Hatsumomo, geisha cruelle, jalouse, impitoyable mais très belle et célèbre. Une vraie tête à claque, je redoutais les mauvais tours qu'elle jouait à Chiyo. Puis les femmes qui s'occupent de l'okiya où vit Chiyo : Granny, Mère et Tatie. Et les hommes aussi, qui ont une grande place dans ce roman : M. Tanaka qui a vendu Chiyo dans une okiya, M. Bokku qui l'y a emmené, Le Président homme crucial dans la vie de Sayuri, Nobu associé du président et homme marqué par la guerre qui sera aussi important dans la vie de Sayuri bien quil est complexe dans ses sentiments, on ne sait jamais ce qu'il veut.

Ici, pas de manichéisme : pas de Sayuri petite fille innocente et toujours pure contre la méchante Hatsumomo. Elle est faible mais touchante, dénuée de tout sentiment malsains mais s'il faut se venger, elle le fera. Chaque personnage a un penchant sombre : Mameha est une bonne tutrice et a beaucoup aidé Chiyo mais elle est mue par son désir de se venger d'Hatsumomo qui n'a aucune onde positive en elle, Pumpkin qui aime bien Chiyo mais qui est faible et ne peut rien refuser à Hatsumomo, la Mère qui ne cherche qu'à s'enrichir et à choisir la geisha qui lui gagnera le plus d'argent, et etc.

Un roman passionnant, selon moi, avec une histoire crédible, des personnages avec des facettes intéressantes, quelques remarques amusantes des personnages, avec le charme et toute la poésie du Japon, de jolies métaphores, une manière plus contemplative de voir le décors et les personnages, tout est bien décrit, univers, Histoire, langage... et enfin une héroïne attachante et touchante par ses sentiments. Et mon Dieu, la fin... Bref, coup de coeur <3 !


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Image d'une Geisha, dans un paysage neigeux.

Extrait :

Je fis alors une chose très insultante : je m'inclinai devant Hatsumomo, puis ouvris la porte et sortis sans répondre. Elle aurait pu me frapper, mais elle se contenta de me suivre dans le couloir.
- Si tu es curieuse de savoir ce que ça fait de rester servante toute sa vie, demande à Tatie ! continua-t-elle. Vous vous resemblez déjà comme les deux extrémités d'une ficelle. Elle a sa hanche cassée. Tu viens de te casser le bras. Et tu finiras peut-être par ressembler à un homme, comme elle !
- C'est ça, Hatsumomo, dit Tatie. Je reconnais bien là son charme légendaire. On ne s'en lasse pas.


8.

xxxHolic (T. 2 à 4) - CLAMP.

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Quatrième de couverture : 

Lycéen, Kimihiro Watanuki est poussé malgré lui par une force étrange qui le fait entrer dans la maison d'une médium, Yûko Ichihara, qui attendait cette visite inéluctable. Face à ses déclarations, Kimihiro reste perplexe, et afin de parer à son scepticisme, la médium lui révèle des détails concernant son passé, notamment un lourd secret lié aux forces occultes. Pour se débarrasser des visions qui l'assaillent, Kimihiro accepte un petit boulot d'homme de ménage chez cette médium plutôt difficile à vivre...


Mon avis :

Je continue ma lancée sur xxxHolic. Le premier tome  m'avait laissé une bonne impression certes, mais ce n'était pas un coup de cœur et j'aurais pu laisser ma lecture telle quelle sans ressentir le besoin de connaître la suite, mais j'avais emprunté les trois tomes suivants à la médiathèque, par simple curiosité et il me fallait bien les lire avant de les rendre. Je me suis donc bien installée dans mon lit, un jour où je n'avais rien à faire, dans l'idée de lire quelques pages, histoire de m'occuper. J'ai commencé le second tome... puis j'ai été incapable de lâcher ce manga et j'ai englouti ces trois tomes en deux heures, et je n'avais qu'une seule envie : retourner à la médiathèque pour emprunter la suite. Je deviens donc légèrement accro, et la faute revient à Matilda, je ne le répéterais jamais assez mais tu es diabolique, parce que tout ça, c'est de ta faute !

Alors en attendant de lire les tomes 5 à 8 tout juste empruntés, je tape cet avis. Alors, que s'est-il produit durant ces trois tomes ? Dans le second tome, Watanuki s'est déjà bien habitué à sa situation et son boulot... et sa patronne ! Justement, une fille que Watanuki aime beaucoup : Himawari Kunogi vient l'aborder, curieuse de savoir son camarade de classe en tant qu'homme à tout faire d'une voyante. Et même si Watanuki est ravi de voir que la fille de ses rêves vienne lui parler, il pense que celle-ci n'a d'yeux que pour le beau garçon du lycée : Shizuka Dômeki, que Watanuki ne semble pas porter dans son cœur... Pour arranger les affaires de Watanuki, Yûko décide d'organiser une soirée spéciale histoires de fantômes où les trois lycéens seront invités... mais rien ne se passera comme il le faut pour le jeune lycéen médium... Tome 3, Himawari, sachant que Watanuki travaille pour une voyante, lui fait part de ce qu'une amie venant d'un autre lycée lui a dit : ce lycée en question serait hanté, si hanté est bien le mot. Du spiritisme y a été pratiqué par des étudiantes et cette séance de spiritisme a laissé ses traces dans le lieu où il a été pratiqué, et ces traces se manifestent sous des formes plus qu’inquiétantes... Yûko décide d'y envoyer Watanuki et Dômeki qui devront travailler et mettre en commun leurs talents pour jouer aux apprentis exorcistes. Tome 4 enfin, dans cette aventure nous apprenons que les mots sont comme des pièges : une fois sortis de la bouche, on ne peut plus les reprendre. Pour l'être humain, les mots peuvent être une libération ou une prison, tout dépend de l'usage qu'on en fait. Les mots peuvent être fatales pour la personne qui les reçoit ou être un bien-être, et c'est que ce Yûko enseigne à Watanuki alors qu'une situation similaire s'est produit chez un de leur client...

Que penser de ces trois tomes ? Eh bien... c'est envoûtant, encore plus que le tome un, la suite est vraiment prometteuse, j'ai eu du mal à m'arrêter de lire ce manga. Les dessins, les histoires, les personnages... tout est juste parfait, quoi. Ou alors je commence vraiment à être accro de ce manga et je lui en chante les louanges, je suis trop enthousiasmée par ma lecture et je refuse de voir les défauts, comme les Harry Potter (nan mais Harry Potter, c'est juste parfait quoi ^__^) ?

Je m'attache beaucoup à Watanuki, il devient vraiment de plus en plus drôle et adorable, quoique naïf, je suis sûre qu'il aura un rôle plus important que celui d'homme à tout faire de Yûko. Le pauvre, elle le martyrise, elle me fait bien délirer sur ce coup, à réclamer nourriture (car Watanuki est un vrai cordon-bleu, Yûko le découvre et en profite !), alcool ou je ne sais quoi d'autre. Pas étonnant après que Watanuki la considère comme une sorcière alcoolique et lunatique, mais elle est un personnage intéressant, Yûko. Elle a une grande profondeur, elle est responsable et altruiste, Watanuki pourrait apprendre bien des choses auprès d'elle. Il n'attend que d'avoir finit de payer ses 'dettes' pour ne plus à travailler pour Yûko, mais je ne serais pas étonnée de savoir que l'univers de Yûko, la voyance et le reste soient juste ce qu'il faut à Watanuki, qu'il pourrait trouver sa vocation car il est médium en quelque sorte, il peut voir les esprits, il en est affecté et ça se voit surtout dans le tome 3. Ce doit être pour ça que Dômeki et Himawari entrent en scène. Ils ont tous deux un rôle dans l'histoire, Yûko le sait. Bien qu'il le déteste, Watanuki doit se rapprocher de Dômeki qui peut protéger Watanuki des esprits car toutes les entités ne sont pas bienveillantes, comme dans le tome 2 durant la séance spéciale fantôme, ou dans le tome 3 dans le lycée où des jeunes filles pratiquent du spiritisme. Avec cela, pas étonnant que ce manga me plaise. Je m'intéresse beaucoup, quand je suis d'humeur ou dans ma "période", aux histoires de fantômes, d'esprits, de voyance, de médium et (même si un tel sujet m'effraye) le spiritisme, activité peu recommandée d'ailleurs.

Moi qui n'était pas attirée par Dômeki, plus j'avance dans la série, plus je m'intéresse et m'attache à cet éventuel lien Dômeki/Watanuki. Tout les séparent : Dômeki est le beau garçon du lycée, il est très populaire, il est d'un tempérament calme, il est même stoïque, il ne laisse voir aucune émotion transpercer son visage de marbre ; Watanuki est, lui, le garçon étrange, impopulaire, qui gesticule sans cesse, parle fort, il est très... vivant ! Les deux garçons font parti du même lycée mais semblent ne pas se connaître très bien... enfin, suffisamment bien en tout cas, car ils se connaissent et Watanuki, d'habitude adorable, est irrité en présence de Dômeki et ne peut s'empêcher de s'énerver sur lui. Or, Yûko et une de ses collègues ont prédit que les deux garçons se rapprocheront. Mais Watanuki refuse d'y croire, mais Yûko force les deux garçons à travailler ensemble lorsqu'elle envoie Watanuki faire un travail concernant un cas surnaturel car Dômeki a hérité de son défunt grand-père le don de chasser les esprits que Watanuki peut voir. Lorsque Dômeki est avec Watanuki, la présence des esprits affecte moins le jeune lycéen. Faire ce genre de travail et rester auprès de Watanuki ne semble pas gêner Dômeki... puis, en compensation, Watanuki lui prépare ses repas et Dômeki est comme qui dirait tombé amoureux de la cuisine du jeune médium ! Je n'ai pas, pour l'instant, eu une
grande impression sur Himawari mais j'imagine qu'elle sera importante par la suite.

Les histoires 'paranormales' sont bien présentes aussi : le lycée hanté après des séances de spiritisme, la soirée spéciale 'histoires effrayantes et fantômes qui débarquent', la femme qui découvre dans un vieil objet de Yûko : la main de singe qui réalise les vœux, mais avec quelque chose de... dérangeant, car selon la légende, si la patte du singe a le pouvoir de réaliser des souhaits, cela se termine toujours mal... j'ai beaucoup aimé aussi l'histoire où Yûko et Watanuki rencontrent deux voyantes différentes qui ont chacune leurs méthodes mais que l'une est une fausse médium et l'autre, l'amie de Yûko, une vraie qui aura l'occasion de faire quelques révélations à Watanuki et de le rassurer sur une chose : ses parents sont en paix, dans l'au-delà, et ils sont fiers de leurs fils. J'ai trouvé ce moment touchant.


J'ai aussi beaucoup aimé l'histoire des sœurs jumelles : l'aînée moins confiante et plus vulnérable que l'autre, ainsi que l'impact des mots dans les paroles de l'une sur l'autre. Il y a eu aussi le fameux Renard et le garçon-fantôme qu'a connu Watanuki dans son enfance. L'humour est toujours présent aussi, surtout avec le Mokona noir, drôle de peluche/doudou ressemblant à un lapin parlant, qui aime le sake (alcool japonais) et possède quelques pouvoirs, et avec les deux enfants, Maru et Moro. Bref, bref, bref, je deviens accro. J'aime, j'aime, j'aime. Un manga vraiment envoûtant et divertissant, je n'avais pas été aussi emballée avec un manga depuis Black Butler. C'est vraiment une série prometteuse et j'ai déjà hâte de lire la suite ^-^ (et me voilà prise au piège !)

samedi 13 novembre 2010

De bons présages - Neil Gaiman et Terry Pratchett.

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 Les auteurs :


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Neil Gaiman (né le 10 novembre 1960) est un auteur britannique de fantasy et de bande-dessinée résidant aux Etats-Unis. Sir Terence David John Pratchett, (né le 28 avril 1948) plus communément appelé Terry Pratchett, est un écrivain britannique, auteur connu des Annales du Disque-Monde.



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Quatrième de couverture :

L'Apocalypse ! Depuis le temps qu'on en parle... Eh bien, c'est pour demain. Enfin, dans onze ans, très exactement. Depuis que Dieu a créé le monde et Satan l'enfer, chacun des deux cherche à tirer la couette à lui. Pour défendre leurs intérêts respectifs, ils ont leurs envoyés spéciaux sur terre. Côté Bien : Aziraphale (ange de son état, bibliophile et libraire à mi-temps). Côté Mal : Rampa (démon, lunettes noires et boots en peau de serpent, propriétaire d'une Bentley). Et l'Apocalypse, ça ne les arrange pas du tout. Parce que, vous savez ce que c'est, quand on vit quelque part depuis des siècles, on a ses petites habitudes. Alors ange et démon vont doubler leurs patrons et tout mettre en oeuvre pour faire capoter l'Apocalypse.




Mon avis :

Je ne sais franchement plus de comment je suis tombée sur ce livre sur le net, toujours est-il qu'il me faisait envie et qu'il a été dans ma wish-list sur Livraddict un bon moment avant d'avoir eu la chance de le trouver. Sitôt acheté, sitôt lu. Hop ! Même pas passé par la casse départ... la PAL ! J'avais déjà fait connaissance avec Neil Gaiman avec ma lecture de L'étrange vie de Nobody Owens que j'avais adoré, et depuis j'étais tentée de découvrir plus de livre du Monsieur, en revanche, si je connais Terry Pratchett de nom, je n'ai jamais lu ses livres, mais c'est déjà chose faite depuis ma lecture de De Bons Présages, alias Good Omens. Alors, que dire, que dire ?

Tout d'abord, rapide résumé de l'histoire : La date de l'Apocalypse a enfin été fixée par les forces du Bien et du Mal, cela a été décidé lors de la naissance de l'Anté-Christ : lorsque celui-ci atteindra l'âge de 11 ans, le chien des enfers ira rejoindre son maître, l'Anté-Christ lui-même et lui-seul a le pouvoir de décider de la victoire du Bien ou du Mal, tout se décidera selon sa volonté. Lui seul sera le vecteur de la fin du monde. L'Enfer et le Paradis annoncent donc à leur envoyé sur Terre respectif 'l'heureuse' nouvelle. Mais voilà, ces deux envoyés - l'ange Aziraphale, collectionneur de vieux livres, libraire et anglais, ainsi que le démon à lunettes noires conduisant une Bentley, Anthony J. Crowley (je préfère la version originale du nom, plutôt que la VF qui est Terence Rampa :/) - ne sont pas franchement ravis de cette nouvelle. Pensez donc ! Lorsqu'on a passé plus de 6 000 ans sur Terre, forcement, on finit par avoir des habitudes et à aimer cette bonne vieille planète bleue. Crowley et Aziraphale décident donc de pactiser : ensemble, ils assureront l'éducation de l'Anté-Christ jusqu'à ses 11 ans en tant que parrains, afin d'éviter l'Apocalypse. Ainsi, il ne sera tenté ni par le Bien ni par le Mal et aura une éducation normale. Mais voilà, ce que Crowley et Aziraphale n'ont pas prévus était que l'enfant qu'ils ont surveillé n'était pas le bon : des bébés ont été échangés à la naissance, et le fameux Anté-Christ répond au doux nom d'Adam Young. Maintenant, l'ange et le démon n'ont plus que quelques jours pour essayer de le trouver et de stopper le véritable Anté-Christ avant que ne débute l'Apocalypse...

Ne vous attendez pas à un livre d'action et de drame/tragédie tout simplement parce que ça parle d'une Apocalypse à venir, ça n'a rien à voir avec les films catastrophes sur une possible fin du monde comme en 2012 (où vont-ils chercher tout ça ?), il n'est pas non plus question de parler Dieu, religion, et toussa, ce livre n'est pas fait pour ça. Il est fait pour divertir, amuser, faire rire. On retrouve bien là dans ce livre cet humour so british que j'aime tant. En fait c'est ça : le livre est surtout truffé d'humour qu'autre chose, c'est une tout autre façon de voir l'Apocalypse : rien qu'à voir les quatre cavaliers de l'Apocalypse devenus les quatre motards de l'Apocalypse, mais j'imagine qu'il faut bien suivre le mouvement dans la modernisation, vous vous attendriez à voir le serpent qui a tenté Eve devenir humain puis conduire une Bentley en écoutant du Queen, vous ? C'est ce qu'est devenu Crowley. Et il est croustillant ce personnage, de même que l'ange Aziraphale qui me fait un peu penser à Remus Lupin, libraire mais qui refuse ab-so-lument de vendre ses livres car c'est les siens et que la boutique est juste une excuse pour avoir la place qu'il faut pour sa collection de livres datant de l'époque où l'on a sû publier des histoires jusqu'à aujourd'hui. Et si quelqu'un veut acheter l'un de ses livres, il les en dissuade. Pas très angel-like de sa part mais Aziraphale n'est pas comme les autres anges, c'est peut-être pour ça qu'un démon comme Crowley aime passer du temps avec lui. Après tout, quel ange digne de ce nom contesterait les ordres du Tout-Puissant sur l'Apocalypse ?

Aah, oui, les moments entre Crowley et Aziraphale sont croustillants et drôles, surtout quand ils sont saouls, lorsqu'ils se disputent en voiture et nourrissent les canards au Saint James' Park. Ce sont ces moments que j'ai le plus adoré dans ce roman, de même du caractère de Mr Shadwell, vieux grognon assez spécial dans son genre se spécialisant dans le paranormal, et ses boutades avec Madame Tracy (et l'image d'une dame en rose criant "Banzaaii", avec un vieux grincheux, sur une moto n'a rien d'insolite pour eux). Les quatre motards de l'Apocalypse (Guerre, Pollution, Mort et Famine) et le groupe des Eux ne m'ont pas fait grande impression mais c'était toujours 'sympa' de lire leurs aventures. Le récit est vivant et accrocheur au niveau de la narration, le seul bémol est que je doute à classer ce livre en roman. Ce n'est pas vraiment un roman pour moi, on a une histoire coupé en plusieurs récits ou morceaux plus ou moins longs où l'on passe d'un personnage (ou plusieurs) à l'autre sans cesse, avec comme sujet de fond l'Apocalypse à venir et l'Anté-Christ. J'ai eu du mal à m'y faire, malgré tout, j'ai aimé ce roman. Mais sachez que ce roman a un style particulier, il faut un temps d'adaptation. C'est difficile de trouver un fil conducteur durant les 100 premières pages, on peut trouver quelques longueurs, mais petit à petit, ça se dessine et on s'attache aux personnages, à l'humour des deux auteurs, monstres de la littérature britannique.

Situations incongrues, humour anglais... ce n'est pas l'histoire le plus important en fait (enfin pour moi surtout), mais surtout les personnages intéressants, loufoques, drôles, insolites mais si attachants, je pense surtout à Crowley (Celui-Qui-Terrorise-Ses-Plantes) et à Aziraphale. Ils ont beau être complètement opposés, avoir des camps différents : Enfer vs Paradis, Démon vs Ange, et malgré cela, ils ne sont pas si manichéens que ça. Et les autres personnages secondaires sont aussi intéressants à lire, surtout ceux avec les noms à coucher dehors, genre : Bière-sans-Alcool, Cruauté envers les animaux, Messages sur le répondeur, un ex-Tous les étrangers surtout les français, censés être des Maux pour l'Apocalypse comme Famine ou Guerre.

Et les notes en fin de page... si insignifiantes, mais si drôles. En gros, c'est un livre que j'ai bien aimé dans l'ensemble, mais pour une fois, je vous dirais de ne pas prendre en compte mon avis si vous êtes intéressés par ce livre car critiquer ce livre est quelque chose de périlleux. Le lire, c'est comme une expérience à part. Il faut lire et juger par soi-même, et ne pas trop se laisser influencer par les avis des autres. Ce livre, soit on l'aime, soit on le deteste car il a vraiment un style particulier qui ne peut pas plaire à tous... c'est tellement spécial que tandis que certains adoreront, d'autres détesteront. Comment parler comme il faut d'un tel livre dans une critique ? Pour ma part, j'ai aimé, ce livre regorge de bonnes choses même s'il est loin d'être parfait, j'aime assez pour me ranger près des amoureux de Good Omens (mais en fait... Crowley et Aziraphale y sont pour beaucoup xD), et maintenant, c'est sûr et certain, je veux lire plus de Neil Gaiman !




Edit août 2012 :  Good Omens/De bons présages sera adaptée en une série tv de quatre parties par la BBC dès 2013.




Extrait :

Il y eut un vrombissement, un cri, un choc sourd. La voiture s'arrêta. Aziraphale cligna des yeux, baissa les mains et ouvrit précipitamment la portière.
- Tu as heurté quelqu'un, annonça-t-il [à Rampa/Crowley]
- Pas du tout. C'est quelqu'un qui m'a heurté.
(...) - Vous rouliez tous feux éteints, attaqua Anathème.
- Vous aussi, répliqua Rampa, pris en faute. Un prêté pour un rendu.



Mercredi.

lundi 8 novembre 2010

Paroles de l'ombre - Collectif et Jean-Pierre Guéno.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/ParolesdelOmbre.gif
'On saura jamais c'qu'on a vraiment dans nos ventres
Caché derrière nos apparences
L'âme d'un brave, d'un complice ou d'un bourreau ?
Ou le pire ou le plus beau ?
Serions-nous de ceux qui résistent ou bien les moutons d'un troupeau ?
S'il fallait plus que des mots.'

- Né en 17 à Leidenstadt, J.J Goldman -



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Quatrième de couverture :

L'ombre a envahi la France entre 1940 et 1944, sous le signe de la francisque et de la croix gammée. Elle y engendra un second cauchemar après celui de la grande guerre. Et ceux qui avaient vécu la " der des ders " ou souffert de ses conséquences devinrent des résistants, des collabos, des justes ou des indifférents... Et tous agirent dans l'ombre : dans celle de la spéculation, de l'infamie, de la délation ou de la clandestinité. Dans celle de l'action ou de l'indolence. Dans celle de la soumission ou de la Résistance. Dans l'ombre assassine des camps, des chambres à gaz et des cachots. Dans l'ombre protectrice des abris, des caves, des cachettes et des maquis.


Jean-Pierre Guéno a recueilli pour cet ouvrage les lettres et les témoignages des Français sous l'Occupation. Des tranches de vies, des tranches d'histoire à transmettre aux enfants du XXIe siècle, avec leur part d'ombre et leur part de lumière.

Mon avis :

Après avoir lu Paroles de Poilus, je continue sur ma lançée en lisant Paroles de l'ombre qui est un recueil où sont regroupés lettres, extraits de carnets, des récits de français (ou même quelques étrangers, mais majoritairement des français) sous l'Occupation du pays durant la seconde guerre mondiale.

Après l'introduction, on commençe par se retrouver juste après la guerre 14-18 à travers des lettres, où les soldats rentrent chez eux, blessés aussi bien mentalement que physiquement, traumatisés, et mû par un désir de paix, un pacifisme contagieux, les congés payés qui approchent, reconstruire le pays, essayer d'oublier ce qui explique en partie la raison pourquoi 'on' a choisi de fermer les yeux plutôt que de se méfier de l'ennemi, surtout quand Hitler vint au pouvoir et proféra des paroles peu rassurantes pour les juifs et les autres peuples qu'il semblait déterminé à écraser, tels les français, anglais, polonais... Puis vint l'effondrement en 1939-1940, on s'inquiète trop tard des désirs de vengeance de cette Allemagne qui a repris les armes. C'est l'effondrement de la Pologne, l'entrée en guerre de la France et de l'Angleterre, l'exode, la débâcle, la drôle de guerre, la capitulation française... et ensuite, 1940-41. La France change, elle est divisée en Vichy et en la "Zone Libre", Pétain change le gouvernement et le pays, l'Europe est germanisé, et la défaite est cuisante pour certains qui refusent de se résigner et se révoltent, pour eux, Pétain est un traître. La révolte ne vient que vers 1941-42 pourtant, en même temps que la terreur, c'est les temps des juifs persécutés, des rafles, des camps de concentration. La résistance se forme depuis l'Appel du 18 Juin par le général De Gaulle. Alors qu'il y en a qui collaborent, d'autres résistent. Résistants de tout âge, mais surtout des jeunes qui y croient encore. Puis 1943 marque le tournant de la guerre. Les allemands commençent doucement à reculer, les Alliés 'entrent en scène' pour finalement, vers 1944-45, arriver sur le chemin de la liberté. L'empire du Nazisme s'écroule. Puis, comme si ce receuil était une histoire, un roman, celui-ci s'achère en un épilogue sur des lettres d'espoir après la victoire, l'armistice.

Si Paroles de l'Ombre m'a moins marqué que Paroles de Poilus, cela restera l'une des lectures que je n'oublierais jamais. C'est comme un témoignage, des récits de personnes qui ont vécu dans cette époque chaotique, celle d'entre deux guerres, celle de 39-45 et si je me passionne pour cette période, je ne peux pas m'empêcher de me dire quelle chance j'ai de vivre dans notre époque actuelle. Comment aurais-je réagis à cette époque ? Aurais-je été neutre, aurais-je eu le même courage, ce sentiment de révolte des Résistants ou autres français refusant la collaboration avec les Nazis ? Car il en faut du courage, de la volonté pour survivre à tout ça, les nazis, les rafles, les tortures infligées à ceux qui osaient se rebeller, ces personnes-là, je les admire. Ces hommes, ces femmes, ces jeunes adolescents. J'ai souvent eu mal au coeur en lisant ces lettres bouleversantes, j'ai eu pitié d'eux. Qu'ils aient été des anonymes ou des résistants dont je connaissais déjà le nom. J'étais en colère lorsque je lisais les récits de gens tels qu'Himmler, Hitler ou autres nazis, surtout quand c'était un ou deux extraits de Mein Kampf et j'ai été d'accord sur ce qu'un journaliste français a pû en dire 'un vomissement de 700 pages de haine, d'injures, des futurs crimes d'Hitler', si seulement on avait écouté ce journaliste...

C'est un recueil captivant, une fois qu'on y est, on ne peut plus le lâcher. J'y pense encore, il y a des paroles qui sont restées gravées, c'est un livre que je n'oublierais pas de sitôt tant c'était marquant et que ces personnes qui ont écrit ces lettres m'ont marqué d'une façon ou d'une autre. Une lecture marquante, c'est le mot je crois. Du moins pour moi, passionnée d'Histoire, captivée par cette période bien que terrible, et qui voue une admiration à la Résistance...

Extrait :

'L'armistice est signé. Les cloches de toutes les églises carillonnent à toute volée. Le coeur des Français délivrés bat la chamade. Les habitants sortent les drapeaux tricolores fanés des placards et des greniers. Ils n'ont pas servi depuis cinq ans pour le 14 Juillet. Des bals populaires s'organisent sur les places débarrasées des tanks et des canons abandonnés par les nazis en déroute.'

Epilogue. Lettre de Marie-Claire Barrot écrite en mai 1945.

Le petit Nicolas voyage - Sempé et Goscinny.

http://petitelunesbooks.cowblog.fr/images/Couverturesdelivres/LePetitNicolasVoyage.jpg

 

Article(s) connexe(s) :

- Le petit Nicolas.
- Le petit Nicolas, c'est Noël !
- Les vacances du petit Nicolas.











Quatrième de couverture :

Ce qui est bien à la maison, c'est qu'on peut s'amuser avec maman, faire des mots croisés très difficiles avec papa ou téléphoner à Alceste. Mais, en train ou en avion, en Bretagne ou en Espagne, quand on part en vacances, on est drôlement content parce que c'est toujours une aventure terrible ! Après, on a des tas de souvenirs à raconter aux copains quand on rentre à l'école... Retrouvez le Petit Nicolas dans ses nouvelles aventures portées par le formidable talent. de Goscinny et de Sempé, deux grands auteurs à l'humour irrésistible.


Mon avis :

En ce moment, je recherche des livres jeunesses divertissants, voire drôles, ou faisant voyager pour ma petite soeur, afin de la divertir puisque dans quelques mois, elle devra passer un moment à l'hôpital puis dans un fauteuil roulant. Alors je mettais mis dans l'idée de lui lire quelques histoires drôles, amusantes, et je suis retombée, dans ma bibliothèque, sur mes livres du Petit Nicolas, des petites histoires découvertes en sixième grâce à ma professeur de français (Ah, Madame P., qui m'a fait découvrir plein de livres : du Pennac, du Sherlock Holmes, le Petit Nicolas, JMG Le Clezio et encore tant d'autres...), j'étais tombée sous le charme depuis et c'est toujours avec un immense plaisir que de relire les aventures de Nicolas et de sa 'chouette bande de copains'. Et lorsque j'ai vu des livres sur Nicolas à la médiathèque, je n'ai pas hésité à en emprunter.

Quel bonheur que de retrouver Le Petit Nicolas, c'est toujours un vrai délice, un vrai plaisir que de lire ces petites histoires, et je suis sûre que même ma soeur aimera. C'est court (un peu trop même, à mon goût), amusant, toujours aussi drôle, rire ou sourire garanti à chaque fois ! C'est frais, divertissant, ça détend, une vraie bulle d'oxigène, à lire seul ou avec la famille car je suis sûre que petits et grands peuvent tout aussi bien appréçier. Comment s'ennuyer en lisant les bêtises, les (més)aventures du petit Nicolas et de ses nombreux amis, à l'école comme à la maison ? Retournement de situation, enfants incontrôlables mais si adorables, phrases inattendues, les parents/voisins/professeurs/enfants qui se retrouvent le plus souvent dans une situation comique ou inattendue... bref, le petit Nicolas, c'est du rire, du divertissement. C'est génial, quoi. J'ai aimé lire souvent sur Mr Blédurt, le voisin des parents de Nicolas qui adore taquiner le père de celui-ci, à son grand dam, c'est pourquoi j'ai surtout aimé lire la nouvelle 'les merveilles de la nature', quoique la belle-mère apporte beaucoup de rire au lecteur, pauvre Papa de Nicolas, va, et ça ne s'arrange pas quand, à chaque dispute des parents de Nicolas, la mère finit toujours par sortir LA phrase 'J'aurais dû écouter ma mère/Je retourne chez ma mère !'
Que dire de plus ? Que du rire, du bonheur, des sourires, une lecture agréable...

Extrait :

M. Blédurt nous a demandé de l'attendre un quart d'heure, qu'il allait s'équiper pour la promenade. Quand il est revenu, M. Blédurt, papa il s'est mis à rigoler très fort, il ne pouvait plus s'arrêter et il a eu le hoquet.
- Ben quoi ? Ben quoi ? demandait M. Blédurt qui n'était pas content.
Il faut dire qu'il était drôle, M. Blédurt : il portait une culotte comme pour monter à cheval, il avait des gros bas de laine et des grosses chaussures avec des clous et des crochets à la semelle. A la ceinture, il portait un grand couteau. Il avait aussi une chemise avec des tas de couleurs, et, sur la tête, un drôle de chapeau en toile.
Nous sommes partis, pendant que papa buvait de l'eau sans respirer pour faire passer son hoquet.
Les merveilles de la nature.